Baleine à bosse

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Megaptera novaeangliae • Mégaptère, Jubarte, Rorqual à bosse

Baleine à bosse

Description de cette image, également commentée ci-après

Saut d'une baleine à bosse

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Cetacea
Sous-ordre Mysticeti
Famille Balaenopteridae
Genre Megaptera

Nom binominal

Megaptera novaeangliae
(Borowski, 1781)

Répartition géographique

Description de l'image  Cypron-Range Megaptera novaeangliae.svg.

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 01/07/75

Statut de conservation UICN

( LC )
LC A1ad[1] : Préoccupation mineure

La baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), mégaptère, jubarte ou rorqual à bosse[2] est une espèce de baleine à fanons. C’est un mammifère cétacé de grande taille : les adultes atteignent habituellement 13 à 14 mètres de long et pèsent en moyenne 25 tonnes. La baleine à bosse effectue des sauts spectaculaires hors de l’eau, possède de longues nageoires pectorales et son chant est très élaboré. Elle vit dans les océans et les mers du monde entier. Elle est un sujet privilégié pour le tourisme d’observation des baleines.

Description générale[modifier | modifier le code]

Les tubercules de la tête caractérisent la baleine à bosse

Les baleines à bosse sont facilement reconnaissables à de nombreux critères. Leur corps est massif. Le dessus de l’animal est entièrement noir, le dessous est plutôt blanchâtre. La tête et la mâchoire inférieure sont couvertes de petites protubérances appelées tubercules, qui sont en fait des follicules pileux et sont caractéristiques de l’espèce.

La grande nageoire caudale, noire et blanche, sort largement hors de l’eau quand la baleine plonge. Le bord postérieur de cette nageoire est ondulé[3]. Les dessins de cette nageoire sont propres à chaque baleine et peuvent servir à son identification individuelle[4],[5].

La forme de l'ondulation, les taches noires et blanches, les cicatrices de la nageoire caudale sont propres à chaque individu

Chaque nageoire pectorale (également noire et blanche, et d'un dessin propre à chaque individu) peut atteindre jusqu'au tiers de la longueur du corps. C'est beaucoup plus que chez n'importe quel autre cétacé. Pour expliquer cette nette différence de longueur, plusieurs hypothèses ont été suggérées. Il pourrait s'agir d'un avantage évolutif significatif assurant une meilleure manœuvrabilité. Cela pourrait aussi permettre, grâce à une plus grande surface de contact, de mieux réguler la température interne lors des migrations entre les zones de climat chaud et celles de climat froid.

Quand la baleine à bosse fait surface et expulse par son évent l'air provenant des poumons, le souffle provoque un nuage pouvant atteindre 3 mètres, en forme de chou-fleur.

L’aileron dorsal, trapu, apparaît hors de l'eau peu après l'émission de ce souffle. Il continue à être visible quand l'animal fait le dos rond pour amorcer une plongée, mais disparaît avant que la nageoire caudale émerge.

Comme les autres balénoptéridés, la baleine à bosse possède des sillons ventraux et des fanons. Les sillons sont en fait des replis qui courent parallèlement entre eux de la mâchoire inférieure jusqu’au nombril (à peu près jusqu'à la moitié du ventre de l’animal). Ils permettent un très large déploiement de la gueule (un peu à la façon dont s'ouvre un accordéon). D'un nombre généralement compris entre 16 à 20, ils sont moins nombreux et aussi moins prononcés que chez les rorquals. Les fanons sont des productions cornées de la lèvre qui filtrent et retiennent les proies alimentaires. La baleine à bosse possède 270 à 400 fanons de couleur sombre disposés de chaque côté de la bouche.

Comparaison de la taille d'une baleine à bosse adulte avec celle d'un humain

Les femelles sont plus grosses que les mâles[6]. Les femelles portent un lobe (qui fait défaut chez les mâles) d’environ 15 centimètres de diamètre dans leur région génitale. Cela permet de distinguer les mâles des femelles si l’on peut voir le dessous de la baleine, car le pénis du mâle reste en revanche presque toujours caché dans la fente génitale. Les baleines mettent généralement bas tous les deux ou trois ans. La gestation dure onze mois environ[6]. Il arrive parfois que certaines femelles se reproduisent deux années de suite.

Le baleineau mesure dès la naissance 4 à 4,5 mètres et pèse environ 700 kilogrammes. Il est exclusivement allaité par sa mère pendant les six premiers mois, puis il continue à être allaité tout en commençant à se nourrir par lui-même pendant les six mois suivants. Les baleineaux quittent leur mère au début de leur seconde année, quand ils mesurent classiquement 9 mètres de longueur.

Les jeunes atteignent la maturité sexuelle vers l’âge de cinq ans[6]. La taille adulte définitive est atteinte peu après. Celle-ci est communément de 15 à 16 mètres pour les mâles et de 16 à 17 mètres pour les femelles, pour un poids de 40 tonnes. Le plus grand spécimen découvert mesurait 19 mètres et ses nageoires pectorales 6 mètres[7]. Les baleines à bosse peuvent vivre de 40 à 100 ans[réf. nécessaire].

Comportement social[modifier | modifier le code]

Les sauts spectaculaires font partie de la parade sexuelle

L’organisation sociale des baleines à bosse est assez lâche. Habituellement, les individus vivent seuls ou fréquentent des groupes transitoires qui se font pour quelques heures et se défont. Les groupes peuvent se maintenir plus longtemps en été pour coopérer dans la recherche et la capture de nourriture. Des relations durables de plusieurs mois ou même plusieurs années, de couples ou de petits groupes, ont été décrites, mais elles sont rares. La répartition mondiale des baleines à bosse recouvre celles de nombreuses autres espèces de baleines et de dauphins : on peut donc observer des baleines à bosse à proximité d’autres espèces (par exemple des baleines de Minke) mais il y a très peu d’interactions sociales.

Les parades sexuelles se déroulent pendant l’hiver. La compétition pour une partenaire est souvent intense. Des groupes de mâles de deux à vingt individus se rassemblent autour d’une seule femelle et se livrent à des exhibitions variées pour établir la domination. La joute dure plusieurs heures et la taille du groupe fluctue avec les départs de mâles dépités ou les arrivées de nouveaux prétendants. Les figures réalisées comprennent des sauts qui peuvent atteindre 5 m, des dressements verticaux, des frappements de l’eau avec les nageoires (pectorales ou caudale), des charges et des esquives. On présume que les chants jouent également un rôle important dans cette compétition, mais les scientifiques ne savent pas s’ils servent aux mâles pour s’identifier et se comparer entre eux, s’ils sont un appel à l’accouplement entre le mâle et la femelle, ou les deux. Toutes ces manifestations vocales et physiques ont aussi été observées en l’absence de partenaires potentielles et constituent aussi probablement des outils généraux de communication.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Deux baleines usant de leur gueule comme d'une épuisette pour se nourrir.
Vue aérienne d'un « filet à bulle ».
.

L’espèce se nourrit exclusivement pendant l’été et vit sur ses réserves de graisse pendant l’hiver. C’est un prédateur actif qui chasse le krill et les bancs de petits poissons tels les harengs, les capelans ou les lançons[8],[9],[10], usant de l’attaque directe ou étourdissant ses proies en frappant l’eau avec ses nageoires.

La technique de pêche la plus originale des baleines à bosses est certainement celle du filet à bulles. Plusieurs baleines forment un groupe, nagent rapidement autour et au-dessous d’un banc de poissons et larguent de l’air par leurs évents. Les bulles forment une barrière visuelle qui confine le banc dans un espace de plus en plus restreint[11]. Soudain, les baleines se précipitent vers le haut à travers le rideau de bulles, gueule grande ouverte, avalant des milliers de poissons d’une seule goulée. Le diamètre du filet à bulles peut atteindre 30 m et nécessiter la coopération jusqu'à douze animaux[12].

Avec la raréfaction des harengs au large de Boston dans les années 1980, les baleines à bosse ont adopté une nouvelle technique de pêche pour se nourrir de lançons, espèces d'anguilles des sables de la côte est des États-Unis qui viennent frayer dans le secteur. Pratiquée par près de 40% de la population locale qui se transmet ce comportement par son réseau social, cette tactique de chasse consiste à frapper la surface de l'eau avec la face ventrale de leur nageoire caudale (lobtail feeding) de manière répétée, suivie par une séquence de capture avec un filet de bulles[13].

Prédation[modifier | modifier le code]

Les orques s’attaquent régulièrement aux baleines à bosse, celles-ci s’en sortent le plus souvent avec quelques cicatrices mais des baleineaux sont parfois tués[14].

Chant[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chant des baleines.
Baleines à bosse en train de « chanter »

Les baleines à bosse sont autant réputées pour leurs acrobaties que pour leurs longs chants complexes. Elles émettent pendant des heures, parfois des jours, des motifs de notes graves qui varient d’amplitude et de fréquence, en répétant des séquences cohérentes et emboîtées. Les baleines ne chantent que pendant la saison d’accouplement  : on suppose donc qu’il s’agit de chants de séduction. On notera aussi que le chant personnel d’une baleine évolue lentement au cours des années et ne revient jamais à la même séquence de notes même après des décennies[15].

Populations[modifier | modifier le code]

Humpback Whale fg1.jpg

On rencontre la baleine à bosse dans tous les océans, dans une large bande allant des latitudes 60°S à 65°N. C’est une espèce migratrice, passant les étés dans les eaux froides des hautes latitudes, s’accouplant et se reproduisant dans les eaux tropicales ou sub-tropicales[15]. Avec des distances couramment parcourues de plus de 25 000 km par an, l’espèce détient des records parmi les mammifères. Faisant exception à la règle, les populations du Golfe Persique ne migrent pas et restent dans des eaux chaudes toute l’année[15]. Il n’y a pas de baleines à bosse dans l’Océan Arctique, ni dans la partie orientale de la Mer Méditerranée. Alors qu'elles étaient réputées absentes de la Mer Baltique, des baleines à bosse ont été observées en juillet 2006 au large de la Finlande.

Les effectifs de baleines à bosse semblent se reconstituer plus facilement que ceux des autres grandes baleines. La population est passée d’un minimum de 20 000 individus au moratoire de 1986 à environ 35 000 aujourd’hui. Par comparaison les populations de baleine bleue sont restées autour de 3 000 individus pendant la même période. On estime à 11 600 les baleines à bosse dans l’Atlantique Nord, 7 000 dans le Pacifique Nord et au moins 17 000 dans l’hémisphère sud. La dernière évaluation de l'UICN indique un passage au statut de préoccupation mineure, à l'exception de deux sous-espèces, la baleine à bosse d’Océanie et celle du Golfe Persique[16].

Systématique[modifier | modifier le code]

Évolution[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des cétacés.

La baleine à bosse est le seul représentant actuel du genre Megaptera, constituant sa propre sous-famille des Megapterinae dans la famille des Balaenopteridae (ou Balaenoptiidae) qui comprend 8 autres espèces de baleines.

Les études moléculaires les plus récentes indiquent que les premières baleines s’alimentant par filtration (dont sont issues les baleines à bosse) sont apparues à la fin de l’éocène il y a 35 à 36 Ma. Les espèces ont ensuite peu évolué pendant une longue période. Une nouvelle phase de spéciation est alors survenue au milieu du miocène, il y a 12 à 15 Ma. On ne sait pas si les premières baleines à bosse datent de cette époque.

Les résultats d’analyse moléculaire montrent cependant que les lignées de la baleine bleue et du rorqual commun se sont séparées il y a plus de 5 millions d’années et que la baleine à bosse s’était déjà différenciée. On peut en conclure que la baleine à bosse est une espèce vieille de 5 à 12 Ma. L’étude des fossiles ne permet pas de préciser ce chiffre car les fossiles de cétacés au-delà de 2,5 Ma sont très fragmentaires.

Étymologies[modifier | modifier le code]

En plongeant, la baleine montre sa bosse.

La bosse (au singulier) de la baleine à bosse fait référence à son dos car l'animal, avant de sonder (c’est-à-dire avant d'entreprendre une plongée), fait le dos rond (la « bosse ») nettement au-dessus de la surface de l'eau. Éventuellement, la bosse peut désigner l'aileron dorsal lui-même (anatomiquement une bosse) qui couronne la courbure du dos lors de ce mouvement. Le nom anglais Humpback Whale rend compte de ce même sens.

Le fait que la baleine porte des tubercules sur la tête et la mâchoire, entraîne parfois un faux-sens et une orthographe incorrecte avec l'emploi du pluriel : baleine à bosses.

Mégaptère vient du grec. Ce nom vernaculaire signifie « grandes ailes » et fait référence aux nageoires pectorales anormalement longues qui caractérisent la baleine à bosse.

L'autre nom vernaculaire issu de l'ancien français Gibbar, aujourd'hui peu employé et devenu jubarte, est apparenté au portugais jubarte ou à l'espagnol yubarta (es). Ce terme pourrait dériver du latin gibbus qui signifie « bosse »[17].

On l'appelle aussi parfois rorqual à bosse[18].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Cette baleine a pour la première fois été identifiée sous le nom de « baleine de la Nouvelle Angleterre » par Mathurin Jacques Brisson dans Regnum Animale paru en 1756. En 1781, le naturaliste allemand Borowski l'a décrite pour la première fois à partir d'observations faites en Nouvelle-Angleterre et lui donne pour nom scientifique la traduction latine du nom donné par Brisson : Balaena novaeangliae. Dès le début du XIXe siècle, Bernard Germain de Lacépède replace cette espèce dans le genre des Balaenoptera sous le nom de jubartes. En 1846, John Edward Gray crée un nouveau genre monotypique de Megaptera à partir du grec mega-/μεγα- grande, et ptera/πτερα aile pour faire référence à ces grandes nageoires pectorales[19]. L'espèce est alors dénommée Megaptera longpinna. Remington Kellogg renomme l'espèce en Megaptera novaeangliae[20].

Relations avec les hommes[modifier | modifier le code]

Une baleine à bosse échouée sur une plage de l'île Baranof (Alaska).

Les baleines à bosse apparaissent dans les récits des marins de tous les temps. Le spectacle de ces gigantesques créatures bondissant hors de l’eau était sans doute fascinant, peut-être même effrayant. La baleine à bosse est probablement pour partie à l’origine des mythes marins de monstres et de sirènes qui charment par leurs chants les navigateurs et les entraînent dans les eaux jusqu’à la mort. Aujourd’hui même, les plongeurs qui nagent près de baleines à bosse en train de chanter se disent désorientés car la gravité et la force des notes sont suffisantes pour faire résonner vigoureusement leur cage thoracique.

Chasse à la baleine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chasse à la baleine.
Gravure du XVIIIe siècle, représentant un épisode de chasse à la baleine.

Le premier témoignage écrit de mise à mort d’une baleine à bosse date de 1608 au large de Nantucket. On a sans doute tué des baleines de cette espèce lorsque l’occasion s’en présentait bien avant cette date et on a continué à le faire ensuite à un rythme croissant au cours des siècles suivants. Au XVIIIe siècle, on a réalisé la valeur marchande des baleines à bosse, elles sont alors devenues des proies communes pour les baleiniers pendant de nombreuses années.

Au XIXe siècle, beaucoup de pays (en particulier les États-Unis) les chassaient en masse dans l’Océan Atlantique et dans une moindre mesure dans les océans Indien et Pacifique. L’introduction du harpon explosif à la fin du XIXe siècle a encore accéléré les prises. Avec l’ouverture des mers antarctiques en 1904, le déclin est devenu dramatique pour toutes les populations de baleines à bosse du monde.

Au cours du XXe siècle, au moins 200 000 baleines ont été capturées. La population globale a diminué de plus de 90 %. Pour empêcher l’extinction de l’espèce, un moratoire général sur la chasse des baleines à bosse a été institué en 1966. Il est toujours en vigueur aujourd’hui. Dans son livre sur les baleines à bosse Humpback Whales (1996), Phil Clapham, un scientifique du Smithsonian Institute, déclare que « cette destruction sans mesure d’une des plus magnifiques créatures de la Terre est l’un des plus grands de nos nombreux crimes contre l’environnement ».

Lorsqu’en 1966, les membres de la Commission Baleinière Internationale ont décidé d’un moratoire pour les baleines à bosse, celles-ci étaient devenues tellement rares que leur chasse n’était plus rentable. On dénombrait alors historiquement 250 000 prises enregistrées, mais le vrai chiffre d’animaux tués est très certainement beaucoup plus important. L’Union soviétique était bien connue pour délibérément mentir sur ses chiffres, elle avait déclaré 2 710 prises alors qu'on pense maintenant qu’il y en a eu 48 000[21].

En 2004, une chasse limitée à quelques animaux est permise au large des îles de Saint-Vincent et Grenadines dans les Caraïbes[22]. On pense que le quota autorisé ne met pas en danger la population locale.

Le Japon a contourné l'interdiction de la chasse à la baleine à bosse, en pratiquant des pêches à but « scientifique », durant de longues années. En décembre 2007, toutefois, le Japon a annoncé que les bateaux pêcheurs japonais allaient cesser la pêche de la baleine à bosse[23].

En juin 2009, lors de la réunion de la Commission Baleinière Internationale, le Danemark a sollicité l'autorisation de reprendre l'abattage au Groenland, sous prétexte de « chasse aborigène de subsistance ».

Tourisme baleinier[modifier | modifier le code]

Les baleines à bosse sont généralement curieuses des objets de leur environnement. Elles s’approchent souvent volontiers des bateaux et tournent autour. Alors que cette attitude s’apparente au suicide quand le navire est un baleinier, elle a fait des baleines à bosse un support du tourisme d’observation des baleines (whale watching) dans beaucoup d’endroits autour du monde depuis les années 1990.

Certains pensent que les claquements de nageoires pourraient servir à tétaniser les poissons pour les capturer plus facilement

Les sites d’observation comprennent par exemple la côte pacifique américaine au large de l’État de Washington, de Vancouver et de l’Alaska, le golfe de Gascogne en France, la baie de Byron au large de Sydney, la Nouvelle-Angleterre, la presqu’île de Snaefelsnes et surtout la baie de Skjálfandi à Húsavík en Islande, le golfe du Saint-Laurent au Québec, le golfe de Guinée le long des côtes du Gabon, l'île Sainte-Marie sur la côte est de Madagascar, l’Île de la Réunion (surtout depuis 2008), à Mayotte, etc. La baleine à bosse est très populaire car elle saute régulièrement, et manifeste une variété d’autres comportements sociaux qui peuvent captiver le public.

Comme les autres cétacés, les mères sont le plus souvent extrêmement protectrices envers leur petit et cherchent donc à se placer entre toute embarcation et le baleineau avant de s’éloigner vivement. Les opérateurs touristiques sont donc invités à suivre un code de bonne conduite, pour éviter de stresser les mères inutilement.

Une baleine à bosse albinos, présumée née en 1990, qui voyage régulièrement le long de la côte est de l’Australie est devenue célèbre dans les média locaux à cause de sa couleur très rare. On l’a appelée Migaloo (en langue aborigène le « garçon blanc ») mais on a longtemps spéculé sur son sexe, jusqu’en juin 2004 quand il a trouvé une compagne et prouvé qu’il était bien un mâle. À cause du grand intérêt porté à cet individu, les environnementalistes ont craint qu’il ne devienne perturbé par le grand nombre de bateaux qui le suivaient chaque jour. Le gouvernement du Queensland a alors ordonné une zone d’exclusion de 500 mètres autour de l’animal.

Recherche[modifier | modifier le code]

Un groupe nage le long d'une côte australienne

Bien que l’on connût parfaitement l’anatomie des baleines à bosse suite aux captures des baleiniers, les phénomènes de migrations et le comportement social de l’espèce n’ont été réellement décrits que dans les années 1960 grâce à deux études séparées, pionnières en la matière, celle de R. Chittleborough et celle de W.H. Dawbin.

Roger Payne et Scott McVEy ont étudié l’espèce en 1971. Leur analyse des chants a attiré l’intérêt mondial des media sur l’espèce et amené le public à l’idée d’une haute intelligence de l’animal. Cette impression est probablement incorrecte, mais a contribué néanmoins à soutenir les mouvements d’opposition à la chasse à la baleine dans de nombreux pays

Les scientifiques réalisant que les motifs de la nageoire caudale pouvaient caractériser un individu, la baleine à bosse est devenue la baleine la plus étudiée car les autres espèces ne possédaient pas un tel moyen d’identification. Une étude, s’appuyant sur des données de 1973 à 1988 d'animaux de l’Atlantique Nord a fourni des informations détaillées sur les durées de gestation, de sevrage, sur les vitesses de croissance, etc. On a pu modéliser précisément les dynamiques de population comme si l’on avait utilisé des techniques de capture et de marquage. Un catalogue photographique répertoriant toutes les baleines connues de l’Atlantique Nord a été mis en place à cette période ; il est suivi aujourd’hui par le Wheelock College[24]. Des projets similaires ont débuté dans le Pacifique Nord et dans d’autres régions du globe.

Fictions[modifier | modifier le code]

  • Dans Moby Dick, un roman dont le protagoniste principal est un cachalot, l'auteur Herman Melville décrit la baleine à bosse comme “la plus joueuse et la plus joyeuse de toutes les baleines, brassant l’eau et faisant de l’écume plus que n’importe quelle autre”.
  • Dans Star Trek 4 : Retour sur Terre, l’extinction des baleines à bosse est un des éléments centraux du film, une sonde inconnue d'origine extraterrestre s'approche de la Terre au XXIIIe siècle et essaye d’entrer en communication avec les baleines, avec lesquelles « ils » auraient noué un dialogue depuis des temps reculés...
    Mais comme les baleines avaient disparu au XXIe siècle (d’après Spock), la tentative de contact échoue. L’insistance des « visiteurs » s’avère alors menaçante pour la Terre, la sonde émettant un rayonnement ionisant toute l'atmosphère et coupant toute communication humaine. Pour empêcher le pire, l’équipage de l’USS Enterprise (NCC-1701), à bord d'un vaisseau sidéral volé aux Klingons lors de Star Trek III, remonte le temps jusqu'au XXe siècle pour en ramener un couple de baleines à bosse, et sauver la Terre de la destruction.
  • Dans son roman de 1878 Un capitaine de quinze ans, Jules Verne décrit la jubarte et sa chasse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Classement UICN)
  2. Pêches et océans Canada Rorqual à bosse
  3. « Final Recovery Plan for the Humpback Whale Megaptera novaeangliae », U.S. Department of Commerce,‎ 1991 (consulté en 2007)
  4. (en) Katona S.K. and Whitehead, H.P., « Identifying humpback whales using their mural markings », Polar Record, vol. 20,‎ 1981, p. 439–444
  5. (en) Kaufman G., Smultea M.A. and Forestell P., « Use of lateral body pigmentation patterns for photo ID of east Australian (Area V) humpback whales », Cetus, vol. 7, no 1,‎ 1987, p. 5–13
  6. a, b et c Référence Animal Diversity Web : Megaptera novaeangliae (en)
  7. Clapham P, Encyclopedia of Marine Mammals, 589–592 p. (ISBN 0125513402), « Humpback Whale »
  8. (en) Overholtz W.J. and Nicholas J.R., « Apparent feeding by the fin whale, Balaenoptera physalus, and humpback whale, Megaptera novaeangliae, on the American sand lance, Ammodytes americanus, in the Northwest Atlantic », Fish. Bull., vol. 77,‎ 1979, p. 285–287
  9. (en) Whitehead H., « Updated status of the humpback whale, Megaptera novaeangliae, in Canada », Canadian Field-Naturalist, vol. 101, no 2,‎ 1987, p. 284–294
  10. (en) Meyer T.L., Cooper R.A. and Langton R.W., « Relative abundance, behavior and food habits of the American sand lance (Ammodytes americanus) from the Gulf of Maine », Fish. Bull, vol. 77, no 1,‎ 1979, p. 243–253
  11. (en) Vidéo de la technique du « filet de bulles »
  12. Géants de l'océan - l'intelligence des cétacés sur France 5. Version originale de la BBC Ocean Giants - Deep Thinkers
  13. (en) Jenny Allen, Mason Weinrich, Will Hoppitt, Luke Rendell, « Network-Based Diffusion Analysis Reveals Cultural Transmission of Lobtail Feeding in Humpback Whales », Science, vol. 340, no 6131,‎ 26 avril 2013, p. 485-48
  14. (en) Clapham, P.J., « The social and reproductive biology of humpback whales: an ecological perspective », Mammal Review, vol. 26,‎ 1996, p. 27–49 (lire en ligne)
  15. a, b et c « American Cetacean Society Fact Sheet », American Cetacean Society (consulté en 2007)
  16. Les baleines à bosse sauvées de l’extinction ?
  17. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Jubbarte » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  18. (ITIS 2010)
  19. (en) Liddell & Scott, Greek-English Lexicon, Abridged Edition, Oxford University Press, Oxford, UK,‎ 1980 (ISBN 0-19-910207-4)
  20. Martin S. (2002). The Whales' Journey. Allen & Unwin Pty., Limited, 251. ISBN 1-86508-232-5
  21. (en) Alexey V. Yablokov, « On the Soviet Whaling Falsification, 1947–1972 », Whales Alive!, Cetacean Society International, vol. 6, no 4,‎ 1997 (lire en ligne)
  22. (en) Prepared by the Humpback Whale Recovery Team for the National Marine Fisheries Service, Silver Spring, Maryland, Recovery Plan for the Humpback Whale (Megaptera novaeangliae), National Marine Fisheries Service,‎ 1991, 105 p.
  23. (fr) Harbonnier, « Le Japon arrête la pêche de la baleine à bosse. », sur http://svt.967.fr,‎ 23 décembre 2007 (consulté le 27 décembre 2007) : « Le porte-parole du gouvernement en personne, Nobutaka Machimura, a déclaré que les baleines, du moins à bosse, seront désormais épargnées par les bateaux pêcheurs japonais. »
  24. Williamson JM, « Whalenet Data Search », Wheelock College,‎ 2005 (consulté en 2007)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Écouter cet article (info sur le fichier)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) The Emergence of Whales: Evolutionary patterns in the Origin of Cetacea. J.G.M. Thewissen (ed). Plenum, New York.
  • (en) Humpback Whales. Phil Clapham. 1996. (ISBN 0948661879)
  • (en) Humpback Whale. Phil Clapham. p. 589–592 in the Encyclopedia of Marine Mammals. (ISBN 0125513402)
  • (en) National Audubon Society Guide to Marine Mammals of the World. Reeves, Stewart, Clapham and Powell. (ISBN 03755411410[à vérifier : isbn invalide])
  • (en) Dynamics of two populations of the humpback whale. R. G. Chittleborough. Australian Journal of Maritime and Freshwater Resources 16: 33–128.
  • (en) The seasonal migratory cycle of humpback whales. W. H. Dawbin. In K.S. Norris (ed), Whales, Dolphins and Porpoises. University of California Press.
  • (en) An ocean-basin-wide mark-recapture study of the North Atlantic humpback whale, T.D. Smith, J. Allen, P.J. Clapham, P.S. Hammond, S. Katona, F. Larsen, J. Lien, D. Mattila, P.J. Palsboll, J. Sigurjonsson, P.T. Stevick & N. Oien. Marine Mammal Science 15: 1–32.

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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