Aristide le Juste

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Ostrakon portant le nom d'Aristide, -483 / 482, Musée de l'Agora antique d'Athènes.

Aristide le Juste (en grec ancien Ἀριστείδης / Aristeidês), né v. -530 dans le dème d'Alopèce[1], mort en -467, est un homme d'État athénien.

Théophraste souligne la perplexité d’Aristide entre les principes de sa morale et les exigences de la politique, et dit de lui que, d'une justice de renom dans les affaires personnelles comme dans celles qui regardaient les particuliers, il ne consultait souvent, dans l'administration publique, que l'intérêt de sa patrie, qui exigeait de fréquentes injustices. Selon Théophraste toujours, dans son traité Sur le Plaisir[2] Aristide était bien plus brillant que tous les gens de sa génération, et ne se vautrait pas dans la volupté.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu des Eupatrides, groupe social des patriciens d'Athènes, et fils d'un dénommé Lysimaque, Aristide est stratège lors de la bataille de Marathon en -490. Chef du parti oligarchique, il est élu archonte éponyme en -489/-488 et s'oppose rapidement au démocrate Thémistocle et à sa politique d'impérialisme maritime. Selon certains auteurs, cités par Plutarque[3], leur rivalité remonte à l'enfance. Il dépeint Thémistocle comme hardi et rusé, et Aristide comme « « doté d'un caractère solide, tendu vers la justice, n'admettant aucune forme de mensonge, de flatterie ou de déguisement, même pour jouer »[4]. Selon Ariston de Céos, c'est plutôt une rivalité amoureuse qui se transforme en rivalité politique. Il est frappé d'ostracisme en -483, probablement en raison de son opposition à Thémistocle. Mais Aristide est rappelé lors de l'invasion de la Grèce par Xerxès et seconde Thémistocle à Salamine en -480. Aristote note ainsi à son sujet :

« [Thémistocle] passant pour habile dans l'art militaire, [Aristide] dans l'action politique, et supérieur en honnêteté à ses contemporains ; aussi employait-on l'un comme général et l'autre comme conseiller »[5].

Il contribue également de façon décisive à la victoire de Platées sur les Perses commandés par Mardonios en -479. Il institue également une fête, les Éleuthéries, en l'honneur de cette victoire.

Secondé par Cimon, le fils de Miltiade, il crée la ligue de Délos, dont il organise les statuts, en mai 477 av. J.-C.. Il prête notamment le serment initial et fixe le montant du phoros, le tribut fédéral. Parallèlement, il modifie le système politique athénien en ouvrant l'archontat à tous les citoyens.

Il meurt en -467 si pauvre, selon la tradition, que c'est l'État qui doit doter ses filles et pourvoir à ses funérailles. Démétrios de Phalère s'élève vivement contre ce récit et présente au contraire plusieurs preuves des richesses d'Aristide[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce dème était aussi celui de Socrate.
  2. en grec ancien περὶ ἡδονῆς
  3. Plutarque, Vie d'Aristide, I, 8-9.
  4. Plutarque, ibid.
  5. Aristote, Constitution d'Athènes, XXIII, p. 3.
  6. Plutarque, I, 2–3.

Sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) J.K. Davies, Athenian Propertied Families, 600-300 B.C., Oxford University Press, 1971 (ASIN 0198142730) ;
  • Edmond Lévy, La Grèce au Ve siècle de Clisthène à Socrate, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l'Antiquité »,‎ 1995 (ISBN 2-02-013128-5) ;
  • (en) D. Whitehead, Demes of Attica, 508/7-ca. 250 B.C.: A Political and Social Study, Princeton University Press, 1986 (ASIN 0691094128).

Articles connexes[modifier | modifier le code]