Delphinidae

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Les delphinidés (Delphinidae) forment une famille de mammifères odontocètes, comprenant entre autres les dauphins, les sténelles, les globicéphales et les orques. Carnivores, ils mangent divers poissons, céphalopodes, crustacés et même d'autres mammifères marins ainsi que le fait l'épaulard ou orque.

Description[modifier | modifier le code]

Morphologie[modifier | modifier le code]

La silhouette a un fuselage hydrodynamique comme les poissons, avec lesquels ils partagent plusieurs caractéristiques analogues par convergence évolutive telles que :

  • nageoire caudale
  • nageoires pectorales
  • aileron dorsal
  • yeux hypermétropes à l'air libre, en position latérale

Cependant, du fait de leurs ancêtres terrestres, les Delphinidae :

  • ne respirent pas l'eau à l'aide de branchies, mais l'air à l'aide de leurs poumons via leur narine unique ou "évent"
  • ne possèdent pas d'écailles sur leur tégument, mais une peau très lisse de consistance caoutchouteuse, très irriguée en sang lors de la nage rapide
  • portent leurs fœtus dans l'utérus, après quoi le petit naît queue en premier (pratique assez inhabituelle chez les thériens)
  • ne possèdent pas de sens de l'odorat
  • se propulsent par mouvements caudaux verticaux

Dimensions[modifier | modifier le code]

La longueur varie de 1,3 mètre à plus de 9 mètres pour un poids variant de 50 kilogrammes à 9 tonnes en fonction des espèces et du sexe.

Tête[modifier | modifier le code]

Flipper le dauphin

Beaucoup de gens identifient facilement les têtes de Delphinidae depuis Flipper le dauphin et bien d'autres œuvres des grand et petit écrans.

La tête forme un cône arrondi, avec à son extrémité le bout des mâchoires qui forment un rostre plus ou moins prononcé selon les espèces. Surplombant la mâchoire supérieure, le melon occupe la majeure partie du front et sert à la fois à briser la vague d'étrave lors de la nage, autant que de caisse de résonance au système vocal et d'écholocation.

Les yeux sont situés de part et d'autre du crâne (disposition inhabituelle chez des mammifères prédateurs). Avec un foyer focal très court, l'œil est hypermétrope à l'air libre mais voit parfaitement sous l'eau. Certaines espèces d'eau douce ont des yeux sous-développés, car peu utilisés du fait de la turbidité de leur habitat naturel. Tous les Delphinadae compensent la vision de face et à distance avec leur sens de l'écholocation.

Les oreilles sans pavillon sont présentes sous la forme de trous situés juste derrière les yeux. La mâchoire joue aussi un rôle essentiel dans l'ouïe et l'écholocation, transmettant à l'oreille moyenne les vibrations reçues.

L'évent, narine unique, est situé au sommet de la face crânienne, juste après le melon. Il est fermé par un sphincter dont l'ouverture est volontaire, d'où un cycle de sommeil particulier. À l'intérieur de l'évent sont situés les organes vocaux.

Il n'y a pas de joue ni de lèvre au niveau des mâchoires. L'ouverture fendue de la bouche ressemble beaucoup à un sourire aux yeux d'un humain. Certains associent ce sourire au bruit que fait l'évent lorsque le dauphin vocalise à l'air libre, mais les Delphinidae ne peuvent vocaliser ni respirer par la bouche à cause de l'organisation des voies respiratoires. Les mâchoires sont couvertes de petites dents coniques toutes semblables, aptes à capturer des proies mais pas à mâcher. La langue est plate et presque collée au plancher buccal.

Le cerveau est volumineux par rapport au reste du corps, ce qui inciterait à penser que les cétacés soient très intelligents. Il n'a cependant pas la même morphologie ni vraiment le même fonctionnement qu'un cerveau humain, en particulier durant les phases de sommeil.

Corps[modifier | modifier le code]

Le corps a un aspect lisse hydrodynamique profilé dans la continuité de la tête. Le cou est très rigide chez la plupart des espèces, ne permettant que des mouvements restreints de la tête.

Les nageoires pectorales ont évolué à partir de pattes antérieures en conservant la plupart des os. Elles se situent sous le corps de part et d'autre de la face ventrale, juste derrière le cou.

Le dos présente un aileron ou nageoire dorsale qui peut présenter la forme d'une faucille, d'un triangle, être arrondi ou même être absent, remplacé alors par une ligne turgescente comme chez le béluga.

Le ventre présente plusieurs fentes :

  • la fente génitale, flanquée chez les femelles des fentes mammaires par lesquelles elles font saillir leurs mamelles lors de l'allaitement
  • la fente anale

Deux os vestigiels à l'intérieur des flancs arrière résument ce qu'il reste de la ceinture pelvienne.

Queue[modifier | modifier le code]

La queue a une section conique, avec des vertèbres très imbriquées au début et plus libres au bout, ce qui permet des mouvements avec une souplesse croissante.

Le bout de la queue supporte la nageoire caudale : un plateau bilatéral très large et assez court (façon ailerons) possédant une fente en son milieu.

Physiologie et particularismes[modifier | modifier le code]

Les Delphinidae peuvent vivre jusqu'à 90 ans[réf. souhaitée] (ce qui est le cas de l' orque en milieu sauvage)

Respiration[modifier | modifier le code]

La respiration est volontaire. De fait, les cétacés sont toujours un minimum conscients.

Le dauphin renouvelle 90 % de l'air de ses poumons en une seule respiration.

certains dauphins peuvent plonger jusqu'à 260 mètres de profondeur et rester en apnée pendant près d'un quart d'heure mais ils ne restent en général sous l'eau que pendant quelques minutes.

Lors de la descente en profondeur, les organes sont de moins en moins irrigués au profit du cerveau, et le rythme cardiaque ralentit.

Régulation thermique[modifier | modifier le code]

Ce sont des homéothermes (35 à 36 °C). Comme il ne possède pas de glandes sudoripares, le dauphin évacue la chaleur à travers ses nageoires, largement irriguées de sang.

Les testicules sont notamment refroidis par un réseau particulier de vaisseaux sanguins.

Nage, sauts et agilité[modifier | modifier le code]

Les cétacés sont connus pour être d'excellents nageurs, les Delphinidae étant réputés particulièrement rapides et même agiles en cabrioles tant aériennes qu'aquatiques.

Lors de la nage rapide, la peau est très irriguée en sang afin de réchauffer l'eau autour du corps et perturber les tourbillons du sillage, lesquels ont tendance à créer de l'inertie en milieu liquide. Beaucoup de Delphinidae sautent hors de l'eau par brefs bonds successifs pour réduire encore les forces de frottement et augmenter leur vitesse.

Il arrive aussi à certaines espèces d'effectuer des échouages volontaires pour chasser des proies sur le rivage, notamment les épaulards.

Sommeil[modifier | modifier le code]

Les cétacés ayant une respiration volontaire, leur cerveau n'entre en phase de sommeil que par moitié (droite-gauche), fermant l'œil du côté "qui dort" et adoptant une nage ralentie.

L'état de conscience semble altéré mais continu, avec la possibilité de repasser instantanément en réveil complet en cas de stimuli stressants.

Intelligence[modifier | modifier le code]

Le dauphin a un cerveau presque aussi gros que celui de l'homme, comparativement à leur masse corporelle. On pourrait donc penser que les Delphinidae ont tendance à être intelligents, bien que chez l'humain les variations individuelles normales ne montrent aucun lien entre le paramètre taille du cerveau et intelligence.

On reconnaît volontiers aux Delphinidae beaucoup de traits comportementaux propres à une intelligence tant sociale que ludique.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La gestation est de 52 semaines environ[réf. souhaitée], au terme de laquelle un seul petit est mis au monde, queue la première. Souvent une femelle tierce ou "marraine" accompagne le petit pour aller prendre sa première respiration. La nage est instinctive, mais les nouveaux-nés semblent avoir du mal à situer la surface.

Le petit ne suce pas. Au lieu de ça, il présente la langue en goulot à la mamelle de sa mère. Celle-ci contracte alors les muscles qui entourent sa glande mammaire pour faire gicler le lait jusque dans la bouche du jeune. Il sera allaité pendant 2 à 8 mois.

La maturité sexuelle se situe souvent aux environs des 5 ou 6 ans.

Ethologie[modifier | modifier le code]

Les Delphinidae vivent en groupes coopératifs familiaux stables et soudés, le plus souvent menés par la ou les femelles plus âgée(s). Certains groupes ou rassemblements peuvent compter d'une dizaine à plus d'une centaine d'individus.

Les Delphinidae n'hésitent pas à pratiquer des coopérations entre groupes, parfois d'espèces différentes comme observé en Nouvelle-Zélande[1],[2].

Certaines espèces migrent quand d'autres sont territoriales.

Leur sexualité semble débordante lors des périodes de reproduction, mais elle existe aussi en dehors de ces périodes (d'où suspicion d'une certaine ludicité dans l'acte sexuel).

Les Delphinidae sont éventuellement friands de contacts avec les humains dans certaines régions. La communication est aussi naturelle qu'avec le chien.

Certaines études ont mis en lumière des signatures vocales qui équivaudraient notre prénom, permettant aux membres d'un groupe de se reconnaître et de s'interpeller.

Il arrive qu'on assiste à des échouages collectifs inexpliqués.

Habitat[modifier | modifier le code]

Les Delphinidae peuplent quasiment toutes les mers tempérées et tropicales du globe, les régions pélagiques comme le plein océan. Anecdotiquement, certaines espèces vivent en estuaire ou occupent une niche fluviale (ces dernières espèces sont toutes très menacées de disparition).

Prédateurs et concurrence[modifier | modifier le code]

Les épaulards ont naturellement tendance à chasser les autres mammifères marins, Delphinidae et mysticètes compris.

Les gros requins sont également de la partie, ciblant particulièrement les jeunes et les individus isolés affaiblis. Néanmoins la cohésion de groupe des Delphinidae l'emporte souvent lors des confrontations éventuellement mortelles.

L'humain est aussi un chasseur de cétacés y compris de Delphinidae, en fonction du milieu culturel. C'est notamment vrai pour certaines régions comme le Sud-Est asiatique, le Nord de l'Eurasie et de l'Amérique, ainsi que certains pays d'Amérique du Sud.

Certains Delphinidae n'hésitent pas à attaquer des groupes ou espèces avec lesquels ils entrent en concurrence. On a notamment enregistré des attaques de marsouins par des dauphins dans les eaux irlandaises.

Systématique[modifier | modifier le code]

Histoire évolutive[modifier | modifier le code]

Voir dans l'article: Histoire évolutive des cétacés

Classification[modifier | modifier le code]

Les delphinidae comptent 32 espèces différentes. Les noms vernaculaires indiqués ci-dessous sont les noms le plus souvent utilisés mais il existe cependant de nombreuses variations.

Menaces[modifier | modifier le code]

Les Delphinidae sont victimes de deux points importants :

  • leurs proies naturelles sont éventuellement malmenées par la surpêche
  • à cause de la pollution et parce qu'ils sont haut placés dans la pyramide alimentaire, ils accumulent par le biais de leurs proies des polluants dans leurs tissus (avec parfois des cas d'intoxication alimentaire sévère dans les pays consommateurs de cétacés)

Certaines espèces territoriales (côtières) sont victimes de la disparition de leur habitat au profit de l'urbanisation.

Le tourisme de masse vient parfois perturber les groupes dans leur milieu naturel, qu'il s'agisse de plongée, de whale-watching, ou de pollution sonore due aux bateaux.

On suspecte certains puissants sonars (anthropiques) d'assourdir involontairement les cétacés et de créer des échouages massifs.

Toutes les espèces fluviales sont en train de s'éteindre du fait des barrages, de la pollution et des accidents avec les bateaux.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) F. W. Cipriano, Behavior and occurrence patterns, feeding ecology, and life history of dusky dolphins (Lagenorhynchus obscurus) off Kaikoura, New Zealand, University of Arizona,‎ 1992
  2. R.A. Cruickshank et S.G. Brown, « Recent observations and some historical records of southern right-whale dolphins Lissodelphis peronii », South African Fishery Bulletin, vol. 15, no 1,‎ 1981, p. 109–21 (lire en ligne)