Gath

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Gath
Tel Zafit
Tel Zafit
Tel Zafit
Localisation
Pays Drapeau d’Israël Israël
Coordonnées 31° 42′ 00″ N 34° 50′ 49″ E / 31.7, 34.84731° 42′ 00″ Nord 34° 50′ 49″ Est / 31.7, 34.847  

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Gath
Gath

La ville de Gath, Gat ou Geth (en hébreu גת, « presse pour le vin ») est une des cinq cités-états des Philistins établies à partir du XIIe siècle av. J.-C.. Elle est établie au nord-ouest du territoire philistin, à proximité de la Shephelah. Les autres cités de la pentapole sont Gaza, Ekron, Ashkelon, et Ashdod.

Gath, qui est aujourd'hui généralement identifiée au site de Tel Zafit, parait avoir été un centre régional de pouvoir important de la Shephelah avant sa conquête et sa destruction par Hazaël, roi de Damas, au IXe siècle, qui entraine un inexorable déclin de la cité qui le ramène au rang de simple bourgade un siècle plus tard[1].

Dans les textes[modifier | modifier le code]

Dans les lettres d'El Amarna[modifier | modifier le code]

Gath est mentionnée au bronze récent dans les lettres d'El Amarna sous le nom de « Gimti/Gintu », dirigée par le roi Shuwardata, et peut-être également par Abdi-Ashirti.

Dans la Bible[modifier | modifier le code]

Selon la Bible, ce serait la ville du roi Achish - ou Akish - au temps de David et Salomon, bien qu'il ne soit pas certain qu'un roi de ce nom ait existé. C'est également la ville du géant Goliath, ainsi que de Itai et de ses 600 soldats qui aidèrent David dans son exil face à Absalom.

David, s'enfuyant devant Saül, s'échappe à Gath, et y sert le roi Achish. Pendant le règne de Salomon, Shemei y renvoie à Gath ses esclaves en fuite[2].

Le Deuxième livre des Rois raconte la capture de la ville de Gath par Hazael de Damas.

Site archéologique[modifier | modifier le code]

Le site est habité des temps préhistoriques jusqu'à l'époque moderne. Les premières évidences datent du chalcolithique (ca. Ve millénaire av. J.-C.), après quoi le site est continuellement occupé jusqu'au village palestinien de Tell es-Safi, disparu pendant la guerre israélo-arabe de 1948-1949.

Tel Zafit[modifier | modifier le code]

Tel Zafit est un large site au centre d'Israël, à mi-chemin entre Jérusalem et Ashkelon. Il se trouve au nord-ouest du territoire philistin, de leur cinq cités-états c'est la plus avancée à l'est vers les montagnes de Juda. Elle se trouve sur un promontoire entre la pleine côtière et la Shephelah.

Remarquée par des explorateurs au XIXe siècle et brièvement fouillée en 1899 par les archéologues F.J. Bliss et R.A.S. Macalister, elle ne fait l'objet d'une campagne de fouille conséquente qu'à partir de 1996, sous la direction du professeur Aren Maeir.

Les archéologues y ont découvert un temple philistin ainsi que les signes caractéristiques d'un important tremblement de terre (probablement 8 sur l'échelle de Richter) durant la période biblique lors de fouilles dans le Parc National de Tel Zafit[3] : « Maier dit que l'architecture du temple, le premier jamais trouvé à Gath, jette de la lumière sur l'apparence que l'on peut imaginer du temple de Dagon, en particulier les 2 piliers qui rivaient le centre de la structure. (...) Nous ne disons pas qu'il s'agît ici du temple où se passa l'évènement rapporté au sujet de Samson, ni même que ces faits eurent réellement lieu mais cela nous donne une bonne idée de l'image d'un temple philistin qui inspira le narrateur quel qu'il soit ».

Âge du bronze[modifier | modifier le code]

Pendant le bronze ancien se trouvait un large site urbain, similaire à ce qu'on pouvait trouver à l'époque en Canaan, qui semble être passé plusieurs foi de la domination philistine à une domination judéenne[4]. On retrouve des traces du Bronze Moyen II dans divers endroits du site. Dans les années 1960 on exhume un scarabée portant le nom de « Khyan ». En 2006 d'impressionnantes fortifications du Bronze Moyen II sont mises au jour, comprenant une tour en pierre et un rempart avec son glacis.

Les restes du bronze récent permettent de comprendre la ville cananéenne, on y retrouve des objets de culte, certains objets égyptiens, dont deux inscriptions hiératiques écrites sur de la vaisselle fabriquée localement. La cité est détruite à la fin du bronze récent, probablement lors de l'arrivée des Philistins.

Âge du fer[modifier | modifier le code]

Pendant l'âge du fer, la ville devient un site majeur des Philistins, connue de sources textuelles, dont la Bible. Elle est occupée dès le début de la période philistine, vers le premier quart du XIIe siècle av. J.-C., et montre l'évolution de leur culture, leur transformation graduelle d'une culture étrangère égéenne vers une culture plus locale. Ce processus, appelé « acculturation » ou « créolisation » se retrouve dans plusieurs aspects de la culture philistine.

De riches assemblages du Xe et IXe siècles av. J.-C. sont retrouvés, montrant mieux qu'à Ekron, Ashdod et Ashkelon les phases intermédiaires de cette culture. Parmi elles, l'ostracon de Tel es-Safi, daté du Xe ‑ IXe siècle av. J.-C., porte des noms semblables à celui de Goliath[5].

La large couche de destructions de la fin du Fer IIA (fin du IXe siècle av. J.-C.) révèle également de nombreuses trouvailles, ces strates particulières ont la particularité de livrer de nombreux assemblages de poteries. La date de la fin du IXe siècle av. J.-C. rend probable l'attribution de la conquête que la Bible attribue à Hazaël roi d'Aram, comme il en est fait mention dans le Livre des rois. Un système de siège impressionnant est mis au jour, dont une large tranchée entourant tout une partie du site, le plus ancien siège actuellement découvert.

Période des Croisades (XIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Après la conquête de la région lors de la première Croisade, une petite forteresse appelée « Blanche Garde » est construite à cet endroit selon le plan d'encerclement de la ville fatimide d'Ashkelon. Ce site est conquis par la suite par les Ayyoubides et sert de base au village, médiéval puis moderne, de Tell es-Safi qui existe jusqu'en 1948. Ces ruines sont visibles aujourd'hui, certaines parties des fortifications extérieures ont été fouillées au cours des années fin 1990-2000.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maeir, A.M. 2004. « The Historical Background and Dating of Amos VI 2: An Archaeological Perspective from Tell es-Safi/Gath. » Vetus Testamentum 54(3):319–34.
  • Maeir, A., and Uziel, J. 2007. A Tale of Two Tells: A Comparative Perspective on Tel Miqne-Ekron and Tell es-Sâfi/Gath in Light of Recent Archaeological Research. Pp. 29–42 in « Up to the Gates of Ekron: Essays on the Archaeology and History of the Eastern Mediterranean in Honor of Seymour Gitin, » éds. S. Crawford, A. Ben-Tor, J. Dessel, W. Dever, A. Mazar and J. Aviram. Jerusalem: Israel Exploration Society.
  • Rainey, A. 1975. « The Identification of Philistine Gath - a Problem in Source Analysis for Historical Geography. » Eretz Israel 12:63*-76*.
  • Schniedewind, W. 1998. « The Geopolitical History of Philistine Gath. » Bulletin of the American Schools of Oriental Research 309:69–77.
  • Ackermann, O., Maeir, A., and Bruins, H. 2004. Unique Human-Made Catenary Changes and Their Effect on Soil and Vegetation in the Semi-Arid Mediterranean Zone: A Case Study on Sarcopterium Spinosum Distribution Near Tell es­-S­âfi/Gath, Israel. Catena 57: 309-30
  • Ackermann, O., Bruins, H., and Maeir, A. 2005. A Unique Human-Made Trench at Tell es­-S­afi/Gath, Israel: Anthropogenic Impact and Landscape Response. Geoarchaeology 20(3): 303-28
  • Avissar, R., Uziel, J., and Maeir, A. 2007. Tell es-Safi/Gath During the Persian Period. Pp. 65–115 in A Time of Change: Judah and Its Neighbors in the Persian and Early Hellenistic Periods, éd. Y. Levin. London: T&T Clark International.
  • Ben-Shlomo, D., Shai, I., Zukerman, A., and Maeir, A. 2008. Cooking Identities: Aegean-Style and Philistine Cooking Jugs and Cultural Interaction in the Southern Levant During the Iron Age. American Journal of Archaeology 112: 225–46.
  • Horwitz, L., Lev-Tov, J., Chadwick, J., Wimmer, S., and Maeir, A. 2006. Working Bones: A Unique Iron Age IIA Bone Workshop from Tell es-Safi/Gath. Near Eastern Archaeology 66: 169–73.
  • Maeir, A. 2003. Notes and News: Tell es-Safi. Israel Exploration Journal 53(3): 237-46
  • Idem. 2004. The Historical Background and Dating of Amos VI 2: An Archaeological Perspective from Tell es-Safi/Gath. Vetus Testamentum 54(3): 319-34
  • Idem. 2005. Tell es-Safi/Gath Archaeological Project. Jahrbuch des Deutschen Evangelischen Instituts für Altertumswissenschaft des Heiligen Landes 9/10: 185-86
  • Idem. 2007. Ten Years of Excavations at Biblical Gat Plishtim (In Hebrew). Qadmoniot 133: 15–24.
  • Idem. 2007. A New Interpretation of the Term `Opalim (�����) in Light of Recent Archaeological Finds from Philistia. Journal for the Study of the Old Testament 32: 23–40.
  • Idem. In press. Fragments of Stone Reliefs from Bliss and Macalister’s Excavations at Tell es-Safi/Gath (In Hebrew with English Abstract). Eretz Israel (E. Stern Volume) 28.
  • Maeir, A. and Ehrlich, C. 2001. Excavating Philistine Gath: Have We Found Goliath’s Hometown? Biblical Archaeology Review 27(6): 22-31
  • Maeir, A., and Shai, I. 2007. An Iron Age IIA Phoenician-Style (?) Fluted Ceramic Bowl from Tell es-Safi/Gath: A Ceramic Imitation of a Metal Prototype. Journal of the Serbian Archaeological Society 23: 219–26.
  • Maeir, A., and Uziel, J. 2007. A Tale of Two Tells: A Comparative Perspective on Tel Miqne-Ekron and Tell es-Sâfi/Gath in Light of Recent Archaeological Research. Pp. 29–42 in Up to the Gates of Ekron”: Essays on the Archaeology and History of the Eastern Mediterranean in Honor of Seymour Gitin, eds. S. Crawford, A. Ben-Tor, J. Dessel, W. Dever, A. Mazar and J. Aviram. Jerusalem: Israel Exploration Society.
  • Maeir, A., Wimmer, S., Zukerman, A., and Demsky, A. In press. An Iron Age I/IIA Archaic Alphabetic Inscription from Tell es-Safi/Gath: Paleography, Dating, and Historical-Cultural Significance. Bulletin of the American Schools of Oriental Research.
  • Rainey, A. 1975. The Identification of Philistine Gath - a Problem in Source Analysis for Historical Geography. Eretz Israel 12: 63*-76*
  • Uziel, J., and Maeir, A. 2005. Scratching the Surface at Gath: Implications of the Tell es-Safi/Gath Surface Survey. Tel Aviv 32(1): 50-75.
  • Wimmer, S., and Maeir, A. 2007. The Prince of Safit: A Late Bronze Age Hieratic Inscription from Tell Es­-S­âfi/Gath. Zeitschrift Des Deutschen Palästina-Vereins 123(1): 37–48.
  • Zukerman, A. H., L.K., Lev-Tov, J., and Maeir, A. 2007. A Bone of Contention? Iron Age IIA Notched Scapulae from Tell es-Safi/Gath, Israel. Bulletin of the American Schools of Oriental Research 347: 57–81.
  • Zukerman, A., and Shai, I. 2006. « The Royal City of the Philistines » in the « Azekah Inscription » and the History of Gath in the Eighth Century BCE. Ugarit-Forschungen 38: 729–816.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Israel Finkelstein et Neil Asher Silberman, Les rois sacrés de la Bible, éd. gallimard/folio histoire, 2007, pp. 50,51
  2. 2 Rois
  3. (en) Ben Hartman, Temple found in Philistine home of Goliath, Kiryat Gat discovery sheds light on Samson, in Jerusalem Post, 29/07/2010, " article en ligne
  4. (en) Aren M. Maeir, Tell es-Safi/Gath Excavations, sur le site The Martin (Szusz) Department of Land of Israel Studies and Archaeology, 2011, article en ligne
  5. (en) Aren M. Maeir, Tell es-Safi/Gath Excavations, sur le site The Martin (Szusz) Department of Land of Israel Studies and Archaeology, 2011, article en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]