Mi-Carême

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Carte postale souvenir de la Mi-Carême 1925 à Tinchebray.
Les bigophonistes de la Commune libre de Milly-la-Forêt à la Mi-Carême 1925.

La Mi-Carême est une fête carnavalesque traditionnelle, d'origine française. Fêter la Mi-Carême est une pratique qui remonte au Moyen Âge et se perpétue jusqu'à nos jours aux Antilles, dans certains villages de France (par exemple à Équihen-Plage) ainsi que dans les anciennes colonies françaises (comme au Québec, dans l'ancienne Nouvelle-France ou à Saint-Martin). La Mi-Carême était aussi jadis en France la Fête des blanchisseuses, des débitants de charbon et des porteurs d'eau[1].

Fêtée à grande échelle à Paris, la Mi-Carême a disparu dans cette ville après 1946. Elle est reparu sous le nom de Carnaval des Femmes en 2009, et défile depuis à nouveau chaque année.

La fête de la Mi-Carême est une fête carnavalesque d'origine française située en dehors de la période traditionnelle du Carnaval. Ces deux particularités ont fait qu'au Brésil on appelle micareta une fête carnavalesque se déroulant en dehors de la période traditionnelle du Carnaval. Ce mot est dérivé du français mi-carême.

Origine de la Mi-Carême[modifier | modifier le code]

À l'occasion de la Mi-Carême 1890, le journal parisien La Presse écrit[2] :

L'invention de la Mi-Carême est bien plus récente que celle du carnaval. On avait de très bonne heure senti le besoin d'inaugurer par des plaisirs bruyants une longue période d'abstinence ; quand la foi se fut encore affaiblie, on jugea à propos de couper par une halte cette longue période de privations : on créa la Mi-Carême. Telle est sa raison d'être évidente ; quant à la cause occasionnelle de son existence, elle est moins sûrement connue. On attribue la Mi-Carême à la coutume établie dans quelques petites villes, parmi les jeunes gens, de donner, le mardi-gras un dernier bal aux jeunes filles du pays ; celles-ci donnaient à leur tour une fête le troisième jeudi de carême.
À cela s'est joint, surtout à Paris, l'habitude parmi les blanchisseuses, de se nommer à cette époque une reine, de se déguiser et de donner un bal dans leur bateau.
Cette coutume, souvenir probable des anciens rois des métiers, s'est étendue de Paris à la banlieue et bien au delà. Dans beaucoup de villes, la Mi-Carême demeure la fête des jeunes filles.

Aux Antilles[modifier | modifier le code]

La Mi-Carême est toujours fêtée aux Antilles, par exemple en Guadeloupe, Martinique[3].

Au Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, par exemple, on célèbre toujours la Mi-Carême en cinq endroits, en Acadie, et au Québec :

Acadie (provinces Maritimes)[modifier | modifier le code]

Au havre de Grand Étang en Nouvelle-Écosse, il y a un Centre de la Mi-Carême qui vise à préserver cette ancienne tradition qui perdure dans la région acadienne du Cap-Breton depuis plus de 200 ans. Le Centre offre entre autres une exposition de masques confectionnés localement[4].

Québec[modifier | modifier le code]

A Paris[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mi-Carême au Carnaval de Paris.

La Mi-Carême au Carnaval de Paris, appelée aussi fête des blanchisseuses, est, avec la Promenade du Bœuf Gras, une des deux grandes fêtes du Carnaval de Paris.

Date[modifier | modifier le code]

Comme son nom l'indique, la Mi-Carême se célèbre au milieu de la période dite du Carême, une période de quarante jours de privations qui précède la Semaine sainte dans le calendrier chrétien. Constituant une pause dans l'observance austère des journées menant au dimanche de Pâques, la Mi-Carême est fêtée par définition « le jeudi de la troisième semaine entière des quarante jours de pénitence ». En faisant un simple calcul (40/2), on pourrait penser que la fête doit tomber le troisième lundi du Carême (vingtième jour à compter du Mercredi des Cendres), mais les dimanches ne faisant pas partie du carême de pénitence, il faut donc rajouter trois jours de la semaine ce qui tombe un jeudi. La pratique semble déroger à ces deux règles, puisque certaines localités choisissent une date antérieure ou postérieure au troisième jeudi ou au lundi mitoyen, et optent plutôt pour plusieurs journées de fastes culminant généralement en une grande célébration communautaire.

Célébration[modifier | modifier le code]

La célébration de la Mi-Carême ressemble notamment à celle des Mardi gras en Louisiane. À l'Isle-aux-Grues (Québec), par exemple, les hommes (et, moins fréquemment, des femmes) sont déguisés par les femmes du village qui s'investissent souvent des mois durant à confectionner de somptueux costumes. En groupes plus ou moins importants, les « mi-carêmes » défilent dans le village, de maison en maison. Ils visitent les salons et les cuisines où on leur a préparé des mets et des boissons alcoolisées. Lorsque le groupe de lurons masqués - plus ou moins éméchés à mesure qu'avance la soirée - investissent un salon en dansant et faisant toutes sortes de simagrées, les enfants encore debout à cette heure tardive, et n'attendant que ce moment, s'écrient typiquement : « les Mi-Carêmes !, les Mi-Carêmes !» - un peu à la manière dont ils s'exclameraient à la vue d'un Père Noël -, tandis que les adultes tentent de deviner qui se cachent derrière le masque (l'identité des Mi-Carêmes est un secret chèrement gardé jusqu'à la toute fin des festivités, qui durent cinq soirs). Ce n'est que lors d'un dernier tour de piste dans une grande salle communautaire le soir du samedi que les Mi-Carêmes finissent par retirer leur masques dévoilant leur identité, au grand plaisir des spectateurs. Le lendemain matin, dimanche, une messe est célébrée à l'église du village et il est de coutume que les Mi-Carêmes assistent à l'office encore vêtus de leur costume de la veille.

À Paris, la Mi-Carême est traditionnellement la fête des femmes. Après une interruption de soixante-trois ans, son cortège est à nouveau organisé depuis 2009[5]. La Fête des blanchisseuses, baptisée Carnaval des Femmes ou Carnaval des Femmes de la Mi-Carême, a lieu à nouveau depuis chaque année le dimanche qui suit le jeudi de la Mi-Carême[6].

Canots à glace[modifier | modifier le code]

On constate récemment un renouveau dans une vieille pratique alliant deux traditions, soit celle de la Mi-Carême et l'autre, non moins typique du fleuve Saint-Laurent, dite du canot à glace. Moyen de transport essentiel entre les îles du Saint-Laurent durant les long mois d'hiver d'antan, il est à nouveau coutume pour une petite flottille de canotiers à glace de Québec et des environs de franchir les ultimes champs de glaces suivant la débâcle des rivières au printemps afin de se joindre aux insulaires et célébrer avec eux la dernière soirée festive à l'Isle-aux-Grues.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En 1858, dans une étude consacrée à la famille d'un porteur d'eau parisien, publiée par la Société internationale d'économie sociale, est mentionnée « la fête patronale des porteurs d'eau, qui a lieu le jeudi de la mi-carême. » Timothée Trimm écrit dans son article-éditorial Les festoyeurs de la Mi-Carême, Le Petit Journal, 24 mars 1865, page 1, 2e colonne : « C'est donc aujourd'hui que les filles du lavoir, les débitants de charbon et les porteurs d'eau sont en liesse ; »
  2. Article sur la Mi-Carême paru dans La Presse du 14 mars 1890 La Mi-Carême à Paris, page 1, 5e colonne. Le même article reproduit dans Commons.
  3. Vaval renaît de ses cendres pour la Mi-Carême.
  4. Centre de la Mi-Carême
  5. Le Parisien, édition d'Île-de-France, 15 mars 2009, page 14 : La Fête des blanchisseuses ressuscitée, Le Parisien, Édition de Paris, 16 mars 2009, page III : Les blanchisseuses sont de retour.
  6. Le défilé a été annoncé entre autres par Le Parisien, Édition de Paris du 16 mars 2009, par Paris Mômes, numéro de Février Mars 2010, page 32.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]