Second Temple de Jérusalem

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Second Temple de Jérusalem
Le Second Temple de Jérusalem selon la maquette du musée d'Israël (Jérusalem)
Le Second Temple de Jérusalem selon la maquette du musée d'Israël (Jérusalem)
Présentation
Date de construction 516 av. J.-C.
Destination initiale Centre culturel et spirituel du judaïsme
Sacrifices (korban)
Date de démolition 70
Géographie
Pays Judée
Localité Jérusalem
Localisation
Coordonnées 31° 46′ 40″ N 35° 14′ 07″ E / 31.7779, 35.235331° 46′ 40″ Nord 35° 14′ 07″ Est / 31.7779, 35.2353  

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Second Temple de Jérusalem

Le Second Temple de Jérusalem est le temple reconstruit à Jérusalem en 516 av. J.-C. après la captivité des Judéens à Babylone. Il fait suite au Premier Temple, également connu sous le nom de Temple de Salomon détruit lors du siège de Jérusalem en 586 av. J.-C.. Le Second Temple est reconstruit à l'époque perse sous Zorobabel, restauré et agrandi sous Hérode Ier le Grand à partir de 20 av. J.C. et détruit en l'an 70 par les Romains, au terme de la première guerre judéo-romaine. Durant cette période, il est le centre culturel et spirituel du judaïsme, et le lieu des sacrifices rituels, les korbanot. Selon la tradition juive, les deux temples ont été détruits à la même date, le 9 Av selon le calendrier hébraïque.

Histoire[modifier | modifier le code]

La reconstruction sous Zorobabel[modifier | modifier le code]

Arc de triomphe de Titus: Prisonniers juifs portant la Menorah et les trompettes du temple de Jérusalem

Les seules informations concernant la reconstruction du temple sous Zorobabel proviennent de la Bible hébraïque qui insiste sur les difficultés de cette reconstruction[1]. Après le retour de captivité, sous la houlette de Zorobabel, petit-fils de Joaquin, nommé gouverneur de Judée, et du grand prêtre Josué, des arrangements sont quasi-immédiatement pris pour relever et rendre sa grandeur au Royaume de Juda, dévasté et abandonné 70 ans plus tôt. Les pèlerins, au nombre de 42 360 y compris des enfants, viennent de parcourir un long voyage éprouvant de quatre mois, depuis les rives de l'Euphrate jusqu'à Jérusalem. La ferveur religieuse qui les anime leur commande de restaurer le lieu de culte, en reconstruisant le Temple détruit et en réinstituant le rituel des sacrifices (korban). À l'instigation de Zorobabel, qui se déleste personnellement de 1000 dariques d'or (entre autres présents), le peuple offre promptement ses biens afin de remplir le trésor sacré (Ezra 2). Ils érigent l'autel de Dieu à son ancien emplacement précis, et débarrassent le site du Premier Temple des débris. Au second mois de la seconde année, (535 av. J.-C.), les fondations du Second Temple sont posées, au milieu de grandes manifestations de joie (conformément aux Psaumes 116; 117; 118). Ce mouvement a été suivi avec grand intérêt, bien qu'avec des réactions variables, par la population non-exilée de Judée (Aggée 2:3; Zacharie 4:10). Entre-temps, le gouvernement persan, effrayé par le zèle des Judéens, a préféré rappeler Zorobabel, dont l'ascendance davidique a suscité des espoirs messianiques considérables.

Les Samaritains offrirent leur coopération au projet de reconstruction, mais ils essuient un refus formel de la part de Zorobabel, Josué et des Anciens, estimant que la Judée doit reconstruire son Temple sans aide. Des rumeurs malveillantes envers les Juifs se répandent immédiatement. D'après Ezra 4:5, les Samaritains cherchèrent à « frustrer leur but, » envoyant des messages à Ecbatane et à Suse, ce qui eut pour effet de suspendre les travaux.

Sept ans après ces faits, Cyrus le Grand, qui avait ordonné et déclaré la reconstruction du Temple, meurt (2 Chroniques 36: 22-23). Son fils Cambyse II lui succède. À la mort de ce dernier, le « faux Smerdis », un imposteur, usurpe le trône pour sept à huit mois, avant d'être écarté par Darius Ier, (intronisé en 522 av. J.C.). Au cours de la deuxième année de règne de ce monarque, les travaux de reconstruction du Temple reprirent et aboutirent (Ezra 5: 6-17; 6:1-15), sous les injonctions, conseils et adjonctions des prophètes Aggée et Zacharie. Le Temple fut prêt à être consacré au cours du printemps de 516 av. J.-C., plus de vingt ans après le retour de la captivité babylonienne. Le livre d'Aggée comporte une prédiction (2:9) que la gloire du Second Temple surpasserait celle du Premier. Toutefois, certains commentateurs, comme Abravanel estiment que ce Temple n'était qu'une pâle copie de l'ancien, l'une des vicissitudes de l'exil, lequel dure selon lui depuis la destruction du Temple de Salomon.

Différences entre les deux Temples[modifier | modifier le code]

Certains éléments décrits dans le premier Temple ne purent être remplacés : l'Arche d'alliance, les Ourim et Thoummim, l'huile sainte, le feu sacré, les Tables de la Loi, le pot de manne, et le bâton d'Aaron.

Comme dans le Tabernacle, il n'y avait dans le Second Temple qu'une seule Menorah pour le lieu saint, une table de pain de présentation, l'autel d'encens avec des encensoirs d'or. Beaucoup de récipients en or qui avaient appartenu au Premier Temple et avaient été emportés à Babylone, avaient été rendus par Cyrus (Ezra 1:7-11).

Le Second Temple se distingue également du Premier par ses « arbres plantés dans les cours du Seigneur », alors que le Premier n'en avait pas. Le Second Temple possède également une partie de la cour extérieure dans laquelle pouvaient prier les prosélytes, qui vénéraient Dieu, mais n'étaient pas soumis aux lois du judaïsme.

Époque hellénistique[modifier | modifier le code]

Après la conquête de la Judée par les Grecs, Jérusalem passe sous la domination lagide puis séleucide. Au début du IIe siècle av. J.-C., le grand prêtre Simon entreprend d'importants travaux de rénovation du Temple (Siracide 50), sans doute dans le cadre d'une fortification de la ville alors que la région est soumise à une guerre entre les Lagides et les Séleucides[2].

En 167 av. J.-C., Antiochus IV s'en prend au culte juif et ordonne la dédicace d'un autel dédié à Zeus dans le Temple. Au cours de la révolte des Maccabées, le temple est à nouveau consacré au culte juif. La chronologie de ces événements est souvent incertaine. Selon le premier livre des Maccabées, Antiochus IV meurt après la dédicace du Temple, alors selon le second livre des Maccabées, l'ordre des événements est inversé. Antiochus meurt en Kislev 148 de l'ère séleucide, c'est-à-dire en novembre/décembre 164 av. J.-C.. Selon I Maccabées, la dédicace intervient le 25 kislev 148 de l'ère séleucide. Si cette date est comprise selon l'ère séleucide de Mésopotamie, comme c'est le cas habituellement[3], la dédicace intervient en décembre 164 av. J.-C., c'est-à-dire au moment de la mort d'Antiochus, voir quelques semaines après compte-tenu des différences possibles d'introduction des mois intercalaires entre le calendrier juif et le calendrier babylonien[4]. Dans ce cas, la séquence de II Maccabées est la bonne. Par contre, si la datation de I Maccabées suit l'ère séleucide d'Antioche, la dédicace intervient un an plus tôt, en décembre 165 av. J.-C.[5], conformément à la chronologie de I Maccabées.

Pendant la brève restauration de l'indépendance de la Judée sous la conduite des Hasmonéens, le Temple subit quelques aménagements mineurs (I Maccabées 9:54). Ces travaux s'inscrivent à nouveau dans le cadre d'une fortification du site[2]. En 63 av. J.-C., Pompée s'empare de Jérusalem à la faveur de la guerre civile entre Aristobule II et son frère, le grand prêtre Hyrcan II.

Époque hérodienne[modifier | modifier le code]

Le mur de soutènement ouest du mont du Temple et le pavement défoncé par la chute des pierres lors de la destruction du Temple
Article détaillé : Temple d'Hérode.

Vers l'an 19, Hérode le Grand entreprit une rénovation et expansion massive du deuxième Temple. Le monument en résultant est quelquefois appelé le Temple d'Hérode, à ne pas confondre avec le Troisième Temple.

Destruction[modifier | modifier le code]

La destruction du Second Temple, vue par Francesco Hayez
Article détaillé : Première guerre judéo-romaine.

En 66, la population juive se rebelle contre l'Empire romain. Quatre ans plus tard, en 70, les légions romaines menées par Titus reconquièrent et détruisent Jérusalem, y compris le Second Temple. Cet évènement particulièrement douloureux dans l'histoire des Juifs est commémoré chaque année le 9 Av.

Les énormes pierres du mur de soutènement du Temple sont encore debout[6],[7].

Organisation et culte[modifier | modifier le code]

Les traités Midot et Sheqalim de la Mishna contiennent de nombreux détails sur l'architecture et le déroulement du culte dans le Temple. Le Nouveau Testament donne aussi des éléments sur le Temple dans sa phase hérodienne. Parmi les Manuscrits de la mer Morte, la description du Temple donnée dans le Rouleau du Temple peut avoir été influencée par le temple hérodien[1].

Le Second Temple dans le christianisme[modifier | modifier le code]

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De nombreux chrétiens soutiennent que la gloire prédite par Aggée était spirituelle et non matérielle, en ce que Jésus serait présent durant sa vie dans le Second Temple. Pour les catholiques, le Temple s'est transformé en l'Église. Dans le Nouveau Testament, Jésus parle de son Corps mystique et eucharistique comme étant le véritable temple. Voir l'encyclique Mediator Dei de Pie XII.

D'autres chrétiens interprètent la prophétie différemment : dans Aggée 2:3, la « gloire ancienne » de la Maison fait clairement référence au Temple construit par Salomon. Donc, comme la gloire de l'endroit dénommé « cette Maison » dans le verset 2:9 n'est pas celle du Second Temple mais du Premier, il n'y a pas nécessairement de raison pour penser que la gloire à venir est celle du Second -- il pourrait s'agir de celle du Troisième, prophétisé par Ezéchiel. En clair, la prophétie d'Aggée se rapporterait au Temple qui sera érigé lors du Royaume Messianique. Si cette explication est commune parmi les tenants des doctrines dispentionnalistes et prémilliénalistes, elle est rejetée par ceux de l'amillénialisme et du postmillénialisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lundquist 1997
  2. a et b Meyers 1992
  3. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, Paris, Presses universitaires de France,‎ 2012 p. 331
  4. (en) Bezalel Bar-Kochva, Judas Maccabaeus : the Jewish Struggle Against the Seleucids, Cambridge University Press,‎ 2002 (ISBN 978-0521016834) p. 278
  5. Maurice Sartre, D'Alexandre à Zénobie : Histoire du Levant antique, IVe siècle av. J.-C.-IIIe siècle ap. J.-C., Paris, Fayard,‎ 2003 (ISBN 978 2213 609218) p. 353
  6. National Geographic France Vol. 19.6 N° 111 Décembre 2008 p. 36
  7. (en) Lee I. Levine, Jerusalem : Portrait of the City in the Second Temple Period (538 b.c.e.-70 c.e.), The Jewish Publication Society,‎ 2002 (ISBN 978-0827607507), p. 228

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) John M. Lundquist, « Biblical temple », dans Eric M. Meyers, Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Near East, vol. 1, Oxford et New York, Oxford University Press,‎ 1997
  • (en) Carol Meyers, « Temple, Jerusalem », dans David Noel Freedman, Anchor Bible Dictionary, vol. 6, Doubleday,‎ 1992

Articles connexes[modifier | modifier le code]