Philopœmen

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Philopœmen blessé, David d'Angers, 1837, musée du Louvre

Philopœmen, en grec ancien Φιλοποίμην / Philopoímên, né à Megalopolis vers 253 av. J.-C., mort à Messène 183 ou 182 av. J.-C.), homme politique et général grec.

Sa valeur militaire, son désintéressement, ses vertus civiques, l'ont fait surnommer « le dernier des Grecs ». Pausanias écrivit de lui qu'« après sa mort, la Grèce cessa tout à fait de produire de grands hommes ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Mégalopolis en Arcadie, il est le fils de Crausis, riche et noble citoyen et reçoit une éducation soignée. Il a pour précepteurs Ecdémos et Démophanès, platoniciens originaires de Mégalopolis, disciples d'Arcésilas de Pitane. En 222, il contribue à la victoire des troupes macédoniennes d'Antigone III Doson à la victoire de Sellasia, où Cléomène III roi de Sparte, qui l'avait chassé de sa patrie, est vaincu. Peu après, il s'engage comme mercenaire en Crète où les luttes entre les cités sont continuelles. Il rentre en Arcadie en 210 et deux ans plus tard, est nommé stratège de la Ligue achéenne devenant ainsi, après Aratos mort depuis peu, le second dirigeant d'importance de cette ligue. Il réorganise l'armée de la Ligue achéenne selon le modèle macédonien (phalange) ainsi que son armement puis remporte sur les Étoliens et les Éléens, commandés par Damophante la victoire du Larissos (en) (208). Il se lance dans une politique de primauté de la Ligue dans le Péloponnèse, se heurtant ainsi à Sparte, qui aspire au même but. Il vainc et tue de sa main Machanidas, tyran de Sparte, à la bataille de Mantinée (207) puis bat Nabis, son successeur.

Après avoir été commandant en chef de l'armée de Gortyne, il revient chez lui en 194. Peu après, il est réélu, puis à plusieurs reprises, à la tête de la Ligue. En 192, il vainc de nouveau Nabis. Celui-ci est assassiné peu après par ses alliés étoliens. Philipœmen force alors Sparte (188) à intégrer la Ligue, et traite la cité avec une grande sévérité : ses murs sont abattus, ses institutions abolies, les hilotes dispersés ou vendus comme esclaves. Cet acte lui vaut l'hostilité de Rome.

En -184, la Ligue doit faire face au soulèvement de Messène, avec à sa tête Dinocrate, probablement soutenu par les Romains. Philipœmen est fait prisonnier à Messène en -183 ou -182, et y meurt, peut-être contraint de s'empoisonner[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Aymard, « Les stratèges de la Confédération achéenne », Études d'histoire ancienne, 1967, p. 1–45.
  • Pierre Cabanes, Le Monde hellénistique de la mort d’Alexandre à la paix d’Apamée, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l’Antiquité »,‎ 1995 (ISBN 2-02-013130-7).
  • R.M. Errington, Philopoemen, Oxford, Clarendon, 1969. 314pp
  • Yvon Garlan, Recherches de poliorcétique grecque, École française d'Athènes, 1974.
  • Claude Mossé, La Tyrannie dans la Grèce antique, PUF, coll. « Quadrige », 2004 (1re édition 1969) (ISBN 2130546641).
  • Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Philopœmen.
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique (323-30 av. J.-C.), Seuil, coll. « Points Histoire », mai 2003 (ISBN 2-02-060387-X).
  • Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], VIII, 49-51.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire politique du monde hellénistique t2 p 243