Jessé

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Jessé

Description de cette image, également commentée ci-après

Jessé, icône russe (vers 1654)

יִשַׁי

Nom de naissance Jessé ou Išaï
Nationalité Israélite de la tribu de Juda
Activité principale Berger
Ascendants
Obed (père)
Conjoint
Identifiée par le Talmud comme Nitzevet, fille de Adael
Descendants
Eliav
Avinadav
Chamma
Nethanel
Raddaï
Ozem
David

Compléments

Contemporain du roi Saül et du prophète Samuel

Jessé ou Ïsai (Segond) (hébreu יִשַׁי Išaï) est, selon la Bible, le père du roi David, qui est d'ailleurs désigné en plusieurs endroits sous le simple nom de « Ben Išaï » (fils de Jessé)[1].

Jessé dans la Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

Jessé est le fils d'Obed, lui-même fils de Boaz et de Ruth la Moabite[2]. Il habite Bethléem[3], où il fait paître un grand troupeau de brebis[4]. Il a huit fils[5], dont sept sont nommés dans les Chroniques[6] : Eliav, Avinadav, Chamma, Nethanel, Raddaï, Ozem et David.

Jessé est invité par Samuel à partager la chair de la brebis dont il a fait offrande à Dieu. Les fils de Jessé défilent devant le prophète jusqu'à ce que celui-ci désigne et consacre le plus jeune d'entre eux, David, comme élu de Dieu[7].

Quelque temps plus tard, Jessé, comptant parmi les hommes les plus âgés de son temps[8] envoie son jeune fils porter des provisions à ses trois frères aînés[9], enrôlés dans les campagnes menées par le roi Saül contre les Philistins ; c'est à cette occasion que David accomplira son premier fait d'armes, en tuant le champion des Philistins, Goliath.

David confiera plus tard son père, et sa mère, au roi de Moab[10], à titre temporaire[11].

Jessé n'aura probablement pas vu son fils accéder au trône[12].

Les mentions bibliques ultérieures du nom de Jessé sont toujours associées à son fils David[1]. C'est en cette qualité que Jessé apparaît dans les prophéties d'Isaïe[13] annonçant la venue du Messie : « Or, un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton poussera de ses racines … En ce jour-là, il y aura un rejeton de Jessé, qui se dressera comme la bannière des peuples ; les nations se tourneront vers lui, et sa résidence sera entourée de gloire ».

Jessé dans la tradition rabbinique[modifier | modifier le code]

Selon la tradition juive, Jessé enseignait la Torah aux foules[14]. Il aurait été une personne particulièrement vertueuse, l'un des quatre, avec Benjamin, Amram et Kilav, à n'être pas morts à cause de leurs fautes, mais à l'instigation du Nahaš (le serpent qui a tenté Ève) : en effet, dans le cas de Jessé, il est écrit « Avigaïl fille de Nahaš, sœur de Zerouya[15], » alors qu'il est dit ailleurs qu'elle et Zerouya sont les filles de Jessé[16] ; les Sages en déduisent que « fille de Nahaš » signifie « fille de celui qui mourut à l'instigation du serpent[17]. »

Jessé est, par ailleurs, avec Samuel, Saül, Ezéchias (selon d'autres, Sédécias), Elie, Amos, Sophonie et le Messie, l'un des huit « princes de l'humanité, » qui garderont aux temps messianiques la terre d'Israël de toute invasion hostile, avec les « sept bergers[18] » (Adam, Seth, Mathusalem, Abraham, Jacob, Moïse et David).

Jessé dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Vitrail du XVIe siècle à Saint-Saulge (Nièvre)

Les prophéties d'Isaïe ayant été comprises par les chrétiens comme s'appliquant à Jésus de Nazareth, « racine de Jessé » est devenu un surnom de Marie de Nazareth, et l'arbre de Jessé une métaphore du lignage terrestre de Jésus.

À partir du XIe siècle, le motif de l'arbre de Jessé se propage dans l'art religieux, et apparaît dans des enluminures, des fresques, des vitraux, des sculptures, etc. Jessé est habituellement représenté courbé, avec un arbre éclosant de son corps, les branches portant les ancêtres de Jésus et les prophètes, Jésus lui-même apparaissant au sommet. Le nombre de personnages illustrés dépend de la place disponible, ceux-ci étant par exemple plus nombreux sur sept vitraux que sur trois. Dans les manuscrits illustrés les plus anciens, Jessé et Jésus n'apparaissent pas toujours.

La première utilisation du thème de l'arbre de Jessé dans une verrière est réalisée par Suger à l'abbatiale de Saint-Denis. Les verrières de l'Enfance du Christ, de la Passion et de l'Arbre de Jessé constituaient l'ensemble des verrières consacrées à l'Incarnation du verbe divin en Jésus-Christ, Dieu le Fils devenu homme, né de la Vierge Marie. À Saint-Denis, ces verrières étaient situées au chevet. Surger désignait la verrière de l'Arbre de Jesse par Stirps Jesse, utilisant les deux premiers mots de l'hymne de répons composé par Fulbert de Chartres pour la fête de la Vierge[19]. Dans la cathédrale de Chartres, ces trois verrières se trouvent sur la façade occidentale, sous la rose du Jugement dernier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cf., notamment, 1 Samuel 20:27 et 1 Rois 12:16
  2. Ruth 4:17
  3. 1 Samuel 16:1
  4. ibidem 16:1, 16:11 & 17:20 ; voir aussi Psaumes 78:71
  5. ib 16:10-11 & 17:12
  6. I Chron. 2:13-15
  7. I Samuel, chap. 16.
  8. I Samuel 17:12
  9. ib. 17:17-18.
  10. ib. 22:3
  11. ib. 32:4.
  12. Emil G. Hirsch & Bernhard Pick, JESSE, in Jewish Encylopedia.
  13. Isaïe 11:1, 11:10.
  14. T.B. Berakhot 58a.
  15. II Samuel 17:25.
  16. I Chroniques 2:16
  17. T.B. Baba Batra 17a.
  18. T.B. Soucca 52b.
  19. Texte du répons composé par Fulbert de Chartres :
    Stirps Jesse virgam produxit, virgaque florem
    Et super hanc florem requiescit Spiritus almus
    Virgo Dei genitrix virga est, Flos filius ejus
    .

Cet article comprend du texte provenant de la Jewish Encyclopedia de 1901–1906, article « JESSE », une publication élevée dans le domaine public.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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