Viridiana

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Viridiana est un film mexicano-espagnol réalisé par Luis Buñuel, sorti en 1961, qui a obtenu la palme d'or lors du festival de Cannes 1961.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Viridiana va bientôt prononcer ses vœux et s'enfermer dans un couvent. Auparavant, elle vient une dernière fois saluer son oncle, riche bourgeois. L'oncle la drogue et fait semblant d'abuser d'elle afin qu'elle accepte de l'épouser. Elle refuse, horrifiée. Rongé par le remords, il se donne la mort.

Héritière du domaine avec son cousin, Viridiana renonce au cloître et décide de consacrer sa vie et sa propriété aux pauvres. Un soir de fête, les gens qu'elle a aidés se saoulent, pillent la maison et essaient de violer leur bienfaitrice.

Sauvée par son cousin, elle cède à ses charmes et accepte à la fin de s'installer avec lui et la servante dans un ménage à trois.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Buñuel continue de régler ses comptes avec l'oppression qu'il a subie dans sa jeunesse et aborde ses thèmes préférés : le fétichisme sexuel et l'inceste, l'hypocrisie de l'Église, la bêtise et la suffisance de la bourgeoisie, la bestialité populaire.

La « Cène » où le Christ et ses apôtres sont remplacés par des mendiants reste un monument de provocation.

Autour du film[modifier | modifier le code]

À Cannes, le film fit scandale, mais remporta la palme d'or, ex-aequo avec Une aussi longue absence d'Henri Colpi. « Comme le tirage de la copie du film, qui devait s'achever à Paris, avait pris du retard, il fut projeté seulement le dernier jour, alors que les prix avaient été attribués. Après avoir visionné Viridiana, les jurés se réunirent à nouveau et décidèrent de lui décerner » la distinction suprême, tandis que l'œuvre d'Henri Colpi avait déjà été récompensée[1].

Le Vatican, par l'intermédiaire de son journal L'Osservatore Romano, déjà contrarié par l'accueil réservé à Mère Jeanne des anges de Jerzy Kawalerowicz, jugea le film de Buñuel « sacrilège et blasphématoire ». Viridiana fut donc immédiatement interdit par l'administration espagnole, le directeur général de la Cinématographie limogé, alors que les maisons de production Uninci et Films 59 étaient poursuivies pour « exportation illégale de film en France. » La même administration décida, par la suite, d'annuler rétroactivement l'autorisation de tournage et de "dénaturaliser" le film en considérant que Viridiana n'existait pas en tant que film espagnol. Il devint alors film mexicain grâce au distributeur Gustavo Alatriste. Il sortit sur les écrans espagnols le 9 avril 1977, deux années après la mort de Franco, le jour même où fut reconnue l'existence légale du PCE. La nationalité espagnole ne lui fut rendue qu'en 1983[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Emmanuel Larraz in : Le cinéma espagnol des origines à nos jours, Les Éditions du Cerf, Paris, 1986.
  2. E. Larraz : op. cité.

Liens externes[modifier | modifier le code]