Prière catholique

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Henri III au pied du Christ en Croix, École française, 1580.

La prière est le thème central de la Bible ; elle s'y présente sous diverses formes : demande, remerciement, adorations ou louanges. Cet article adopte donc un point de vue purement catholique.

Lorsqu'un catholique prie et effectue une demande par celle-ci, il espère un certain résultat dans le monde physique (tel que la guérison d'une maladie) ou même dans l'Au-delà, voire au Purgatoire (tel que l'Absoute pour les morts).

Cependant, toutes les prières ne se résolvent pas à des demandes d'intercessions directes, il y a aussi (mais pas exclusivement) des prières dont le but est de réparer les péchés d'autrui comme les actes de réparations (Acte de réparation à Jésus).

La prière est aussi une méthode et un moyen de renforcer à la fois l'Église mais aussi ses membres.

Doctrine concernant la prière[modifier | modifier le code]

Le Christ apprend, à ses disciples, à prier sans hésiter avec un cœur pur et une foi persévérante; l'humilité étant la base de la prière[1]. L'Évangile selon Luc contient des paraboles illustrant qu'un bon prieur doit être patient, tenace et humble[2].

La position catholique sur la prière enseigne que la prière implique l'intercession de l'Esprit Saint[3],[4]: « L'Esprit saint, dont l'onction imprègne tout notre être, est le Maître intérieur de la prière chrétienne et l'artisan de la tradition vivante de la prière[5]. »

Formes de prière[modifier | modifier le code]

Elles sont résumées dans les sections 2644 à 2649 du Catéchisme de l'Église Catholique (1992).

  • la Bénédiction et la louange/adoration. Le Catéchisme de l'Église Catholique fait un léger distingo entre "louange" et "adoration"; fondamentalement, la forme est la même, la louange, mais c'est la sensibilité exprimée dans la prière qui diffère: l'adoration insiste plus sur le rapport entre la Créature et son Créateur;
  • la Demande ou implorer ce dont le chrétien a besoin, y compris le pardon;
  • l'Intercession qui en une demande en faveur d'un autre;
  • l'Action de grâce pour ce que Dieu fait ou octroie.

Les neuf manières corporelles de prier de saint Dominique[modifier | modifier le code]

Les neuf formes de prières de Saint-Dominique.

Saint Dominique codifia les manières de prier et leurs attitudes corporelles. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, un auteur anonyme retranscrit ce travail dans un manuscrit, Les modes de prier de saint Dominique, dont une copie en catalan (datant elle de la fin du XIVe siècle-début du XVe siècle) se situe actuellement à la Bibliothèque vaticane (Codex Rossianus 3). Ces neuf modes sont les suivants :

  • la prière en inclinaison
  • la prière en prostration
  • la prière en génuflexion
  • la prière des regards
  • la prière d'élévation du cœur
  • la prière de violence
  • la prière d'imploration
  • la prière d'intimité
  • la prière du prêcheur en voyage

Prières et liturgie[modifier | modifier le code]

Prières liturgiques[modifier | modifier le code]

Prières non liturgiques[modifier | modifier le code]

Positions théologiques et pastorales récentes relevant du Magistère papal[modifier | modifier le code]

Jean-Paul II[modifier | modifier le code]

Dans son encyclique Dominum et Vivificantem, Jean-Paul II rappelle le rôle primordial de l'Esprit Saint dans la prière:

« La manière la plus simple et la plus commune dont l'Esprit Saint, le souffle de la vie divine, s'exprime et entre dans l'expérience, c'est la prière. Il est beau et salutaire de penser que, partout où l'on prie dans le monde, l'Esprit Saint, souffle vital de la prière, est présent. Il est beau et salutaire de reconnaître que, si la prière est répandue dans tout l'univers, hier, aujourd'hui et demain, la présence et l'action de l'Esprit Saint sont tout autant répandus, car l'Esprit «inspire» la prière au cœur de l'homme, dans la diversité illimitée des situations et des conditions favorables ou contraires à la vie spirituelle et religieuse[6]. »

Benoît XVI[modifier | modifier le code]

Parmi les quatre formes de prières basiques, Benoît XVI invite les catholiques à favoriser celle de la louange en s'appuyant sur l'Apocalypse[7]:

« C’est un livre difficile, mais il contient une grande richesse.[..] Il nous met en contact avec la prière vivante et palpitante de l’assemblée chrétienne, rassemblée « le jour du Seigneur » (Ap 1, 10) : c’est là, en effet, la toile de fond sur laquelle se développe le texte.[..] Ces versets nous enseignent, en outre, que notre prière, souvent faite uniquement de demandes, doit au contraire, être faite avant tout de louange rendue à Dieu pour son amour, pour le don de Jésus-Christ qui nous a apporté force, espérance et salut. »

Le même jour, la pape enseigne aux auditeurs, réunis au Vatican, toujours en se référant à l'Apocalypse et rejoignant ce que Jean-Paul II a enseigné en son temps: la prière doit être "christo-centrique" et l'Esprit y a une place essentielle. Enfin, Benoît XVI explique qu'en comprenant l'essence même de la prière, les personnes comprendront le message du Christ ce qui les conduira sur la voie de la réelle repentance et de la réelle conversion. Persévérant ainsi, le chrétien embrassera finalement l'amour divin et grandira en son sein.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catéchisme de l'Église catholique, 1992, article n°2559. [1]
  2. Catéchisme de l'Église catholique, 1992, article n°2613.
  3. Épître aux Romains 8:26.
  4. Catéchisme de l'Église catholique, 1992, article n°741.
  5. Catéchisme de l'Église catholique, numéro 2670.
  6. Dominum et vivificantem, 18 mai 1986
  7. Lien sur la page internet de l'agence ZENIT (audience du mercredi 5 septembre 2012 portant sur la catéchèse de la prière)