Prosper Guéranger

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Prosper Guéranger
Image illustrative de l'article Prosper Guéranger
Dom Guéranger, portrait par Claude-Ferdinand Gaillard
Biographie
Naissance
Sablé (France)
Ordination sacerdotale
Décès
Solesmes (France)
Abbé de l’Église catholique
Premier abbé de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes
Précédent Bénédiction abbatiale Charles Couturier Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
Premier supérieur de la congrégation de Solesmes

Blason

Dom Prosper Guéranger OSB, surtout connu sous l'appellation Dom Guéranger, né à Sablé (Sarthe) le 4 avril 1805 et mort à Solesmes le 30 janvier 1875, est un moine bénédictin français, refondateur de l'abbaye de Solesmes et restaurateur de l’ordre bénédictin en France.

Il restaure l'ordre de Saint-Benoît, un des ordres religieux les plus anciens du christianisme, dont les monastères avaient été supprimés en France par la Révolution française (décret du 13 février 1790). Il est aussi connu pour avoir promu le rétablissement de la liturgie romaine en France, et pour avoir composé L’Année liturgique qui initia le mouvement liturgique.

Le procès diocésain de béatification du serviteur de Dieu Dom Prosper Guéranger a été ouvert le 21 décembre 2005 par Mgr Jacques Faivre, évêque du Mans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille de la petite bourgeoisie, Prosper Guéranger est très jeune marqué par les idées romantiques. Le Génie du Christianisme de Chateaubriand, publié peu avant sa naissance et qu’il lit précocement, lui inspire notamment une vision idéalisée et romantique du christianisme médiéval.

Sous l’influence des doctrines ultramontaines de Félicité de Lamennais, il entre au petit séminaire en 1822. Durant ses études, il lit les Pères de l’Église, et s’intéresse en particulier à l’histoire de l’Église et à celle de la vie monastique.

Il est ordonné prêtre le 7 octobre 1827 à Tours, et rapidement nommé chanoine de la cathédrale.

Là, il entreprend d’utiliser le missel romain pour les offices, contrairement aux divers missels français traditionnellement employés par le clergé gallican. Ce choix révèle d’une part son souci d’unité avec Rome et d’autre part, un amour romantique pour le passé, et le « parfum d’antiquité » que dégagent les formules romaines, dans le cadre d’un renouveau des pratiques liturgiques, qu’il veut plus riches en symboles, plus mystérieuses et solennelles.

En 1830, il publie quatre premiers articles dans l’organe menaissien, Le Mémorial catholique, puis systématise ses réflexions dans les Institutions liturgiques (3 vol., 1840-1851). Sa dénonciation de ce qu’il nomme « l’hérésie antiliturgique » — apports gallicans et jansénistes, influence protestante… — lui attire la faveur du clergé et l’hostilité d’une partie de l’épiscopat français.

C’est dans cette idée de renouveau de la liturgie qu’il décide de restaurer en France l’ordre de Saint-Benoît, supprimé à la Révolution française. À cette fin, il acquiert un ancien prieuré bénédictin, à Solesmes, en décembre 1832. Pour la mise au point des constitutions de son ordre, il s’inspire principalement de celles des mauristes français, bénédictins réformés au XVIIe siècle, en insistant notamment sur l’importance des études et de la vie intellectuelle des moines.

Le 11 juillet 1833, la vie monastique reprend officiellement à Solesmes. Le 14 juillet 1837, la restauration de l’ordre est approuvée par le pape Grégoire XVI. Solesmes est alors érigée en abbaye bénédictine dont Dom Guéranger est le premier abbé, et supérieur d’une congrégation qui prend le nom de Congrégation de France (plus tard congrégation de Solesmes), ou « Congrégation française de l’ordre de saint Benoît ».

Dom Guéranger est décédé à Solesmes le 30 janvier 1875.

Son procès de béatification a été ouvert le 21 décembre 2005 par Mgr Jacques Faivre, évêque du Mans.

Influence[modifier | modifier le code]

L’abbaye de Solesmes.

L’influence de Dom Prosper Guéranger fut considérable sur l’ordre bénédictin en France, où d’autres abbayes et prieurés se rattachent à cette congrégation (abbaye Saint-Martin de Ligugé, monastère de Ganagobie, Sainte-Cécile de Solesmes, Sainte-Anne de Kergonan, Notre-Dame de Fontgombaultetc.)

Dom Guéranger est aussi l’un des inspirateurs du mouvement que l’on appelle mouvement liturgique, poursuivi jusqu’au concile Vatican II. Ce mouvement avait pour but de mieux faire connaître et aimer la messe romaine, à la fois aux prêtres et aux fidèles. À cette fin, Dom Guéranger entreprit notamment la restauration du chant grégorien médiéval, et donna avec la publication de L’Année liturgique un commentaire des textes de la liturgie.

Sainte Thérèse de Lisieux lisait régulièrement L’Année liturgique avec ses sœurs pendant son enfance.

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Nombre d’écrits de Dom Guéranger ont souvent été publiés dans le journal de Louis Veuillot, L’Univers, puis après sa suspension en 1860, dans Le Monde. C’est donc soit de son vivant (comme les Essais sur le naturalisme contemporain), ou bien après sa mort (comme Jésus-Christ roi de l’histoire, que ces articles ont été réunis en volume.

  • Institutions liturgiques (Le Mans/Paris, 3 vol., 1840-1851), rééditées avec des compléments (Paris, 4 vol., 1878-1885)
  • L’Année liturgique
  • Notre Dame dans l’année liturgique
  • Explication des prières et des cérémonies de la sainte messe
  • La monarchie pontificale
  • Mémoire sur la question de l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie
  • Essai sur l’origine, la signification et les privilèges de la Médaille ou Croix de saint Benoît
  • Les dons du Saint Esprit
  • Paroles d’un Père
  • Notions sur la vie religieuse et monastique
  • Les institutions liturgiques
  • De l’infaillibilité papale
  • De la monarchie pontificale
  • Explications sur les corps des saints martyrs extraits des catacombes de Rome et sur le culte qu’on leur rend
  • L’Église ou la Société de la louange divine - Les oblats séculiers de l’ordre de Saint-Benoît

Ouvrages sur des questions historiques

  • Essais sur le naturalisme contemporain
  • Jésus-Christ roi de l’histoire
  • Saint Louis et la papauté
  • Histoire de sainte Cécile, vierge romaine et martyre
  • Les Exercices de sainte Gertrude, vierge de l’ordre de Saint-Benoît

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dom Pierre des Pilliers, Les Bénédictins de la Congrégation de France, Mémoires du R.P. Dom Pierre-Marie-Raphaël des Pilliers, Abbaye d'Acey, 1868.
  • Dom Alphonse Guépin, Solesmes et Dom Guéranger, Le Mans, 1876.
  • Dom Delatte, Dom Guéranger, abbé de Solesmes, Paris-Tours, 1902, 2 vol. rééd. Solesmes, 1981.
  • Dom Louis Soltner, Solesmes et Dom Guéranger, Solesmes, 1974.
  • Dom Guy-Marie Oury, Dom Guéranger, moine au cœur de l’Église, Solesmes, 2001.
  • Dom Prosper Guéranger, Mémoires autobiographiques, Solesmes, 2004.
  • Vincent Petit, Église et Nation. La question liturgique en France au XIXe siècle, presses universitaires de Rennes, 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]