Introversion et extraversion

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Introversion-extraversion est l'une des grandes dimensions de la personnalité proposée par le psychanalyste Carl Gustav Jung, dans le cadre de la Psychologie analytique.

Variétés[modifier | modifier le code]

Extraversion[modifier | modifier le code]

L'extraversion définit l'« état, l'acte ou l'habitude, orientée par une gratification externe à la personnalité[1]. » Les individus extravertis tendent à se satisfaire des interactions sociales et à être enthousiastes, bavards, et assertifs notamment. Ils prennent plaisir à participer à des activités en groupe, comme des fêtes, des manifestations publiques, entre autres. La politique, l'enseignement, le management, les activités commerciales favorisent l'extraversion. Un individu extraverti préfère interagir socialement plutôt que de rester seul.

Introversion[modifier | modifier le code]

L'introversion désigne l'« état, ou la tendance, orienté par une gratification interne et le bien-être mental de l'individu concerné[1]. » Certains romanciers caractérisent les introvertis comme des individus dont l'énergie psychologique se concentre à travers la réflexion et qui diminue durant une interaction sociale[2]. Les individus introvertis seraient plus réservés et moins bavards en groupe. Ils prennent plaisir lors d'activités solitaires comme la lecture, les écrits, l'utilisation d'un ordinateur, ou la pêche. Les artistes, compositeurs, ingénieurs, sculpteurs et autres métiers artistiques sont des activités hautement introverties. L'individu introverti prend plaisir seul plutôt qu'en groupe, bien qu'il puisse apprécier des activités entre amis. Il préfère se concentrer sur une activité simple et observe les situations avant d'y participer : cette action est particulièrement observée dans le développement de l'enfant et l'adolescent[3]. Les individus introvertis prennent le temps d'analyser avant d'agir[4].

L'introversion n'est pas identique à la timidité ou à l'isolement social. Ces individus préfèrent généralement des activités solitaires plutôt que sociales, tandis que les individus timides (extravertis dans le cœur) évitent les interactions sociales à cause de la peur et de l'anxiété[5].

Concepts[modifier | modifier le code]

Ces concepts ont notamment été étudiés par Hans Eysenck. Plusieurs tests de personnalité reprennent cette dimension.

« Parce qu'il fait froid dehors, l'un se sent immédiatement poussé à mettre son pardessus ; un autre, parce qu'il veut s'endurcir, trouve que c'est inutile ; l'un admire le nouveau ténor, parce que tout le monde l'admire ; l'autre ne l'admire pas, non qu'il le trouve déplaisant, mais il est d'avis que n'est pas nécessairement admirable ce que tout le monde admire ; l'un se soumet aux circonstances données parce que l'expérience montre qu'il est impossible de faire autrement, tandis que l'autre est persuadé que ce qui a été mille fois peut très bien, la mille et unième fois, devenir quelque chose de nouveau. Le premier (l'extraverti) s'oriente d'après les faits extérieurs donnés, l'autre (l'introverti) se réserve une opinion qui se glisse entre lui et la donnée objective[6]. »

Le comportement de l'un et l'autre devient intelligible dans la relation entre autonomie et hétéronomie étendue à travers Marx, Erich Fromm et Ivan Illich. Dans son ouvrage Les types psychologiques, Carl Gustav Jung définit trois grandes paires de caractéristiques de la psyché humaine, caractéristiques qu'il fonde à la fois sur sa pratique de la psychothérapie mais aussi sur une étude assez poussée de la différenciation psychologique au cours des différentes époques pré et post-chrétiennes.

Théories[modifier | modifier le code]

Chez Jung[modifier | modifier le code]

Les termes de système psychique, de psyché ou d'âme, sont équivalents dans le cadre de la psychologie jungienne. Les textes de la psychologie analytique permettent une « découverte de l'âme » c'est-à-dire qu'ils ont permis une production d'une approche générale, d'une approche théorique, de la vie intérieure de l'être.

Cependant Carl Gustav Jung dit[7] :

  • « Apprenez vos théories aussi bien que vous le pouvez, puis mettez-les de côté quand vous entrez en contact avec le vivant miracle de l'âme humaine. » car pour lui « L'Homme mérite qu'il se soucie de lui-même car il porte dans son âme les germes de son devenir. » et c'est pourquoi la psychologie analytique nous invite aussi à une « découverte de notre âme ».
  • Il explique encore que « (q)uiconque voulant faire connaissance avec la psyché humaine n'apprendra rien de la psychologie expérimentale. Il serait plus avisé d'abandonner les sciences exactes, ranger sa toge d'universitaire, dire au revoir à ses études et se promener au hasard de par le monde avec son cœur d'humain. Là, dans les horreurs des prisons, les asiles de fous et les hôpitaux, dans les sombres pubs des banlieues, les bordels et maisons de jeu, les salons des élégants, les lieux d'échange boursier, les réunions socialistes, les églises, les rassemblements de renaissance et les sectes extatiques, à travers l'amour et la haine, à travers l'expérience de la passion dans toutes ses formes et dans son propre corps, il récolterait de plus riches réserves de connaissance que pourraient lui donner des livres d'un pied d'épaisseur, et il saura comment traiter les malades avec une vraie connaissance de l'âme humaine[7]. »

Afin d'éviter les récupérations mal comprises de ces travaux, en particulier celles proposant, par exemple, : « que lorsque l'on est de tel ou tel type l'on doive forcément agir de telle ou de telle façon » ou « que ni du type psychologique ni de la façon d'être ou d'agir nous ne puissions à tout jamais sortir de notre vie », il développa dans l'ouvrage L'homme et ses symboles une mise en garde. En particulier au travers d'un passage ayant pour sujet l'un des aspects de la personnalité de la femme (part masculine de la femme), que l'on nomme l'animus. (De la page 194 à 195). Un exemple, illustrant sa mise en garde, se trouve à la page 194 de L'homme et ses symboles illustrée, entre autres, par une image de Ghandi. Un introverti car à l'image d'un sage, un être ouvert à l'introspection pendant une grande partie de sa vie, puis qui pourtant par la suite, fut aussi un extraverti car à l'image d'un chef d'État, d'un révolutionnaire même si ce fut au nom de la non-violence.

Jung met aussi en garde en indiquant qu'« il est assez stérile d'étiqueter les gens et de les presser dans des catégories. » [Carl Gustav Jung] - L'Homme à la découverte de son âme. Pour ce qui est de l'introversion et de l'extraversion, Jung reprend les catégories platoniciennes d'extraversion et d'introversion pour décrire la « surdétermination » externe ou interne du comportement.

Voici comment Jung décrit le type extraverti : « Qui pense, sent, agit, bref, qui vit en accord immédiat avec les conditions objectives et leurs exigences, en bonne comme en mauvaise part, est un extraverti [...] sa conscience tout entière regarde vers l'extérieur parce que c'est toujours là que vient la détermination importante décisive. Non seulement les personnes, mais aussi les choses le captivent. Aussi agit-il sous l'influence des personnes et des choses ... »

Il décrit également le type introverti : « Chez lui, il se glisse entre la perception de l'objet et sa propre action une opinion personnelle qui empêche l'action de prendre un caractère correspondant à la donnée objective. La réaction habituelle de l'introverti est une réaction d'arrêt, de critique, de retour de soi-même. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Merriam Webster Dictionary.
  2. (en) Helgoe, Laurie (2008). "Introvert Power: Why Your Inner Life is Your Hidden Strength". Naperville, Illinois: Sourcebooks, Inc.
  3. (en) Introversion Gale Encyclopedia of Childhood & Adolescence. Gale Research, 1998.
  4. (en) Laney, Marti Olsen (2002). The Introvert Advantage: How to Thrive in an Extrovert World. Workman Publishing. ISBN 0-7611-2369-5.
  5. (en) All About Shyness Meredith Whitten, Psych Central, 21 Aug 2001; Consulté le 7 février 2007.
  6. Jung, Types psychologiques, [réf. nécessaire]
  7. a et b Jung, Types psychologiques, 1954, librairie de l'université, Georg et Cie S.A. Genève. (Chapitre X)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]