Alain Lipietz

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Alain Lipietz
Alain Lipietz, en 2007.
Alain Lipietz, en 2007.
Fonctions
Député européen
Élection 13 juin 1999 (France)
Réélection 13 juin 2004 (France)
Biographie
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Charenton-le-Pont (France)
Nationalité Drapeau de la France Français
Parti politique Europe Écologie Les Verts (France)

Alain Lipietz, né le à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), est un homme politique et économiste[1] français, membre du parti écologiste Europe Écologie Les Verts, il en est suspendu depuis le 25 mars 2014[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Alain Guy Lipiec, dit « Alain Lipietz », est le fils de Georges Lipietz et de Colette Geuinlé, et le frère aîné d'Hélène Lipietz, femme politique également membre d'EELV.

Il est diplômé de l’École polytechnique (promotion X 1966) et diplômé d'études supérieures d'économie à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne en 1972.

Recherche[modifier | modifier le code]

Ingénieur en chef des ponts et chaussées, il opte pour la recherche en devenant ingénieur économiste à l'Institut de recherche des transports (1971-1973), puis chercheur au Centre d'étude prospective d'économie mathématique appliquée à la planification[3], et directeur de recherche au CNRS (1988-2002). Il enseigne l'économie à l'École nationale supérieure des beaux-arts (1975-1976) et au Centre d'études des programmes économiques (1979-1982), puis aux universités de Paris VII, VIII et XIII (1985-1992).

Alain Lipietz consacre essentiellement ses activités de recherche à l'analyse des rapports sociaux-économiques au sein des communautés humaines, et entre celles-ci et leur espace, aux niveaux urbain, régional, national, et international. Mais il contribue aussi sur la macroéconomie et la théorie de la monnaie et de l’inflation dans le cadre de la « théorie de la régulation »[4], avec quelques contributions en économie mathématique, essentiellement dans le domaine de la formalisation algébrique de la théorie économique marxiste[5].

Dans les années 1980, il popularise le terme de « post-fordisme »[6].

Il a rédigé la synthèse d’une étude mondiale sur les rapports capital-travail pour le compte de l’université des Nations unies, et coordonné une étude sur les positions des différents pays du monde dans la Conférence des Nations unies pour l’environnement et le développement de Rio en 1992, pour le compte de l’UNESCO.

Cette orientation se reflète dans son engagement civique pour l’écologie politique et une série de livres critiques et propositionnels de politique économique, sociale et écologique.

À la demande de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité, Martine Aubry, il organise en 1999 une consultation nationale de 4 000 responsables du secteur associatif et coopératif, et en tire un rapport intitulé « Pour le Tiers secteur. L’économie sociale et solidaire : pourquoi, comment ».

En France, il a été nommé membre de la Commission française du développement durable (2000-2003), du Comité consultatif de l'économie sociale, du conseil d’établissement du Collège de France, du Conseil d’analyse économique créé par le Premier ministre Lionel Jospin (juillet 1997-2002), et du Haut conseil à la coopération internationale (novembre 2000 à décembre 2001).

Il est aujourd'hui l'un des parrains de la revue Jeune République.

Du rouge au vert[modifier | modifier le code]

Alain Lipietz à un meeting de soutien à Dominique Voynet pendant la campagne présidentielle de 2007.

Militant des Comités d'action de l'École polytechnique et du Théâtre de l'Épée de Bois en Mai 68, puis membre du PSU de 1968 à 1971, où il est rapporteur de la Commission Cadre de vie, il anime une tendance gramsciste-maoïste, la Gauche Ouvrière et Paysanne (GOP), qui sera exclue du PSU et connaîtra de brèves années d'existence avant de fusionner avec Révolution ! dans l'Organisation communiste des travailleurs (OCT). Durant sa brève existence, la GOP apportera un soutien actif à la lutte des paysans du Larzac et des ouvriers de Lip.

Alain Lipietz est l’un des principaux organisateurs des Marches sur le Larzac. De 1978 à 1983, il anime la revue Partis Pris, tout en collaborant à d'autres journaux tels que le Monde diplomatique ou les Temps modernes.

Invité à conduire la liste des Verts aux élections législatives françaises de 1986 en Seine-Saint-Denis, il rejoint ce parti en 1988. Il en est élu porte parole de 1997 à 1999.

Après avoir été élu conseiller régional d'Île-de-France en 1992 et conseiller municipal de Villejuif en 1995, il est élu député européen aux Élections européennes de 1999.

Lors de primaires internes aux Verts en 2001, il est élu par ce parti pour le représenter lors de l'élection présidentielle française de 2002, mais il est finalement remplacé pour ce scrutin par Noël Mamère à la suite d'une prise de position controversée sur l'amnistie des nationalistes corses[7].

Tête de liste des Verts en Île de France pour les élections européennes de 2004, il est réélu député européen, sa liste obtenant 7,6 %.

S’estimant incapable d’apporter des réponses convaincantes aux problèmes de la société française, il renonce à faire acte de candidature pour l'élection présidentielle française de 2007[8] et apporte un soutien actif à la candidate choisie par son parti, Dominique Voynet[9].

Au cours des années 2002-2003, il figure parmi une douzaine de personnalités menacées de mort par un certain Raphaël-Guy Schoemann en raison de leur engagement pour les droits des Palestiniens[10].

En 2005, il signe l'Appel des indigènes de la République qui développe une thèse attribuant aux séquelles du colonialisme le racisme anti-immigrés en France.

En 2006, avec sa sœur Hélène Lipietz, conseillère régionale verte d’Île-de-France, il se lance dans la défense et l'illustration du jugement du tribunal administratif de Toulouse en faveur de son père et de son oncle contre l’État et la SNCF[11], pour leur arrestation comme présumés Juifs et leur transfert à Drancy[12]

Il est chroniqueur de l’hebdomadaire Politis.

Député européen[modifier | modifier le code]

Élu au Parlement européen en juin 1999, il est membre de la Commission économique et monétaire[13] et suppléant à la Commission emploi et affaires sociales[14] de ce parlement. Il participe aux intergroupes « Tiers secteur », « OMC » et « Initiatives pour la paix », et est membre de la délégation parlementaire auprès de l’Amérique du Sud et du Mercosur. Réélu en 2004, il préside la délégation pour les relations avec les pays de la Communauté andine[15]. Il est également membre de la Commission du commerce international[16] et de la Commission des affaires juridiques[17], membre suppléant de la Commission des affaires économiques et monétaires[18], et de la délégation pour les relations avec le Mercosur[19]. Il est président de l’intergroupe « Commerce international et développement soutenable » et vice-président de l’assemblée parlementaire Europe-Amérique Latine[20].

Dans ses fonctions de diplomatie parlementaire vis-à-vis de l’Amérique latine, il tente d'œuvrer à la libération d'Íngrid Betancourt et de tous les otages retenus en Colombie, ainsi qu’à améliorer l’accord d’association entre l’Union européenne et la Communauté andine. En association avec la revue Mouvements, il prend l’initiative de deux colloques internationaux, sur l’Amérique latine[21] et sur la justice transitionnelle[22].

De par sa formation initiale, il se spécialise, dans son activité de législateur, sur des questions relativement techniques mais aux conséquences collectives importantes : réorientation de la politique de la Banque européenne d’investissement, supervision et règles prudentielles des conglomérats financiers, responsabilité civile des entreprises en matière environnementale, inclusion de l’aviation civile dans le quota européen des gaz à effet de serre, soutenabilité écologique du commerce international, création de l’Agence européenne de l’énergie, etc.

En 2004-2005, il prend, à l'instar de Michel Rocard et de Daniel Cohn-Bendit, une part active dans la fronde contre la brevetabilité illimitée des logiciels soutenue depuis plusieurs années par l'Office européen des brevets. Alors que le Conseil de l'Union européenne et la commission européenne désirent légaliser cette pratique par la directive européenne sur les inventions mises en œuvre par ordinateur, Alain Lipietz joue un rôle de liant entre les revendications des petites entreprises réunies au sein de l'Association pour une infrastructure de l'information libre et les partisans des logiciels libres d'une part, et les eurodéputés d'autre part. Le , le Parlement européen rejette très nettement le projet de directive en seconde lecture, après avoir constaté que le Conseil de l'Union européenne n'avait tenu aucun compte de ses amendements votés lors de la première lecture en septembre 2003[23] et visant à encadrer la brevetabilité du logiciel.

Il participe aux manifestations des « faucheurs volontaires » dans le combat contre les OGM, et organise plusieurs colloques contre les excès des agrocarburants[24].

Il s'engage fortement en faveur du Traité établissant une constitution pour l'Europe (TCE)[25]. Il inscrit ce choix dans le prolongement de son combat politique contre les quatre traités précédents[26], combat conduit au nom de l'Europe politique et fédérale[27].

Prenant acte du rejet du TCE par la France et les Pays-Bas[28], il propose aux partisans du « non » de s’atteler, en particulier au Parlement européen, à sauver les avancées qu’il apportait à ses yeux, et notamment la loi européenne sur les services publics dans l'Union européenne prévue par l'artice 122 du TCE[29].

Il soutient le traité de Lisbonne en tant qu’avancée vers l’Europe politique par rapport aux traités existants, tout en soulignant les reculs qu’il représente selon lui par rapport au TCE[30].

Lors de la législature 2004-2009, Alain Lipietz a été présent à près de 84 % des sessions du Parlement européen (249 jours sur 298)[31]. Plus de 97 % des votes enregistrés (en) (5 001 sur 5 150) concordent avec le vote majoritaire de son groupe parlementaire, Groupe des Verts/Alliance libre européenne[31]. Il a voté en accord avec la majorité des autres députés européens français près de 73 % des fois[31].

Depuis 2009[modifier | modifier le code]

Alain Lipietz participe à la campagne de la liste Europe Écologie (EELV) aux élections européennes de 2009 (qui obtient 16 % des suffrages exprimés au niveau national), sans se représenter lui-même. Pour tester cette formule dans une élection au scrutin uninominal, il se présente sous la bannière EELV aux élections législatives partielles dans la douzième circonscription des Yvelines et se retrouve en troisième position au premier tour avec 15 % des suffrages exprimés. Sa suppléante, Sophie Renard, militante associative de Poissy, sera élue l'année suivante conseillère régionale d'Île-de-France.

Il continue à assurer certaines fonctions à la direction d'EELV (membre du conseil fédéral et du conseil d'orientation politique). Il soutient la candidature d'Eva Joly à la primaire présidentielle écologiste de 2011 et à l'élection présidentielle française de 2012.

Il reprend ses travaux d'économiste sur l'analyse de la nouvelle crise mondiale, avec les livres Face à la crise (2009) et Green Deal (2012).

Il écrit également un roman policier, Les Fantômes de l'Internet, évoquant sur le mode comique les problèmes de la propriété intellectuelle, et un livre de synthèse sur les enseignements du procès de son père, La SNCF et la Shoah.

En 2014, Alain Lipietz figure en deuxième position sur la liste EELV à l'élection municipale de Villejuif (94) et comme candidat à la présidence de la communauté d'agglomération du Val-de-Bièvre. La liste arrivant en cinquième position, elle négocie sa fusion avec les deux listes de droite et celle du dissident socialiste. Il est suspendu par Europe Écologie Les Verts, tandis qu'au plan local l'investiture est attribuée à la liste PS-PCF-PG-MRC dirigée par la maire sortant Claudine Cordillot[2].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bibliographie académique d'Alain Lipietz.
  2. a et b Ivan Valerio, « Alain Lipietz suspendu d'EELV après avoir appelé à une alliance avec l'UMP à Villejuif », sur Le Figaro,‎ 24 mars 2014 (consulté le 26 mars 2014)
  3. Cepremap.
  4. Alain Lipietz, « La trame, la chaîne et la régulation : outils pour les sciences sociales », Économies et Sociétés R5,‎ décembre 1990 (lire en ligne).
  5. Liste d'articles sur l'économie générale et mathématique, sur le site d'Alain Lipietz.
  6. Hobsbawm, E. J., Age of extremes : the short twentieth century, 1914-1991, London : Abacus,‎ 1995, p. 303.
  7. Daniel Bernard et Nicolas Domenach, « Entretien », Marianne,‎ 29 octobre 2001 (lire en ligne).
  8. Réflexions sur l’élection présidentielle 2007, lettre aux Verts.
  9. Alain Lipietz, « Ces bourdes qui cachent le bourbier », Libération,‎ 21 février 2007 (lire en ligne).
  10. Déclaration au procès de Raphaël Schoemann, Palais de justice, Paris, 9 mai 2006.
  11. Dossier de l’affaire, sur le site d'Alain Lipietz.
  12. Articles d'Alain et Hélène Lipietz au sujet de ce procès et de ses suites.
  13. Commission économique et monétaire.
  14. Commission emploi et affaires sociales.
  15. Délégation pour les relations avec les pays de la Communauté andine.
  16. Commission du commerce international.
  17. Commission des affaires juridiques.
  18. Commission des affaires économiques et monétaires.
  19. délégation pour les relations avec le Mercosur.
  20. EUROLAT.
  21. Alain Lipietz, « Amériques latines, le tournant à gauche ? », Mouvements, no 47-48,‎ septembre 2007 (lire en ligne).
  22. Alain Lipietz, « Vérité, justice, réconciliation. Les dilemmes de la justice transitionnelle », Mouvements, no 53,‎ mars 2008 (lire en ligne).
  23. Brevetabilité des inventions mises en œuvre par ordinateur — texte adopté par le parlement européen en première lecture en septembre 2003.
  24. Voir « Les arbres du mal », Politis n° 959, juin 2007, et le colloque « La querelle des agrocarburants », sur le site d'Alain Lipietz.
  25. Alain Lipietz, « Le traité constitutionnel marque une inflexion vers l’Europe politique », Alternatives économiques,‎ mai 2005 (lire en ligne).
  26. Alain Lipietz, « Oui au TCE parce que NON à Maastricht », Silence,‎ avril 2005 (lire en ligne).
  27. Voir ses critiques sur l'Acte unique (L’acte unique contre l’Europe, L’Expansion, 1988), le Traité de Maastricht (Contre Maastricht parce que pour l'Europe, Silence n°157, sept. 1992), le Traité d'Amsterdam (Message urgent pour Dominique Voynet : ne pas ratifier le traité d'Amsterdam - 16 juillet 1997) et le Traité de Nice (Sur le traité de Nice - le vrai fiasco de la présidence française, Le Monde, 13 décembre 2000.
  28. Alain Lipietz, « L’Europe du Non a commencé », Le Monde,‎ 23 juin 2005 (lire en ligne).
  29. La concurrence et les services publics dans le TCE, 14 mai 2005, sur le site d'Alain Lipietz.
  30. Alain Lipietz, « Les tribulations de l’Europe politique », Politique,‎ octobre 2007 (lire en ligne).
  31. a, b et c VoteWatch, statistiques des votes d'Alain Lipietz.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]