Baleine grise

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Baleine grise

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Eschrichtius robustus

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Infra-classe Placentalia
Ordre Cetartiodactyla
Infra-ordre Cetacea
Micro-ordre Mysticeti

Famille

Eschrichtiidae
Ellerman & Morrison-Scott, 1951

Genre

Eschrichtius
Gray, 1864

Nom binominal

Eschrichtius robustus
(Lilljeborg, 1861)

Description de l'image  Image:Cypron-Range Eschrichtius robustus.svg .

Répartition des baleines grises

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 01/07/75

La Baleine grise (Eschrichtius robustus) est une baleine de taille moyenne, seule espèce du genre Eschrichtius et de la famille Eschrichtiidae.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Le premier qui fit part d'une observation d'une baleine grise fut Paul Dudley en 1725. Dans le document retrouvé, il la nommait "scrag whale". L'endroit où il l'avait observée étaient au large de la Nouvelle Angleterre (de la côte Est des États-Unis). En 1777, elle porta le nom de Balaena gibbosa Erxlenben. Ce n'est qu'en 1859 qu'elle portera le nom sous lequel nous la connaissons : Eschrichtius robustus.

Description[modifier | modifier le code]

  • Taille :
    • mâle : 11,10-14,60 m,
    • femelle : 11,70-14,90 m,
    • à la naissance : 4,60 m.
  • Régime alimentaire : divers amphipodes benthiques, polychètes, isopodes, vers tubicoles.
  • Habitat : eaux côtières et eaux océaniques profondes.
  • Aire de répartition : région côtière du Pacifique nord.

La tête de la baleine grise est relativement petite comparée à celles des autres espèces. Elle ne fait qu'un sixième à un cinquième de la longueur totale de son corps. La largeur de sa tête est situé entre celle des "vrai baleines" (Right whales en anglais) et des rorquals. Ses évents sont en V sur la partie reculée de sa tête.

Comme tous les mysticètes, la baleine grise est dépourvue de dents. Les fanons sont faits de kératine. Rangés en 160 petits balais, longs d'une soixantaine de centimètres, ils lui servent à filtrer les coquillages et les crustacés qu'elle trouve en aspirant la vase au fond de la mer. Les fanons auraient évolué à partir des plis transversaux qui rident la voûte du palais de la plupart des mammifères.

Très visibles sur le dessus de la tête, les deux narines qui forment l'évent se ferment hermétiquement lors des plongées.

Sa nageoire caudale est son principal organe de natation : actionnée par une puissante musculature abdominale, elle la propulse à la manière d'une godille dont le va-et-vient ne serait pas latéral, mais horizontal. Ses nageoires latérales, assez réduites, ne servent qu'aux manœuvres d'équilibrage et d'orientation.

Reproduction[modifier | modifier le code]

À l'époque des amours, plusieurs prétendants peuvent courtiser la même femelle en se roulant et se frottant sur elle. Après ces fiévreux ballets, l'accouplement proprement dit se pratique souvent à trois partenaires : les deux mâles qui s'efforcent de posséder la même femelle l'aident, en fait, alternativement, à maintenir son équilibre dans l'eau.

À sa naissance, un bébé baleine mesure plus de quatre mètres et pèse près d'une tonne. En quelques mois, le baleineau double son poids.

Population[modifier | modifier le code]

La population est actuellement limitée au Pacifique. Les baleines se déplacent annuellement entre un lieu où elles se nourrissent de crustacés benthiques, situé entre la mer de Barents et la mer d'Okhotsk — entre l'Alaska et la Sibérie orientale — et des lieux de reproduction, situés autour du golfe de Californie et la mer de Chine orientale (mer de Corée).

Vertébres

Une population aujourd'hui éteinte existait dans l'Atlantique. Elle a persisté jusqu'au XIXe siècle sur les côtes américaines et, peut-être, jusqu'au XVIIe dans les eaux européennes. Sa première description sur la côte Est des États-Unis est due à Paul Dudley, ancien gouverneur de la Nouvelle-Angleterre (1725) : « The Scrag Whale is near a-kin to the Fin-back, buts inftead of a Fin upon his Back, the Ridge of the Afterpart of his Back is scragged with half a Dozen Knobs or Nuckles ; he is nearest the right Whale in Figure and for Quantity of Oil ; his Bone is white but won't split ». Comme on le voit, cette « baleine rugueuse » n'est pas très clairement décrite. Elle fut ensuite ignorée par les grands zoologistes (Carl von Linné (1707-1778), Georges Cuvier (1769-1832), etc.) dont certains ne virent dans cette description qu'une baleine franche malade. Son existence scientifique a d'ailleurs d'abord été attestée à partir de restes de l'âge du fer trouvés sur une plage de l'île de Gräso, dans la mer Baltique[1]. Depuis, beaucoup de restes ont été trouvés, principalement aux Pays-Bas — lors des travaux de poldérisation entre 1879 et 1935, le plus récent étant daté du Ve siècle —, sur une plage en Grande-Bretagne en 1861 (Babbicombe Bay : ces restes, conservés au Natural History Museum de Londres, étaient vraisemblablement ceux des tout derniers individus ayant roulé depuis les fonds marins pendant deux siècles : ils ont été datés comme étant anciens de 340 ans[2]), ainsi que dans une carrière de Cornwall. Enfin, une série de restes ont été découverts en 1997 dans la cité antique de Lattara (Languedoc oriental, France) près de Montpellier[3]. Cette cité était le principal port de la zone et il est possible que les lagunes des côtes méditerranéennes (au moins occidentales en Espagne et France mais peut-être aussi au Maghreb et en Italie) aient hébergé des baleines grises lors de leurs séjours hivernaux comme lieu de reproduction.

Vertébre cervicale

Une étude génétique est en cours sur ces restes afin de caractériser cette population. Un projet de réintroduction dirigé par le Dr Owen Nevin de l'University of Central Lancashire à partir de la population est-pacifique est à l'étude depuis juillet 2005 (BBC News).

Par ailleurs, un spécimen a été observé en mai 2010 dans les eaux d'Israël [1]. L'individu selon toute vraisemblance a dû profiter de l'ouverture récurrente ces dernières années du passage du Nord-Ouest. Il a dû parcourir pour cela près de 20 000 km et la probabilité qu'il retrouve son chemin est assez mince en raison de la topographie en cul-de-sac latitudinal de la Méditerranée.

Annexes[modifier | modifier le code]

Références externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anderson EM, Lovvorn JM (2008) Gray whales may increase feeding opportunities for avian benthivores. Marine Ecology Progress Series 360:291–296

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) W. Lilljeborg, « On two subfossil whales discovered in Sweden », Nova Acta regiæ Societeit Scient. Upsaliensis, ser. III, vol. IV, no 3,‎ 1867, p. 1-48 (lire en ligne)
  2. (en) P. J. Bryant, « Dating Remains of Gray Whales from the Eastern North Atlantic », Journal of Mammalogy, vol. 76, no 3,‎ 1995, p. 857-861 (lire en ligne)
  3. (en) M. Macé, « Did the Gray Whale calve in the Mediterranean ? », Lattara, vol. 16,‎ 2003, p. 153-164 (lire en ligne)