Christian Vanneste

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Christian Vanneste
Christian Vanneste en 2008.
Christian Vanneste en 2008.
Fonctions
Député de la 10e circonscription du Nord
Élection
Prédécesseur Jean-Pierre Balduyck (PS)
Successeur Gérald Darmanin (UMP)
Élection
Prédécesseur Jean-Pierre Balduyck (PS)
Successeur Jean-Pierre Balduyck (PS)
Conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais
Biographie
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Tourcoing (Nord)
Parti politique RPF

Christian Vanneste, né le à Tourcoing (Nord), est un homme politique français, ancien membre du RPR puis de l'UMP, député de la dixième circonscription du Nord de 1993 à 1997, puis de 2002 à 2012. Il est président du RPF depuis le 22 mars 2012.

Parallèlement à sa carrière politique, il a enseigné la philosophie au lycée industriel et commercial privé de Tourcoing, et a été directeur adjoint de l'École industrielle et commerciale (EIC) de Tourcoing dont dépend ce lycée.

Il est également collaborateur au site internet Boulevard Voltaire de Robert Ménard. Ce dernier est soutenu par le RPF en vue des élections municipales 2014 de Béziers[1].

Mandats locaux et régionaux[modifier | modifier le code]

Adjoint au maire de Tourcoing, Stéphane Dermaux, chargé de la culture (1983 - 1989), il siège sans discontinuer au conseil municipal de Tourcoing de 1983 à 2008, et de 2001 à 2008 à celui de Lille Métropole Communauté urbaine, dont il était le 39e vice-président (sur 43), avec la délégation de « commande publique en matière de cadre de vie[2] ».

De 1986 à 2002, il siège au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, qu'il quitte après son élection à l'Assemblée nationale, conformément à la nouvelle législation sur le cumul des mandats[3].

Mandats nationaux[modifier | modifier le code]

Élu député RPR-UPR de la dixième circonscription du Nord en 1993, il perd son siège en 1997 lors d'une triangulaire avec le Front national avant de le retrouver comme élu UMP le 16 juin 2002 pour la XIIe législature (2002-2007).

Le 10 juin 2007, lors du premier tour des élections législatives, Christian Vanneste est en ballotage très favorable avec 46,26 % des suffrages exprimés, contre 21,10 % pour la candidate socialiste Najat Azmy. En progression de plus de 14 points par rapport à 2002, Christian Vanneste semble avoir capté à son profit l'essentiel des suffrages perdus par le candidat du Front national dans la circonscription, Christian Baeckeroot. Celui-ci, dont l'électorat a subi comme dans la quasi-totalité des circonscriptions, une forte érosion par rapport à 2002, déclare alors qu'il votera personnellement pour Christian Vanneste au second tour.

Christian Vanneste est réélu, le 17 juin 2007, avec un nombre de voix presque équivalent à celui de 2002 (21 719 au lieu de 21 806 et améliore son pourcentage en termes de suffrages exprimés (58,56 % au lieu de 56,41 %), dans un contexte défavorable à la majorité présidentielle (second tour des législatives de 2007) et de progression notable, par rapport à 2002, tant de l'abstention (50,33 % des inscrits, au lieu de 45,71 %) que des suffrages blancs ou nuls (4,78 % des votants, au lieu de 3,87 %).

En 2008, Christian Vanneste, comme Nicolas Sarkozy et d'autres députés UMP, reçoit une balle par lettre anonymes, revendiquée « Cellule 34 ». Le 23 avril 2009, sa permanence politique à Tourcoing a été attaquée et ses vitres brisées.

Le , Christian Vanneste appelle l'UMP à revenir sur le retrait de son investiture, estimant être le seul à pouvoir éviter la montée de l'extrême droite et faire barrage à la gauche[4]. Le 16 mai, il annonce officiellement qu'il est candidat aux législatives sous l'étiquette RPF[5].

Candidat aux élections législatives de juin 2012, toujours dans la 10e circonscription du Nord, Christian Vanneste est battu dès le premier tour avec 13,18 % des suffrages exprimés (6,17 % des inscrits). Gérald Darmanin (UMP) lui succède.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Il a été membre du RPR, parti qu'il a quitté avant les municipales de 2001, et a ensuite adhéré à l'UMP en 2002. Il a adhéré en juin 2006 au CNIP, ancienne composante de l'UMP qui a récemment repris son indépendance politique, dont il fut le vice-président, et qu'il quitte en octobre 2009 préférant "défendre, sans équivoque au sein l’UMP, dont [il] rappelle qu'[il est] membre depuis sa création, les valeurs qui [lui] sont chères"[6], à la suite de l'élection à la présidence du parti de Gilles Bourdouleix[7], Député-Maire de Cholet, avec lequel il entretiendra des relations conflictuelles[8] ; il est également membre du groupe parlementaire « Les Réformateurs »[9] où il est chargé des libertés individuelles.

Bien que non-réinvesti par l'UMP [10] à la suite de sa condamnation pour ses propos sur l'homosexualité, arrêt de la Cour d'appel de Douai annulé sans renvoi le 12 novembre 2008 par la Cour de cassation, Christian Vanneste est candidat à sa propre succession aux élections législatives de juin 2007 sous l'étiquette majorité présidentielle (CNI-UMP), grâce au soutien de l'UMP locale en la personne de son secrétaire départemental, Thierry Lazaro et des différents élus locaux UMP. Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, reconnaissait, sur France Info, le mercredi 30 mai 2007, qu'à la suite des accords entre l'UMP et ses petits partis associés, la dixième circonscription du Nord était réservée au CNI, et que par conséquent l'UMP soutenait également ses candidats et ne présentait pas de candidats contre eux.

En décembre 2007, il est désigné comme le candidat officiel de l'UMP aux élections municipales dans la ville de Tourcoing par la commission nationale d'investiture du parti. M. Vanneste est éliminé dès le premier tour des élections municipales du 9 mars 2008 ne recueillant que 31 % des suffrages exprimés. À la suite de cette défaite, il décide d'abandonner tous ses mandats locaux, ce qui permet à Gérald Darmanin de lui succéder à la tête du groupe UMP et apparentés du Conseil municipal de Tourcoing.

Depuis avril 2008, il est président de l'association Famille et Liberté[11].

En octobre 2010, il se déclare partisan d'une alliance entre l'UMP et le Front national et à l'émergence « à moyen ou long terme » d'une « droite large » allant du centre à l'extrême droite[12].

En février 2012, à la suite d'une controverse sur la déportation des homosexuels pendant la Seconde Guerre mondiale, l'UMP lui retire son investiture pour les élections législatives de juin 2012. Menacé d'exclusion, Christian Vanneste annonçait, à cette date, sa volonté de quitter ce mouvement politique et n'excluait pas de se présenter en candidat indépendant aux élections législatives de juin 2012, comme il l'avait fait aux élections de 2007[13]. Il se présenta finalement à ces élections dans la 10e circonscription du Nord (Tourcoing) sous l'étiquette RPF, mais fut éliminé dès le premier tour avec seulement 13,18% des suffrages, contre Zina Dahmani (PS) (30,69%) et face à Gérald Darmanin (UMP) qui recueillit 25,06% des suffrages.

Le , Christian Vanneste est élu président du Rassemblement pour la France (RPF)[14] dont il assure toujours la présidence.

En 2013, il intègre, avec Claude Reichman, Mike Borowski et Madi Seydi, le collectif « Contre-attaque » présidé par l'éditeur Jean Robin et qui « ambitionne d’incarner la « vraie droite » »[15].

Activités parlementaires[modifier | modifier le code]

Son discours politique oppose les conceptions de la droite traditionnelle au socialisme qu’il juge dangereux, et ce qu'il estime être un certain bon sens provincial à un parisianisme qu’il estime trop marqué. Il défend généralement des positions conservatrices et soutient l'essentiel de la politique de Nicolas Sarkozy.

Dès juin 2007, il fut membre de la Commission des Lois, de la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs[16] (Hervé Mariton, président) et vice-président de la mission d'information sur l'exécution des peines pénales.

Il fut par ailleurs président du groupe d'études parlementaire sur le textile et les industries de main d'œuvre.

En novembre 2005, il est l'un des premiers à déposer une proposition de loi visant à instituer la TVA sociale[17], proposition reprise ensuite malgré certaines controverses, par le candidat UMP, Nicolas Sarkozy. Il milite également pour les personnes atteintes de maladies rares en déposant en octobre 2006 une proposition de loi visant à lutter contre l'arrêt de commercialisation intempestif de produits médicamenteux[18], proposition qui sera reprise par le Gouvernement dans la loi du 4 mars 2007.

En novembre 2007, il dépose une proposition de loi visant à permettre la création de logements étudiants.

En janvier 2008, il est l'orateur du groupe parlementaire UMP sur la proposition de loi de Marc-Philippe Daubresse visant à renforcer la coopération transfrontalière en mettant en place un groupement européen de coopération territoriale (GECT), projet voté à l'unanimité.

En février 2008, il vote favorablement la révision de la Constitution, préalable nécessaire à la ratification du traité européen de Lisbonne, puis à la ratification du traité.

Après avoir voté contre le projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République, aboutissement des conclusions du Comité Balladur, en première lecture, il se ravise, et vote pour au Congrès du 21 juillet 2008.

Le 15 juillet 2009, il vote contre, avec 10 autres parlementaires UMP, la proposition de loi de Richard Mallié autorisant le travail dominical[19].

En septembre 2009, il dépose une proposition de loi[20] visant à interdire l’ensemble des vêtements ou accessoires permettant de masquer l’identité d’une personne.

En juin 2010, il vote pour la réforme instaurant des conseillers territoriaux et se déclare favorable à la suppression du département.

Christian Vanneste fut dès novembre 2009 rapporteur de la mission du comité d'évaluation et de contrôle des autorités administratives indépendantes[21].

Il fut membre du groupe d'études sur la question du Tibet de l'Assemblée nationale[22], ainsi que du collectif La Droite populaire.

Prises de position[modifier | modifier le code]

Peine de mort[modifier | modifier le code]

Partisan de la peine de mort pour les terroristes, il a signé la proposition de loi d'un de ses collègues allant dans ce sens en avril 2004[23].

Audiovisuel[modifier | modifier le code]

Redevance[modifier | modifier le code]

En novembre 2007, il dépose une proposition de loi visant à supprimer la redevance audiovisuelle.

Droits d'auteur sur internet[modifier | modifier le code]

Christian Vanneste a été rapporteur du projet de loi DADVSI (droits d'auteur et droits voisins dans la société de l'information), voté le 30 juin 2006.

Il prend position contre le projet de loi Création et Internet lors de son examen en avril 2009.

Il réitère son opposition en deuxième lecture, en votant contre malgré la consigne de son groupe politique, et en publiant avec deux autres députés UMP, Alain Suguenot et Lionel Tardy, une tribune intitulée : Hadopi, un projet déjà obsolète[24],[25]. Il se déclare « réjoui » par la décision du 10 juin 2009 du Conseil constitutionnel censurant l'essentiel de la loi.

En octobre 2010, dans un rapport sur les autorités administratives indépendantes[26] coécrit avec René Dosière, député apparenté au groupe socialiste, il s'interroge une nouvelle fois sur l'utilité d'une nouvelle autorité (l'Hadopi) et propose, « dans le cadre de la convergence numérique », son regroupement avec le CSA et l'Arcep[27].

Holodomor[modifier | modifier le code]

En novembre 2006, le député a déposé une proposition de loi composée d'un article unique, « La France reconnaît publiquement le génocide ukrainien de 1932-1933. »[28] Cette proposition intervient quelques semaines après le vote par l'Assemblée nationale d'une proposition de loi punissant la négation du génocide arménien. Elle est cosignée par près de trente parlementaires. En 2008, il reçoit d'ailleurs pour l'ensemble de son action, le Prix Ukraine-Europe[29].

Présence française « positive » en Outre-mer[modifier | modifier le code]

En juin 2004, il présente un sous-amendement à la loi du 23 février 2005 pour que « La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. »

Cet amendement, retenu dans la loi, a suscité une polémique (voir loi mémorielle) à l'automne 2005, notamment dans les anciennes colonies françaises et dans certains départements d'outre-mer ; si la deuxième phrase a été abrogée par un décret en raison de son caractère règlementaire, la première phrase subsiste dans l'alinéa 1 de l'article premier.

Lors de la révision constitutionnelle, en janvier 2007, il s'oppose, suivant en cela les députés de la Nouvelle-Calédonie Jacques Lafleur et Pierre Frogier, à la modification de l'article 77 de la Constitution[30] estimant que cette révision « porte atteinte aux principes républicains ».

Il est membre de la Mission d'Information sur les Questions mémorielles de l'Assemblée nationale, créée par la Conférence des Présidents le 25 mars 2008[31].

Au début du mois de mars 2011, Marie-Luce Penchard, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, chargé de l'Outre-mer, écrit au secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, pour lui demander de prendre des sanctions contre le député du Nord. Selon Le Figaro du 9 mars 2011, elle lui reproche d'avoir qualifié la loi Taubira, qui reconnaît l'esclavage et la traite négrière comme crime contre l'humanité, de « loi antifrançaise »[32].

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Une « menace pour la survie de l'humanité »[modifier | modifier le code]

Lors d'une interview pour TF1 en décembre 2004, Christian Vanneste déclare : « L'homosexualité est un comportement culturel, acquis, de l'ordre du réflexe […], mais comme tous les comportements réflexes plutôt négatifs, on peut parfaitement l'inhiber ou le rééduquer. »[33]

En janvier et février 2005, après avoir voté contre la création de la Halde par la loi nº 2004-1486 du 30 décembre 2004, il déclare dans des interviews à La Voix du Nord et à Nord Éclair : « l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité […]. Je n’ai pas dit que l’homosexualité était dangereuse. J’ai dit qu’elle était inférieure à l’hétérosexualité. Si on la poussait à l’universel, ce serait dangereux pour l’humanité […]. Pour moi leur comportement est un comportement sectaire. Je critique les comportements, je dis qu’ils sont inférieurs moralement […] »[34].

Le 27 janvier 2005, répondant à une manifestante qui lui demande « les homosexuels sont-ils nuisibles à l'intérêt général ? », il répond « oui » et « c'est exactement le fond de ma pensée »[35], après avoir affirmé que « les homosexuels sont hétérophobes » et que l'homosexualité est « un apartheid entre les sexes ».

Le 14 juin 2011, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, après le rejet par la majorité des députés d'un projet de loi visant à légaliser le mariage homosexuel en France, Christian Vanneste qualifie le mariage homosexuel de « comportement narcissique » et d'« aberration anthropologique »[36].

Contre l'homoparentalité[modifier | modifier le code]

Invité dans l'émission C dans l'air en 2009, Christian Vanneste explique les raisons de son combat contre l'homoparentalité. Pour appuyer son argumentation, il déclare à cette occasion que « les couples homosexuels (…) ne sont pas forcément ceux qui boivent le moins et ceux qui consomment le moins de drogues ». Le député ajoute qu'il voit dans le « ghetto homosexuel […] une forme de racisme »[37],[38] et que l'homosexualité serait « liée au narcissisme et à l'individualisme rutilant de notre société »[39].

Rapprochements entre homosexualité et pédophilie[modifier | modifier le code]

Le 30 avril 2010, Christian Vanneste rapproche homosexualité et pédophilie dans un billet paru sur son blog. Le député y affirme que « l'opposition outrancière entre pédophilie et homosexualité n'est pas fondée en raison des tendances éphébophiles assez fréquentes dans l'histoire qui ignorent la frontière juridique de l'âge ». Les deux comportements seraient liés en ce que « l'éphébophilie, ce que l'on appelait naguère la pédérastie, c'est-à-dire l'attirance des hommes pour les adolescents pubères mais ambigus de traits, ne commence ni ne s'arrête à 15 ans »[40].

Le député conclut son billet en affirmant qu'« une société lucide sur son avenir devrait avant tout ne porter d'intérêt qu'à l'hétérosexualité tendant à la création de familles les plus stables possibles. Le reste appartient à la psychologie voire à la psychiatrie (pour la pédophilie) non à la politique, ni au droit »[41].

L'article de Christian Vanneste a été écrit en réaction aux scandales de pédophilie touchant l'église catholique au cours de l'année 2010, et au sujet desquels le cardinal Bertone avait désigné les homosexuels comme « le vrai problème ».

Des propos portés devant la justice[modifier | modifier le code]

Les propos publiés dans La Voix du Nord et à Nord Éclair en 2005 amènent l'association Act Up, le Syndicat national des entreprises gaies et SOS Homophobie, à déposer plaintes pour « injures en raison de l'orientation sexuelle ».

Le tribunal correctionnel de Lille, en janvier 2006[42], puis la cour d'appel de Douai, le 25 janvier 2007[43], le reconnaissent coupable « d'injures en raison de l'orientation sexuelle », et le condamnent à 3 000 euros d'amende et 6 000 euros de dommages-intérêts accordés aux plaignants. Toutefois, l'arrêt de la cour d'appel est annulé, le 12 novembre 2008, et sans renvoi devant une autre Cour d'appel, par un arrêt de la Chambre criminelle de la Cour de cassation[44]. En effet, la Cour de cassation estime que ces propos ont « pu heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles », mais affirme que « leur contenu ne dépasse pas les limites de la liberté d'expression » et que les juges du fond ont méconnu les articles 29 de la loi du 29 juillet 1881 et 10 de la Convention européenne des droits de l'homme[45]. Cette cassation sans renvoi devant une nouvelle Cour d'appel provoque la consternation des associations qui avaient engagé les poursuites[46] et l'approbation de ceux qui y saluent une victoire de la liberté d'expression[47].

À l'époque, le jugement du tribunal correctionnel de Lille et l'arrêt de la Cour d'appel de Douai étaient, en France, les premières condamnations publiques d'un homme politique pour homophobie. Plusieurs voix s'étaient élevées à cette occasion pour dénoncer un recul de la liberté d'expression[48].

Christian Vanneste estime, comme un certain nombre d'autres personnalités, qu'au plan juridique, la loi du 30 décembre 2004 portant sur la création de la Halde a instauré un véritable délit d'opinion, sanctionnant en effet des comportements ou propos décrits comme haineux envers les minorités sans en préciser la nature[49] et que cela serait à cause de ce large champ d'interprétation du texte de loi, qui autoriserait les amalgames entre concepts mal définis (« discrimination directe ou indirecte ») ou les relations de cause à effet mal démontrées (d'une conviction à une discrimination effective), qu'il aurait été poursuivi et condamné en première instance. Sur un plan moral, il dénonce et combat la lente évolution de la société française qui depuis les années 1960 aurait développé une culture du « moi » qui aujourd'hui deviendrait une culture du « moi seulement ». Selon Christian Vanneste, le combat mené par des associations pour la reconnaissance de l'homosexualité et l'égalité des droits s'inscrit dans une volonté de détruire les valeurs traditionnelles fondées sur le mariage et la famille.

Il a déposé le 6 juillet 2006 une proposition de loi visant à supprimer dans l'article 32 alinéa 3 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse la condamnation pour diffamation envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle.

Par une décision du 10 février 2012, la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris, faisant suite à une plainte en diffamation de Christian Vanneste, condamne Jean-Vincent Placé qui avait déclaré « Ce type est infâme, voilà la réalité, il est connu pour ses propos homophobes, racistes, voire antisémites. […] C'est lamentable. » Le sénateur EÉLV est condamné concernant les accusations de racisme et d'antisémitisme car si les propos politiques admettent une large marge polémique, ces accusations étaient dénuées de toute base factuelle. Le tribunal ne retient pas en revanche l'accusation d'homophobie car celle-ci bénéficie d'une « base factuelle suffisante » eu égard à l'impact des propos tenus par Christian Vanneste en 2005[50].

Polémique sur la déportation des homosexuels en France[modifier | modifier le code]

Article connexe : Triangle rose.

Le , Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, annonce qu'il va engager une procédure d'exclusion de Christian Vanneste après ses propos, prononcés dans le cadre d'une interview sur sa conception de la famille, dans laquelle il se livre à une longue critique de l'homosexualité, qualifiant de « légende » la déportation de personnes homosexuelles en France lors de la Seconde Guerre mondiale : « en dehors des trois départements annexés [à l'Allemagne], il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France »[51]. Ces propos sont dénoncés par plusieurs personnalités politiques, à l'UMP, au PS ou encore au Front national[52], plusieurs fois qualifiés de négationnistes[53], alors que Serge Klarsfeld indique lui aussi qu'il n'y a pas eu en France de politique de déportation des homosexuels[54], hormis en Alsace-Moselle, allemande à cette période. Christian Vanneste proteste contre une réaction qu'il estime exagérée : « Je voulais simplement dire que la déportation homosexuelle a essentiellement concerné l'Allemagne. Je ne vois pas de raison de polémiquer là-dessus. C'est le lobby gay qui crée la polémique »[55].

Les données les plus récentes des historiens font état de 62 Français arrêtés, puis emprisonnés ou déportés, avec mention de l'homosexualité parmi les motifs, dont 7 ou 8 hors du Reich ou de la zone annexée (et parmi eux, 6 déportés sous le motif principal de déportés politiques)[51],[56],[57],[58].

L'UMP a retiré son investiture aux législatives dans le Nord au député sortant Christian Vanneste, accusé de propos homophobes, mais n'a pas prononcé son exclusion, pourtant annoncée, assurant que l'intéressé s'était engagé à quitter de lui-même le parti[59].

Poursuivi pour ces propos au motif de « complicité de provocation à la haine envers les homosexuels », il est relaxé par le tribunal correctionnel de Paris le 3 avril 2014[60].

Travail d'intérêt général[modifier | modifier le code]

Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice, a demandé à Christian Vanneste, en novembre 2009, de rendre un rapport sur le travail d'intérêt général. Après douze auditions, et deux déplacements à l'étranger, le député du Nord a formulé, lors de sa remise du rapport[61] en juin 2010, 30 propositions. Il précise : « Aujourd'hui, mon interrogation s'est transformée en une triple certitude : d'abord, le travail d'intérêt général est une peine positive, à la fois punitive, restauratrice de la personne et éventuellement formatrice… En second lieu, il est paradoxal que cette sanction demeure marginale… Enfin, il convient de faire preuve d'optimisme pour l'avenir. Les exemples étrangers sont des réussites… Les objectifs sont donc assez précisément définis. Il faut maintenant souhaiter que la volonté politique et la bonne volonté des acteurs puissent aussi se déployer. »[62]

Christian Vanneste est favorable à l'idée de développer en France un régime de prisons « sans barreaux », réputées pour faciliter la lutte contre la récidive et le travail de réinsertion, suivant en cela les travaux du secrétaire d'État à la Justice, Jean-Marie Bockel[63].

Rapprochement UMP-FN[modifier | modifier le code]

Dans un entretien pour Radio Courtoisie, en octobre 2010, Christian Vanneste se dit opposé à la théorie du « cordon sanitaire » qui prévaut dans son parti ; Christian Vanneste juge possible un rapprochement entre l'UMP et le Front National, indiquant que cette stratégie est « contre-productive, puisqu'il n'y a pas d'équivalent à gauche »[64],[65]. Dans l'anticipation d'une normalisation du FN et son renoncement à ses « mauvaises habitudes », le député affirme que le FN est un « parti comme les autres » et qu'une union de la droite avec l'extrême droite permettrait, en évitant des triangulaires, de remporter les élections[66]. Marine Le Pen réplique en qualifiant ces propos de méprisants et de manœuvre électoraliste[65],[66].

En avril 2012, Christian Vanneste déclare que le FN est « une entreprise familiale qui entend prospérer sur la défaite de la droite ». L'alliance entre l'UMP et ce parti est « impossible » et il serait souhaitable d'accroitre le bipartisme de façon à avoir un grand camp à gauche et un grand camp à droite[67].

Dans la suite de cette logique de rapprochement avec l'extrême droite, Christian Vanneste, qui dit n'en avoir « plus rien à cirer » de l'UMP, fait partie des invités de la convention du Bloc identitaire à Orange, les 3 et 4 novembre 2012[68].

En novembre 2013, Christian Vanneste commente un débat entre Marine Le Pen et Henri Guaino en affirmant qu'« il a été assez facile pour Marine Le Pen de montrer que sur toutes ces questions [OTAN, UE, soutien aux rebelles libyens], les positions du Front étaient davantage dans la continuité de celles du général [de Gaulle] » que celles de l'UMP[69] .

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans le roman uchronique de Frédéric Deslauriers (2011), Les Deux-Cents jours de Marine Le Pen, où Marine Le Pen gagne l'élection présidentielle de 2012, Christian Vanneste devient Premier ministre[70].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ménard affiche ses soutiens » midilibre.fr, 09/07/2013.
  2. Les membres du bureau
  3. Le cumul des mandats électoraux, Ministère de l'Intérieur, 23 septembre 2005
  4. Investiture : Vanneste interpelle l'UMP, Le Figaro, 7 mai 2012.
  5. Législatives : Christian Vanneste change d'étiquette, Le Point, 16 mai 2012.
  6. http://www.christianvanneste.fr/?p=3485
  7. http://www.nordeclair.fr/Locales/Tourcoing/2009/10/23/christian-vanneste-quitte-le-cni.shtml
  8. http://www.chretiente.info/201001054120/christian-vanneste-vs-gilles-bourdouleix/
  9. Le site du groupe parlementaire « Les Réformateurs »
  10. La liste des candidats UMP investis
  11. familleliberte.org
  12. « Alliance avec le FN : un député UMP brise le tabou », Le Figaro, 20 octobre 2010.
  13. AP, « Christian Vanneste quitte l'UMP, évitant une procédure d'exclusion », Le Nouvel Observateur,‎ 22 février 2012 (lire en ligne).
  14. Christian Vanneste élu à la tête du RPF, Le Figaro, 22 mars 2012.
  15. Jean Robin, Christian Vanneste, Mike Borowski : tiercé gagnant à la droite de la droite !, StreetPress, 20 juin 2013
  16. Composition de la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs, sur le site de l'Assemblée nationale.
  17. no 2533 - Proposition de loi de M. Christian Vanneste prévoyant l'instauration de la TVA sociale
  18. no 3349 - Proposition de loi de M. Christian Vanneste visant à lutter contre l'arrêt de commercialisation intempestif de produits médicamenteux
  19. http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0411.asp
  20. visant à interdire l’ensemble des vêtements ou accessoires permettant de masquer l’identité d’une personne.
  21. [PDF] Tableau rapport AAI
  22. Groupe d'études sur le problème du Tibet
  23. proposition de loi no 1521 de 2004
  24. « Hadopi : un projet de loi déjà obsolète (tribune de trois députés UMP) », Numerama,‎ 29 avril 2009 (lire en ligne).
  25. Sophie Huet, « La majorité appelée à faire bloc derrière la loi Hadopi », Le Figaro,‎ 27 avril 2009 (lire en ligne).
  26. le dossier complet, les 27 recommandations sur le site de l'Assemblée nationale
  27. "Et si on fusionnait la Hadopi, le CSA et l’Arcep ?" sur 01net.com
  28. Proposition de loi relative à la reconnaissance du génocide ukrainien de 1932-1933
  29. Ukraine-Europe.org
  30. Projet de loi constitutionnelle modifiant l'art. 77 de la Constitution
  31. membre de la Mission d'Information sur les Questions mémorielles de l'Assemblée nationale
  32. « Marie-Luce Penchard demande à Copé la tête de Christian Vanneste », France Antilles, 14 mars 2011.
  33. « Homosexualité : les "vérités" d'un député UMP », site de TF1
  34. La Voix du Nord du 26 janvier 2005 [1]
  35. Journal de France 2, 27 janvier 2005.
  36. « Mariage gay : "aberration anthropologique" »
  37. http://www.ozap.com/actu/homosexualite-video-christian-vanneste-malaise/310646
  38. http://tele.fluctuat.net/blog/40894-homoparentalite-vanneste-chez-c-dans-l-air.html
  39. http://www.rue89.com/2009/11/13/vanneste-etale-son-homophobie-a-la-television-125893
  40. http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/05/13/christian-vanneste-ump-rapproche-homosexualite-et-pedophilie_1350885_823448.html
  41. http://www.tetu.com/actualites/france/pour-vanneste-la-distinction-entre-pedophilie-et-homosexualite-est-hypocrite-17108
  42. Tribunal de grande instance de Lille, 6e chambre correctionnelle, jugement n° 527-2006 CD du 24 janvier 2006 [PDF]
  43. Cour d'appel de Douai, 6e chambre des appels correctionnels, arrêt du 25 janvier 2007[PDF]
  44. Crim. 12 novembre 2008, pourvoi n° 07-83398
  45. « Propos homophobes : Christian Vanneste blanchi en cassation », Le Monde, 12 novembre 2008.
  46. « Affaire Vanneste : La Cour de Cassation ouvre la porte à toutes les haines », Act Up Paris, 13 novembre 2008.
  47. « La Cour de cassation et Christian Vanneste : une victoire », Philippe Bilger, 14 novembre 2008.
  48. François Billot, L'Affaire Vanneste - La mise à mort de la liberté d'opinion, éditions François-Xavier de Guibert, 2008
  49. Le projet de loi n°1732 indique que « nul ne saurait contester le lien existant entre les propos appelant à la discrimination, à la violence et à la haine à l'encontre d'une catégorie de personnes et les actes qui sont effectivement commis contre elles »
  50. Placé (EELV) condamné pour diffamation, dépêche AFP du 10 février 2012
  51. a et b Diane Saint-Réquier, Déportation des homosexuels, la réalité des chiffres, L'Express, 15 février 2012
  52. Le Front national condamne les propos de Christian Vanneste, lemonde.fr, 15 fév. 2012
  53. L'UMP punit Vanneste pour ses propos sur les homosexuels, Le Figaro du 15 février 2012
  54. Serge Klarsfeld défend les déclarations de Christian Vanneste, Le nouvelobs.com, 15 février 2012
  55. Christian Vanneste : « c'est le lobby gay qui crée la polémique », elle.fr, 16 février 2012
  56. Chloé Woitier, Le comptage complexe des homosexuels français déportés, Le Figaro, 15 février 2012
  57. Dictionnaire de l'homophobie, PUF, 2003, pages 124 à 126.
  58. Isabelle Ernot, « Mickaël Bertrand (dir.), La déportation pour motif d’homosexualité en France. Débats d’histoire et enjeux de mémoire, Dijon, Mémoire active, 2011, 176 p. », Genre & Histoire En ligne, n°8 : Printemps 2011, mis en ligne le 22 novembre 2011, Consulté le 19 février 2012.
  59. « L'UMP retire son investiture à Vanneste, mais le laisse quitter de lui-même le parti », L'Est-Républicain, 22 février 2012.
  60. « Christian Vanneste relaxé pour ses propos sur les homosexuels », in lemonde.fr, 3 avril 2014.
  61. Presse.justice.gouv.fr
  62. « Tourcoing : TIG, Christian Vanneste remet son rapport », Lavoixdunord.fr, 6 juillet 2010
  63. Lalsace.fr
  64. Christian Vanneste : |« À l'UMP ils se disent : le lobby est contre nous, il faut réagir ! », Le Monde
  65. a et b Le Monde, Droite-FN : deux élus UMP contre le « cordon sanitaire », 17 oct. 2010, Abel Mestre
  66. a et b Alliance avec le FN : un député UMP brise le tabou, sur lefigaro.fr du 20 octobre 2010
  67. Christian Vanneste : « le système actuel privilégie les députés godillots et le clientélisme » (2e partie), entretien à Contrepoints.org, 10 avril 2012
  68. "Vanneste invité du Bloc identitaire", Temps Réel / Nouvel Observateur, 22 octobre 2012["Vanneste invité du Bloc identitaire", Temps Réel / Nouvel Observateur, 22 octobre 2012|http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121022.FAP1419/vanneste-invite-du-bloc-identitaire.html]
  69. Marine Le Pen - Henri Guaino : 3 à 0, LesObservateurs.ch, 27.11.2013
  70. Frédéric Deslauriers, Les Deux-Cents jours de Marine Le Pen, Plon, 2011, pages 20-21.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]