Eubée

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Eubée
Εύβοια (el)
Vue aérienne d'Eubée
Vue aérienne d'Eubée
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Localisation Mer Égée
Coordonnées 38° 30′ N 24° 00′ E / 38.5, 24 ()38° 30′ N 24° 00′ E / 38.5, 24 ()  
Superficie 3 684,848 km2
Point culminant Mont Dirphys (1 745 m)
Administration
Périphérie Grèce-Centrale
District régional Eubée
Démographie
Plus grande ville Chalcis
Autres informations
Fuseau horaire UTC+2

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Eubée
Eubée
Île de Grèce
District régional d'Eubée
Περιφερειακή Ενότητα Εύβοιας
Eubée
Administration
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Périphérie Grèce-Centrale
Chef-lieu Chalcis
Code postal 34x xx
Code d’immatriculation XA
Code ISO 3166-2 GR-04
Démographie
Population 117 920 hab. (2011[1])
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 38° 30′ 00″ N 24° 00′ 00″ E / 38.5, 24 ()38° 30′ 00″ Nord 24° 00′ 00″ Est / 38.5, 24 ()  
Superficie 416 700 ha = 4 167 km2
Liens
Site web http://www.naevias.gr

L’Eubée (en grec ancien Εὔϐοια / Eúboia, en grec moderne Εύβοια / Évvia) est la deuxième plus grande île de la mer Égée, située en face de l’Attique et de la Béotie, dont elle est séparée par le détroit de l’Euripe. Elle est longue de 180 km pour 4 167 km2, et compte 218 032 habitants (2005). Avec l’île de Skyros, ainsi qu'une partie continentale (Anthidona et Avlida), l'île d'Eubée appartient à la périphérie de la Grèce-Centrale, et forme le nome d’Eubée.

Noms[modifier | modifier le code]

Le nom d'Eubée date de l'Antiquité. L'île a aussi été appelée Ellopie[Note 1] (d'après Ellops fils d'Ion), Aonie (d'après les Aones), Abantis (d'après les Abantes)[2]. Elle a par ailleurs souvent été appelée du nom de sa ville principale, et inversement. À partir du Moyen Âge, le nom couramment utilisé pour la ville et l'île est le nom Égripos (et ses variantes), dérivé du nom du canal de l'Euripe, donnant par déformation le nom latin de Négrepont (et ses variantes). Depuis l'indépendance, le nom Eubée est le seul utilisé.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de mythes eubéens sont liés à l'activité volcanique présente sur l'île. Ils évoquent surtout les Titans et les géants. Ils s'inscrivent d'abord dans le cadre de la Titanomachie, principalement dans l'affrontement entre les Titans et les Hécatonchires. Un des Hécatonchires vainqueurs, Briarée était honoré à Carystos sous ce nom et à Chalcis en tant que Œgéon. Celui-ci habiterait sous l'île qui le sentirait encore s'agiter. Le Géant Tityos séjournerait aussi dans l'île, où Rhadamante serait venu lui rendre visite. Son antre, appelée Élarium, était montrée aux visiteurs. Selon certaines versions, Orion aurait été élevé sur l'île[3].

Une autre série de mythes est liée à Zeus et à ses amours. Lors du mariage sacré de Zeus et Héra, les Curètes vinrent en Eubée et la garde de l'île leur fut confiée par Zeus. Io fut aussi dissimulée sur l'île et y enfanta. Surveillée par Argos pour le compte d'Héra, elle fut délivrée par Hermès qui tua le gardien dans un lieu qui prit le nom d'Argoura. Dionysos fut apporté sur l'île par les Thébaines. Le roi de l'île Aristée confia l'enfant à sa fille la nymphe Macris qu'Héra poursuivit ensuite de son courroux et chassa d'Eubée. Ces mythes pourraient être des souvenirs du lointain passé de l'île. Aristée fils d'Apollon, autre divinité importante de l'île, passait pour avoir enseigné aux hommes l'art d'élever des troupeaux, d'élever des abeilles et de faire de l'huile d'olive. La richesse agricole de l'île dans l'Antiquité pourrait avoir inspiré ces légendes, Dionysos ajoutant la viticulture. Quant aux Curètes, ils pourraient faire référence au fait que l'Eubée fut, un temps soumise à la domination crétoise[4].

Selon Homère, les habitants de l'Eubée seraient appelés les Abantes (Ἄϐαντες). Ils sont décrits comme « respirant la fureur », « impétueux, à cheveux longs sur la nuque, guerriers ardents »[5]. Ils sont menés, lors de la guerre de Troie, par Éléphénor, qui apporte quarante nefs à la coalition grecque[6].

Dans Salammbô, Flaubert mentionne les « trois mille deux cents talents euboïques exigés par Lutatius » de Carthage lors des guerres puniques.

Archiloque se nommant « le serviteur du dieu de la guerre » regrette la manière de combattre des Abantes en Eubée. Sans doute pour montrer la divergence guerrière avec les voisins de la Thrace, qui inquiétaient beaucoup les colons de l'ile Thasos par leur conduite de combat sauvage à distance[7].

« On luttait corps à corps avec la lance et l'épée, et non avec des flèches et des frondes[8],[9] »

Histoire[modifier | modifier le code]

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Article détaillé : Histoire de l'Eubée.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

L'Eubée est habitée dès l'époque néolithique comme le montrent les traces de villages au centre et à l'ouest de l'île remontant au IIIe millénaire av. J.‑C.. Une activité commerciale avec les Cyclades est attestée alors[10]. La période de l'âge du bronze ancien en Eubée, est représentée par la découverte d'un site urbain très important à Manika (près de Chalcis). La découverte d'un cimetière, de squelettes, et de vestiges, ont permis d'affirmer que l'alimentation des hommes de cette époque, était équilibrée, avec une consommation régulière de légumes et de viande[11]. Cette découverte vient rejoindre quelques rares spécimens déjà trouvés sur sol eubéen à Magoula près d'Érétrie et à Styra, ce qui confirme, avec d'autres trouvailles, des liens étroits qu'entretenaient l'Eubée et Erétrie avec les Cyclades au Cycladique Ancien II (environ 2500 avant J.-C.)[Note 2].

Période mycénienne[modifier | modifier le code]

Au IIe millénaire av. J.‑C. la présence mycénienne est attestée sur l'île[10].

Période archaïque[modifier | modifier le code]

Cruche orientalisante eubéenne, représentant deux femmes : vers 625-600 av. J.-C.

La période archaïque est considérée comme celle de l'apogée de l'Eubée et de ses cités Chalcis et Érétrie. Puissantes, elles participèrent à la vague de colonisation grecque[10]. L'île d'Eubée habitée par différentes peuplades émigrées, possède une position géographique de défense et une richesse minière qui a toujours séduit les nombreux belligérants, pour en faire une position stratégique de contrôle de la région. En étroites relations avec les habitants de l'Attique, les habitants de l'île sont, les Lélèges, les Curètes venant d'Étolie, qui institueront de nombreuses colonies, et quelques Phéniciens.

Les Curètes ont été les premiers à se protéger par une armure de bronze lors des combats. Homère nomme les habitants d'Eubée « les Abantes ». Les historiens ignorent si ce nom dérive de la ville phocéenne d'Abae, ou d'Abas, le héros argien. Une ville nommée Histiée et son district Histiœotide situés sur la région nord de l'île étaient, selon Strabon, donnée également à une ville du nord de la Thessalie par des colons Histiéens émigrés, chassés par les Perrhœbes[13].

Colonies athéniennes[modifier | modifier le code]

Selon Strabon et Conon, les premières colonies athéniennes, sur l'île d'Eubée, se forment avant l'arrivée de Xouthos. Les fils d'Érechthée, rejetés par le pouvoir, cherchent refuge sur l'île d'Eubée. Thespios un de ses fils fonde la Thespie, selon Pausanias. Eustathe, affirme que cette ville est fondée par Thespius fils de Teuthras et petit-fils de Pandion. Ellops, fils d'Ion (selon la mythologie), entraîne une forte migration athénienne et fonde la ville d'Ellopia, sur la province appartenant aux Histiéens. Homère indique que ces colons se sont établis sur Histiée, à Corinthe, à Edepse et à Oropiœ[13],[Note 3].

Selon Scymnos de Chio, Pandoros introduit une colonie athénienne, pour fonder Chalcis et Érétrie[14]. Après les guerres médiques, Eubée est totalement soumise aux Athéniens, la ville italienne de Cumes et Naxos en Sicile, deviennent des colonies de Chalcis. Selon Homère, les habitants du Nord de l'île sont des Histéens, au-dessous des Ellopiens, le centre est habité par des Ioniens venus de l'Altique[Note 4], et au sud vivent les Driopes[15].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Les Eubéens subissent de nombreuses guerres, en particulier contre les Athéniens, les Perses, et les Spartiates. Ils seront tantôt serviles, et tantôt déclarés libres[16]. Dans l'Antiquité l'histoire de l'île se confond avec celles de ses villes principales Chalcis et Érétrie.

  • Vers 506 avant J.-C. : suite à la défaite de la coalition, Béotiens et Chalcidiens, Athènes va implanter plusieurs milliers de colons en Chalcidique, et colonise l’Eubée affaiblie par la guerre interne entre Chalcis et Érétrie.
  • Vers 490 avant J.-C. : début des guerres médiques entre Grecs et Perses qui se terminent vers 449 avant J-C. Datis, chef de la flotte perse s’empare de Carystos et pille la ville. Érétrie, menacée à son tour, demande l’aide d’Athènes qui envoie 4000 colons athéniens de Chalcis. Les Erétriens, divisés, capitulent après six jours de siège. La ville est pillée, et sa population déportée en captivité.

Empire byzantin[modifier | modifier le code]

L'Eubée eut très tôt un évêque, installé à Chalcis. Il dépendit d'abord du métropolite de Corinthe avant de devenir suffragant d'Athènes. L'île avait dans les premiers siècles byzantins un gouverneur qui dépendait du préfet de la Ville à Constantinople. Elle intégra ensuite le cinquième thème d'Europe avec l'Attique[17]. En 911, Romain Lécapène fut stratège de l'île[18]. Au cours de la période byzantine, de nombreuses églises et monastères ont été construits sur l'île. Elle est toutefois célèbre pour son intérêt stratégique commercial, comme le démontrent les attaques dont elle fit l’objet lors des conflits entre l’Empire byzantin avec le royaume normand de Sicile et la République de Venise.

Les attaques des Sarrasins furent très nombreuses durant leur conquête de la Crète (IXe et Xe siècles)[19]. Pendant l’été 1147 la flotte du roi Roger II de Sicile pilla les côtes d’Eubée[20]. Au printemps 1157 une nouvelle attaque victorieuse des Normands sur Eubée oblige l’empereur Manuel Ier à traiter avec le roi Guillaume Ier de Sicile[21]. En 1171, encore Venise débarqua des troupes commandées par Vital II Michele à Eubée afin d’en pendre le contrôle, mais l'expédition rembarqua à cause d'une épidémie de peste[22],[19].

Période franque et vénitienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seigneurs terciers d'Eubée.

Conquête[modifier | modifier le code]

En 1204, à la suite de la IVe croisade, l'île est attribuée à Venise par les vainqueurs (en vertu de la Partitio imperii Romaniae)[23] Cependant au printemps 1205, c'est Boniface de Montferrat, tout nouveau roi de Thessalonique, qui occupe l'île, appelée par les Latins Négrepont, déformation du grec Egripos (variante d'Euripos), un autre nom de Chalcis et de l'île. Il inféode l'île à trois chevaliers originaires de Vérone[24]. Ils sont appelés, ainsi que leurs successeurs, les « seigneurs d'un tiers de Négrepont » ou seigneurs terciers (italien : terzieri). Les premières décennies de domination des seigneurs lombards sont marquées par l'hésitation des tierciers entre l'hommage à Venise (à qui l'île avait été attribuée en 1204) et l'hommage à l'empereur latin de Constantinople héritier des droits de conquête de Boniface de Montferrat[25]. La présence latine est si forte que l'évêque orthodoxe de Chalcis est alors remplacé par un évêque catholique[19].

En 1216, six co-seigneurs sestiers (italien : Sestieri) se partagent le pouvoir. Ils reviennent tous dans la suzeraineté exclusive de l'empereur, jusqu'à ce que Baudouin II cède la suzeraineté sur toutes les îles de la mer Égée à Geoffroi II de Villehardouin, prince d'Achaïe en 1244.

En 1255, le règlement de la complexe succession de la sestière Carintana dalle Carceri (sestière du nord de 1220 à 1255), provoque un grave conflit entre le prince d'Achaïe, Guillaume II de Villehardouin, suzerain de Négrepont et veuf de Carintana dalle Carceri et une partie des tierciers. Le , Guglielmo Ier da Verona et Narzotto dalle Carceri (1247-1264), prétendants malheureux à l'héritage de la défunte, répudient l'hommage qu'ils avaient prêté au prince Guillaume et prêtent hommage-lige au doge de Venise, provoquant l'intervention militaire du prince.

Passage sous domination vénitienne[modifier | modifier le code]

Cette « guerre de succession de Négrepont » se termine en 1259 à la bataille du col du mont Karydi (Mégaride), où le prince bat le duc d'Athènes, Guy de la Roche, allié des seigneurs rebelles. En août 1259, le doge Reniero Zeno négocie la paix avec le prince Guillaume et par le traité du , reconnaît la suzeraineté exclusive du prince sur l'île qui ne fut plus remise en cause[26].

À la fin du XIVe siècle, l'achat de la seigneurie de Carystos (1365) puis les morts successives sans héritier de Niccolo III dalle Carceri, duc de Naxos et seigneur du tiers nord (1383), puis de Giorgi III Ghisi, seigneur du tiers central (1390), permettent à Venise d'établir sa domination politique sur la totalité de l'île[27].

Administration vénitienne[modifier | modifier le code]

Une inscription datée de 1273 et retrouvée dans les murailles du palais de Chalcis nous apprend qu'en 1273, l'île était gouvernée par un « bayle » et un conseil[19].

Venise conserve l'institution des tierciers et se contente d'imposer un protectorat en installant de nouveaux seigneurs[27]. Le protectorat se manifeste aussi par la présence de magistrats vénitiens : un provéditeur qui contrôlait toute l'administration et les finances, un podestat chargé de la justice et un capitaine qui commandait les troupes[28].

Période ottomane[modifier | modifier le code]

Conquête[modifier | modifier le code]

Lassé des raids vénitiens dans son Empire depuis leurs bases égéennes, dont l'Eubée, Mehmed II décida de conquérir l'île en 1469[19]. Le siège fut mis devant Chalcis qui fut systématiquement bombardé par cinquante-cinq gros canons par la terre et bloqué par la flotte ottomane qui contrôlait le détroit. La République de Venise envoya alors une flotte de secours en réunissant le plus possible de galères. Les plus rapides arrivèrent et réussirent à rompre le blocus maritime. Cependant, l'amiral Canale hésita à passer immédiatement à l'attaque des troupes terrestres ottomanes, préférant attendre le reste de la flotte. Chalcis tomba pendant ce temps[28].

Le le sultan Mehmed II s'empara de la cité de Négrepont, dont il massacra la moitié de la population, et chassa les trois derniers terciers[29]. Canale fut désavoué. Il fut remplacé par Pietro Mocenigo qui ne put reprendre l'île. Toutes les tentatives vénitiennes ultérieures échouèrent[28].

Administration[modifier | modifier le code]

Chalcis devint sous l'administration ottomane la capitale d'un vaste sandjak qui incluait une partie de la Béotie ainsi que l'Attique, la Phocide et la Mégaride. Les revenus de l'île appartenaient au Capitan Pacha qui était représenté sur place par un kiaya et des beys[28]. Chalcis fut agrandie et fortifiée tandis qu'une forteresse était élevée pour surveiller le port. Il semblerait qu'il y ait eu une division géographique des populations selon leurs origines : Turcs et Juifs dans la ville et Chrétiens dans les faubourgs, mais quatre mosquées avaient été construites : deux dans la ville et deux dans les faubourgs tandis que les jésuites avaient installé une collégiale et une école dans la ville[30].

Guerre d'indépendance[modifier | modifier le code]

Portrait d'Ilias Mavromichalis (musée historique national).

L'Eubée se souleva dès 1821, sous l'impulsion de Manto Mavrogenous. Les soldats ottomans se réfugièrent dans les citadelles de l'île dont celles de Chalcis où ils avaient prévu de quoi tenir un long siège. Les insurgés grecs se contentèrent donc d'empêcher toute sortie mais ne se risquèrent pas à un véritable siège. Des troupes eubéennes furent alors envoyées combattre sur le continent. En 1822, Ilias Mavromichalis, le fils de Pétrobey vint mettre le siège devant Carystos. Mais, à la suite d'un assaut poussé trop loin, les assiégeants se trouvèrent pris par les assiégés et furent exterminés. D'autres Maniotes assiégèrent Chalcis. L'île était en effet un point clé des lignes de ravitaillement ottomanes[30].

Géographie[modifier | modifier le code]

Chardon du sud de l'ile

L'île d'Eubée orientée nord-ouest/sud-est, a une superficie de 4 167 km2, et possède 900 km de littoral avec une population de 218 032 habitants environ, ce qui en fait la seconde plus grande île grecque après la Crète. L'île est reliée à la Grèce centrale par deux ponts enjambant le détroit de l'Euripe, joignant la ville de Chalcis, partie insulaire et la partie continentale. L'Euripe, partie du passage la plus étroite entre le continent et l'île d'Eubée, a été de tout temps un canal stratégique, et a, militairement défendu en grande partie, l'histoire ancienne de Chalcis. L'Euripe est l'un des plus étonnants phénomènes, car son flux et reflux a fortement frappé les phantasmes des anciens. Tite-Live prétendait que l'Euripe est poussé au gré du vent, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Pline l'Ancien, croit que le mouvement s'arrête trois jours par mois, pendant la septième, la huitième et la neuvième lune. Actuellement, On sait que pendant les six premiers jours de la lune, puis du quatorzième au vingtième, et pendant les trois derniers, les marées sont régulières. Les autres jours, elles sont tellement irrégulières, que le nombre s'en élève quelquefois jusqu'à onze, douze, treize et même quatorze en vingt-quatre heures[31]. Le professeur Dimitri Aiginitis traduit le phénomène comme étant la conséquence d'une différence de niveau de la mer entre le nord et sud du golfe, et le phénomène des marées[32]. L'Eubée ayant pour axe la commune de Chalcis, véritable verrou de l'île, peut être découpée en trois parties, la partie nord composée de forêts, la partie centre montagneuse et la partie sud, agricole et véritable grenier de l'île.

Séparée du continent par un étroit chenal qui ne dépasse pas parfois 40 mètres, Eubée est la deuxième île grecque en superficie. Sa côte orientale, où de longues plages alternent avec des falaises escarpées, donne sur des montagnes parsemées de villages et de monastères. En cabotant le long des côtes d'Eubée dans un caïque, ces bateaux de bois encore utilisés par les pêcheurs, vous pourrrez profiter des anses et des plages les plus secrètes, aborder sur l'île privée de Petali, ou encore explorer l'intérieur de l'île.

Relief[modifier | modifier le code]

Le Kandili

Géologiquement, l'Eubée est divisée en trois grands secteurs. Le sud est un massif cristallin métamorphique qui inclut les Cyclades et la pointe sud de l'Attique. Le centre est karstique, comme l'ensemble de l'Attique et la Béotie et tout l'Est du Péloponnèse. Le Nord de l'île est constitué de flysch lié au mouvement tectonique du plissement alpin. Chacune des trois zones géologiques est divisée entre un massif montagneux central et des plaines littorales[33].

Les montagnes eubéennes sont considérées comme la prolongation de la chaîne de l'Olympe. Au centre-est de l'île se trouve le point culminant avec le mont Dirfys 1 743 m, le mont Pyxaria (1 343 m), et le mont Skotini (1 362 m); au centre-ouest le mont Olympe (1 743 m); à la pointe sud-est, le mont Ocha (1 398 m); et au nord le mont Kandili (1 246 m), le mont Xira (991 m), le mont Lichas (736 m) et le mont Telethrio (883 m)[10],[34]. Sur l'ile Skyros, le mont Kohyhalas (792 m) et sur la partie continentale (Anthidona et Avlida), le mont Ktipas (1 021 m) appelé aussi Messapion Oros.

Climat[modifier | modifier le code]

L'Eubée a une structure de précipitations particulière pour la Grèce. Sur l'ensemble du pays, les précipitations arrivent principalement de l'ouest. Comme elles sont bloquées sur les montagnes, il pleut beaucoup à l'ouest tandis que l'est du pays est relativement sec. Un autre système dépressionnaire plus faible apporte de la pluie depuis le nord-est. Cela fait que l'ouest de l'Eubée reçoit, comme l'Attique, en moyenne 400 mm de pluie par an, alors que l'est de l'île en reçoit entre 1 000 et 1 400[35].

La structure des températures est elle aussi particulière. Les isothermes d'hiver, liés aux descentes d'air froid, sont organisés en est-ouest sur l'ensemble du pays. L'île n'y fait pas exception et se trouve dans la même zone que l'Attique, avec une moyenne de janvier entre 11° et 12°C. Les isothermes d'été sont eux liés au vent et principalement au meltem. L'Eubée est alors coupée en deux, avec le sud-est exposé au vent du nord comme les Cyclades (et surtout les Cyclades septentrionales comme Andros), tandis que le nord et l'ouest sont relativement protégés, grâce au relief[35].

Eubée nord[modifier | modifier le code]

Rue de la ville de Prokopi

La région nord, couverte de forêts de pins, de sapins, de chênes et d'arbousiers, difficile d'accès par ses routes sinueuses et ses cours d'eau, offre une nature luxuriante et variée. La partie la plus élevée du Nord de l'île, est la « chaîne du Kandili » qui se poursuit jusqu'au cap Artémisium, et par ses fractions, forme la presqu'île de Lithada[36]. Sur la route forestière et sinueuse de la municipalité de Messapia, en direction du village Prokopi, apparait le col Dervéni, servait par le passé de position retranchée aux habitants de la région. Du haut de ce col apparaît une belle vue sur l'Eubée, le golfe Maliaque, la chaîne d'Othrys et le sommet de Kallidromos. Prokopi est un village de réfugiés grecs venant de la région de Cappadoce située en Turquie. Ses habitants vénèrent les reliques de Saint-Jean-le-Russe (Όσιος Ιωάννης ο Ρώσσος) rapportées par les religieux de la ville de Prokopion (Ürgüp) d'où le nom de Prokopi. Ces reliques se trouvent dans la basilique Osios-Ioannis-O-Rossos située au centre du village[37]. La rivière Kiréas, bordée de lauriers-roses, de lentisques et de chênes verts[36], coule le long de la vallée de Prokopi, et draine avec elle un grand nombre de plantes endémiques locales rares, et une riche faune ornithologique[38].

La région septentrionale relativement plate, renferme des couches du Serravallien supérieur, percée par quelques chaînes de calcaires secondaires, comme les vallées intérieures du Xeron-Oros (920 m.) ou Xero-Vouni, ou des terrains archéens sur le massif de Galtzades. Cette région plate est riche en flore, mais sur les zones les plus élevées, recouvertes essentiellement de forêts composée de Pinus pinea, pin d'Alep, et sous 800 m. la foret est recouverte de hêtre européen (Fagus sylvalica), Castanea et de Tilleul argenté (Tilia argeniea)[Note 5] Le cap Pondiki, est une position de l'ancien Artemisium, où se trouvait le temple de Diane Proseoa, célèbre par les premières luttes navales gréco-perses, décrites par Hérodote. Du port de Pefki jusqu'à la ville Agia-Anna, une route forestière couverte de pins découvre le cap Stravos en Thessalie, ses villages grecs, et les monts Xero-Vouni de l'Eubée[39].

Eubée centre[modifier | modifier le code]

Falaise rocheuse de la partie centre-est de l'île

Anthidona située sur la partie continentale, est une ville essentiellement estivale grâce à sa plage d'Alykes. Des fouilles archéologiques dans ces lieux, ont révélé le tombeau de Salganeas, navigateur béotien exécuté en l'an 480 avant Jésus-Christ par les Perses. Sur la côte de Loukissia d'importantes installations portuaires existent, de la période hellénique jusqu'à la période byzantine[40]. La région de Chalcis très industrielle, connue pour ses ouzeries, est proche d'une région montagneuse jusqu'au mont Dirfys (Réseau Natura 2000 "Gr2420003"), lieu sacré des anciens grecs pour honorer la déesse Héra. Au centre de l'île, Delphy, montagne la plus haute de l'île, s'élevant à 1 743 mètres, est enserrée de chaque côté par la mer et une partie volcanique[36]. Lieu de randonnées et d'escalades, la région montagneuse est couverte par une forêt abondante de sapins, traversée par de nombreuses cascades, où l'on rencontre des exploitations forestières et apicoles, visibles par ses nombreuses ruches d'abeilles rangées le long des routes ou chemins.

La zone forestière du Delphy variant de 700 mètres à 1 137 mètres, est une région montagneuse alpine rocheuse et est essentiellement peuplée de Juniperus nana, Nepeta, et d'Origanum pulchrum. Au pied du Delphy, se trouve la plaine de Gidais, élevé à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer, couvert de pistachiers lentisques, de térébinthes, d'arbousiers, de platanes et de lauriers-roses au bord des rivières. Au Sud de Gidais, s'élève le mont Drako-Spilon (422 mètres), formé de calcaires dolomitiques supra-jurassiques, et à l'est le dôme de l'Olympe (1 175 mètres). Au nord et à l'est du dôme de l'Olympe s'étend une plaine schisteuse, dont les plis varient entre 600 et 1 000 mètres d'altitude, sont recouverts par une garrigue clairsemée, et formant les monts de Vathya, de Trachili et de Paraméritais.

Les monts Kandili (1 209 mètres) prolongent le mont Hygia-Loutra qui forme des falaises, variant entre 800 et 1 200 mètres. Au nord de la chaîne Kandili s'étend les crêtes des monts de Kondo-Despoti et Pyxaria, constituées par des agglomérats de serpentine au mont Kédro et par de durs couches de calcaires de la période du crétacé. Les falaises des monts Mavro-Vouni et des monts Gérako-Vouni bordent la mer Égée au nord de Pyxaria. Ces chaînes forment un vaste synclinal dont l'axe est occupé par un turonien. Coupées à pic sur la mer Égée, ces chaînes présentent une configuration similaire aux monts Kandili[41]

Mont Delphy (1 137 mètres)

Eubée sud[modifier | modifier le code]

Tombolo de l'extrême sud de l'ile

La région sud de l'île est essentiellement un lieu de séjours touristiques, grâce à ses nombreuses liaisons routières (taxis et autocars) et ses liaisons maritimes par ferry à partir des villes de Karystos, Marmari, Styra et Panaghia vers les côtes de l'Attique. Certaines de ces villes, et à certaines époques, sont en liaison avec d'autres îles aux alentours. Cette situation privilégiée et touristique, est favorisée par la présence de nombreux hôtels de luxe et activités sportives offertes aux touristes européens et russes. Véritable grenier de l'île, les terres de cette province possèdent une agriculture portée essentiellement sur l'agroalimentaire et la culture oléicole.

La région méridionale rocheuse, est constituée de schistes et de masses calcaires. Les habitations sont peu nombreuses. La végétation est rare jusqu'au massif de l'Ocha (1 398 m)[42], et compose un maquis aride et inhospitalier. Couvrant une grande partie de la superficie sud de l'île, ce maquis est occupé par des buissons, ou des arbustes de myrte, de ciste, de spartium, ou de chênes frutescents épineux, comme le chêne kermès. Sur les plaines de Styra et de Karystos, au pied du mont de l'Ocha, on trouve une zone rurale, où l'on cultive des oliviers, des amandiers, et des figuiers[43].Le contraste entre la saison hivernale et la saison chaude, est très marqué sur le sud de l'ile. À l'automne la végétation se développe rapidement même sur les terres caillouteuses, mais le vent du sud brûle rapidement cette frêle végétation et rapidement les régions basses prennent un aspect de désolation[44].

Plantes endémiques[modifier | modifier le code]

Parmi les espèces endémiques de la flore eubéenne, les plus courantes appartiennent aux genres Centaurea, Dianthus, Campanula, Silene, Stachys, Galium, Trifolium, Verbascum, Achillea, Saxifraga, Erysimum, Senecio, Crocus et Allium.

Dans la région du Delphi, du Xéro-Vouni et des monts Kandili, se trouvent divers genres et espèces remarquables comme Arenaria suffruticosa, Hypericum, Asperula suffruticosa, Cineraria taygetea, Senecio eubœus, Stachelina uniflosculosa, Crepis incana, Origanum pulchrum, Lirium, Thymus, Sideritis, Stachys tetragona et Nepeta dirphya[45].

Économie[modifier | modifier le code]

L'île d'Eubée, a connu une forte migration et désertification vers le début du XIXe siècle, puisqu'elle ne possédait que 59 540 habitants en 1843, alors que par le passé elle en comptait plus de 300 000, au temps de sa prospérité. Actuellement, plus prospère grâce au tourisme, elle possède une population de 218 032 habitants[46][réf. à confirmer]. Sa faible population rend l'île d'Eubée fragile et dépendante du tourisme. L'agriculture n'est développée que sur quelques points du littoral, et essentiellement dans les environs de Chalcis et de Carystos. L'intérieur de l'île est montagneux et n'est habité que par des bergers, ou des forestiers.

Le gouvernement grec actuel encourage l'agriculture Eubéenne, en desséchant les marais des environs de Chalcis, développe les plantations et le greffage d'oliviers sur tout le territoire sud de l'île, modernise et développe le tracé des routes montagneuses et intensifie les autoroutes qui conduisent à Athènes capitale de la Grèce centrale[46]. L'île est principalement agricole : huile, céréales et figues sont cultivées, tandis que l'aviculture domine l'élevage. On trouve des mines de magnésite, minerai à la base de la production du magnésium[10]. En plein développement dans le Sud de l'île, la Mariculture sur le golfe de Galazia Nera pour l'élevage des bars et de dorades en pleine mer.

Municipalités[modifier | modifier le code]

Avant la réforme Kallikratis de 2010[modifier | modifier le code]

Dèmes et communautés du nome d'Eubée
Nom de municipalité Code de municipalité Siège Code postal
Aidipsos 1401 Loutra Edipsou 343 00
Dème des Amarynthiens 1402 Amarynthos 340 06
Anthidona 1403 Drosia 341 00
Artemísio 1404 Artemisio 342 00
Avlida 1405 Vathy 341 00
Avlona 1406 Avlonari 340 09
Karystos 1412 Karystos 340 01
Dème des Chalcidiens 1426 Chalcis 341 00
Dème des Dirfyens 1407 Steni Dirfyos 340 14
Dème des Dystiens 1408 Krieza 340 17
Dème des Élymniens 1409 Limni 340 05
Érétrie 1410 Érétrie 340 08
Istiaía 1411 Istiaía 342 00
Kirea 1414 Mantoudi 340 04
Konistres 1415 Konistrea 340 16
Kymi 1416 Kymi 340 03
Lilanti 1417 Vasiliko 340 02
Marmari 1419 Marmari 340 13
Messapia 1420 Psachna 344 00
Nea Artaki 1421 Nea Artaki 346 00
Dème du Nélée 1422 Aghía Ánna 340 10
Oraioi 1427 Oraioi 340 12
Skyros 1423 Scyros/Skyros 340 07
Dème des Styréens 1424 Styra 340 15
Taminei 345 00 Aliveri 345 00
Kafireas 1413 Amygdalia 340 01
Lichas 1418 Lichas Evvoias 343 00

Après la réforme Kallikratis[modifier | modifier le code]

Dèmes d'Eubée
Nom de municipalité Siège Numéro sur la carte
Histiée-Aidipsos Istiaía 4
Karystos Karystos 5
Dème des Chalcidiens Chalcis 1
Dème des Dirfyens-Messapiens Psachna 2
Mandoudi-Limni Limni 7
Érétrie Érétrie 3
Kymi-Aliveri Aliveri et Kymi (capitale historique) 6
Skyros Scyros/Skyros 8

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme de camping ou rural, basé sur le tourisme national essentiellement et peu sur le tourisme étranger, est en croissance ces dix dernières années. Le nombre d'étrangers qui circulent en camping-cars, réalisant des voyages itinérants, est en augmentation constante, mais insuffisamment. Les sites historiques intéressants peu signalés ou peu mis en valeur, les pôles d'attraction peu développés et les infrastructures d'hébergement peu adaptés pour une clientèle plus modeste, freinent le développement touristique de l'île[47]. Quelques territoires côtiers de l'île sont équipés d'hôtels de luxe, de restaurants typiques et de plages assiégées par un tourisme aisé de masse en période estivale. En réalité une immense partie de l'île est restée sauvage, et reste à découvrir. Les amoureux de ballades et de découvertes en voiture ou en moto, découvriront de magnifiques petits villages accrochés aux flancs des montagnes et de superbes plages quasi désertes, recouvertes de sable fin.

Région nord[modifier | modifier le code]

Stations thermales[modifier | modifier le code]

  • La station thermale de la ville de Loutra Edipsou (appelée thermes d'Héraclès) située dans le nord-ouest d'Eubée est une source d'eau chaude et minérale connue depuis l'Antiquité, qui selon les anciens était dédiée à Héraclès. Ses eaux sont réputées avoir soigné le légendaire Hercule (selon Strabon), ainsi que plusieurs empereurs romains comme Sylla. Anciennement appelée Ellopia Aquae, Pline l'Ancien en parle comme d'une des choses les plus remarquables de l'île et le révérend père Hardouin dit qu'elle est ainsi nommée du nom que portait l'Eubée, à savoir Ellopia[48].
  • La station thermale de la ville de Loutra Gialtron située dans le nord-ouest d'Eubée à 8 km de Lichada, est une source d'eau chaude.
  • La station thermale de Ilion, de moindre importance constitue aussi l'un des pôles d'attraction des visiteurs de l'Eubée.

Sites et monuments[modifier | modifier le code]

Basilique Osios-Ioannis-O-Rossos où se trouvent les reliques de saint Jean-le-Russe
  • Prokopi : musée de la forêt et la basilique Osios-Ioannis-O-Rossos
  • Mantoudi : musée cabane des Sarakatsanoi
  • Kirinthos : fortifications
  • Xérochori : gisements de terre pour la fabrication de briques et poteries ordinaires anciennes, à proximité de la ville.
  • Megas platanos : arbre monumental à Paraskevorema (entre Prokopi et Mantoudi)
  • Mémorial érigé à la mémoire des Grecs morts lors de l'invasion chypriote en 1974 par les Turcs : village de Spathari

Principales plages[modifier | modifier le code]

Région centre[modifier | modifier le code]

Les principales villes historiques et touristiques de l'Eubée sont sans aucun doute Chalcis et Eretrie. Ces deux villes connues depuis l'Antiquité ont été en Eubée, une aristocratie de riches propriétaires, appelés Hippobotes, qui régnèrent longtemps dans ces deux villes et avaient le droit de participer comme membre au gouvernement. Eretrie possédait les îles d'Andros, Tinos et Céos[Quand ?]. Lors d'une procession sacrée, Eretrie pouvait montrer à la foule six cents cavaliers, trois mille hommes d'infanterie pesamment armée et soixante chars. Chalcis et Érétrie longtemps rivales, à cause de la plaine Lélantienne, qui renfermait d'importantes mines de cuivre[49]. Le bourg de Kymi est une jolie petite ville pittoresque, comprenant de nombreuses maisons patriciennes en pierre taillée, qui se trouve au sommet de la falaise, ce qui lui vaut le surnom de « balcon de l'Égée ». Depuis 1981 un musée folklorique présente les coutumes de l'île et l'histoire de la ville.

Sites et monuments[modifier | modifier le code]

Monastère Agios Haralambos près d'Avlonari
  • Psachna : musée d'art populaire, musée historique de la guerre Anastasios liaskos à Kondodespoti
  • Triada : tour vénitienne
  • Monastère Agios Haralambos près d'Avlonari
  • Monastère de panagia-Perivleptou-Politikon
  • Monastère d'Agios-Ioannis-Kalyviti
  • monastère de Panagia-Makrymallis
  • Érétrie :
    • Musée archéologique,
    • Bains du IIIe siècle av. J.-C. (près du port),
    • Temple d'Isis du IVe siècle av. J.-C.
    • Sanctuaire d'Arès du IIe siècle av. J.-C.
    • Temple de Dionysos du IVe siècle av. J.-C.
    • Tombe des Érotes de style macédonien du IVe siècle av. J.-C.

Principales plages[modifier | modifier le code]

Plage de Chiliadou
  • Alikes : Alikes Drosies, plage de sable près d'Anthidon
  • Érétrie : plage de sable sur le front de la ville, jusqu'à la presqu'ile.
  • Kalamos : plage de sable touristique se trouvant à 9 km au sud d'Érétrie.
  • Levkandi : 7 km au sud de la ville de Chalcis.
  • Limnionas : plage de sable, site touristique
  • Chiliadou : plage de sable, site touristique

Région sud[modifier | modifier le code]

Sites et monuments[modifier | modifier le code]

Les Drakospitia (maisons des dragons) à Pali Laka
  • Amarynthos : monastère d'Agios-Nikolaos situé sur les hauteurs
  • Styra (Pali Laka) : les Drakospitia (maisons des dragons), bâtiments mégalithiques
  • Fylagras : château
  • Karistos : musée d'histoire naturelle locale
  • Platanistos : cap Cavo-Doro, pont, et ancien moulin à eau

Principales plages[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Réseaux routiers[modifier | modifier le code]

Route montagneuse aux environs de Kymi

Réseaux Aériens[modifier | modifier le code]

L'aéroport le plus proche pour se rendre sur l'île d'Eubée, est l'aéroport d'Athènes Eleftherios Venizelos. Chalcis capitale de l'île d'Eubée, se trouve à 64 km d'Athènes par la route.

Réseaux maritimes[modifier | modifier le code]

Ferry entre Eretrie et Skala Oropou (en)

Sports[modifier | modifier le code]

  • Sport nautiques à Chalcis et Eretrie
  • Ski-alpinisme sur le mont Dirtys (1 150 mètres d'altitude) à 42 km de Chalcis. Refuge du club alpin hellénique.

Produits locaux[modifier | modifier le code]

  • L'île d'Eubée est productrice de miel.
  • Skopelos est réputée pour la culture des prunes et des pruneaux.
  • Glossa est réputée pour la culture des amandes.
  • Dans les couvents, les religieuses tissent très souvent des tissus ou d'autres articles.
  • Les vins ont toujours marqué l'histoire de la Grèce antique, et en particulier l'île d'Eubée, région sèche, qui présente toutes les qualités pour produire une gamme de vins blancs, issus du cépage Savatiano ou Mavroudi, aussi appelés cépages indigènes[50].

Communications[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

  • Just Radio : Συχνότητα 93 fm. Ελ. Βενιζελου 20, 34100 Χαλκίδα
  • Pop FM : Συχνότητα 89,1 fm. Αβάντων, 34100 Χαλκίδα
  • Live FM : Συχνότητα 89,6 fm. Στύρων 5, 34100 Χαλκίδα
  • ΚΟΣΜΟΣ : Συχνότητα 100 fm. Αγία Ελεούσα, 34100 Χαλκίδα

Lieux[modifier | modifier le code]

Spécialités culinaires[modifier | modifier le code]

Séchage de poulpes à Amarinthos : mets très prisés par les Eubéens

La cuisine eubéenne donc grecque, est proche de la cuisine méditerranéenne. Les plats sont en général composés de produits frais, en petite quantité mais variés. On trouve des olives (vertes ou noires), du concombre, des tomates, du tarama, du caviar d'aubergine, et du fromage comme la fétà (Eubée fait partie de la zone d'appellation), mais aussi le kasseri, kefalotyri, mizithra et le metsovone. Les Eubéens consomment beaucoup de poissons grillés ou des fritures. Outre les plats typiques comme la moussaka, le souvlaki ou la salade grecque, la cuisine locale utilise essentiellement des poissons frais, ou des crustacés issus de la mer Égée. Elle se compose aussi d'autres ingrédients variés et d'épices. Eubée produit des vins blancs, des rosés et des rouges légers à boire en primeur, mais aussi des vins AOC, locaux ou vins de table, sans oublier l'Ouzo qui réunit la famille autour de la table[51].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Découvertes[modifier | modifier le code]

Le , six anciennes épaves ont été découvertes au large du golfe de l'île d'Eubée, datées entre le IIe siècle avant notre ère et le IVe de notre ère[52].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ellopie ou Ellopia est aussi une contrée de l'Eubée, historiquement c'est aussi un lieu dont les habitants migrants vers Histiée, forcés d'agrandirent cette ville, par la tyrannie de Philistide après la bataille de Leudres selon le témoignage de Strabon.
  2. La civilisation cycladique n'apparaît qu'à la fin du quatrième millénaire. Les archéologues divisent cette période préclassique en trois phases :
    – le Cycladique Ancien I (3200-2880 avant Jésus-Christ) ;
    – le Cycladique Ancien II (2800-2300 avant Jésus-Christ) ;
    – le Cycladique Ancien III (2300-2000 avant Jésus-Christ)
  3. Ce lieu de l'Eubée, a presque entièrement disparu lors d'un tremblement de terre, vers 426 avant l'ère chrétienne. Strabon, dit qu'Orobiœ était le siège d'un des oracles d'Apollon Sélinuntien. Les manuscrits donnent différentes orthographes au nom, comme, Orybae, ou Orobae
  4. C'est sur cette partie de l'Eubée, que les Athéniens établissent les colonies d'Erétrie et de Chalcis, habitée anciennement par les Abantes ou les Curetés. La ville de Chalcis est si puissante qu'elle se propage dans toute la péninsule de Macédoine
  5. Voir : J. F. Deprat, Notes préliminaires sur la géologie de l'île d'Eubée (Cr. Ac. Se, CXXXVI, 1903, p. 105-107 et B. S. Géol. de Fr., iv série, III, 1903, p. 229-243, 9 fig. coupes, 1 pl. carte à 1 ; 600 000). — Note sur la structure tectonique de l'île d'Eubée (Cr. Ac. Se, CXXXVII, 1903, p. 666-668). — Étude géologique et péb'ographique de l'île d'Eubée. Thèse de doctorat. Besançon, 1904. In-84 iv + 232 p., 150 fig. coupes et croquis, 15 pl. Coupes, phot. et cartes dont carte géol. et tectonique à 1 : 300000. On trouvera dans Ce volume, p. 24-26, rémunération des travaux antérieurs. — Sur la géologie du massif du Pélion (Thessalie) et sur l'influencé exercée par les massifs archéens sur la tectonique de l'Égéide (B. Si Géol, de Frti v sér., IV, 1904, p. 299-338, 17 fig; coupes et croquis

Références[modifier | modifier le code]

  1. (el)« Résultats du recensement de la population en 2011 »
  2. François Jean Gabriel de La Porte Du Theil, Adamantios Koraēs, Antoine-Jean Letronne, Pascal-François-Joseph Gossellin, Géographie, Volume 3, Paris, Impr. impériale,‎ 1812, p. 117, d'après Strabon, Géographie, X,1
  3. Lacroix 1853, p. 383
  4. Lacroix 1853, p. 384
  5. Iliade, II, 536–545
  6. Grimal, p. 136b.
  7. Otfried Muller, Histoire de la Littérature Grecque,‎ 1866, p. 227
  8. Thomas Gaisford, Poëtae Graeci minores (1814–1820), fragm. 4. V. Archilochi reliquiae, Leipzig, J. Liebel,‎ 1818, p. 144-151
  9. Friedrich Wilhelm Schneidewin, Delectus poesis Graecorum elegiacae, iambicae, melicae,‎ 1838-1839, p. 172
  10. a, b, c, d et e Desypris 1995, p. 144
  11. Karl Reber, Sandrine Huber, Sylvian Fachard, Thierry Theurillat, Claude Léderrey, Denis Knoepfler ; Robert Arndt, Amarinthos au début de l'âge du fer : Les activités de l'école Suisse d'archéologie en Grèce, laboratoire d'archéométrie au Centre national hellénique de recherches scientifiques Démokritos,‎ 2007, p. 3
  12. http://www.insecula.com/salle/EP0232.html
  13. a et b Connop Thirlwall, Histoire des origines de la Grèce ancienne, Paulin et Le Chevalier,‎ 1852, p. 85
  14. Raoul Rochette, Histoire critique de l'établissement des colonies grecques : Volume 3, Treuttel et Würtz,‎ 1815, p. 85
  15. William Smith, traduit par Napoléon Theil, Dictionnaire de biologie, mythologie, géographie anciennes, Librairie de Firmin Didot frères,‎ 1865, p. 175
  16. Désiré Raoul-Rochette, Histoire critique de l'établissement des colonies grecques, Annales de Géographie,‎ 1815, chap. 74, p. 289
  17. Lacroix 1853, p. 422
  18. Malamut, p. 83.
  19. a, b, c, d et e Lacroix 1853, p. 423
  20. Louis Bréhier Vie et mort de Byzance, p. 270
  21. Louis Bréhier op.cit p. 272 .
  22. Louis Bréhier op.cit p. 275
  23. Jean Longnon L’Empire latin de Constantinople et la Principauté de Morée Payot Paris 1949, p. 62 .
  24. Jean Longnon op.cit p. 91
  25. Jean LongnonOp.cit p. 120
  26. René Grousset, L'Empire du Levant : Histoire de la Question d'Orient, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique »,‎ 1949 (réimpr. 1979), 648 p. (ISBN 2-228-12530-X), p. 547 .
  27. a et b René Grousset op.cit p. 550
  28. a, b, c et d Lacroix 1853, p. 424
  29. René Grousset op.cit p. 551 .
  30. a et b Lacroix 1853, p. 425
  31. Louis Lacroix, Firmin-Didot[1], Iles de la Grèce - L'Univers: histoire et description de tous les peuples, Paris, Firmin Didot Frères,‎ 1853, p. 388
  32. Office national hellénique du tour SME (EOT) – Athènes : Page 5
  33. Atlas de la Grèce, p. 10-11.
  34. Lacroix 1853, p. 382-383
  35. a et b Atlas de la Grèce, p. 12-13
  36. a, b et c Adolphe Laurent Joanne, Émile Isambert, Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'Orient, Librairie de L. Hachette,‎ 11861, p. 161, 162, 163
  37. Jean-Paul Labourdette, Dominique Auzias, Iles grecques, Petit Futé,‎ 2010 (ISBN 2746927330), p. 146
  38. Musée de la forêt à Prokopi
  39. Louis Lacroix, Firmin-Didot, L'Univers: histoire et description de tous les peuples, Firmin Didot Frères, Éditeurs,‎ 1853 (ISBN 2747567621, ISSN 9782747567626), p. 405
  40. Avner Raban, Archaeology of coastal changes: proceedings of the First International Symposium, Haifa, B.A.R,‎ 1988 (ISBN 0860545199), p. 72
  41. J. F Deprat, Esquisse de la géographie physique de l'île d'Eubée dans ses relations avec la structure géologique, Annales de géographie,‎ 1905, chap. 74, p. 131
  42. J. F Deprat, Esquisse de la géographie physique de l'île d'Eubée dans ses relations avec la structure géologique, Annales de géographie,‎ 1905, chap. 74, p. 133
  43. J. F Deprat, Esquisse de la géographie physique de l'île d'Eubée dans ses relations avec la structure géologique, Annales de géographie,‎ 1905, chap. 74, p. 139
  44. J. F Deprat, Esquisse de la géographie physique de l'île d'Eubée dans ses relations avec la structure géologique, Annales de géographie,‎ 1905, chap. 74, p. 137
  45. A. Grisebach traduit de l'allemand par P. de Tchihatcheff, La végétation du globe, d'après sa disposition suivant les climats, Paris,‎ 1818
  46. a et b Antoine de Juchereau de Saint-Denys, Histoire de l'empire Ottoman, tome III, Au comptoir des imprimeurs-unis,‎ 1844, p. 367 et 396
  47. Páris Tsártas, La Grèce: du tourisme de masse au tourisme alternatif, Collection Tourismes et sociétés : Editions L'Harmattan,‎ 1965 (ISBN 2738464351, ISSN 9782738464354), p. 44
  48. Antoine Augustin Bruzen de La Martinière, Le Grand Dictionnaire géographique et critique, Volume 3, P. Gosse,‎ 1726, p. 252
  49. Connop Thirlwall, Histoire des origines de la Grèce ancienne, Paulin et Le Chevalier,‎ 1852, p. 411
  50. Office international de la vigne et du vin, Organisation internationale de la vigne et du vin, Bulletin de l'OIV : revue internationale : viticulture, œnologie, économie, droit, Volume 60, Paris, Office international de la vigne et du vin,‎ 1987, p. 1043
  51. http://www.amb-grece.fr/grece/vin_eubee.htm
  52. 6 épaves découvertes en Grèce, Le Figaro, 25 juillet 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robin Barber, Greece, Blue Guide, Londres, 1988. (ISBN 0-7136-2771-9)
  • (fr) Yiannis Desypris, 777 superbes îles grecques, Athènes, Toubi's,‎ 1995, 271 p. (ISBN 960-540-124-x)
  • (fr) Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine., PUF, Paris, 1951. (ISBN 2130444466)
  • (fr) Louis Lacroix, Îles de la Grèce, Paris, Firmin Didot,‎ 1853, 642 p. (ISBN 2-7196-0012-1)pour la réédition récente en fac-similé.
  • (fr) Élisabeth Malamut, Les îles de l'Empire byzantin, VIIIe ‑ XIIe siècles, Byzantina Sorbonensia 8, Paris, 1988. (ISBN 2-85944-164-6)
  • (fr) Michel Sivignon, Franck Auriac, Olivier Deslondes et Thomas Maloutas, Atlas de la Grèce., CNRS-Libergéo, La Documentation Française, 2003. (ISBN 2110053771)
  • (fr) J. Slot, Archipelagus Turbatus. Les Cyclades entre colonisation latine et occupation ottomane. c.1500-1718., Publications de l'Institut historique-archéologique néerlandais de Stamboul, 1982. (ISBN 9062580513)
  • (fr) Géographie de Strabon, traduit en français par Amédée Tardieu, Paris, 1867-1890, 4 vol.

Liens externes[modifier | modifier le code]