Agyrrhios

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Agyrrhios (grec ancien Ἀγύῤῥιος) est un homme politique athénien du IVe siècle av. J.-C., né à Collytos, dème d’Attique[1].

L’orateur Andocide, un de ses plus acharnés adversaires, le qualifia ironiquement de « noble et bon » (τὸν καλὸν κἀγαθὸν) après un séjour en prison de plusieurs années pour avoir détourné de l’argent public[2]. Vers 395 av. J.-C., au lendemain du rétablissement de la démocratie à Athènes, Agyrrhios institua le misthos ecclesiasticos, la rétribution par un salaire de la présence aux séances de l'assemblée du peuple[3] ; en revanche, il diminua le montant des prix attribués aux vainqueurs des concours de comédies[4]. La politique d'Agyrrhios le rendit très populaire au sein du peuple athénien, popularité qui a mené à son élection comme stratège (389 av. J.-C.)[5].

Le rôle d'Agyrrhios a été réévalué par les historiens de l’Antiquité : son nom apparaît en effet dans une importante inscription de 374/3 av. J.-C., découverte en 1986 à l’agora d’Athènes et publiée en 1998. Il s'y montre le promoteur d’une loi fiscale sur le grain des îles Lemnos, Imbros et Scyros[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. W. Smith (1867), "Agyrrhius", in W. Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, 1, Boston, p.  83
  2. Andocide, Sur les Mystères p.  65, éd. Reiske
  3. Claude Mossé, « Les esclaves banquiers à Athènes au IVe siècle av. J.-C. : une forme originale d'ascension sociale » dans Myriam Cottias, Allessandra Stella et Bernard Vincent (coord), Esclavage et dépendances serviles, L'Harmattan, 2006, p. 121
  4. W. Smith, op cit, d'après Harpocration, s.v. Θεωρικὰ, Suda, s.v. ἐκκλησιαστικὸν, Scholie ad Aristoph. Eccl. 102, Démosthène, c. Timocrate p.  742
  5. W. Smith, op cit, d'après Xénophon, Helléniques (IV. 8. § 31), Diodore de Sicile (XIV, 99), Philipp August Böckh, The Public Economy of Athens, pp.  223, 224, 316, etc. (2nd ed. Engl. transl.), Georg Friedrich Schömann, philologue, De Comitiis, p. 65, &c.
  6. R.S. Stroud, The Athenian Grain-Tax Law of 374/3 B.C. (Princeton, 1998) (= Hesperia S. 29); voir le compte-rendu de P.J. Rhodes, Bryn Mawr Classical Review 1999.03.13. Voir aussi Anna Magnetto, Donatella Erdas, Cristina Carusi (ed.), Nuove ricerche sulla legge granaria ateniese del 374/3 a.C (Pise, 2010) avec le compte-rendu d'A. D'Hautcourt, Bryn Mawr Classical Review 2012.01.34.