Grand requin blanc

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Grand requin blanc

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Carcharodon carcharias

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Chondrichthyes
Sous-classe Elasmobranchii
Super-ordre Euselachii
Ordre Lamniformes
Famille Lamnidae

Genre

Carcharodon
A. Smith, 1838

Nom binominal

Carcharodon carcharias
(Linnaeus, 1758)

Synonymes

  • Squalus carcharias Linnaeus, 1758
    (protonyme)

Statut de conservation UICN

( VU )
VU A1cd+2cd : Vulnérable

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 12-01-05

Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) est une espèce de requin de la famille des lamnidés. Il est le seul représentant du genre Carcharodon.

Avec une taille maximale dépassant les 6 mètres, c'est l'un des plus grands poissons prédateurs vivant actuellement dans les océans. Il est considéré comme un requin dangereux puisqu'il est responsable de nombreuses attaques contre les hommes. Néanmoins, contrairement à certaines idées reçues, il n'est pas un « mangeur d'hommes » et l'homme n'est pas une proie pour lui, la plupart des attaques sont dues à une erreur d'analyse visuelle du requin. Le grand requin blanc a une alimentation très variée : il se nourrit surtout de pinnipèdes, de poissons, de tortues de mer et occasionnellement de certains cétacés.

Ce requin est connu du grand public pour avoir été le sujet du best-seller Les Dents de la mer de Peter Benchley et d'un film à succès de Steven Spielberg.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Dessin d'un grand requin blanc (1838).

En 1758, Carl von Linné fut le premier à décrire le grand requin blanc, sous le nom Squalus Carcharias. Andrew Smith lui donna le nom générique de Carcharodon en 1833 et en 1873, le nom générique et le nom spécifique furent associés pour donner Carcharodon carcharias. Carcharodon vient du grec karcharos (aiguisé) et odous (dent). Le mot karcharias signifie « requin » en grec.

Le grand requin blanc est le seul représentant du genre Carcharodon. Il serait apparu au milieu du Miocène. Les premières dents fossilisées retrouvées datent de 16 millions d'années. Sa phylogénie est controversée. Certains taxonomistes font de lui un descendant direct du requin préhistorique, le Mégalodon. Selon des hypothèses plus récentes, le grand requin blanc ne serait en fait qu un « cousin », regroupé dans la famille des lamnidés. Cette hypothèse ferait du grand requin blanc le descendant de Isurus hastalis, le mako préhistorique.

Description[modifier | modifier le code]

Mensurations[modifier | modifier le code]

Un grand requin blanc à l'échelle humaine.

Le grand requin blanc mesure en moyenne de 4 à 6 m de long. À 8-10 ans, âge de leur maturité sexuelle, ils atteignent 3,50 à 6 m. Les requins blancs de Méditerranée sont plus massifs que leurs cousins océaniques. Les femelles sont matures plus tard, entre 12 et 18 ans et mesurent alors 4 à 5 m[1].

La taille du plus grand spécimen jamais pêché a fait l'objet d'un grand nombre de débats, de conjectures et de fausses informations[2].

Pendant des décennies, le livre Guinness des records, ainsi que les travaux de nombreux ichthyologues, présentaient deux spécimens comme les plus grands jamais capturés : l'un de 11 m capturé dans les eaux sud australiennes près de Port Fairy dans les années 1870, et l'un de 11,30 m capturé au Nouveau-Brunswick, Canada dans les années 1930. Richard Ellis et John E. McCosker, dans leur livre The Great White Shark (1991), dédient un chapitre entier à ce sujet. Ils concluent que le plus grand spécimen jamais capturé et mesuré correctement devait faire 6,40 m (mesuré à plat sur le sol et non suspendu à un filin) pour 2 220 kg. Il a été pêché à Cuba en 1945. Le requin blanc de 7,13 m, capturé en 1987 à Malte, ne devait mesurer d'après les experts qu'entre 6,68 m et 6,80 m.

Reproduction grandeur nature d'un spécimen de 5,18 m pour 1 554 kg en 1986

Concernant les records non vérifiés de plus de 10 mètres, Richard Ellis et John E. McCosker doutent de la fiabilité des mesures, notant qu'elles étaient trop importantes en les comparant aux très grands requins blancs avérés que l'on a pu répertorier. Le requin blanc de 11,30 m prétendument pêché au New Brunswick (Canada) a été mal identifié car il s'agissait d'un requin pèlerin, ayant un corps de forme similaire au requin blanc. La question du requin blanc de 11 m de Port Fairy dans les eaux australiennes a été réglée dans les années 1970, lorsque J. E. Reynolds a examiné les mâchoires du requin et a conclu qu'il ne faisait que 5 m de long. Il a suggéré qu'une erreur avait été commise dans l'enregistrement original en 1870.

Pour conclure, la taille maximale est estimée à 7,5 m de long tout au plus, par des spécialistes comme l'italien Alessandro de Maddalena mais les grands requins blancs de plus de 6 mètres sont extrêmement rares. Aucun grand requin blanc atteignant les 7 mètres n'a jamais été capturé. Comme le plus grand requin tigre pêché mesurait 7,40 m, cela supposerait que ce requin serait plus grand en taille que le grand requin blanc[3]

À l'heure actuelle, l'un des plus grands spécimens de requin blanc est une femelle surnommée « Schatzi », vivant dans les eaux de Hawaï. Sa taille est estimée à environ 6,50 m.

Le poids du grand requin blanc mâle varie entre 680 kg et 2000 kilos. Celui de la femelle est compris entre 1000 et 1900 kilos. Ellis et McCosker écrivent en ce qui concerne le poids des requins blancs et concluent qu'ils peuvent peser jusqu'à 2 tonnes, mais notent également que le plus lourd pesé scientifiquement, pesait 2,2 tonnes

Morphologie générale[modifier | modifier le code]

Squelette d'un grand requin blanc.

Il possède un museau conique assez long. Ses dents, tranchantes comme des lames de rasoir, sont plates, triangulaires, dentelées et peuvent mesurer 76 mm de long en maximum (60 mm dépassant des « gencives »). S'il advient qu'une dent tombe, une autre de la rangée arrière (ses mâchoires sont pourvues de quatre à six rangées), qui est inclinée vers l'intérieur, s'avance vers l'avant de la mâchoire pour prendre sa place. Seules les deux premières rangées sont fonctionnelles. Les mâchoires du grand requin blanc sont impressionnantes. Elles mesurent 90 cm de large pour un spécimen de 6 mètres (il s'agit de la largeur totale, la largeur de la bouche sur un requin vivant de 6 m étant de 60 cm.).

Le grand requin blanc doit son nom à la couleur blanche de sa face ventrale, contrastant avec la couleur grise de sa face dorsale.

Les fentes branchiales, très longues, n'encerclent pas la tête. Elles précèdent les nageoires pectorales falciformes bien développées, ainsi que des fossettes précaudales et de fortes carènes caudales, caractéristiques des Lamnidae. La nageoire caudale est courte, presque symétrique en forme de croissant. L'espérance de vie est évaluée par la pollution radioactive à 40 ans pour les femelles et à 73 ans pour les mâles[4]. Il possède entre 44 et 52 dents[1].

Le grand requin blanc possède une ouïe et un odorat très sensibles. Il est capable de sentir une goutte de sang dans plus de 4,6 millions de litres d'eau et d'entendre une proie à 1 km de distance. De plus, sous le museau, des récepteurs sensibles aux champs magnétiques lui permettent de détecter bruits et vibrations de basses fréquences à plusieurs centaines de mètres. Ce sont les ampoules de Lorenzini. Elles lui permettent, entre autres, de détecter des animaux en détresse. Il faut également savoir que le grand expert du grand requin blanc, Andre Hartmann (le premier homme à nager et toucher le grand prédateur hors d'une cage) a découvert qu'en touchant ces ampoules, le requin devient quasiment inoffensif et se laisse dériver pendant quelques secondes le ventre à la surface. Il a aussi une vue supérieure à l'être humain. Bien qu'il ait effectivement une vue supérieure aux hommes, sa vue de près reste néanmoins mauvaise, et c'est pourquoi dans certains cas une proie très proche de lui peut lui échapper, du fait qu'il ne l'aperçoit pas immédiatement. En revanche, sa vue de loin reste excellente et d'une très grande précision.

Contrairement à d'autres requins le grand requin blanc n'a pas de paupières. C'est pourquoi il roule ses yeux en arrière lors d'une attaque.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Aire de répartition du grand requin blanc.
Un grand requin blanc près de l'île Guadalupe.

L'habitat du grand requin blanc est principalement côtier dans les eaux tempérées, mais il a aussi été observé en zones épipélagiques dans l'océan. C'est un amateur des eaux peu profondes, mais un spécimen a cependant été pêché sur une longue ligne de 1 280 m. Il aime toutefois évoluer dans plus de 30 m de fond, ce qui explique, en partie, pourquoi il y a plus d'attaques de ce requin sur les côtes où l'on atteint très vite des grandes profondeurs. Il possède une faculté d'adaptation aux températures très importantes. Il peut réguler la température de son corps jusqu'à 20 °C au-dessus de la température ambiante, ce qui explique sa présence dans des eaux parfois relativement froides.

On trouve le grand requin blanc dans toutes les mers tempérées du globe et parfois même dans les mers tropicales, suivant probablement les migrations des baleines qui viennent y mettre bas. Il est particulièrement présent en Australie, en Afrique du Sud, et en Californie ainsi que dans les Caraïbes. Le grand requin blanc est également présent dans l'océan Pacifique, notamment au large des côtes hawaiiennes, du Japon aux Philippines, de la Nouvelle-Calédonie à la Nouvelle-Zélande. Il a même été observé au large des côtes d'Alaska. Il est devenu rare en mer Méditerranée, conséquence directe de l'intensification du trafic commercial entre l'Europe et l'Afrique du Nord dont la pollution engendrée perturbait son habitat (Rapport février 2008 de Greenpeace).

Il se déplace le plus souvent seul ou en couple, mais jamais en colonie. S'il arrive d'observer un même spécimen plusieurs années de suite dans les mêmes eaux, la territorialité n'a jamais pu être démontrée. En revanche, il semblerait que les animaux les plus grands effectuent parfois de très longs trajets. En 2005, un grand requin blanc femelle, qui a été doté d'un capteur de localisation, a traversé, aller-retour, l'océan Indien, du Cap (Afrique du Sud) jusqu'aux côtes méridionales d'Australie. Soit un périple de près de 10 000 km en moins de neuf mois. Une autre a effectué la traversée de l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande à la Grande barrière de corail. Les raisons de telles traversées demeurent encore très mystérieuses car il n'y a pas de lien avec la migration des grands cétacés. Une récente étude génétique montre que les spécimens présents en Méditerranée sont arrivés d'Australie il y a 450 000 ans.

Biologie et écologie[modifier | modifier le code]

Reproduction[modifier | modifier le code]

Son cycle de reproduction est mal connu. On estime que le mâle atteint sa maturité sexuelle à 10 ans. Il est ovovivipare : les œufs se développent et éclosent dans l'utérus de la femelle, avec cannibalisme utérin (comme les autres lamnidés). Le temps de gestation n’est pas encore connu, car jusqu'à maintenant il n'a encore jamais été observé un accouplement de grand requin blanc. Il est estimé entre 12 et 18 mois. Les jeunes grands blancs, à la naissance, mesurent entre 1,09 et 1,60 m[1] et sont déjà des prédateurs capables de survivre. Ils se reproduisent au printemps. Son espérance de vie est évaluée à plus de 70 ans[5].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le grand requin blanc se situe au sommet de la chaîne alimentaire dans les océans. Du fait de sa taille, de son métabolisme et de ses capacités physiques exceptionnelles, il n'a que très peu de concurrents, hormis l'orque. Il mange de nombreux animaux, y compris les autres requins, les poissons de grande taille (comme le thon, l'espadon, le tarpon...), les tortues, les dauphins, les mammifères, les oiseaux marins et occasionnellement certains cétacés. Les jeunes se nourrissent exclusivement de poissons.

C'est, avant tout, un chasseur spécialisé dans la chasse des phoques et otaries, même s'il sait se montrer opportuniste (pas autant que le requin-tigre). Les rares cas d'attaque sur l'homme sont plus considérés comme des « accidents », en majorité sur des surfeurs ou véliplanchistes, une forme ovoïde battant des « nageoires » à la surface et rappelant à ce prédateur sa proie favorite. Il faut savoir que son attaque se décompose en plusieurs phases : d'abord le « coup de dents » qui va saigner la proie, le grand requin blanc n'avalant pas des quartiers de viande d'une grosse proie du premier coup. Puis, lorsque la proie est inerte, commence alors l'alimentation à proprement parler. Les attaques contre l'homme se terminent dans la majorité des cas après le coup de dents. En effet, lors de la morsure, des récepteurs situés dans la gueule « goûtent » la proie, ce qui permet au requin de savoir si celle-ci est suffisamment riche en graisse. L'homme n'apporte pas assez de graisse pour le requin ; le squale ne reconnaissant pas le goût de sa proie l'abandonne, et les rares cas mortels résultent de l'hémorragie (artère ou membre sectionnés). Il est évident que la pression exercée par la mâchoire (plus de cinquante centimètres de diamètre) et les dents coupantes comme des lames de rasoir laissent un résultat impressionnant, souvent désastreux, sur un corps humain.

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La couleur du dos de l'animal varie du gris-noir (Afrique du Sud, Australie, Californie) au marron clair pour la Méditerranée, où l'on a observé un comportement alimentaire différent, peut-être une adaptation au milieu méditerranéen : des chasses de thons, de marlins, un comportement plus opportuniste et tourné vers les grands poissons plutôt que les mammifères marins devenus rares dans cette région (raréfaction du Phoque moine). Comme lui, d'ailleurs. À noter que les grands requins blancs de la région du Cap ont adopté une technique de chasse unique en son genre. Pour surprendre une otarie, le requin se met à l'affût près du fond et, après avoir repéré une proie qui s'agite en surface, s'élance comme une torpille (sa vitesse est telle qu'il bondit hors de l'eau) pour la percuter, gueule grande ouverte, et la happer en retombant. Les scientifiques ont désigné cette forme d'attaque auparavant méconnue sous le nom anglais de breaching, ce qui veut dire « créer une brèche ».

Le grand requin blanc a aussi démontré une certaine intelligence par rapport aux autres requins. Il est le seul squale à sortir la tête hors de l'eau pour observer son environnement extérieur. Certaines expériences scientifiques ont démontré qu'il était aussi capable d'apprendre des tours, à l'instar des dauphins et orques, pour obtenir du poisson. D'autres scientifiques ont réussi l'exploit de nager avec des grands requins blancs sans cage de protection, voire de s'accrocher à son aileron dorsal. Le spécialiste André Hartmann s'est même permis de « caresser » le museau de grands blancs, mettant les squales en état d'immobilité tonique.[réf. nécessaire]

Le grand requin blanc et l'homme[modifier | modifier le code]

Danger pour l'homme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Attaque de requin.

Les attaques de requins sur l'homme sont exceptionnelles. Toutes espèces confondues entre 2000 et 2010, on ne recense pas plus de 80 cas par an dans le monde entier, dont moins de cinq mortels en moyenne[6]. Les raisons conduisant à une attaque ne sont pas toutes connues ou bien définies ; le manque de données fait qu'il est délicat d'en déduire des statistiques fiables. Le comportement en milieu naturel des requins est également mal connu (et peu étudié).

Néanmoins, le grand requin blanc est le requin le plus souvent impliqué lors des attaques sur l'homme[7] devant le requin tigre et le requin bouledogue. Cela peut s'expliquer par le fait que le territoire de chasse du requin blanc inclut notamment les rivages côtiers où se concentrent les activités humaines (notamment les sports nautiques). Il peut y avoir une confusion entre l'homme et les proies habituelles des requins blancs (phoques ou pinnipèdes) qui induiraient des attaques.

Cependant, l'attitude du requin blanc vis-à-vis de l'homme n'est pas particulièrement agressive ou hostile : de nombreux plongeurs ont plongé avec des requins blancs sans que ceux-ci manifestent une quelconque hostilité envers eux.

De plus, lorsque le requin attaque l'homme il le « goûte » en dépeçant un membre et relâche l'homme n'étant pas à son goût, ce qui explique pourquoi on retrouve souvent les victimes amputées.

Grand requin blanc de Méditerranée[modifier | modifier le code]

Observé et connu en Méditerranée depuis l'Antiquité (surtout en Italie, Sicile, Sardaigne, Corse[8], Tunisie, mer Adriatique, îles Baléares, Grèce, côtes françaises[9]...), il y est toujours présent aujourd'hui mais beaucoup plus rare, la population serait d’environ 350 individus d'après plusieurs estimations[10].

Les grands requins blancs de Méditerranée se distinguent des spécimens australiens, sud-africains ou américains par la couleur de leur dos; celle-ci tend vers le marron clair[11]. Il est parfois confondu par les plaisanciers avec le requin pèlerin (inoffensif pour l'homme), qui lui aussi est de couleur marron sur le dos, et de taille imposante. Cependant, il est bien différent, rien qu'au niveau de sa mâchoire, son aileron, ses nageoires pectorales, son corps de forme fusiforme, son régime alimentaire et son comportement.

Des études génétiques récentes faites par des chercheurs de la Royal Society B suggèrent, que cette population serait très différente de la population américaine, mais plus proche de celle d'Australie et de Nouvelle-Zélande. En conséquence, les quelques différences entre les requins australiens et de la Méditerranée suggèrent qu'ils se séparèrent il y a 450 000 ans. Durant l'âge de glace et à cause des nombreux effets du changement climatique, quelques individus d'Australie migrèrent vers l'Afrique du Sud, et, portés par les courants chauds, se déplacèrent plus au nord. Certains seraient trompés de voie migratoire, et seraient passés par le détroit de Gibraltar[12] qui était beaucoup plus large à cette époque, qu'il l'est aujourd'hui.

De 1876 à 2010, soit en plus d'un siècle, on compte seulement 31 attaques de grands requins blancs en Méditerranée et le plus souvent, selon les spécialistes, il mord « pour goûter », mais ne mange pas l'homme. Cependant, une quinzaine des personnes attaquées sont décédées suite à des blessures graves, essentiellement en Italie, Tunisie, Croatie et en Grèce, là où ces requins sont les plus abondants. En revanche, sur les côtes françaises de Méditerranée, seulement une ou deux attaques officielles non mortelle recensée comme non provoquée par un grand requin blanc (mais par un homme)[13], l'une d'entre elle date de 1998 sur les bouteilles d'un plongeur[14] au large du Cap d'Antibes.

D'après le biologiste Nicolas Ziani, les abords des côtes françaises servent de nurserie à certains squales comme le requin gris, le requin bleu ou les grands requins blancs qui viennent accoucher en eaux profondes. Afin de suivre en temps réel leurs déplacements, savoir quand ils arrivent et quand ils repartent, l’association Ailerons a coordonné au mois d’août 2011 deux campagnes de marquage de squales au large de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales. Une fois les requins capturés, des balises satellites seront installées sur leur peau pour déterminer leur zone de migration.

En Méditerranée, la proportion rarissime de requins dangereux en fait une menace infime. En outre, le grand requin blanc, victime de sa mauvaise réputation, est répertorié comme une espèce en voie de disparition. À tel point que certains experts planchent sur une manière de le réintroduire dans la nature, grâce peut-être à la création de zones spéciales[15].

Captivité[modifier | modifier le code]

Un grand requin blanc, à l'Aquarium de la baie de Monterey, 2006.

Il est extrêmement difficile de conserver cet animal en aquarium ; les individus meurent généralement au bout de quelques mois s'ils ne sont pas relâchés. Le record de 198 jours de captivité est détenu par l'Aquarium de la baie de Monterey en Californie, qui avait accueilli une jeune femelle de 1,50 m de long entre septembre 2004 et avril 2005 dans un bassin de 16000 mètres cubes. Après six mois de captivité, elle avait dû être relâchée devant une agressivité de plus en plus importante et des blessures sur le museau[16].

Croyance[modifier | modifier le code]

Le grand requin blanc est souvent considéré à tort comme un « mangeur d'hommes ».

Il a été popularisé au cinéma par la tétralogie Les Dents de la mer (titre original : Jaws), dont le premier volet est sorti en salles en 1975. Cette tétralogie a largement contribué à la terreur qu'il inspire dans l'imaginaire collectif, sentiment moyennement justifié au regard des statistiques. Cet imaginaire collectif s'inspire des recherches scientifiques, bien antérieures au cycle, qui ont considéré le grand requin blanc comme une des rares espèces de squales, dangereuses pour l'homme (cinq ou six sur plusieurs centaines) ; si minoritaires soient ces espèces au sein de la famille des squales elles existent. Dans une approche plus écologique, sa dangerosité pour l'homme est combattue dans Orca, film tourné en 1978 non par la chasse humaine mais par l'intervention d'une orque qui sauve un plongeur imprudent.

De nombreuses personnes croient encore qu'il n'est qu'une machine sanguinaire et lui attribuent beaucoup plus d'intelligence qu'il n'en possède, le tout relayé par de la désinformation circulant dans tous les médias[17]. Sa taille maximale est souvent surévaluée. Mais depuis des années, des scientifiques réhabilitent ce requin, le démythifient. Plusieurs de leurs émissions ont fait le tour du monde, montrant ce qu'est vraiment le grand requin blanc dans la réalité. Peter Benchley, l'auteur du best-seller Les Dents de la mer adapté pour le célèbre film de Steven Spielberg, a aussi défendu la cause du grand requin blanc dans les dernières années de sa vie.

Il aura fallu des décennies avant que l'homme commence à véritablement comprendre le grand requin blanc. André Hartman, un plongeur professionnel sud-africain mondialement connu, est le premier à être sorti de la cage pour nager en sa compagnie. D'autres l'ont imité, dont Jean-Michel Cousteau.

Populations et conservation[modifier | modifier le code]

Le grand requin blanc est aujourd'hui une espèce menacée. Si le suivi de la population réelle est très difficile à évaluer, les scientifiques s'accordent pour considérer que leur nombre est en chute rapide. Sa pêche est désormais interdite dans de nombreux pays comme l'Australie ou l'Afrique du Sud. Mais cette interdiction est régulièrement violée car les gens ont toujours peur du Carcharodon carcharias. Les pêcheurs le pêchent pour sa viande, ses dents (vendues comme souvenirs aux touristes) mais le plus souvent pour ses ailerons. La pollution de la mer et la raréfaction de ses proies favorites ont aussi un impact très négatif. Bien que la situation du grand requin blanc soit préoccupante, il ne faut surtout pas oublier que la majorité des espèces de squales sont menacées par l'homme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c R Aidan Martin et Scott Wallace, « Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur le grand requin blanc », Comité sur la situation des espèces en péril au Canada,‎ 2006 (lire en ligne)
  2. (en) « Great White Shark », sur National Geographic
  3. (en) « Summary of Large Tiger Sharks »
  4. (en) Hamady, Lisa J. Natanson, Gregory B. Skomal et Thorrold, « Vertebral Bomb Radiocarbon Suggests Extreme Longevity in White Sharks », PLOS One,‎ 8 janvier 2014 (DOI 10.1371/journal.pone.0084006, lire en ligne)
  5. Li Ling Hamady, Lisa J. Natanson, Gregory B. Skomal et Simon R. Thorrold, Vertebral Bomb Radiocarbon Suggests Extreme Longevity in White Sharks, Plos One, 8 janvier 2014, consulté le 13 janvier 2014
  6. (en) « ISAF Statistics for the World Locations with the Highest Shark Attack Activity (2000-2010) », sur Florida museum of Natural History (consulté le 22 aout 2011)
  7. (en) « ISAF Statistics on Attacking Species of Shark », sur Florida museum of Natural History (consulté le 22 aout 2011)
  8. « Mallet Vincent, in Corsica-MSRG, 5/9/2012 : Le Grand blanc en Corse »
  9. http://www.artfulangler.co.uk/fishprofiles/greatwhiteshark_jawsinmed.asp
  10. Dr Alessandro De Maddalena, « Les grands blancs ... en Méditerranée »,‎ 2003 (consulté le 22 aout 2011)
  11. « En Méditerranée », Terre sauvage, no 98,‎ septembre 1995 (lire en ligne)
  12. (en) « Great white in Mediterranean made 'wrong turn' », sur BBC,‎ 17 novembre 2010 (consulté le 22 août 2011)
  13. http://gerber.iwarp.com/Attack/White/Medi.htm
  14. http://www.leparisien.fr/environnement/un-requin-a-saint-tropez-03-08-2011-1553441.php
  15. « Ailerons suspects en Méditerranée », sur LCI,‎ 12 juillet 2004 (consulté le 22 août 2011)
  16. Caroline Lepage, « Un grand requin blanc relâché après 6 mois de captivité ! », sur Futura-sciences,‎ 18 avril 2005 (consulté le 22 aout 2011)
  17. (en) Jennifer Viegas, « Largest Great White Shark Don't Outweigh Whales, but They Hold Their Own », sur Discovery Channel


Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]