Hackney (cheval)

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Hackney
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Canadance, étalon Hackney
Canadance, étalon Hackney

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Hackney, Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Caractéristiques
Morphologie Cheval carrossier
Taille 1,50 m en moyenne
Robe Généralement baie
Autre
Utilisation Traction légère

Le Hackney est une race de cheval carrossier britannique reconnue. Il est l'héritier du célèbre trotteur Norfolk et du carrossier du Yorkshire, deux chevaux de traction au trot célèbres au début du XIXe siècle. Son stud-book a été établi en 1883 à Norwich. Il tient son nom du district londonien de Hackney, où se trouvent beaucoup de petits véhicules hippomobiles du même nom. À la fin du XIXe siècle les Américains l'importent et créent le poney Hackney, ce qui fait du Hackney l'une des rares races pouvant être à la fois cheval ou poney.

Ces dernières décennies, il a fait l'objet d'un élevage sélectif visant à le spécialiser dans l'attelage. Il en résulte une race élégante dotée d'une action très relevée, populaire pour les manifestations d'attelage léger. Les Hackneys possèdent une bonne endurance, et sont capables de trotter à vitesse élevée sur de longues périodes de temps.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Article connexe : Trotteur Norfolk.

La race Hackney est développée dès le XIVe siècle dans le Norfolk, lorsque le roi d'Angleterre exige de puissants chevaux restant attrayants, dotés d'un excellent trot, pour être montés sur les routes. Les routes sont rudimentaires à l'époque et l'équitation constitue le principal moyen de déplacement. Les trotteurs sont plus appropriés comme chevaux de guerre que les ambleurs. En conséquence, en 1542, le roi Henri VIII exige que ses sujets riches gardent un nombre spécifié d'étalons trotteurs pour la reproduction. Le nom « Hackney » est employé depuis longtemps, car en 1621, le capitaine Baily met sur le Strand quatre voitures à six places pour servir aux transports à la demande, tirées par deux hackneys. Ces voitures connaissent un tel succès qu'elles prennent elles-mêmes le nom de hackneys. En 1760, à Londres, on trouve un millier de ces voitures, qui causent d'énormes encombrements dans les rues. Le cab, plus petit et plus maniable, succède aux hackneys.

Vers 1729, un étalon trotteur Norfolk et un étalon Arabe contribuent à la naissance du Hackney moderne. Le résultat est d'abord nommé « Norfolk Roadster », c'est un cheval charpenté utilisé au travail par les agriculteurs. C'est également un cheval rapide doté d'une bonne endurance. Un autre fameux étalon fondateur est Shales, né en 1755 et petit-fils de Flying Childers. Shales donne naissance à deux étalons qui exercent une forte influence sur le trotteur Norfolk[1].

Ce cheval descend en effet de deux autres races britanniques de traction au trot, le trotteur Norfolk et le carrossier du Yorkshire, célèbres pour leur performances d'endurance en trot attelé qui donnent longtemps lieu à des paris. Les matches au trot monté, puis au trot attelé[2], ont disparu progressivement du paysage anglais passées les années 1840. L'arrivée des chemins de fer a diminué la nécessité de posséder un trotteur sur longues distances. La demande s’accroit, par contre, en chevaux élégants et aptes aux courtes distances. En 1883, les éleveurs créent un registre de race sous la responsabilité de la Hackney Stud Book Society basée à Norwich, et tous les chevaux trotteurs prennent le nom de « Hackneys »[3]. Le trotteur Norfolk influence significativement le Hackney connu de nos jours, mais disparaît en tant que race propre[4].

Spécialisation et âge d'or de la race[modifier | modifier le code]

En 1885, la Hackney Stud Book Society présente pour la première fois ses chevaux à l’Agricultural Hall de Londres. La notion de « pureté du sang » prenant de l'importance, les juments ne peuvent plus être enregistrées dans la race sans un certificat d'origine et les seuls croisements autorisés le sont avec le Pur Sang. Les concours pour chevaux attelés se multiplient, face à la demande en chevaux aux actions élégantes, quelques éleveurs se spécialisent. La demande en chevaux militaires et chevaux d’attelage légers entraîne l'exportation, en 1891, de 28 étalons Hackney en Italie, et l'année suivante, de 100 étalons dont 78 vers les États-Unis. Les Japonais signent des importations régulières en 1897, qui se poursuivent jusqu'en 1923. Les riche propriétaires apprécient cet élégant cheval pour mener leurs attelages en ville et les demandent affluent en provenance de France, d'Allemagne et des Pays-Bas[3].

Poney Hackney[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Poney Hackney.

Alexander Cassatt introduit le poney Hackney aux États-Unis. En 1878, il acquiert 239 Stella en Grande-Bretagne et l'emmène à Philadelphie. En 1891, Cassatt et d'autres amateurs de la race créent l’American Hackney Horse Society à Lexington dans le Kentucky[5]. Le poney Hackney se développe à la fin du XIXe siècle, par croisements avec des races de poneys, dans le but de créer un animal de show[6].

Déclin et reconversion dans l'attelage de loisir[modifier | modifier le code]

La demande en chevaux carrossiers commence à décliner dès le début du XXe siècle, avec les prémices de la motorisation, et le phénomène s'accroit après la Première Guerre mondiale. Les agriculteurs de l’Est de l’Angleterre, qui ont fait fortune avec l'élevage de Hackneys, abandonnent par centaines cet élevage devenu peu rentable. Dans le même temps, la demande en chevaux de sport équestre s'accroit, ce qui empêche la disparition complète du Hackney[3]. Les allures brillantes de ce cheval lui permettent aussi de survivre car ses présentations attelées restent spectaculaires.

Les États-Unis importent quelques animaux, les Hollandais et les Anglais organisent des présentations. Dans les années 1930, Benito Mussolini acquiert une paire de Hackney pour ses parades dans Rome. Les conséquences de la crise de 1929 entraînent un ralentissement des demandes en chevaux de concours, mais la Seconde Guerre mondiale octroie un bref répit aux chevaux d'attelage en raison de pénuries d’essence. Après la guerre, les concours attelés pour Hackneys reprennent et font des adeptes. La caudectomie est interdite en 1948 malgré l'opposition des traditionalistes, et l’attelage connaît une nouvelle vague de popularité comme loisir, bien que l'élevage de la race reste limité[3].

Description[modifier | modifier le code]

Pouliche Hackney de 1 mois.

Le Hackney déploie beaucoup d'énergie pour ses actions des membres antérieurs, c'est ce qui plait à ses amateurs. Ses allures sont naturellement très relevées et le débourrage est souvent brutal. Les Hackneys existent en différentes tailles (poney ou cheval), et forment l'une des rares races reconnues dans les deux catégories[6].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Un Hackney en compétition d'attelage.

Il excelle à l'attelage, et il est très inconfortable sous la selle. Il peut produire de très beaux chevaux de selle, connus pour leurs capacités en saut d’obstacles et dressage, par croisement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) R.S. Summerhayes, The Observers Book of Horses & Ponies, Londres, Frederick Warne & Co. Ltd.,‎ 1948, p. 111–117
  2. (en) Horace M. Hayes FRCVS, Points of the Horse, Londres, Stanley Paul,‎ 1969, 336–339 p. (ISBN 09 038711 2[à vérifier : isbn invalide])
  3. a, b, c et d Grognet 2009
  4. (en) « Hackney history » (consulté le 7 février 2011)
  5. (en) « Hackney Society » (consulté le 11 octobre 2012)
  6. a et b (en) William E. Jones, Genetics of the Horse, Fort Collins, Colorado, Caballus Publishers,‎ 1971, p. 31

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Bonnie Lou Hendricks et Anthony A. Dent, International Encyclopedia of Horse Breeds, University of Oklahoma Press,‎ 2007, 486 p. (ISBN 080613884X et 9780806138848) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean Claude Grognet, « Du trotteur du Norfolk au Hackney », L'attelage français,‎ 13 octobre 2009 (lire en ligne)