Chloé (entreprise)

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Chloé

Création 1952
Dates clés 1985
Fondateurs Gaby Aghion
Personnages clés Karl Lagerfeld, Jacques Lenoir, Jeannette Alfandari
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Produits prêt-à-porter de luxe, maroquinerie, chaussures, lunettes, bijouterie, parfum
Société mère Richemont
Sociétés sœurs Azzedine Alaïa
Site web www.chloe.com

Chloé est une maison de mode française fondée en 1952 par Gaby Aghion. L'entreprise se développe quelques années plus tard, suite à l'association de la fondatrice avec Jacques Lenoir et Jeannette Alfandari. La marque est connue pour ses modèles souples aux matières légères.

Préambule[modifier | modifier le code]

Avant la création de Chloé en 1952, les maisons de mode produisaient uniquement des vêtements sur mesure de Couture ou de Haute Couture. Rejetant la froideur et la raideur de la mode des années 1950, années où Dior et Balenciaga sont au sommet, Gaby Aghion, décide de créer une ligne de vêtements de grande qualité qu'elle appelle « prêt-à-porter de luxe ». Les vêtements sont disponibles immédiatement, déjà coupés et confectionnés, le besoin de retouche mineur, les matières d'excellente qualité, les coupes étudiées et le tombé des tissus soigné. Le marché du prêt-à-porter tel que nous le connaissons aujourd'hui était à ses prémices[1]. Les autres couturiers ont rapidement rejoint le mouvement, tel Yves Saint Laurent avec Saint Laurent rive gauche, ou Givenchy avec la collection « University » de 1956.

Historique[modifier | modifier le code]

Le nom Chloé[modifier | modifier le code]

Gaby Aghion pensait que son propre nom évoquait celui d'une diseuse de bonne aventure[2]. Elle préfère le prénom d'une amie[3], Chloé Huysmans[1],[4], pour son côté chaud, féminin et en accord avec l'esprit jeune et audacieux qui naît à Paris à cette époque.

Création[modifier | modifier le code]

Chloé est fondée en 1952 par Gaby Aghion, une parisienne d'origine égyptienne. Elle et son partenaire Jacques Lenoir, avec qui elle s'associe l'année suivante, sont parmi les premiers à prendre conscience de l'apparition d'une demande pour des collections qui allient les exigences de la haute couture avec celle du prêt-à-porter. Gaby Aghion passe ainsi du statut de « cliente » à celle de « vendeuse ». La première collection comporte six modèles ; Gaby Aghion s'occupe de tout, de approvisionnement à la vente[1]. Quatre ans plus tard, la toute première véritable collection est présentée pendant un petit déjeuner[5] au Café de Flore[1], l'un de leurs cafés préféré et alors le rendez-vous des artistes parisiens. Cette collection est dessinée par Gaby Aghion et réalisée par une première assistante de chez Lelong, et reçoit le soutien de Hélène Lazareff la fondatrice du magazine Elle. Les collections suivantes sont présentées à La Closerie des Lilas[2] et chez Lipp[1]. Le premier styliste de la marque, Gérard Pipart, est engagé ; il y restera six ans[4] avant de partir chez Nina Ricci[2]. Gaby Aghion, Jacques Lenoir et Jeannette Alfandari commencent alors à recruter de jeunes talents qui deviendront célèbres au fil du temps : Christiane Bailly, puis Michèle Rosier, Maxime de la Falaise (la mère de Loulou) et Graziella Fontana[2] dans les années 1960, Tan Giudicelli, Carlos Rodriguez.

Lagerfeld[modifier | modifier le code]

En 1966, Karl Lagerfeld, après avoir travaillé pour la maison Jean Patou, est le principal créateur de la maison et Chloé devient l'une des marques emblématiques des années 1970 avec ses jupes longues et fluides, ainsi que ses chemisiers vaporeux. Le créateur est « au sommet de son art[4] » Jackie Kennedy, Brigitte Bardot, Maria Callas et Grace Kelly sont clientes. La première boutique Chloé ouvre au 3 rue Gribeauval à Paris en 1971, dont Jeannette Alfandari prend la direction. Deux ans plus tard, le premier parfum, nommé « Chloé », est lancé, et la marque ouvrez un nouveau point de vente rue du Faubourg-Saint-Honoré[5].

Richemont[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, la marque est en perte de vitesse, les ventes ne sont plus au rendez vous[6],[5]. Malgré cela, la société est acquise en 1985 par le groupe de luxe Dunhill Holdings[7], devenu le groupe Richemont par la suite. Lagerfeld, après une vingtaine d'année de collaboration, part chez Chanel. Gaby Aghion prend sa retraite deux ans plus tard. Chloé continue durant les années 1980 sa collaboration avec des directeurs artistiques amenés à se faire un nom, Guy Paulin, puis Martine Sitbon en 1988, et à nouveau Karl Lagerfeld qui est appelé pour remonter la marque déclinante en 1992[5] ; il s'y attellera durant cinq ans.

Stella McCartney[modifier | modifier le code]

Après le départ de Lagerfeld, la styliste au nom prestigieux, Stella McCartney, âgée alors de 25 ans, bouscule la maison en apportant une nouvelle orientation, féminine, romantique et impertinente. Elle est accompagnée de Phoebe Philo[8]. Stella McCartney redynamise la maison pour en faire de nouveau une marque de premier plan, tout en conservant les principes de Chloé. C'est un véritable « second souffle » pour la marque et le succès est au rendez vous dès la première collection[5],[6],[8]. En 1999, Ralph Toledano prend la direction de l'entreprise, il y restera onze ans. En prenant la succession de Stella, Phoebe Philo son amie et assistante, ajoute en 2001 une touche personnelle, sensuelle, féminine, sophistiquée ; elle introduit les sacs dans les défilés[4] et maintient de style de la maison années après années. Kirsten Dunst, Natalie Portman, Lou Doillon, Sofia Coppola, deviennent clientes.

La petite sœur de Chloé, See By Chloé, est créée : elle se veut plus accessible et plus jeune. Chloé lance avec succès une ligne de sac en 2002, petite maroquinerie et chaussures. Le sac « Camera Bag » devient un succès[2]. Mais surtout, c'est le « Paddington » qui devient le premier des « it-bags »[5],[6],[2].

De nos jours[modifier | modifier le code]

Phoebe Philo à son tour quitte Chloé : période de flottement pour la marque. Les deux collections suivantes reçoivent peu d'échos. En 2006 enfin, le suédois Paulo Melim Andersson[6], anciennement chez Marni et Margiela, amène un style décalé et moderne : le chiffre d'affaires remonte[9]. En septembre 2007, Chloé est la première marque de luxe à développer une version spécifique de son site internet pour l'iPhone d'Apple. L'année suivante, la marque investit pour la retransmission sur internet le soir même de ses défilés parisiens. Pourtant, les collections de Paulo Melim Andersson ne font pas l’unanimité[5] : alors après une collaboration étroite avec la marque pour le lancement du parfum Chloé, Hannah MacGibbon est nommée directrice artistique l'année 2008 et présente sa première collection en Mars lors du défilé Printemps-Été 2009. Ses créations seront qualifiées d'« ultrachic[2] ».

Ralph Toledano, suite à des résultats financiers décevants[10],[11], quitte la direction de la maison en 2010 pour Puig[12] ; il est remplacé par Geoffroy de La Bourdonnaye. Après trois ans au service de la marque, Hannah MacGibbon, en manque d'inspiration selon les médias, quitte la direction artistique de Chloé[13] l'année suivante pour se consacrer à de nouveaux projets. La discrète anglaise Clare Waight Keller[14], anciennement chez Gucci avec Tom Ford, et chez Ralph Lauren, Calvin Klein, ainsi que Pringle of Scotland, devient la nouvelle directrice artistique de la marque[4], et est reconnue pour ses modèles fluides et féminins[2], perpétuant l'héritage de la marque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Léa Trichter-Pariente, « L'éternel Printemps », L'Officiel Paris, Éditions Jalou, no 972,‎ février 2013, p. 176 à 181 (ISSN 0030-0403)
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Justine Foscari, « Chloé, 60 ans sous le signe de la grâce », Madame Figaro, no 21199,‎ 28 octobre 2012, p. 56 à 57 (ISSN 0246-5205)
  3. (en) « A Moment With Gaby Aghion », sur fashionweekdaily.com,‎ 13 mars 2006 (consulté le 1er octobre 2012)
  4. a, b, c, d et e Sylvie Yeu, « 60 printemps pour Chloé », L'Express Styles, no 3192,‎ 5 septembre 2012, p. 116 à 119 (ISSN 0014-5270, lire en ligne)
  5. a, b, c, d, e, f et g « Chloé », Mode, sur elle.fr, Elle,‎ 23 août 2010 (consulté le 1er octobre 2012)
  6. a, b, c et d « Chloé (Marque de mode) », sur tendances-de-mode.com,‎ 10 septembre 2007 (consulté le 1er octobre 2012)
  7. Carine Bizet, « De Gaby à Chloé, une histoire de femmes », Style, sur lemonde.fr, Le Monde,‎ 28 septembre 2012 (consulté le 1er octobre 2012)
  8. a et b Clélia Zack, « Chloé, la saga de la marque », Mode, sur plurielles.fr, e-TF1,‎ 18 mai 2011 (consulté le 1er octobre 2012)
  9. Florentin Collomp, « Le groupe Richemont se concentre sur le luxe », sur lefigaro.fr, Le Figaro,‎ 23 mai 2008 (consulté le 1er octobre 2012)
  10. (en) Cathy Horyn, « Chloé Exit », sur nytimes.com, New York Times,‎ 26 août 2010 (consulté le 2 octobre 2012)
  11. (en) James Covert, « Chloe shows longtime CEO Toledano the door », Business, sur nypost.com, New York Post,‎ 25 août 2010 (consulté le 2 octobre 2012)
  12. Delphine De Freitas, « Ralph Toledano nommé à la tête de la division mode de Puig », sur lci.tf1.fr, TF1 News,‎ 19 janvier 2012 (consulté le 2 octobre 2012)
  13. (en) Cathy Horyn, « More on the Change at Chloé », sur nytimes.com, New York Times,‎ 9 mai 2011 (consulté le 2 octobre 2012)
  14. « Clare Waight Keller chez Chloé », sur tendances-de-mode.com,‎ 10 mai 2011 (consulté le 1er octobre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Exposition[modifier | modifier le code]

Chloé Attitudes, Palais de Tokyo, 29 septembre au 18 novembre 2012. Lire en ligne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hélène Schoumann, Chloé, Assouline,‎ mars 2003, 79 p. (ISBN 978-2843234101)
  • (en) Sarah Mower (journaliste) et Marc Ascoli (direction artistique), Chloé : Attitudes, Éditions Rizzoli,‎ octobre 2013 (résumé)

Liens externes[modifier | modifier le code]