Eschine

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Eschine

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Buste d'Eschine, copie romaine d'un original du IVe siècle av. J.-C., musée Pio-Clementino

Activités orateur attique.
Naissance vers 390 av. J.-C.
Athènes
Décès 314 av. J.-C.
...
Langue d'écriture grec ancien
Genres discours.

Œuvres principales

Eschine en grec ancien Αἰσχίνης / Aiskhínês, né à Athènes vers 390 av. J.-C., mort en 314 av. J.-C., l'un des dix orateurs attiques, homme politique athénien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formations[modifier | modifier le code]

Né dans une famille pauvre du dème athénien de Cothocos, fils d'Atromète, maître d'école et Glaucothée, prêtresse d'une divinité étrangère, il a deux frères prénommés Démocharès et Aphobos. Doté d'un corps solide qui lui permet de faire de la gymnastique et d'avoir une forte voix, ce qui le destine au théâtre, à être souffleur puis acteur. Son père étant instituteur, il donne lui-même des cours de lettres, et servira comme greffier. C'est peut-être là qu'il se prend d'amour pour la vocation d'orateur. Il décide de suivre l'enseignement de Lysias, auprès de qui il apprend l'art oratoire et le métier d'avocat ; Léodamas, qui lui apprend les mathématiques, et Platon, auprès duquel il apprend la philosophie. Bon soldat, il accomplit son service militaire et accomplit plusieurs campagnes brillamment : il est décoré deux fois lors de la bataille de Mantinée contre les Thébains, puis en Eubée à la bataille de Tamynes contre les Eubéens révoltés.

La lutte contre Philippe de Macédoine[modifier | modifier le code]

En 348, après la chute d'Olynthe aux mains de Philippe II de Macédoine, il se fait remarquer en défendant l'idée d'une grande réunion des cités contre le Macédonien. Il participe à une ambassade envoyée en Arcadie à cette fin, mais essuie un échec qui le décourage tellement qu'il change de parti, et réclame désormais la paix avec Philippe.

La lutte contre Démosthène[modifier | modifier le code]

En 346, il fit partie, avec Euboulos et Philocrate, du groupe envoyé en ambassade en Macédoine afin de négocier la paix avec Philippe II : Il négocie la paix de Philocrate avec lui, et presque aussitôt, se trouve accusé par Timarque, un partisan de Démosthène, de corruption et de complicité avec Philippe. Eschine produit son discours Contre Timarque, et est acquitté . En 343 Démosthène revient à la charge, rédigeant pour cette occasion son discours Sur l'ambassade, auquel Eschine répond par son Sur la fausse ambassade. Cette fois, il est acquitté de justesse. En 339, il fait partie des délégués athéniens envoyés à l'amphictyonie de Delphes - pour être délégué athénien il faut se faire élire pilagore. Furieux des accusations d'Amphissa contre Athènes, il s'emporte et convainc l'amphictyonie de punir Amphissa, coupable d'avoir cultivé la plaine sacrée de Crisa, déclenchant ainsi l'une des Guerres sacrées.

En 336, Ctésiphon propose de voter l'attribution d'une couronne en or à Démosthène, pour s'être bien conduit dans l'exercice de ses charges. Eschine saisit l'occasion et attaque Ctésiphon en illégalité, car Démosthène n'a pas encore été soumis à reddition de compte pour les charges en question et la couronne d'or est délivrée au théâtre de Dionysos et non pas à la Pnyx ou à la Boulè comme c'est la coutume. Eschine prononce alors son fameux discours Contre Ctésiphon. Démosthène rédige la défense de Ctésiphon, bien entendu, c'est l'occasion de son plus fameux discours Sur la couronne qui blanchit Ctésiphon et humilie Eschine : ce dernier, n'ayant pas même obtenu un cinquième des voix, est condamné comme calomniateur, soumis à une amende de 1000 drachmes et se voit interdire de porter plainte.

Il se retire à Éphèse, puis à Rhodes où il ouvre une école de rhétorique. Il meurt à 75 ans, survivant à son grand rival Démosthène.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il ne nous reste d'Eschine que trois discours :

Il était considéré comme l'orateur le plus brillant de son temps, Démosthène excepté. Grand improvisateur et technicien, il lui manquait néanmoins la vigueur et l'emportement de ce dernier. Autodidacte, Eschine respectait scrupuleusement les règles de la rhétorique classique, notamment en ce qui concernait la composition du discours. Néanmoins, il avait aussi le sens de l'ironie, témoin ce célèbre passage du Contre Ctésiphon (166) où, parodiant les métaphores à la Démosthène, il prête à Ctésiphon des images saugrenues et ridicules :

« On ébourgeonne la république ; on a subitement tranché les nerfs de la démocratie ; nous sommes cousus, serrés comme des nattes… »

Bibliographie[modifier | modifier le code]