Préface (liturgie)

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Sursum corda.png

Cet article présente la préface dans la forme extraordinaire du rite romain. La préface est une prière de louange à Dieu, présente dès la messe primitive (et peut être même dès la liturgie juive).

Dans le chant grégorien, la préface est une pièce de l'ordinaire. La préface est chantée par le célébrant, ce qui en fait une pièce assez simple. Elle prend place cependant au moment le plus solennel de la célébration ; elle est chantée juste après la prière murmurée à voix basse par le prêtre, la Secrète, qui dépend du propre du jour. Elle reçoit de ce fait un traitement beaucoup plus orné que les autres pièces du célébrant.

Structure du texte[modifier | modifier le code]

Elle est introduite par le dialogue suivant (chanté) entre le célébrant et l'assemblée :
Célébrant : Dominus vobiscum
Assemblée : Et cum spiritu tuo
Célébrant : Sursum corda
Assemblée : Habemus ad Dominum
Célébrant : Gratias agamus Domino Deo nostro
Assemblée : Dignum et justum est.

La préface est ensuite divisée en trois parties :

  1. Une introduction, durant laquelle le célébrant reprend et développe légèrement la réponse de l'assemblée « Vere, dignum et justum est, æquum et salutáre / nos tibi semper et ubíque grátias ágere / Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus, ». Elle est quasiment invariable, seul un dernier membre de phrase « Per Christum, Dóminum nostrum » est ajouté quand la prière parle du Christ.
  2. Une deuxième partie, la plus importante, qui dépend du propre du jour. Ces formules sont concises, mais riches de doctrine théologiques. Elles décrivent le mystère particulier que l'on découvre dans la liturgie du jour.
  3. Une formule de conclusion commençant généralement par « Et ideo » (c'est pourquoi), introduisant alors le Sanctus. Cette formule de conclusion évoque la plupart du temps les anges, puisque ce sont eux qui ont chanté le Sanctus. Il existe plusieurs variantes de la formule.

Les préfaces[modifier | modifier le code]

Au xi° siècle, la liturgie romaine en réduisit le nombre, qui se stabilisa à une quinzaine dans le missel de St Pie V (une préface commune, quatre du temps, trois du com-mun et sept propres).

Il existe de nombreuses variantes, les plus connues étant les préfaces dites ordinaires, chantées pour les messes de semaine, et les préfaces dites de la Trinité, chantées les dimanches ordinaires. Ensuite, il existe des préfaces propres à Noël, à la fête du Christ-Roi, à l'Assomption, à l'Ascension, etc., ou pour des événements spéciaux: messe en l'honneur d'un Pontife, pour une vierge martyre, etc. Certains pays ou diocèses peuvent avoir des préfaces propres pour leurs Saints nationaux.

Le missel de Paul VI, tout en conservant les préfaces traditionnelles, en a considérablement étendu le nombre (77 dans l'édition de 2002).

Valeur musicale de la Préface[modifier | modifier le code]

On rapporte que Mozart aurait dit « Je donnerais toute mon œuvre pour la gloire d'avoir composé la préface » : ce n'est certainement pas[réf. nécessaire] en référence à la technicité musicale de la pièce, mais à la parfaite adéquation entre sa fonction liturgique et sa forme, et sans doute aussi à la position prestigieuse qu'elle tient dans la liturgie.