Saint-Clément-Rancoudray

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Saint-Clément-Rancoudray
Saint-Clément-Rancoudray
L'église Saint-Clément.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Avranches
Canton Le Mortainais
Intercommunalité Mont-Saint-Michel-Normandie
Maire
Mandat
Jean-Paul Brionne
2014-2020
Code postal 50140
Code commune 50456
Démographie
Population
municipale
545 hab. (2015 en augmentation de 1,68 % par rapport à 2010)
Densité 17 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 40′ 28″ nord, 0° 53′ 12″ ouest
Altitude Min. 225 m
Max. 321 m
Superficie 32,10 km2
Localisation

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Saint-Clément-Rancoudray est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 545 habitants[1]. Les deux villages n'ont cessé de fusionner et de se séparer au fil des siècles.

Géographie[modifier | modifier le code]

Couvrant 3 210 hectares, le territoire de Saint-Clément-Rancoudray était le plus étendu du canton de Mortain. Elle se situe à une altitude importante avec nombre de lieux au dessus de 300 m. Les hivers jusque dans les années 1980 voyaient souvent la neige : les coupures électriques, les routes coupées pour les bus et le laitier étaient récurrentes. La commune est traversée par la Cance mais bordée au nord par les vallées de la Sée et au sud par celle de la Sélune qui ne se rejoignent que dans la baie du Mont-Saint-Michel. Elle est aussi brièvement traversée dans sa partie sud en bordure de la forêt de Bourberouge par le GR 22 Paris - Mont-Saint-Michel, dans sa partie ouest par le GRP des Granitiers, ainsi que par l'ancienne voie de chemin de fer entre Sourdeval et Le Neufbourg, reconvertie en voie verte.

Communes limitrophes de Saint-Clément-Rancoudray[2]
Sourdeval,
Chérencé-le-Roussel
Sourdeval Sourdeval,
Ger
Saint-Barthélemy,
Le Neufbourg,
Mortain
Saint-Clément-Rancoudray Ger
Mortain Bion Ger,
Barenton,
Saint-Jean-du-Corail

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme ecclesia de Sancto Clemente en 1412[3].

Rancoudray repose sur le latin corylu de l'ancien français coudre « coudrier », suivi du suffixe latin -etu et précédé de l'adjectif rond, signifiant « le lieu rond planté de coudriers »[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

D'après la légende et les différentes notices que l'on trouvait dans l'église dont certaines datent des années 1950, puis 1970, puis 1980 (réimpression à l'époque du père Pascal), le nom de Rancoudray serait rattaché à son histoire. Étymologiquement, ran : « bélier », et coudray : « noisetier ». Rancoudray est à l'origine un sanctuaire marial dédié à Notre-Dame de Pitié. Un berger à la recherche d'un bélier égaré l'aurait retrouvé dans un massif de noisetiers, au pied d'une statue. À la suite de cette découverte, le prieuré de Mouton (sur la commune de Saint-Clément) aurait voulu l'accaparer mais la statue serait revenue sur ce lieu ou l'on édifia donc une chapelle 1160/1170[5]. Un pèlerinage s'est alors perpétué au long des siècles, vivace jusque dans les années 1980 où l'on chantait encore les vêpres l’après-midi. La statue est toujours visible à gauche du chœur, pietà qui fait ressentir la douleur d'une mère tenant son enfant mort sur ses genoux. C'est le plus ancien pèlerinage connu de la Manche[6] et peut-être de Basse-Normandie après le mont Saint-Michel (709).

La pietà actuelle est datée du XVe siècle, ce ne serait donc pas celle de la légende[7].

La chapelle fut rattachée à Moutons en 1649 lors de la création de cette paroisse de Rancoudray qui ne vécut que quelques dizaines d'années pour être fusionnée à Moutons en 1686. Le culte cesse à la chapelle en 1777. Elle fut rattachée à Saint-Clément en 1792[réf. incomplète][8].

Le pèlerinage aurait été connu de Saint Louis. Selon le sacristain en place vers 1980, il aurait fait don d'une chasuble ou d'une étole lors d'un déplacement[9]. Saint Louis connaissait Mortain puisqu'il en fit don à son oncle remuant pour s'attirer en vain sa reconnaissance. Une étole du XVIIe siècle est classée à titre d'objet aux Monuments historiques[10]

XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

En 1861, Saint-Clément (1 844 habitants en 1856) cède la partie sud de son territoire pour la création de la commune de Rancoudray (soit 403 habitants)[11],[12].

Plus récemment, lors de la bataille de Mortain, plusieurs familles sont parties en exode vers l'Orne. Ainsi, la famille Heuzé (Bel-Air) s'est déplacée jusqu'à la Sauvagère, emmenant une charrette chargée du principal, les deux enfants de 3 ans et 6 ans, la mère et la grand mère. A leur retour, le pignon ouest de la maison avait été touchée par les bombes. Dans les années 70, d'après les occupants, on trouvait encore des balles et même un reste de baïonnette.

Quant à la forêt de la Lande Pourrie qui borde la commune, entre la Fosse-Arthour et l'abbaye Blanche, elle a été identifiée par des universitaires de Caen comme pouvant avoir servi de modèle à celle des légendes arthuriennes par Chrétien de Troyes, mais aussi à Robert Wace (Gilles Susong)[13], recoupant ainsi les thèses de René Bansard. Mais elle recèle surtout de trous et puits de mine datant de l'exploitation des mines de fer (Forêt du domaine de Bourberouge, Barenton et saint Jean du Corail, voir surtout cette page). La soute à explosif en limite sud-est de la commune, non loin de la route a été rasée dans les années 2000. En limite sud-ouest, sur la même forêt, c'est le chêne à la vierge qui a été abattu lors de l'exploitation de la parcelle adjacente. La Brousse à l'ouest puis les Renardieres sont autant de nom de champs ou de lieudits trahissant dans cette partie des défrichements plus ou moins récents, visibles parfois par les écarts des champs ou de la forêt qui faisait la limite en des temps anciens.

Le carrefour des Gigannières était dans les années 1950 un lieu fréquenté où se tenait un bar, mais aussi un charron, avec forge, atelier de menuiserie et banc de scie pour débiter des grumes.

L'est de Saint-Clément était très proche des fours des potiers du Placitre (actuel musée de la poterie) auxquels elle fournissait de la main d'œuvre. Le nom du Placitre pourrait être rapproché du prieuré de Mouton, à 1,5 km.

Quand au hameau de Bel air, il suffit de s'y trouver, dans la perspective de la vallée de la Meude, pour comprendre son nom, face à la vallée de la Sélune qui se déroule et permet de voir au-delà des crêtes du Teilleul, ce qui explique aussi les tirs d'artillerie lors de la bataille de Mortain.

En 1973, les deux communes fusionnent à nouveau, Rancoudray gardant le statut de commune associée. La fusion devient totale le 1er janvier 2015[14].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1989[15] en cours Jean-Paul Brionne[16] SE Entrepreneur travaux publics
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de quinze membres, dont le maire et deux adjoints[16]. L'un des conseillers est maire délégué de la commune associée de Rancoudray.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[17]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[18].

En 2015, la commune comptait 545 habitants[Note 1], en augmentation de 1,68 % par rapport à 2010 (Manche : +0,11 %, France hors Mayotte : +2,44 %). Saint-Clément a compté jusqu'à 1 444 habitants en 1856, mais les deux communes, séparées en 1861, totalisaient 1 503 habitants en 1876 (1 080 pour Saint-Clément, 423 pour Rancoudray).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1901 2241 2741 3321 4231 3531 3951 4171 434
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4441 0261 0611 0491 080987947967883
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
840821826753743761719740750
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
647640736763667581541536545
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution démographique de Rancoudray entre 1861 et 1973
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
403428443423418400404
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931
383331340337286287256
1936 1946 1954 1962 1968 - -
269234247235192--
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes.
(Sources : EHESS[12])

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de Rancoudray et son église.
  • Église paroissiale de l'Assomption à Rancoudray, reconstruite au début du XXe siècle. Elle abrite un tableau du XVIIe siècle (saint Stanislas Kostka communié par un ange) classé à titre d'objet aux Monuments historiques[20], mais aussi une pieta en pierre polychrome du XVe siècle, à l'inventaire du CAOA de la Manche[7], accompagnée des fonts baptismaux et d'une bannière. Ces fonts proviennent de l'ancien prieuré royal de Mouton[7], curieux retour des choses au regard de la piéta de la légende que le prieuré avait tenté de s'attacher en vain.
  • le monument aux morts, en contrebas de cette église, construit avec les pierres de la chapelle précédente, sur le lieu de celle-ci, et où se tiennent les pèlerinages.
  • Église néo-gothique de Saint-Clément (XIXe siècle).
  • De nombreux calvaires attestent du passé de Saint-Clément-Rancoudray, datant pour certains du XVIIe siècle.
  • Il y a aussi à Saint-Clément-Rancoudray l'abbaye bénédictine de Moutons, qui fut fondée au XIIe siècle. Les bâtiments que l'on peut actuellement observer sur place datent du XVIIe siècle. Cette abbaye fut plus tard transférée à Avranches en 1693.
  • Dans la forêt de la Lande Pourrie à Rancoudray se trouvent, perdus et souvent inaccessibles, des vestiges préhistoriques et antiques, tel que le dolmen de la Roche-Grise.

Durant la Révolution, de nombreux hommes d'Église de Mortain et des alentours y trouvèrent refuge[21].

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Fêtes patronales le 23 novembre (le jour de la Saint-Clément), et le 15 août.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2015.
  2. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  3. Ernest Nègre - 1998 - Toponymie générale de la France: Tome 3, page 1536, (ISBN 2600028846).
  4. Cahier des Annales de Normandie - René Lepelley - Les noms de communes de l'arrondissement d'Avranches (Manche) - pages 559 et 565.
  5. « lieux-marials-dans-la-manche », sur http://www.coutances.catholique.fr
  6. http://le-petit-manchot.fr, « CC 28.08 Rancoudray Sanctuaire | CC | Le Petit Manchot | histoire patrimoine personnage », sur www.le-petit-manchot.fr (consulté le 20 septembre 2018)
  7. a, b et c « Objets d'Art, Patrimoine, Musée, Musées de la Manche », sur objet.art.manche.fr (consulté le 20 septembre 2018)
  8. Le site internet de la CAOA 50 (conservation des antiquités et objets d'arts) en utilisant la recherche "d'objets par édifice" puis en cliquant sur l'échelle des communes pour aller sur Saint-Clément-Rancoudray".
  9. http://www.saint-georges-de-rouelley.a3w.fr/Donnees/Structures/80318/Upload/192424.pdf
  10. « Chasuble, étole, manipule », notice no PM50001508, base Palissy, ministère français de la Culture.
  11. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Rancoudray », sur EHESS, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 21 septembre 2011)
  13. « Brocéliande et la fontaine de Barenton », sur www.paysdebroceliande.com (consulté le 17 septembre 2018)
  14. « Préfecture de la Manche - Recueil des actes administratifs, janvier 2015 » [PDF] (consulté le 6 mars 2015) : page 7, arrêté no 14-210 du 23 décembre 2014 portant suppression de la commune associée de Rancoudray et transformation de la fusion-association entre les communes de Saint-Clément et de Rancoudray en fusion simple.
  15. « Jean-Paul Brionne réélu maire pour un 5e mandat », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 5 mars 2015)
  16. a et b Réélection 2014 : « Saint-Clément-Rancoudray (50140) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 6 mai 2014)
  17. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  18. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  20. « Tableau : Saint Stanislas Kotska communié par un ange », notice no PM50001512, base Palissy, ministère français de la Culture
  21. Gilles Buisson et Léon Blouet, La Petite Église dans le sud de la Manche ; le culte clandestin à Rancoudray et Saint-Clément pendant la Révolution, 28 p., Imprimerie Lechaplais, Saint-Hilaire, 1964 (extrait de la Revue de l'Avranchais, t. 41, p. 183-210, 1964)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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