Bataille de Cyzique

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Bataille de Cyzique
Informations générales
Date -410
Lieu près de Cyzique, dans l'Hellespont
Issue Victoire athénienne
Belligérants
Athènes Sparte
Commandants
Alcibiade
Thrasybule
Théramène
Mindarus
Forces en présence
86 trirèmes 80 trirèmes
Pertes
minimes la flotte entière
Guerre du Péloponnèse
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La bataille de Cyzique est une bataille qui a eu lieu en -410, au cours de la guerre du Péloponnèse, près de Cyzique. Dans la bataille, une flotte athénienne commandée par Alcibiade, Thrasybule, et Théramène a complètement détruit une flotte commandée par le spartiate Mindarus. La victoire d'Athènes a permis de récupérer le contrôle sur un certain nombre de villes de l'Hellespont au cours de l'année suivante. À la suite de leur défaite, les Spartiates ont fait une offre de paix, qui a rejeté par les Athéniens.

Prélude[modifier | modifier le code]

En réponse à la victoire athénienne lors de la bataille d'Abydos, l'amiral spartiate Mindarus demanda des renforts à Sparte et prépara une nouvelle offensive en collaboration avec le satrape perse Pharnabaze. Dans le même temps, les athéniens étaient incapables de donner suite à leur victoire en raison de l'épuisement de leur trésor qui excluait toute opération majeure. Ainsi, au printemps -410, Mindarus avait construit une flotte de 80 navires et, avec l'appui des troupes de Pharnabaze, prit la cité de Cyzique. La flotte athénienne de l'Hellespont se replia de Sestos à Cardia pour éviter la flotte spartiate supérieure en nombre, et les navires d'Alcibiade, de Thrasybule et de Théramène furent combinés à cette flotte, créant ainsi une armada de 86 trières. Cette flotte, qui embarquait également une force terrestre commandée par Chariton, entra dans l'Hellespont pour défier Mindarus.

La bataille[modifier | modifier le code]

La flotte athénienne dépassa la base spartiate d'Abydos de nuit et établit une base sur l'île de Proconnèse, au nord-ouest de Cyzique. Le jour suivant, la flotte désembarqua les hommes de Chariton près de Cyzique et se divisa en deux groupes ; le premier, fort de 20 navires et commandé par Alcibiade, avança en direction de Cyzique, alors que le second restait à l'arrière. Mindarus, voyant une occasion d'attaquer ce qui apparaissait comme une force largement inférieure en nombre, se mit à donner la chasse à la flotte d'Alcibiade, qui battit en retraite. Quand les deux flottes furent loin du port, Alcibiade fit face à Mindarus alors que les navires de Thrasybule et Théramène apparaissaient pour lui couper la retraite. Mindarus, voyant le piège se refermer, fuit vers une plage au sud de Cyzique, où les troupes de Pharnabaze étaient situées. La flotte spartiate avait déjà souffert de quelques pertes lors du combat et atteignit le rivage avec les athéniens sur ses talons.

Les troupes d'Alcibiade, menant la poursuite, débarquèrent et tentèrent de ramener les navires spartiates en mer à l'aide de grappins. L'armée de Pharnabaze entra alors dans le combat et commença à repousser les athéniens, qui étaient inférieurs en nombre. Voyant cela, Thrasybule fit débarquer ses hommes pour créer une diversion et donna l'ordre à Théramène de combiner ses forces avec celles de Chariton et de se joindre au combat. Les forces de Thrasybule et d'Alcibiade durent tout d'abord reculer mais l'arrivée de Théramène et de Chariton changea le cours de la bataille. Les spartiates et les perses furent défaits, Mindarus fut tué et toute la flotte spartiate fut capturée.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Suite à cette victoire spectaculaire, les athéniens prirent le contrôle total des eaux de l'Hellespont. Le jour suivant la bataille, ils reprirent Cyzique qui se rendit sans combattre. Démoralisés par la destruction de leur flotte, les spartiates envoyèrent une ambassade à Athènes pour demander la paix mais les athéniens rejetèrent cette offre. Un corps expéditionnaire commandé par Thrasylle fut mis en place pour rejoindre les forces de l'Hellespont. Cette armée, toutefois, quitta Athènes seulement un an après la bataille et, même si les athéniens finirent par reprendre Byzance et par obtenir que Chalcédoine leur paye un tribut, ils ne profitèrent jamais vraiment de l'avantage que la bataille de Cyzique leur avait donné. La cause de cette inactivité est en grande partie financière car, même après la victoire, le trésor athénien ne pouvait supporter une offensive à grande échelle. Pendant ce temps, les spartiates, avec l'aide des perses, reconstruisirent rapidement une flotte pour amoindrir l'avantage pris par les athéniens. Athènes ne gagna plus qu'une seule bataille navale jusqu'à la fin de la guerre, aux Arginuses, et sa défaite à la bataille d'Aigos Potamos mit fin à la guerre. La bataille de Cyzique, bien qu'ayant été une victoire totale pour les athéniens, ne leur apporta aucun avantage durable et servit seulement à prolonger la guerre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire grecque de Xénophon, livre I (Trad. Talbot) - Lire sur Wikisource
  • (en) John Drogo Montagu, Battles of the Greek and Roman Worlds [détail des éditions]
  • Guerres et sociétés, mondes grecs, Ve-IVe siècles, ouvrage collectif, édition Atlande, 2000, ISBN 2-912232-14-7
  • Donald Kagan, The Peloponnesian War, Pengin Books, 2003

Références[modifier | modifier le code]