Organum

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Orgue ni Novum Organum.
Chant grégorien
Image illustrative de l'article Organum
Plain-chant
Latin ecclésiastique - Rythmique grégorienne

♦Précurseurs : Chant messin - Chant mozarabe - Gallican

♦Styles : Psalmodique - Syllabique - Neumatique - Mélismatique

Organum

Neumes
Modalité grégorienne
Répertoire grégorien
Articles sur la musique sacrée

Dans la musique occidentale médiévale, l’organum est un genre musical à la fois vocal et sacré, destiné à mettre en valeur l'interprétation d'un passage de plain-chant pré-existant par l'adjonction d'une ou plusieurs voix.

Le terme désigne également le procédé d'écriture associé à ce genre musical. Généralement considéré comme le stade le plus primitif de la polyphonie — les premières traces écrites remontent au IXe siècle, dans le célèbre traité Musica Enchiriadis — l'organum s'est surtout généralisé aux XIe siècle et XIIe siècle.

Organum parallèle[modifier | modifier le code]

Organum.png

L'organum originel — ou « diaphonie » ou « organum parallèle » — perdure jusqu'en 1025. Il comporte deux parties.

  • La voix principale (vox principalis). Elle repose sur un fragment de mélodie grégorienne et est placée en haut, du moins, au cours des premiers siècles.
  • La voix organale (vox organa): c'est le contre-chant ajouté à la voix principale en guise d'accompagnement.

Du point de vue des intervalles harmoniques, et au moins jusqu'au XIe siècle, les deux parties sont séparées par des consonances parfaites parallèlesquarte ou quinte et octave justes. Le morceau toutefois débute et finit sur un unisson. Par ailleurs, le rythme n'est pas noté, et suit simplement le rythme « naturel » du chant grégorien.

Déchant[modifier | modifier le code]

À partir du XIe siècle, la voix principale de l'organum se trouve en bas, et la voix organale, appelée « déchant », donne son nom à ce second procédé. On assiste aux premières tentatives de mouvement contraire, mais toujours, note contre note.

Au XIe siècle apparait l'enjolivement de la mélodie principale par une seconde mélodie en contrepoint avec elle (chaque note du déchant doit être en consonance avec la voix principale mais la tierce et sixte peuvent être entendues à titre de consonance imparfaite).

  • Le déchant constitue la véritable naissance du contrepoint, qui se développera au cours des siècles suivants, et connaîtra son apogée à la Renaissance.

Organum fleuri[modifier | modifier le code]

À partir du XIIe siècle, l'organum évolue et devient « organum fleuri » ou « organum mélismatique », c'est-à-dire « organum à vocalises ». Désormais, la voix principale, toujours en bas et appelée ténor — ou teneur —, réalise le thème grégorien en valeurs longues.

  • Il peut y avoir plusieurs voix organales : on parle de duplum, lorsqu'il y en a deux, on parle de triplum, lorsqu'il y en a trois, on parle de quadruplum, etc. Du point de vue des durées, le rapport est d'une note — à la voix principale — contre plusieurs — à la voix organale, dont les valeurs courtes forment de véritables guirlandes ornementales (vocalises).
Le conduit, une variété d'organa (pluriel d'organum), est une forme musicale paraliturgique — sur des textes souvent moralisateurs — dans laquelle la voix principale n'est pas issue du répertoire liturgique, mais purement composée pour l'occasion. Le motet est dérivé de l'organum fleuri, mais repose sur une pluralité des textes interprétés simultanément.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alejandro Planchart, L'organum, in Musiques, une encyclopédie pour le XXIe siècle, vol. 4 : Histoire des musiques européennes, sous la direction de J-J Nattiez, Actes Sud / Cité de la Musique, 2006, pages 288 à 311. ISBN : 2-7427-6324-4. Cet ouvrage donne une bibliographie assez importante, essentiellement anglaise et allemande.

Articles connexes[modifier | modifier le code]