Psaume 130 (129)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Les Très Riches Heures du duc de Berry. Début du psaume 130, De Profundis, sur la colonne de droite, illustrée par une miniature représentant David implorant le pardon pour son pêché envers Urie et Bethsabée, représentés à l'arrière. Musée Condé, ms.65, f.70

Le psaume 130 (129 dans la numérotation grecque) est souvent appelé par ses premiers mots en latin, De profundis. Son nom hébreu est (Shir HaMa'alot) MiMa'amakim. C'est le sixième psaume pénitentiel. Dans la tradition de l'Église catholique romaine, il fait partie des prières pour les morts : il est récité lors de l'enterrement. Il fait aussi partie des quinze cantiques des degrés. Il a très souvent été mis en musique. Il est passé à la postérité dans la littérature ou dans la musique, son nom latin étant utilisé pour des œuvres profanes parfois éloignées de son sens originel.

Texte[modifier | modifier le code]

verset original hébreu[1] traduction française de Louis Segond[2] Vulgate[3] latine
1 שִׁיר הַמַּעֲלוֹת:מִמַּעֲמַקִּים קְרָאתִיךָ יְהוָה [Cantique des degrés.] Du fond de l’abîme je t’invoque, ô Éternel ! [Canticum graduum] De profundis clamavi ad te, Domine;
2 אֲדֹנָי, שִׁמְעָה בְקוֹלִי:תִּהְיֶינָה אָזְנֶיךָ, קַשֻּׁבוֹת-- לְקוֹל, תַּחֲנוּנָי Seigneur, écoute ma voix ! Que tes oreilles soient attentives à la voix de mes supplications ! Domine, exaudi vocem meam. Fiant aures tuæ intendentes in vocem deprecationis meæ.
3 אִם-עֲו‍ֹנוֹת תִּשְׁמָר-יָהּ-- אֲדֹנָי, מִי יַעֲמֹד Si tu gardais le souvenir des iniquités, Éternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? Si iniquitates observaveris, Domine, Domine, quis sustinebit?
4 כִּי-עִמְּךָ הַסְּלִיחָה-- לְמַעַן, תִּוָּרֵא Mais le pardon se trouve auprès de toi, afin qu’on te craigne. Quia apud te propitiatio est; et propter legem tuam sustinui te, Domine. Sustinuit anima mea in verbo ejus:
5 קִוִּיתִי יְהוָה, קִוְּתָה נַפְשִׁי; וְלִדְבָרוֹ הוֹחָלְתִּי J’espère en l’Éternel, mon âme espère, et j’attends sa promesse. Speravit anima mea in Domino.
6 נַפְשִׁי לַאדֹנָי-- מִשֹּׁמְרִים לַבֹּקֶר, שֹׁמְרִים לַבֹּקֶר Mon âme compte sur le Seigneur, plus que les gardes ne comptent sur le matin, que les gardes ne comptent sur le matin. A custodia matutina usque ad noctem, speret Israël in Domino.
7 יַחֵל יִשְׂרָאֵל, אֶל-יְהוָה: כִּי-עִם-יְהוָה הַחֶסֶד; וְהַרְבֵּה עִמּוֹ פְדוּת Israël, mets ton espoir en l’Éternel ! Car la miséricorde est auprès de l’Éternel, et la rédemption est auprès de lui en abondance. Quia apud Dominum misericordia, et copiosa apud eum redemptio.
8 וְהוּא, יִפְדֶּה אֶת-יִשְׂרָאֵל-- מִכֹּל, עֲו‍ֹנֹתָיו C’est lui qui rachètera Israël de toutes ses iniquités. Et ipse redimet Israël ex omnibus iniquitatibus ejus.

Usages liturgiques[modifier | modifier le code]

Dans le judaïsme[modifier | modifier le code]

Le psaume 130 est récité lors de la liturgie des principales fêtes juives ; il est chanté avant l'ouverture de l'arche sainte, pendant l'office du matin entre Rosh hashanah et le yom kippour. Il est aussi récité après la michna entre souccot et le sabbat hagadol, lors du tashlikh, ou lors d'une maladie. Dans certaines synagogues, il est récité tous les jours. Enfin, les versets 3 et 4 du psaume font partie de l'ouverture du tachanun (supplication) du lundi et du jeudi[4].

Dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Chez les catholiques[modifier | modifier le code]

D'après la règle de saint Benoît établie vers 530, celui-ci était attribué au début de l'office de vêpres du mardi, suivi du psaume 131 (130)[5],[6].

Au regard de la liturgie des Heures actuelle, le psaume 130 est récité ou chanté aux vêpres du samedi de la quatrième semaine[7] et le mercredi soir à complies. Dans la liturgie de la messe, le psaume 130 est lu le 10e dimanche du temps ordinaire de l’année B et le 5e dimanche de carême de l’année C[8].

De profundis dans les arts[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Les compositeurs et artistes qui ont utilisé ce psaume sont innombrables. Jean-Sébastien Bach, en a fait deux cantates Aus tiefer Not schrei ich zu dir (BWV 38) et Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir (BWV 131) .

Article détaillé : Aus tiefer Not schrei ich zu dir.

Voici d'autres compositeurs qui l'ont mis en musique  : Josquin des Prez ; Marc-Antoine Charpentier ; Georg Friedrich Haendel ; Johann Schein ; Orlando di Lasso, avec les Psaumes pénitentiels ; Thomas Morley ; Wolfgang Amadeus Mozart ; Felix Mendelssohn ; Franz Liszt ; Henry Purcell ; Michel-Richard Delalande ; Henry Desmarest ; Christoph Willibald Gluck ; John Dowland ; Arthur Honegger ; Virgil Thomson ; Lili Boulanger ; Georg Lloyd ; Marc Sabat.

En 1980, le compositeur Arvo Pärt en a fait une œuvre pour chœur d'hommes.

Article détaillé : De profundis (Pärt).

Littérature[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Pour les utilisations et les œuvres musicales, littéraires et autres, portant le nom De profundis, voir l’article d’homonymie:

Article détaillé : De profundis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’original hébreu provient du site Sefarim, du grand rabbinat de France.
  2. La traduction de Louis Segond est disponible sur Wikisource, de même que d'autres traductions de la Bible en français.
  3. La traduction de la Vulgate est disponible sur le Wikisource latin.
  4. D’après le Complete Artscroll Siddur, compilation des prières juives.
  5. Règle de saint Benoît, traduction de Prosper Guéranger, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, réimpression 2007
  6. Psautier latin-français du bréviaire monastique, p. 502, 1938/2003
  7. Le cycle principal des prières liturgiques se déroule sur quatre semaines.
  8. Le cycle des lectures des messes du dimanche se déroule sur trois ans.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Nombreux sont les auteurs qui ont commenté les psaumes. Voici quelques ouvrages parmi les plus connus, classés par ordre chronologique :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]