Grandes antiennes « Ô » de l'Avent

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Chant grégorien
Image illustrative de l'article Grandes antiennes « Ô » de l'Avent
Plain-chant
Neumes
Modalité grégorienne
Répertoire grégorien
Introït - Kyrie - Gloria - Graduel - Alléluia - Trait - Séquence - Credo - Offertoire - Préface - Sanctus - Agnus Dei - Communion - Ite

Genres: Antienne - Hymne - Répons

Articles sur la musique sacrée

Venant du grec αντιφωνη, le mot « antienne » signifie chant alternatif. Les grandes antiennes « Ô », en latin antiphonae majores , en anglais Great O antiphons et parfois « anthems[1] », appelées aussi Antiennes de Magnificat (antiphonae super magnificat ) parce qu'elles sont chantées avant et après le Magnificat, après le Rorate aux Vêpres dans la semaine précédant la nativité ou fête de Noël[2]. Ces antiennes sont étroitement liées à une fête qui suivait le troisième dimanche de l'Avent dit «  Gaudete  », ou Dimanche de la Joie, la «  Fête de l'Attente  » ( expectatio en latin ) ou «  Fête de l'Espérance  ».

Des Antiennes[modifier | modifier le code]

De « anti-phonae » en grec, (αντι φωνη) les antiennes viennent de la liturgie grecque et sont ensuite adoptées par les latins et saint Ambroise de Milan. Ce mot peut prendre un sens prophétique( φωνη).

Dans une de ses lettres, saint Germain de Paris explique ce qu'est une antienne c'est-à-dire un chant alterné :

« L'Église les psalmodie en un culte suave ; voici leur origine. Le roi Salomon, après avoir fait construire le célèbre temple, y établit des chanteurs qui devaient proclamer à voix diverses les merveilles de Dieu : au milieu des autres beautés qui resplendissent dans le temple, les paroles divines aussi devaient être proférées dans un langage mélodieux. Ainsi on goûtait d'autant plus la parole de Dieu qu'elle était déployée avec l'élégance et la beauté supplémentaire de la voix.

En vérité, c'est pour des raisons charnelles et non spirituelles que la coutume de chanter dans l'assemblée s'est établie : ceux qui ne sont pas touchés par les mots, seraient ainsi émus par la douceur du cantique céleste, quand dans la demeure de notre siècle L'Église fait si élégamment résonner les louanges du Christ. Une fois l'antienne dite, car elle vient en premier, on place un petit verset à psalmodier et on y associe la gloire à la Trinité. Il y a différentes sortes de versets : l'orgue des Prophètes, le tambour de l'Évangile semblable à un tonnerre sacré, la littérature des Pères universels appropriés au temps liturgique, la supplication, le style narratif, célèbrent avec éclat les louanges divines. »

Dans ses lettres, saint Germain fait mention des « antiphonae ad prolegendum » que chantaient en procession les clercs, comme introït, ce qui pourrait se traduire par « antienne prophétique » ou proclamatoire : à la manière des anciens patriarches qui avant le déluge, appelèrent de leur voix mystiques et tonnantes, l’avènement ( « Adventum » ) du Christ :

«  Antiphona ad prolegendum canitur in specie patriarcharum illiorum qui ante diluvium adventum Christi misticis vocibus tonuerunt  »[3]
« En Praelegendum, on chante à voix alternées, selon l'exemple de ces patriarches dont les voix inspirées tonnèrent avant le déluge pour annoncer la venue du Christ. Ainsi Enoch, septième depuis Adam et que Dieu enleva, prophétisa en ces termes : « voici que le Seigneur vient, merveilleux en Ses saints, pour exercer le jugement ». etc. Ce témoignage est donné par l'Apôtre Jude, frère de Jacques, dans son épître. Comme la main du Seigneur descendit prophétiquement sur l'Arche pour donner la Terre Promise à ceux qui étaient condamnés, de même, tandis que psalmodient les clercs, le prêtre quitte le sanctuaire, à l'image du Christ quittant les cieux, et s'avance vers l'Arche du Seigneur, qui est l'Église, pour entretenir les bonnes œuvres chez le peuple et étouffer les mauvaises, tant par l'avertissement que par l'exhortation »

Ces patriarches sont au nombre de sept, et le dixième est Noé.

Or cette expression « Antiphona ad prolegendum o praelegendum » se retrouve précisément dans la liturgie mozarabe, en Espagne où le Xe Concile de Tol_de de 656 instituera la « Fête de l'Expectation de l'Enfantement » grâce à saint Ildefonse de Tolède[4].

Pourquoi «  Ô  » ?[modifier | modifier le code]

Bible de León (960)

On les appelle ainsi car elles commencent par « Ô ». On les nomme familièrement : « Grandes Ô », « Antiennes Ô » ou juste « Ô , de Noël ». Elles s'adressent au Christ qui va naître, et comme toutes les antiennes anciennes, contiennent de nombreuses références bibliques et allusions au Nouveau et à l'Ancien Testament. En grégorien, elles sont toutes dans le même mode, le deuxième mode. Attente de Dieu, elles se terminent le 23 décembre, veille de la fête de Noël célébrant la naissance de Jésus-Christ pour tous les chrétiens.

Cruz de Asturias.svg

Pour quoi antiennes «  Ô  » ? d’après Reiner de Saint-Laurent de Liège ( Reinerus S. Laurentii Leodiensis ) auteur qui, au XIIe siècle, écrivit leur commentaire, elles sont nommées ainsi parce que dans la semaine de huit jours (octave, de octo, huit) précédant Noël, elles tirent leur nom du fait que si la lettre grecque alpha α signifie 1, l' omega ω (O latin; Ѻ cyrillique) signifie 800. Le Christ est à la fois l’alpha, le début, le Créateur, le Verbe : et la fin, l’oméga, c’est-à-dire le Sauveur, le fils de Marie et le Fils de Dieu, lorsqu’il vient s’incarner (on pensait alors la fin du monde toute proche donc l'oméga, au temps de Saint Paul). Le chiffre huit serait ( d'après Reiner ) celui des huit béatitudes[5],[6] L'expression « OO » ou le « Ô » accentué n'est que l'expression de la lettre oméga ( ω = oo ) et qui est un O long.C'est le roi franc Chilpéric Ier qui rajouta en France au VIe siècle à l'alphabet la lettre Ω selon Aimoin ou O selon Grégoire de Tours. Selon Jacques Viret[7] ce « O » de forme ronde, ce cercle évoque le soleil et le solstice d'hiver de Noël.

Ce «  Ô  » est aussi, une interjection «  désidérative  », il exprime le désir, l'attente, l'espérance. Pour les anciens, l'invocation, la prière surtout : l'appel. Il exprimera ensuite l'étonnement, l'admiration, l'émerveillement devant la grossesse de Marie, rendue féconde par le Saint-Esprit selon la foi chrétienne et Mère du Verbe incarné fait petit enfant faible et innocent...Cet adverbe désidératif, exprime selon le moine Radulphus, la longue attente, le désir ardent que les Pères anciens et les douze prophètes ont eu du Messie qui viendrait sauver Israël et toute l'humanité : ainsi se termine le Magnificat et on les appelle donc «  antiennes du Magnificat  » car chantées avant et après ce cantique :
« Il relève Israël, son serviteur,
Il se souvient de son amour,
De la promesse faite à nos pères,
En faveur d'Abraham et de sa race à jamais.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
Pour les siècles des siècles. Amen.  »

Moskos Ilias - The Nativity - Google Art Project.jpg

En bref le « Ω » grec est le vocatif « Ô », forme de l'interpellation, de la supplication et de la prière mais en grec ancien et moderne c'est le « Oh » , marquant étonnement, admiration, douleur. Cette interjection annonce le Mystère de Noël étant la première lettre du mot grec « Ωδις » signifiant l'enfantement, les douleurs de l’enfantement et son fruit, l’enfant. (Luc, 2, Apocalypse, 12). C'est la fête de l'attente de cet enfantement.

« Elle était enceinte et elle criait, torturée par les douleurs de l'enfantement »

— saint Jean l'Évangéliste, Apocalypse, 12:2

Une longue attente du Messie[modifier | modifier le code]

Icône de Koursk, Vierge entourée des Douze Prophètes « Le Messie, artisan d’un royaume de lumière, de cette lumière étincelante de l’Orient qui est le symbole de la vie heureuse et prospère, d’un royaume qui a le Seigneur pour auteur, est comme le point de convergence de toute l’histoire d’Israël » P. Marie-Joseph Le Guillou.

Elles associent l'invocation du Messie (« Ô … ») avec la prière pour sa venue (introduite par : veni, « viens ») et s'appuient sur les textes de l'Ancien Testament (notamment sur le livre d'Isaïe, 7, 14). Chaque antienne reprend une prophétie d'Isaïe et d'autres livres de l'Écriture Sainte (Judith, Malachie, Ezéchiel, Aggée, Zacharie, Actes... ) et chacune est un titre du Messie dont la naissance était attendue en Israël depuis environ le VIIIe ( siècle où vécut Amos) avant la naissance de J-C, pour ce qui est des Écritures Saintes. L'attente d'Israël de la venue d'un Messie depuis huit siècles, et l'attente de Marie, fille de Sion, de son enfantement, durant huit jours, se confondent.

« C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe: Voici la jeune fille est enceinte et enfantera un fils, et elle l'appellera Emmanuel.

— Livre d' Isaïe, 7:10-16 , Évangile selon saint Matthieu, 1:18

« Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret.

Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela arriva pour que s'accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète :

Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d'Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous. »

—  Évangile selon saint Matthieu, 1:18

L'acrostiche ero cras[modifier | modifier le code]

L'initiale du premier mot de ces sept antiennes de la dernière à la première donne en inversé, en latin l'acrostiche ERO CRAS : « Demain je serai là » présent dans l'Office de la Nuit de Noël. En rajoutant l'antienne Ô Virgine Virginum, cela donne aussi «  vero cras  ».


Il s'agirait du sermon sur les ouvriers de la onzième heure :

« Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers » (st Matthieu, 1, 20-16)


Les justes venus au monde au début, comme Abel et Noé, ont été, pour ainsi dire, appelés à la première heure, et ils obtiendront le bonheur de la résurrection en même temps que nous. D'autres justes venus après eux, Abraham, Isaac, Jacob et tous ceux qui vivaient à leur époque, ont été appelés à la troisième heure, et ils obtiendront le bonheur de la résurrection en même temps que nous. Il en ira de même pour ces autres justes Moïse, Aaron et tous ceux qui ont été appelés avec eux à la sixième heure ; puis les suivants, les saints prophètes, appelés à la neuvième heure, goûteront le même bonheur que nous. À la fin du monde, les chrétiens, qui sont comme appelés à la onzième heure, recevront avec eux le bonheur de la résurrection. Tous le recevront ensemble. Voyez pourtant combien de temps les premiers attendront avant d'y parvenir. Ainsi ils obtiendront ce bonheur après une longue période, et nous, après peu de temps. (Saint Bernard) [8]

Historique[modifier | modifier le code]

Voici la liste qu'il donnait de ces dix-huit antiennes à l'usage des juifs : 1. O scutum Abrahœ, pour montrer la délivrance du saint patriarche de la ville d'Ur des Chaldéens. 2. O vivificansmortuos, pour exprimer la délivrance d'Isaac, à la place duquel un bélier est immolé. 3. Deus sanctus; elle a rapport à l'échelle du Patriarche Jacob. 4. O qui largiris scientiam : pour exprimer Joseph qui est éclairé de Dieu pour expliquer les choses secrètes et les songes. 5. O qui panitentiam amas, pour signifier Ruben lorsque, condamné à cause de son crime, il mérita d'être absous à cause de sa pénitence. 6. O misericors qui multiplicas remissionem : on entend, par là, le pardon du crime commis par Juda et Thamar ; il fut pardonné à cause de l'aveu de Juda : justior me est. 7. O Redemptor Israelis : cette prière a rapport à la rédemption de l'Égypte. 8. O qui mederis infirmis : les juifs croient qu'Abraham fut malade de la circoncision, et ils récitent cette prière en actions de grâces de sa guérison. 9. O qui benedicis annis, pour signifier qu'Isaac récolta cent pour un. 10. O qui congregas dispersiones populi tui, pour exprimer la réunion de Jacob et de Joseph en Égypte. 11. O rex qui diligis justiliam : elle a rapport aux paroles que Dieu dit à Moïse : Hac tunt judicia, etc. 12. O qui conficis inimicos : c'est la submersion des Égyptiens dans la mer Rouge. 14. O qui spem ac fiduciam das : c'est pour exprimer ce que Dieu a dit à Jacob : Joseph ponet manum suam super oculos tuos. 14. 0 qui œdificas Hierosolymam, par rapport à la construction de la ville de Siou par le roi David. 15. O qui facis, ut germinet cornu Messiœ tui : c'est le passage de la mer Rouge. 16. O qui audis orationem, pour rappeler que les Israélites prièrent Dieu et en furent exaucés. 17. Qui restituit divinam majestatem tuam, lorsque la majesté de Dieu se fit voir dans le tabernacle. 18. Bonum est nomen tuum, lorsque Salomon introduisit l'arche dans l'intérieur du sanctuaire. « Ces prières portaient le nom de « bénédictions » : elles sont entonnées par quelqu'un de la synagogue, et tous les poursuivent, se tenant debout et avec les pieds joints et appuyés également sur le pavé. On dit aussi qu'ils le font dans une posture inclinée, parce que, selon leurs rabbins, l'épine dorsale, qui est formée de dix-huit ossements, doit être inclinée en récitant les dix-huit bénédictions. » Que dire après cela, concluait Mgr Sarnelli, de l'attention et de la piété que les chrétiens devaient mettre à réciter les prières que leur enseignait l'Église.

Les antiennes permettaient de prier la conversion des Juifs, ce auquel le nombre de références bibliques et de termes hébreux (Adonaï, Emmanuel) incitait[9]. Les antiennes soulignent que Jésus est bien le Fils de Dieu, et du Dieu Père de l'Ancien Testament. La coutume d'allumer des bougies, une par jour, de faire des cadeaux, rappelle la fête d'Hanouka ou de la dédicace, qui se célèbre en hiver aux alentours de Noël.

Avant Jésus-Christ[modifier | modifier le code]

Un enracinement dans la tradition d'Israël[10][modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, Mgr Sarnelli[11] citait ainsi quelques-unes des prières que les juifs avaient coutume de réciter chaque jour et qui furent introduites lors du retour de la captivité de Babylone. « Elles portent, ajoute-t-il, comme nos antiennes de Noël, le caractère de l'admiration plutôt que celui de l'aspiration, car elles ont rapport aux principaux événements de l'histoire sainte. » Elles formaient le lien entre l'Ancien et le Nouveau Testament.

Après Jésus-Christ[modifier | modifier le code]

Oriens, Soleil levant, aurore

Tertullien[modifier | modifier le code]

On trouve dans les écrits de Tertullien, qui écrivit l'Espérance des Fidèles et le Contre Marcion, livre 3 et 4, le commentaire des antiennes prophétiques, qui ne font pas encore partie de la liturgie des églises, Emmanuel, Radix Jéssé, Clavis David, Rex Gentium et ensuite Sapientia, pour un acrostiche de trois ou quatre lettres qui ferait plutôt l'expression, le mot « CRE - » comme Créateur. Tertullien s'oppose à Marcion qui veut séparer l'ancien du nouveau testament. Par exemple[12] :

  • L'Évangéliste attacha immédiatement au mot Emmanuel, sa traduction littérale, afin que l'univers considérât non moins le titre que le sens renfermé dans ce titre. « Emmanuel, » mot hébreu particulier à sa nation. « Dieu avec nous, » signification commune à tous. Examinons donc si cette appellation: « Dieu avec nous, » représentation exacte du mot Emmanuel, ne se vérifie point dans le Christ depuis que ce soleil de justice a brillé sur le monde. Tu ne saurais le nier, j'imagine. .. Ne l'appelles-tu pas comme les Chrétiens: «Dieu avec nous? » (...)
  • Radix:« Un rejeton naîtra de la tige de Jessé; une fleur s'élèvera de ses racines. » La fleur de cette tige, c'est mon Christ, dans lequel s'est reposé, selon le langage d'Isaïe, « l'esprit du Seigneur, esprit de conseil et de force, esprit de science et de piété, esprit de la crainte du Seigneur, » A Jésus-Christ seul convenait la diversité de ces dons spirituels. Mais pourquoi le comparer à une fleur? à cause de la grâce de l'esprit. Que fait ici la lige de Jessé? il en sortait par Marie sa mère, Décide donc et prononce. »
  • Clavis.« Tu ne seras pas mieux fondé à l'appeler fils de David que Christ, ni à prétendre que l'empire de la terre a été promis à David qui ne régna que sur la nation juive, plutôt qu'à Jésus-Christ qui règne sur tout l'univers par la foi à son Évangile. Écoute encore Isaïe: «Moi, le Seigneur, je t'ai appelé dans les secrets de ma justice; tu ouvriras les yeux des aveugles, » des infortunés plongés dans l'erreur; « tu briseras les fers des captifs, » des captifs du péché, « tu arracheras à la prison » » à la prison de la mort, « tous ceux qui étaient assis dans les ombres » de l'ignorance. Si toutes ces merveilles arrivent par Jésus-Christ, les prédictions n'en ont été faites que pour Jésus-Christ par qui elles arrivent. « Je l'ai donné pour témoin aux peuples, pour guide et pour maître aux nations, » dit ailleurs le même prophète »
  • Rex gentium. « Diras-tu, pour maintenir la diversité des deux messies, que le Christ, Juif de nation, était destiné par le Créateur à recueillir les débris épars du « peuple Juif, mais que le vôtre a été délégué par le dieu exclusivement bon pour sauver le genre humain? » Tu ne le peux! Les Chrétiens du Créateur ont devancé les chrétiens de Marcion. Tous les peuples ont été admis à son royaume depuis que « Dieu a régné du haut du bois, » avant qu'il fût encore bruit de Cerdon, à plus forte raison de Marcion. Battu sur la vocation des Gentils, tu retombes sur les prosélytes. Où sont, parmi, les nations, demandes-tu, les infidèles qui passent à la foi du Créateur, oubliant que le prophète nomme séparément les étrangers de condition diverse et distinctive? »
  • Virgo virginum. « L'enfantement d'une vierge ne contredit pas moins la nature, et cependant vous croyez le prophète. » - Oui, et avec justice. Il a préparé ma foi à une chose incroyable en me donnant pour motif qu'elle servirait de signe. « C'est pourquoi le Seigneur vous le donnera comme un signe. Voilà qu'une vierge concevra et enfantera un fils. » Si ce n'eût pas été quelque nouveauté prodigieuse, le signe eût semblé peu digne de Dieu. En effet, les Juifs ont beau alléguer, pour renverser notre foi, que les livres saints n'ont point entendu parler ici d'une vierge, mais d'une jeune fille. Mensonge absurde qui se réfute par lui-même! Un événement aussi commun que la conception et la maternité chez une jeune fille pouvait-il être signalé comme un prodige? Mais une vierge mère! voilà un signe auquel j'ai raison de croire. Il n'en va pas de même d'un conquérant nouveau-né. J'y chercherais vainement la raison du signe »

Tertullien s'attache à démontrer le triomphe du Christ ; de même qu'on fait triompher les antiennes.

La Fête de l'Attente[modifier | modifier le code]

Meister der Braunschweig-Magdeburger Schule 001.jpg

En Espagne, on célébrait le 17 et 18 décembre la Fête de l' Attente (expectatio ) de l'Enfantement de la Sainte Vierge , ou de l'Espérance, fête qui datait du dixième Concile de Tolède en 656 instituée suite à une apparition de la Vierge à saint Ildefonse de Tolède: Elle fut instituée dans toute l'Espagne et surtout à Tolède. l'Église de Milan célébrait déjà, au sixième et dernier dimanche de l'Avent, l'Office et la Fête de l’Annonciation de la Sainte Vierge, et donnait à la dernière semaine de ce saint temps le nom de Hebdomada de Exceptatio (du latin : Expectatio, Attente). Cette fête était appelée « Notre-Dame de l'Ô », ou la « Fête de l’Ô », à cause des grandes Antiennes. Pendant les huit jours de l'octave de Noël était célébrée une messe du matin solennelle à laquelle toutes les femme enceintes assistaient, quels que soient leur rang et leur condition[13]. La lettre O correspond parfaitement à la rondeur du ventre de la femme enceinte. L'expression était souvent : « In festivitate Marie Virginis que dicitur de la O  ». C'était une « fête de tous les siècles   » fêtant l'attente de l'incarnation du Messie, et Sauveur Jésus-Christ, fils de Dieu le Père[14].

Article détaillé : Vierge enceinte.

[15]

Notre-Dame de Guadalupe, une des plus célèbres Vierge de l'Avent  : sa ceinture noire signifie qu'elle est enceinte, dans la culture inca.
«   Cette Fête fut d' abord placée quelques jours avant le 25 Mars jour auquel nous faisons la Fête de l' Annonciation de la Vierge et de la Conception de J.- C. Mais cette Fête appelée dans L'Église la « fête de l' expectation de la sainte Vierge » c' est à dire de l' Attente de ses couches, ne pouvant commodément se célébrer au mois de Mars à cause du Carême ou de la quinzaine de Pâques, cette Fête de l' Attente du divin enfantement a été fixée au dix-huitième jour du mois de Décembre, huit jours précisément avant Noël, et en quelques Églises au seizième jour du même mois, selon que l' on fait avancer les célèbres antiennes qui précédent, et qui suivent à Vêpres le Cantique de la sainte Vierge et dans tout cet intervalle et qui commencent toutes par l'interjectíon Ô dont nous nous servons pour conjurer le Seigneur de venir nous délivrer du péché et des misères affreuses qui en sont la fuite et la juste punition d'où ou lui est venu le nom de la « Fête de l 'Ô de Noël ». »[16]

Les antiennes[modifier | modifier le code]

Antiphonaire de Poissy, O sapientia, O Adonai, O Radix Iesse.

Ces antiennes dateraient du pape Grégoire le Grand (600). On trouve mention de O Clavis David dans la Vie d'Alcuin : qu'il récita trois jours avant sa mort et des autres antiennes dans le De Laude Dei[17]. Le concile de Tolède en 636, ayant institué la fête de l'Attente, ordonne de chanter chaque jour une de ces antiennes pendant l'octave de l'Annonciation, qui était alors célébrée huit jours avant Noël[18]. Ces invocations dateraient donc du VIIe ‑ VIIIe siècle à Rome, de type romaines et non grégoriennes en leur origine, puis auraient été introduites à Milan (chant ambrosien) après le VIIIe siècle et auraient été plus tard, en Gaule rectifiées pour s'accorder aux canons du chant grégorien. Boethius y ferait une légère allusion. Vers l’an 830 Amalaire de Metz leur consacre un chapitre dans son ouvrage De Ordine Antiphonarii (chapitre 13) Au IXe siècle, elles sont chantées au Magnificat des Vêpres mais auparavant elles étaient chantées avec le Benedictus (Bénévent et Mont-Cassin)[19]. Elles étaient aussi répandues en Angleterre, dans l'église anglicane et luthérienne. Dans un Cantatorium du Xe siècle de Saint-Gall de Notker on trouve Veni Domine et Noli tardare, « Viens Seigneur et ne tarde pas à libérer ton peuple » et douze antiennes : elles semblent plus répandues encore à partir du XIIe ‑ XIIIe siècle siècle. Selon le pasteur Ludger M. Reichert, ces antiennes sont des chefs-d'œuvre de l'art chrétien de l'Antiquité tardive (VIe/VIIe siècle).

Selon D. Trautner et T. Schnitzler un fait historique intéressant pourrait avoir causé leur diffusion : en 799 le pape Léon III ayant subit une défaite suite à une attaque sarrasine s'est enfuit à Paderborn, en Allemagne, se mit sous la protection de Charlemagne. L'an 800 correspond exactement à la lettre omega. En 846, les Sarrasins sont aux portes de Rome pillée par les Barbares sous saint Augustin, et occupent la banlieue de San Pietro : À l'époque l'église chrétienne angoissée était toujours été dans un état d'attente de l'aide de Dieu, ou de sa venue.

Susan Rankin a relevé en tout dix-huit types d'antiennes depuis les livres liturgiques du VIIIe, ce qui correspond aux dix-huit exclamations des hébreux, dont : O Joseph, O Gabriel, O Summa, O mundi Domina, O Rex Pacifice, O Rex Justiciae, O Caeles, O Caelorum[20].

Les antiennes O Gabriel, O Caelorum, O mundi Domina, mais surtout O Radix et O Clavis, O Oriens, ( ainsi que les autres ..) Ô Racine, Clef, Orient, rappellent l'antienne Ave Regina caelorum elle même très ancienne :
'Ave Regina Caelorum,
Ave Regina Angelorum
Salve, radix,
Salve, porta
Ex qua mundo
Lux est orta ....

  • Virgo Gloriosa renvoie à Mundi Domina.
  • Rex Pacifice à Lux ( roi de lumière) et Christum pro nobis exora.

Manière de les chanter[modifier | modifier le code]

Modalité grégorienne[modifier | modifier le code]

Les partitions de toutes les antiennes sont en «Ré plagal  » , ou appelé « Protus plagal » ou encore « Hypo-dorien » (octoéchos)[21].

Le Benedictus : En certaines églises, on chantait les grandes antiennes au cantique final des Laudes, le Benedictus, On les répétait même après chaque verset à partir de In sanctitate et Justitia jusqu’au Gloria. «  Le Benedictus est le cantique de Zacharie ; le rapprochement avec le grand personnage de l’Avent, Jean-Baptiste, a peut-être attiré le chant de ces antiennes en ce moment, d’autant plus que deux d’entre elles Ô Clavis (O Clef) et O Oriens («  Ô Aurore  ») reprennent les termes des derniers versets du cantique Benedictus.  »[22]

On les chantait après le Rorate. On faisait triompher les antiennes Ô, c'est-à-dire qu'elles étaient chantées trois fois, après le Magnificat et le chant de l’antienne était alors repris à chaque reprise entre les versets du Magnificat, ou bien avant le Magnificat, avant et après le Gloria Patri. Elles étaient chantées selon des règles précises, mentionnées par exemple dans le Chapitre de la Cathédrale d'Amiens au XIIIe : l'évêque devait les entonner, ensuite le grand chantre et pas le chœur, en cape noire, rouge ou blanche.

« Prendre l'antienne »[modifier | modifier le code]

« Prendre l'antienne » signifiait entonner l'antienne. « Imposer l'antienne » signifiait donner le ton ou le texte. Dans quelques églises, le chancelier chargé des écoles du diocèse dispensant les cours de science entonnait la première Antienne de Magnificat Ô Sapientia. Le Doyen entonnait la seconde antienne Ô Adonaï parce que ce mot était l’anagramme de Adonaï ou à cause des paroles de l’antienne Dux domus Israël, parce qu’il était le chef du Chapitre. Le Chantre à cause de son bâton cantoral en forme de tige, entonnait la troisième antienne O Radix Jessé ou à cause des paroles qui stat in signum populorum car c’est lui qui surveille avec son bâton, l’assemblée à l’église, et le peuple, de bien psalmodier et de se comporter modestement. Le Trésorier qui gardait les clefs du trésor de l’église, commençait Ô Clavis David et l’Archidiacre, dont la juridiction spirituelle comprenait un territoire situé à l’orient d e la cathédrale entonnait Ô Oriens, le Grand Archidiacre dont la juridiction s’étendait sur ville et campagne, Ô Rex gentium parce que des deux, ville et campagne, il ne faisait qu’un, facit utraque unum.

L'évêque du lieu entonnait la dernière, par exemple Ô Pastor Israël pour l'archevêque de Paris.

« Faire un Ô »[modifier | modifier le code]

« On désigne, par O, les antiennes solennelles de vêpres qu'on chante les sept jours précédant la fête de Noël, et qui commencent toutes par cette lettre. C'est un cri vers le Messie attendu sept fois répété. On voit ici que ce sont les grands dignitaires de l'Église qui avaient le privilège de les chanter. C'est ce qu'on appelait « faire un O » , c'est-à-dire chanter une des antiennes commençant par la lettre O. Mais comme le jour où ils remplissaient cette fonction était pour eux un jour de fête, ils offraient, à cette occasion, aux autres officiers de l'église, une collation ..»[23]

Article détaillé : Traditions des antiennes Ô.

Le son des cloches[modifier | modifier le code]

Dans les couvents et les monastères, on faisait autrefois, sonner la grosse cloche pendant toute la durée du chant des antiennes Ô, puis pendant la collation au refectoire, et aussi dans les églises des villages, les cathédrales, pour que tous les habitants du village soient avertis de la joie de Noël. De nos jours, du 17 au 23 décembre, le Plenum Nord c'est-à-dire l'ensemble des huit cloches sonnant à la volée à Notre-Dame de Paris, sonne pendant les Vêpres, au moment du chant des « grandes antiennes Ô ». [24]

Fête des Lumières[modifier | modifier le code]

On plaçait sur le tabernacle ou sur l'autel un cercle de métal poli, déviant un peu de la ligne perpendiculaire. Sur les parois intérieures de ce cercle étaient ménagées plusieurs lances ou chevilles, sur lesquelles on implantait des cierges allumés, un par jour, comme les quatre cierges de l'Avent, jusqu'à ce que la totalité des antiennes soient chantées : Lumières symbolisant sans doute les prophètes, comme chandelier brillant dans un lieu obscur[25] ou bien l'attente. Le Saint-Sacrement était exposé au centre de ce cercle rayonnant[26].... Cette coutume est remplacée aujourd'hui par les quatre bougies de l'Avent[27]. Un vers transmis Raoul de Rouvray montre le lien entre la fête de la Sainte Lucie et les bougies de l'avent des antiennes Ô : « Tu dona festum Nichasi Luce sequente, Dici festum nisi Luce sua, Nam sua decet « O » festum Luce referetur » : «  La fête de Nichaise suit celle de Lucie, pas de fête dit-on sans Lumière, En effet le convient de relier les O à la fête de sa Lumière.  »

Article détaillé : Avent.

Calendrier des antiennes[modifier | modifier le code]

Les dates des antiennes : Du Cange nous apprend que cette période de sept jours où on chantait les antiennes était appelée Oleries. Ce nom ne nous est connu que par un seul texte, trouvé dans une lettre de rémission de 1478 « Le dimanche dernier des Oleries, de devant Noël ». Le premier Ô se chantait en la Fête de l'Annonciation huit jours avant Noël donc le 17, fête ensuite reportée au 25 mars.

L'Ordo du Chanoine Benoît (vers 1140) atteste l'usage de les chanter du 6 au 13 décembre. Le théologien Jean Grancolas affirme que dans certains ordres romains elles étaient chantées depuis le jour de la Saint Nicolas, donc le 6 décembre et duraient jusque Noël. Souvent on les chantait après la fête de sainte Lucie, et saint Nicaise, 13 et 14 décembre : de nos jours, le symbole de l'avent est la fête de l'Immaculée Conception le 8 décembre, qui a remplacé celle de l'Annonciation fêtée autrefois le 17 décembre avant d'être reportée au 25 mars. Le nombre d'antiennes chantées différait selon les villes et les coutumes locales : Paris et Toulouse, le 15 décembre ; À Rouen on chantait huit antiennes à partir du 16 décembre ; A Rome le 17 décembre. à Paris il y avait deux autres antiennes propres, ce qui en faisait neuf et cette liturgie commençait deux jours avant Rome le 17 décembre, : ce sont O sancte sanctorum et O pastor Israel, qui avaient remplacé celles en honneur de la sainte Vierge et de saint Thomas[28] Selon Guillaume Durand et Honoré d'Autun on en chantait douze dans certaines églises pour honorer les douze prophètes qui ont annoncé la venue du Messie et les douze apôtres qui l'ont prêchée et l'icône russe de Notre-Dame du Signe c'est-à-dire, une Vierge de l'Avent est entourée de ces douze prophète tentant en main leurs prophéties écrite sur des phylactères de papier... En Italie un manuscrit de Monza en rapporte treize. On en trouve dix dans l' antiphonaire de Hartker de Saint-Gall au Xe.

« Le nombre de ces antiennes, qu'on appelle vulgairement les « Ô de l'Avent », parce qu'elles commencent toutes par cette exclamation, est de sept dans l'église romaine, une pour chacune des sept féries majeures, et elles s'adressent toutes à Jésus-Christ. D'autres églises, au Moyen Âge, en ajoutèrent deux autres : une à la Sainte Vierge, O Virgo Virginum ! et une à l'ange Gabriel, O Gabriel ! ou encore à saint Thomas, dont la fête tombe dans le cours des Fériés majeures. Cette dernière commence ainsi : O Thomas Didyme ! À partir du XIIIe siècle, elle remplaça presque universellement celle : O Gabriel ! Il y eut même des églises qui portèrent jusqu'à douze le nombre des grandes Antiennes, en ajoutant à ces neuf antiennes, trois autres : une au Christ, O Rex pacifice ! une seconde à la Sainte Vierge, O mundi Domina ! et enfin une dernière en manière d'apostrophe à Jérusalem, O Hierusalem ! » (Dom Guéranger). O Virgo Virginum et O Thomas furent supprimées après le pontificat de Pie V et leur furent substituées O Pastor Israël pour la fête de Saint Thomas et O Sancte Sanctorum .
date antienne traduction commentaire chant grégorien image
17 décembre O S apientia , quæ ex ore Altissimi prodisti, attingens a fine usque ad finem, fortiter suaviter disponensque omnia: veni ad docendum nos viam prudentiæ O Sagesse, sortie de la bouche du Très-Haut, qui enveloppez toutes choses d'un pôle à l'autre et les disposez avec force et douceur, venez nous enseigner le chemin de la prudence
18 décembre O A donaï, et Dux domus Israel, qui Moysi in igne flammæ rubi apparuisti, et ei in Sina legem dedisti : veni ad redimendum nos in bracchio extento. Ô Adonaï, guide du peuple d'Israël, qui êtes apparu à Moïse dans le feu du buisson ardent, et lui avez donné vos commandements sur le mont Sinaï, armez votre bras, et venez nous sauver.
19 décembre O R adix Iesse , qui stas in signum populorum, super quem continebunt reges os suum, quem gentes deprecabuntur : veni ad liberandum nos, iam noli tardare. Ô Fils de la race de Jessé, signe dresse devant les peuples, vous devant qui les souverains resteront silencieux, vous que les peuples appelleront au secours, délivrez-nous, venez, ne tardez plus !
20 décembre O C lavis David , et sceptrum domus Israel ; qui aperis, et nemo claudit ; claudis, et nemo aperit : veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis. Ô Clef de la cité de David, sceptre du royaume d'Israël, vous ouvrez, et personne alors ne peut fermer ; vous fermez, et personne ne peut ouvrir ; venez, faites sortir du cachot le prisonnier établi dans les ténèbres et la nuit de la mort.
21 décembre O O riens , splendor lucis æternæ, et sol iustitiæ : veni, et illumina sedentes in tenebris et umbra mortis. Ô Orient, splendeur de la Lumière éternelle, Soleil de justice, venez, illuminez ceux qui sont assis dans les ténèbres et la nuit de la mort.
22 décembre O R ex gentium , et desideratus earum, lapisque angularis, qui facis utraque unum : veni, et salva hominem, quem de limo formasti. Ô Roi des nations, objet de leur désir, pierre angulaire qui unissez les peuples opposés, venez sauver l'homme que vous avez façonné d'argile.
23 décembre O E mmanuel , Rex et legifer noster, exspectatio gentium, et Salvator earum : veni ad salvandum nos, Domine, Deus noster. Ô Emmanuel, notre roi et législateur, que tous les peuples attendent comme leur Sauveur, venez nous sauver, Seigneur notre Dieu !
24 décembre

Antiennes supplémentaires[modifier | modifier le code]

Deux antiennes complétaient souvent les sept représentant les sept dons du Saint-Esprit pour donner neuf antiennes comme neuf chœurs des anges :

  • O Thomas Didyme, qui Christum meruisti cernere, te precibus rogamus altisonis, succurre nobis miseris, ne damnemur cum impiis in adventu iudicis.

O Thomas Didyme, vous qui méritâtes de voir le Christ, nous vous adressons à haute voix nos prières, secourez-nous dans notre misère, afin que nous ne soyons pas condamnés avec les impies, quand le Juge arrivera. 21 décembre Chantée au Moyen Âge fut remplacée au XVIIe siècle par Ô Pastor Israël.

  • O Virgo virginum, quomodo fiet istud ?Quia nec primam similem visa es nec habere sequentem. Filiae Jérusalem, quid m'admiramini ?.

Hymne chanté en Angleterre. La dernière des antiennes chez les religieux Prémontrés. Chantée au Moyen Âge, elle fut remplacée au XVIIe siècle par Ô Sancte Sanctorum[29].

Certaines églises médiévales avaient jusque douze ou même treize antiennes, ajoutant le « O Rex Pacifice », « O Mundi domina », « O hierusalem ». « O Gabriel, nuntius cœlorum », par la suite remplacé par l'antienne « O Thoma Didyme » pour la fête de l'apôtre saint Thomas (21 décembre).

Susan Rankin a relevé en tout dix-huit types d'antiennes depuis les livres liturgiques du VIIIe, ce qui correspond aux dix-huit exclamations des hébreux, c'est-à-dire outre O Sapientia, O Adonaï, O Radix Jessé, O Clavis David, O Oriens, O Rex gentium, O Emmanuel : O Joseph, O Gabriel, O Thomas Didyme, O Virgo virginum, O Pastor Israël, O Sancte Sanctorum , O summe artifex O Mundi Domina, O Rex Pacifice, O Rex Justiciae, O Caelorum[30]....

  • O Sancte sanctorum, speculum sine macula Dei maiestatis, et imago bonitatis illius : veni ut deleatur iniquitas, et adducatur iustitia sempiterna. « O Saint des saints, miroir sans tache du Dieu de majesté et image de sa bonté, venez effacer l'iniquité et apporter la justice éternelle ». Le 20 décembre
  • O Pastor Israel, et dominator in domo David, cuius egressus ab initio, a diebus æternitatis : veni ut pascas populum tuum in fortitudine, et regnes in iustitia et iudicio. « O Berger d'Israël et souverain de la maison de David, son chemin de liberté dès le commencement et pour l'éternité, venez nourrir votre peuple de courage, et régner avec justice et droiture. » Le 23 décembre. (réf. Michée, Jean 10, 11-18)
  • O Gabriel, nuntius cælorum qui ianuis clausis ad me intrasti et Verbum nuntiasti, concipies et paries, Emmanuel vocabitur. « O Gabriel, messager des cieux, qui es entré chez moi toutes portes closes, et m'as annoncé le Verbe en disant : vous concevrez et enfanterez un fils, il sera nommé Emmanuel ».
Antienne O Thomas
  • O Hierusalem, civitas Dei summi, leva in circuitu oculos tuos, et vide Dominum tuum, quia iam veniet solvere te a vinculis. « O Jérusalem, ville du Dieu Très-Haut, lève les yeux autour de toi et vois ton Seigneur qui va venir pour te dégager de tes liens ».
  • O Rex pacifice, tu ante saecula nate, per auream egredere portam, redemptos tuos visita, et eos illuc revoca, unde ruerunt per culpam. « O Roi Pacifique ! vous qui êtes né avant les siècles, hâtez-vous de sortir par la porte d'or : visitez ceux que vous devez racheter, et faites-les remonter au lieu d'où le péché les a précipités ».
  • O Mundi Domina regio ex semine orta ex tuo iam Christus processit alvo tamquam sponsus de thalamo.hic iacet in praesepio qui et sidera regit Hymne trouvé en Hongrie avec un texte différent.
  • O Summe Artifex , polique rector siderum altissime, ad homines descende, sedentes in tenebris et umbra mortis. Chantée en Allemagne et en Belgique : quelques ordres prémontrés dont Saint-Pierre à Anderlecht et de Saint-Pierre à Louvain, Liège, le 23 décembre[31],[32].

Hymne liée : « O Veni, O veni Emmanuel »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : O Veni, O veni Emmanuel.

Cet hymne de l'Avent O Veni, O veni Emmanuel ( Ô Viens, Ô viens Emmanuel, c'est-à-dire « Dieu avec nous ») attribué aux franciscains entre le XIIe siècle et le XVe siècle.

Georges de La Tour

Au XVIIIe siècle, dans un ouvrage[33], on trouve quelques prières accompagnant les antiennes sur l'Incarnation de Jésus Sagesse éternelle (O Sapientia) et Verbe fait chair pour méditer l'octave du 16 au 24 décembre à partir du 16 : Hommage à l'Esprit de Jésus dans la Crèche.- à la bouche adorable de Jésus naissant.- aux mains sacrées de Jésus dans la Crèche.- aux Yeux de Jésus.- aux pieds adorables de Jésus dans la Crèche.- à la Chair de Jésus dans la Crèche, au Sang de Jésus dans la Crèche.- à l'âme de Jésus nouveau né. - Hommage à la Divinité de Jésus dans l'étable.

À travers le monde[modifier | modifier le code]

En Espagne, au Portugal et en Amérique Latine[modifier | modifier le code]

El Greco 035.jpg

Vigile de la Expectación de Nuestra Señora.

  • Concile de Saragosse de 380 : Le 4e canon de ce concile « défend de s'absenter pendant les vingt et un jours qui sont depuis le 17 de décembre jusqu'au 6 janvier, c'est-à-dire depuis huit jours avant Noël jusqu'à l'Épiphanie ».
  • L’O « Ad Missam ». Il n’existe aucune trace d’antienne Ô dans le bréviaire et la liturgie mozarabes, mais Pedro Ribadeneira[34]rapporte que lors des vêpres de la fête de l’ Expectation à Tolède (Annonciation), il était d’usage que tout le chœur et tous les chantres et clercs poussaient, d’une voix forte et claire, « sans ton ni mesure » de très longs « O» témoignant un désir ardent et symbolisant l’attente de l’Incarnation de Jésus-Christ, le Rédempteur.
  • De sextae aeatis comprobatione de Julien II de Tolède au VIIe commente les prophéties de la venue du Messie et l'attente de la naissance du Christ et Ildefonse écrivit un traité sur la virginité perpétuelle de Notre-Dame. La « Fête de l'Expectation » instituée par le Concile de Tolède. Le miracle de l' « imposition de la chasuble » à Ildefonse de Tolède, peint par Le Greco  : Une légende rapporte que Notre-Dame apparut à Saint Ildefonse, après qu'il eut écrit un livre, le De Virginitate Sanctae Mariae pour défendre la virginité de la Vierge après son accouchement : Marie lui apparut, le remercia, le félicita, et lui donna une chasuble blanche. Ildefonse réunit alors le Xe concile à Tolède. « En 636 le dixième concile de Tolède ordonna que la fête de l' Annonciation de Notre-Dame et de l' Incarnation du Verbe divin (célébrée autrefois le 15 des calendes de janvier) se célèbre huit jours avant Noël {...} Ildefonse confirma ce décret et nomma cette fête « attente des couches de Notre-Dame » : Elle fut nommée ensuite la « fête des l'Ô » ou « fête de l'Ô »[35],[36]... ». cet épisode et la légende du don de la chasuble par la Vierge est relatée dans une Légende Dorée, la Vida de San Ildefonso (es) de Beneficiado de Ubeda (es).

En Angleterre[modifier | modifier le code]

Les Antiennes O sont connues depuis au moins le VIIIe : le Poème de l' Avent anonyme « Christ I » en vieil anglais ( Christ I  (en) ), qui date de la fin du VIIIe ou début du IXe[37], en reprend sept.

Crèche - Marie enceinte.JPG

Elles ont été chantées en Angleterre au long de siècles aussi bien chez les anglicans que chez les luthériens quoique ne faisant pas partie du Book of Common Prayer, mais des Anglican liturgical sources, comme l'English Hymnal (les versions anglaises, qui ne sont pas toujours la traduction littérale du latin, proviennent de Culte commun liturgique de l'Église d'Angleterre).

Bien que le calendrier des antiennes et les dates indiquées ci-dessus aient été assez universellement suivies tout au long des siècles de chrétienté occidentale, une pratique médiévale anglaise consistait à décaler toutes les antiennes d'une journée (commençant par conséquent le 16 décembre) en ajoutant une antienne supplémentaire (huitième) le 23 décembre, acrostiche devenant ainsi Vero cras, « véritablement, demain ». Il s'agit de l'antienne O Virgo virginum (Ô Vierge de vierges), avec le texte suivant (en latin, en anglais) :

O Virgo virginum, quomodo fiet istud ?
Quia nec primam similem visa es nec habere sequentem.
Filiae Jerusalem, quid m'admiramini ?
Divinum is mysterium hoc quod cernitis.

O Virgin of virgins, how shall this be?
For neither before thee was any like thee,
nor shall there be after.
Daughters of Jerusalem, why marvel ye at me?
The thing which ye behold is a divine mystery.

Étant données ses origines anglaises, cette alternative a toujours été la version utilisée dans l'Église d'Angleterre (y compris la cathédrale de Cantorbéry) jusqu'à l'époque moderne et elle a été la version imprimée dans les sources de liturgie traditionnelle en Église d'Angleterre. Depuis 2000, toutefois, l'Église d'Angleterre semble avoir délaissé cette pratique médiévale anglaise pour la norme universelle, et le Culte commun prévoit désormais la version simple des antiennes et non la version octuple[38].

En Allemagne, Belgique, Pays-Bas[modifier | modifier le code]

En Allemagne et à Liège on rajoutait comme à Paris deux antiennes. En Belgique et aux Pays-Bas, la « Messe d'or » vers le 18 décembre.

En Italie[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Plusieurs églises dans le monde portent ce nom de «  Nuestra-Señora de la Ô  » liées à la Fête de l'Attente, de l'Expectation de la Vierge et de l'Espérance

Statuaire[modifier | modifier le code]

On trouve mais à partir du XVe, des statues de «  N.D. de l'Ô  ».: Notre-Dame, Vierge enceinte de l'Expectation, de l'Attente, de l'Espérance, Maria gravida, Madonna del parto appelée aussi Vierge de l'Avent

Nuestra Señora de la Ô, Navas de Madroño
Article détaillé : Vierges enceintes .

Musique : adaptations[modifier | modifier le code]

Elles sont chantées en chant grégorien tandis que l'on les chantait parfois en faux-bourdon, par exemple à la cathédrale Notre-Dame de Paris[39]. Elles furent aussi mises en musique par :

Elles restent avant tout une œuvre liturgique destinée aux Vêpres de l'Avent.

Compléments[modifier | modifier le code]

Vierge de l'Avent,l'Enfant Jésus dans un ѽ oméga

Religion orthodoxe[modifier | modifier le code]

Il existe une Vierge de l'Avent, la Vierge du Signe  (en) ou Playtera. Une mandorle ou un cercle ( un Ѻ cyrillique ? parfois un ѽ ou Ѿ ) entoure l'enfant Jésus, dans le sein de Marie, parfois entouré des douze prophètes de l'Ancien testament[44]. Le Noël russe a lieu treize jours après le Noël catholique, le 6/7 janvier.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (la) Amalaire de Metz, De ordine antiphoniis quae in principio ab Ô.... [7]
  • (la) Honorius d'Autun, De gemma Animae, Livre 3.
  • (la) Reiner de Saint-Laurent, Commentaire des antiennes avant Noël commençant par O, XIIe.
  • (la) Raoul de Rouvroy, Chapitre de la Cathédrale d'Amiens, 1291, XIIIe, pages 54-61, sur Gallica.
  • (la)/ (fr) Jean Massieux, prêtre de Mantes, La Doulce Mouëlle et saulce friande des saints savoureux os de l' Avent, Paris, (1578), in-8, (Commentaire des neuf antiennes O)
  • (en) Johannes de Muris. [lire en ligne] The Summa musice: a thirteenth century manual for singers, Christopher Page, Johannes de Muris
  • (la)Edmond Martène, De antiquis Ecclesiae ritibus, Livre IV, chapitre X, p. 34.
  • (fr) Prosper Guéranger, L' Avent Liturgique [lire en ligne]
  • (en)Thurston Herbert, The Great O Antiphonen, Heralds of Christmas in The Month, 106 (1905).
  • (de) Weber, A., Die sieben O—Antiphonen der Adventsliturgie, Pastor Bonus, 19 (1906-7), pp. 109—19
  • (en) Saunders, Rev. William. What are the O Antiphons?, Arlington Catholic Herald.
  • (en) Cabaniss, J.A., A Note on the date of the great antiphons, Speculum 22, (1922), pages 440-42.
  • (nl) Callawaert, Camillis, De groote Advent Antiphonen, in Sacris Erudiis, Steenbrugghe, (1942), pp.406-16.
  • (en) Burlin, R.B. The Old English Advent: a Typological Commentary , New Haven, CT, (1968).
  • (en) Susan Rankin, The liturgical background of the Old English Advent lyrics : A Repraisal in Learning and Literature, Clemoes, pp.317-340.
  • (fr)Gasser, Sylvain, « Les antiennes O », in : Études grégoriennes 24 (1992), pp. 53-84.
  • (en)Knoblach Thomas, «  The O Antiphons  », in : Ephemerides Liturgicae, ISSN 0013-9505. (1992) vol. 106, ( 3 ) juin, pp.177-204.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Veni Emmanuel : Liturgies pour le temps de l’Avent, Choir of Clare College de Cambridge, direction Graham Russ, Harmonia Mundi HMC 907579, 2013.
  • Huelgas Ensemble - Cypriot Advent Antiphons, anonyme, c. 1390
  • Marc-Antoine Charpentier Le Malade Imaginaire & Les Antiennes "O" de l'Avent Noël pour les instruments...Les Arts florissants - William Christie, dir.Harmonia mundi HMC 90 1336 & 90 5124 [CDx2]
  • « O » Anthems for Advent ~ Charpentier (Artiste), William Christie, Les Arts Florissants
  • Noël au Collège de St John, Œuvres chorales, Chœur du St John’s College, Direction David Hill
  • O sapientia - Chœur des Moines de Ligugé- dans Le livre aux sept Sceaux, Chant grégorien.
  • CD Humble Sauveur, Abbaye de Tamié, Bayard
  • Postludes libres pour des Antiennes de Magnificat, for organ or harmonium, Op. 68 Charles Tournemire.1935.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anthems sur Encyclopédie Universalis
  2. Source (en) O Antiphons, Henry, H. (1911). O Antiphons. In The Catholic Encyclopedia. New York: Robert Appleton Company.
  3. L'ancienne liturgie gallicane, son origine et sa formation en Provence, aux Ve et VIe siècles, sous l'influence de Cassien et de saint Césaire d'Arles par le P. J.-B. Thibaut page 23 et 24
  4. La première, Ô sapientia, rappellerait-elle que Wisigoth signifie les « Goths sages », wisi ayant donné weise en allemand, sapiens ? Cent
  5. Reinerus S. Laurentii Leodiensis, Super novem ante natalitias Antiphonae ab O exordientes... in De claris scriptoribus monasterii sui, Livre 3, consacré entièrement aux antiennes.cf Histoire Littéraire de la France tome 14.
  6. La lettre grecque oméga ω correspond à la lettre taw ת en hébreu, (toutes deux dernières lettres de leur alphabet respectifs) c'est-à-dire Tau qui est celui de la Croix de ce que le Messie attendu et Sauveur fut un Messie crucifié. On peut ainsi aller du Cycle de la Nativité de Jésus au Cycle de la Passion du Christ.
  7. « Le chant grégorien et la tradition grégorienne » de Jacques Viret page 63
  8. Sermon 87,1.4-6 ; PL 38, 530-533 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 139. Source du texte: site Evangile au Quotidien.
  9. François Louis Gauthier
  10. Cf. Allen Cabaniss, A Jewish provenience of the Advent Antiphons? sur Jstor. The Jewish Quarterly Review New Series, Vol. 66, No. 1 (Jul., 1975)
  11. Mgr Sarnelli était le confesseur deMélanie, voyante des apparitions de La Salette - « Les Antiennes de Noël » dans Correspondance de Rome, Volume 1- Pie IX
  12. Tertullien, Contre Marcion, Livre 3
  13. Lire en détail :Dom Guéranger 17 décembre, Fête de l'Expectation de l'enfantement de la Sainte Vierge [lire en ligne]
  14. Dans l'Attente de l'Enfantement de Notre Dame autrement appelée la fête de l'Ô in : Les Vies des saints pour tous les jours de l'année page 51
  15. Seven Bells to Bethlehem: The O Antiphons of Advent par Oliver Treanor page 9, «  the O Madonna  »
  16. L' éloquence sublime des auteurs sacrés dans les Cantiques, (Volume 1) page 85, de Pierre Joubert, 1786.
  17. Susan Rankin , The liturgical background of the Old English Advent Lyrics : A reappraisal in Learning and Literature in Anglo-Saxon England publié par Michael Lapidge, Helmut Gneuss page 340 : Les antiennes d'Alcuin dans l'ouvrage De Laude Dei du manuscrit conservé à Bamberg : [lire en ligne].
  18. Eugène Decorde, Dictionnaire du culte catholique'
  19. [1] L'origine du chant grégorien, illustrations musicales, p. 15
  20. Susan Rankin , The liturgical background of the Old English Advent Lyrics : A reappraisal in Learning and Literature in Anglo-Saxon England publié par Michael Lapidge, Helmut Gneuss page 336, Appendix I : « Les manuscrits sources d'Antiennes O » : [lire en ligne]
  21. Abbé Boelher, Qui est Jésus?Antienne de la « Sagesse » pour le 17 décembre.
  22. Dom Adrien Nocent, Contempler sa Gloire
  23. Ducourtieux, Paul (1846-1925), Etat du clergé du Diocèse de Limoges in : Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, page 329.
  24. Ordre de sonnerie des cloches de Notre Dame de Paris
  25. Deuxième épître de Pierre  : « Nous avons un témoignage plus sûr » que cette vision du Thabor, « ce sont les paroles des prophètes, auxquelles vous faites bien de vous attacher comme au flambeau qui brille dans un lieu obscur (2 Pierre, 1, 19) ». Commentée par Jean de la Croix dans la Montée du Carmel, live 2 chapitre XIV. (Ce saint fut arrêté et mis au cachot à Tolède, début décembre, environ quinze jours avant la grande fête des Ô à Tolède.) Proclamé docteur de l'église, il enseigna l'union avec la Divine Sagesse, « Ô Sapientia » ainsi: « Cette comparaison, si nous y réfléchissons bien, renferme la doctrine que nous enseignons. Quand nous disons qu'il faut suivre la lumière de la foi enseignée par les prophètes comme le flambeau qui brille dans un lieu obscur, nous disons que nous devons nous tenir dans l'obscurité, les yeux fermés à toutes les lumières d'ici-bas, et que, au milieu de cette obscurité, seule la foi, qui elle aussi est obscure, est le flambeau que nous devons suivre. Si nous voulons nous attacher aux autres lumières ou connaissances claires et particulières, par le fait même nous cessons de nous attacher à la lumière obscure de la foi qui ne nous donne plus sa lumière dans ce lieu obscur dont parle saint Pierre; ce lieu obscur signifie l'entendement qui est le chandelier sur lequel repose le flambeau de la foi; il doit rester dans l'obscurité jusqu'à ce que lui apparaisse dans l'autre vie le jour de la claire vision de Dieu, ou bien dans cette vie celui de sa transformation et union avec Dieu vers qui l'âme s'achemine. »
  26. La coutume de cierges allumés chaque jour pendant ce octave et ceux de l'Avent, rappelle la fête de Hanoukka, qui se célèbre au même moment chez les Juifs, « fête des Lumières » également : Dans les évangiles, Jésus, en hiver, pendant cette fête de la Dédicace, « Sagesse » incarnée, se place « sous le portique de Salomon » pour affirmer qu'il est bien le Messie attendu à ceux qui lui demandèrent : « C'était l'hiver. Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon . » ( Évangile selon saint Jean 10:22-23)
  27. Dom Guéranger http://www.abbaye-saint-benoit.ch/gueranger/anneliturgique/avent/061.htm
  28. Migne
  29. L'année liturgique: L'Avent liturgique Par Prosper Guéranger
  30. Susan Rankin , The liturgical background of the Old English Advent Lyrics : A reappraisal in Learning and Literature in Anglo-Saxon England publié par Michael Lapidge, Helmut Gneuss page 336, Appendix I : « Les manuscrits sources d'Antiennes O » : [lire en ligne]
  31. Analecta Praemonstratensia, Volume 32 page 145 « Les antiennes O dans la liturgie des Prémontrés » et Les ordinaires des collégiales Saint-Pierre à Louvain et Saints-Pierre-et-Paul à Anderlecht d'après des manuscrits du XIVe siècle
  32. [2] Medieval Hungarian Christmas Music
  33. Conduite pour passer saintement le temps de l'Avent d'Avrillon (Jean-Baptiste-Elie, le R.P.) [3]
  34. Pedro Ribadeneira , Flos sanctorum Le 18 Décembre
  35. Nicolas Sylvestre Bergier, Dictionnaire de théologie, page 141
  36. Lire : José Madoz, S. I., San Ildefonso de Toledo a través de la pluma del Arcipreste de Talavera. Charles-V. Bulletin Hispanique, Année 1948, Volume 50, Numéro 50-2, pp. 202-204 (chapitre XIII)
  37. Il a été étudié et commenté par Susan Rankin cf. Bibliographie.
  38. Les « antiennes O » en Angleterre Hymns and carols of Christmas : O Antiphons
  39. L'abbé Poisson précisa en 1750, dans son livre Traité théorique & pratique du plain-chant, appellé grégorien : «  De même pour rendre plus sonore le chante du Cantique Magnificat des Antiennes O de l'Avent, on chante le Faux-bourdon du premier Mode ou du huitième ; (en 1748, à Notre-Dame de Paris on a chanté du premier Mode, & en 1749, on a chanté du huitième......... )  » http://books.google.fr/books?id=icA9AAAAcAAJ&pg=PA89
  40. Harvard dictionary of music - Willi Apel, Willi Apel - 1969 voir aussi P.A.N. Project Ars Nova
  41. [4] Les Arts Florissants Molière et les Antiennes O , http://www.schola-sainte-cecile.com/2009/12/17/charpentier-o-salutaris-hostia-de-la-veille-des-o-h-36/
  42. [Musica sacra. Antiennes O]
    • Jean-Baptiste Geoffroy, (1601-1675) Antiennes «  O  » [Musique imprimée] : extraites de sa Musica sacra, 1661 : pour chœur et basse continue / Jean-Baptiste Geoffroy ; édition, Christophe Corp. - [Partition]. - Tours : la Sinfonie d'Orphée, 2008. - 1 partition
  43. [5] Pawel Lukaszewski: O Sapientia (SSAATTBB) et Antiphonae (text from Latin liturgy), mixed chorus, 1995-99 (each of its seven sections may be performed separately: O Sapientia; O Adonai; O radix Jesse [also version for female chorus, 1997]; O clavis David; O Oriens; O Rex gentium; O Emmanuel); Jesu Christi prostrationes (text from the Book of Isaiah), mixed chorus, 1999 [6].
  44. http://rennes.catholique.fr/L-Avent-Marie-signe-de-l-attente.html