Cuves (Manche)

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Cuves
Église Saint-Denis.
Église Saint-Denis.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Avranches
Canton Isigny-le-Buat
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Sée
Maire
Mandat
Francis Turpin
2014-2020
Code postal 50670
Code commune 50158
Démographie
Population
municipale
299 hab. (2013)
Densité 31 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 43′ 10″ N 1° 06′ 15″ O / 48.7194444444, -1.1041666666748° 43′ 10″ Nord 1° 06′ 15″ Ouest / 48.7194444444, -1.10416666667
Altitude 67 m (min. : 32 m) (max. : 128 m)
Superficie 9,69 km2
Localisation

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Cuves

Cuves est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 299 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[modifier | modifier le code]

  • [gén.] Cuvarum 1082 [1].
  • Jordan[us] de Cuvis 1156/1158 (?) [2].
  • Robertus de Cuvis 1198 [3].
  • [abl.] Cupis s.d. [~13e s.] [1].
  • Cuves 1253 [4], 1333 [5].
  • decanatus de Cupis 1369/1370, 1371/1372 [6].
  • [abl.] Sancto Dyonisio de Cupis 1369/1370 [7].
  • decanatus de Cuppis 1412 [8].
  • ecclesia de Sancto Dionisio de Cuppis 1412 [9].
  • decanatus de Cupis ~1480 [10].
  • ecclesia Sancti Dyonisii de Cuppis ~1480 [11].
  • Cuves 1552 [12], 1554 [13].
  • Cuuer [lire Cuves] 1585 [14].
  • Cuver [lire Cuves] 1594 [15], ~1630 [16].
  • Cuves 1631 [17].
  • Cunes [lire Cuves] 1635 [18].
  • Cuves 1612/1636 [19].
  • Ceve [lire Cuve] 1650 [20].
  • Cuves 1661 [21], 1677 [22], 1694 [23].
  • Caves [lire Cuves] 1694 [24].
  • Caues [lire Cuves] 1695 [25].
  • Cavas [lire Cuves] ~1700 [26].
  • Cuves 1706 [27], 1713 [28], 1716 [29], 1719 [30], 1719 [31].
  • Cavas [lire Cuves] 1720 [32].
  • Cuves 1720 [33], 1742 [34], 1758 [35], 1768 [36], 1771 [37], 1777 [38], 1780 [39], 1753/1785 [40].
  • Saint Denis de Cuves 1793 [41].
  • Cuves 1801 [42].
  • Cuves ou Saint-Denis-de-Cuves 1804 [43].
  • Cuves-sur-Sées 1828 [44].
  • Cuves 1829 [45], 1830 [46], 1837 [47], 1839 [48], 1854 [49], 1825/1866 [50].
  • Saint-Denis-de-Cuves 1878 [51].
  • Cuves 1880 [52], 1903 [53], 1962 [54], 1972 [55], 1978, 1993 [56], 2007 [57].

Étymologie[modifier | modifier le code]

☞ Du XIVe au XIXe siècle, Cuves a été également désignée sous le nom alternatif de Saint-Denis-de-Cuves, d'après la dédicace de son église, à la suite du partage au Moyen Âge du territoire initial de Cuves en deux paroisses, Saint-Denis et Saint-Laurent-de-Cuves. On notera par ailleurs le nom de Cuves-sur-Sée, proposé en 1828 par Louis Du Bois d'après la rivière qui longe la commune, mais cette appellation ne s'imposa pas[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La source la plus ancienne citant la paroisse de Cuves est conservée aux archives de la Manche. C’est un vidimus de 1333 de la charte de fondation de l’église collégiale de Mortain. Ce document rappelle qu’en l’année 1082, le seigneur Robert de Cuves et son fils Raoul, concédèrent l’ensemble des droits banals de la seigneurie de Cuves à l’église collégiale de Mortain ; et ce, dans le but de créer en l’église de Cuves une charge de grand chantre.

Le doyenné de Saint-Denis-de-Cuves

Un manuscrit du XIVe siècle rapporte que le doyenné de Saint-Denis-de-Cuves regroupait alors les paroisses de :

Saint-Pois, Saint-Denis-de-Cuves, Le Mesnil-Gilbert, Saint-Michel-de-Montjoie, Le Mesnil-Adelée, Saint-Pierre-de-Cresnay, Notre-Dame-de-Cresnay, La Mancellière, Montgothier, Le Mesnil-Ozenne, La Chapelle-Urée, Saint-Marc-du-Grand-Celland, Brécey, Les Loges, Saint-Laurent-de-Cuves, Coulouvray, Lingeard, Chasseguey, Boisyvon, Montigny, Reffuveille.

Ce n’est qu’au début du XIXe siècle, à la suite de la Constitution de l’An VIII et du Concordat de 1801, que Cuves rompit ses liens avec l’église collégiale de Mortain en perdant sa qualité de doyenné et en étant rattaché à Avranches.

La vicomté de Saint-Denis-de-Cuves

Jusqu’en 1749, Saint-Denis-de-Cuves était le lieu d’une juridiction administrée par le vicomte de Mortain. En tant que lieutenant de justice, le vicomte jugeait directement ou par délégation en son absence. C’est d’ailleurs à cet effet qu’était érigée une potence au lieu-dit de La Ponterie, sur l’actuelle route de Brécey.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 mars 2008 Claude Béfort SE Agriculteur
mars 2008 en cours Francis Turpin[2] SE Producteur de fraises
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 299 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
850 803 816 801 901 911 911 885 798
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
801 830 797 769 738 739 715 671 681
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
684 653 615 567 568 552 577 585 580
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 -
508 474 424 349 297 360 357 299 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Patrimoine[modifier | modifier le code]

L’église paroissiale[modifier | modifier le code]

Extérieur[modifier | modifier le code]

L’église de Cuves fut achevée en 1713. Sa tour fut élevée vers 1745 et la chapelle, dédiée à la Vierge, fut construite en 1749. Sur le mur d’enceinte de l’église se trouve une croix devant laquelle les fidèles priaient pour guérir de la peste comme le suggèrent les bubons sculptés à sa base.

Croix de l'enceinte de l'église.

Intérieur[modifier | modifier le code]

Détail du tableau du maître-autel.

L'autel et le grand retable furent placés en 1714. Le tableau du maître-autel (La Présentation au Temple) est attribué à Vincent de La Vente (1680-1741)[5].

La Présentation au Temple par Vincent de la Vente

L’artiste sépare sa composition en deux registres : un registre céleste où prennent place les anges parmi les nuées assistant à la scène du registre terrestre, la présentation de l’enfant Jésus devant le grand prêtre du Temple de Jérusalem. Cette mise en scène d’un registre céleste étroitement lié au registre terrestre est un canon courant dans la peinture religieuse de la Réforme catholique initiée par le Concile de Trente.

Le peintre utilise une composition pyramidale matérialisée par l’escalier qui mène au grand prêtre, ce qui dynamise la scène en créant un rythme ascensionnel. L’enfant Jésus est le centre de la composition. Les personnages autour de lui sont en adoration. La Vierge Marie est vêtue du blanc symbole de pureté et de son manteau bleu. Elle adopte une posture d’orante pleine de sérénité : c’est la Vierge sans pêchés, rien ne peut la perturber, sa pureté semble déjà la mettre hors du monde terrestre. Le grand prêtre dont la vieillesse et la barbe reflètent la sagesse lève les yeux au ciel et fait le lien avec les anges du registre céleste. En bas de l’escalier à droite, une mère attend son tour avec son enfant. Cette dernière, avec les deux servants du prêtre, fait partie des personnages du premier plan qui créent une profondeur au tableau. L’un des servants, vu de dos en action, sert de personnage repoussoir pour accentuer cet effet de profondeur, en complément du pavage. L’autre à gauche, monté sur un banc, allume un candélabre, ce qui accroît la verticalité de la scène. L’architecture antique à l’arrière-plan souligne la majesté de l’évènement. Même si le peintre a accordé de l’importance au candélabre, lui ajoutant des volutes, ce n’est pas de lui que la lumière vient, mais bien de l’enfant Jésus.

 

Chœur de l'église.

Très probablement contemporaines de la construction de l’église voire antérieures (limite XVIIe - XVIIIe siècles), deux statues prennent les traits de Saint Denis portant sa tête coupée (céphalophore) et de Saint Gorgon[6],[7].

  • Premier évêque de Lutèce (Paris actuel), Saint Denis fait l’objet d’une dévotion très populaire au Moyen Age où il est représenté portant sa tête ; en rappel de sa décapitation. Il est un des saints auxquels on fait appel pour lutter contre la rage, les céphalées et les possessions sataniques.
  • Officier de l’empereur romain Dioclétien (244 - 311 ap. J.C) comme le rappellent sa cuirasse et sa toge, Saint Gorgon fut victime des persécutions anti-chrétiennes de l’empereur. Il était particulièrement prié pour favoriser la guérison des rhumatismes.
Saint Denis

On notera aussi la présence d'une chaire à prêcher datée de l'année 1698; remarquable par ses angelots sculptés[8].

Détail de la chaire à prêcher

Les bulles pontificales de Saint-Denis-de-Cuves[modifier | modifier le code]

La bulle pontificale est un acte juridique émanant de la chancellerie du Saint-Siège. Ce document, source historique de grande valeur pour les chercheurs, pose les différentes décisions de la papauté au sujet de la vie des chrétiens de par le monde.

Par ces bulles, les papes Sixte Quint (1587) et Alexandre VII (1664) octroyèrent à la confrérie de Saint-Denis-de-Cuves des indulgences. En d’autres termes, sous réserve d’assister à différentes célébrations religieuses, les membres de la confrérie pouvaient bénéficier de la rémission partielle ou totale de leurs péchés. 

La bulle de Sixte V (1587)[modifier | modifier le code]

Fac-similé de la bulle de Sixte V conservée aux archives départementales de la Manche.

Cette pratique de l’octroi d’indulgences, généralisée avec le mouvement de la Contre-Réforme, accompagne une dynamique catholique de renouveau spirituel et de réorganisation des paroisses.

A ce mouvement contre-réformiste s’ajoute le contexte politique français instable des guerres de religion où un parti de catholiques ( la Ligue catholique) cherche à affirmer son pouvoir sur la foi protestante.

On peut le noter, la bulle de Sixte V a été scellée durant les guerres de religion. Or, les évêques d’Avranches, Georges de Péricard (1583-1587) et François de Péricard (1588-1639), grâce à qui cette bulle a été promulguée, étaient ultra-catholiques et proches de la papauté. Ils refusaient de reconnaître Henri de Navarre (futur Henri IV) comme héritier du trône de France en raison de ses origines protestantes. En obtenant du Pape une bulle, fût-elle destinée à un doyenné très éloigné de Rome, l'épiscopat avranchinais envoya un message subtil mais clair au roi de France: affirmer la prééminence du Saint-Siège face au protestantisme dans un royaume encore divisé.

Larges extraits de la bulle traduits par M. le chanoine Vautier, ancien supérieur de l'Ecole Germain, curé-doyen de Cerisy-la-Salle:

Portrait du pape Sixte V

"Le Pontife Romain a reçu du Seigneur, en la personne de Saint Pierre, chef des Apôtres, le pouvoir de lier et de délier les âmes sur la terre. Aussi, pour exciter la piété de tous les fidèles confiés à sa charge, il les invite de temps à autre avec bonté et en vue de leur procurer l'expiation de leurs péchés, à visiter pieusement les églises dédiées à la gloire et à l'honneur de Dieu. De plus, il enrichit ces églises d'indulgences afin que, grâce à ce don, les fidèles qui font de bonnes œuvres méritent d'obtenir ce qu'ils ne pourraient acquérir par leur propre mérite dans le Royaume des Cieux.

Nous avons appris qu'une pieuse Confrérie a été canoniquement fondée sous le patronage de Saint Denys, dans l'église paroissiale de Saint-Denys au Diocèse d'Avranches, non pas seulement pour les hommes d'un métier déterminé, que les fils de cette Confrérie se dévouent à toutes les bonnes œuvres pour la louange de Dieu et le salut des âmes.

Aussi, pour les encourager, ... confiants dans la miséricorde de Dieu et dans celle des bienheureux Apôtres Pierre et Paul et dans leur autorité, nous leurs accordons:

(Aux nouveaux adhérents) au premier jour de leur entrée et réception, pourvu qu'ils aient reçu le Très Saint Sacrement du Corps du Christ, une indulgence plénière; (à l'heure de la mort et dans les mêmes conditions) l'indulgence plénière et la rémission de tous leurs péchés; (le jour de la fête de l'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie) à tous ceux qui réellement contrits et confessés visiteront la susdite église à partir des premières vêpres jusqu'au coucher du soleil et qui prieront Dieu en ce lieu pour la Sainte Eglise Romaine, la conversation et le développement de la loi catholique...le maintien de la paix, la concorde et l'union entre les peuples chrétiens, l'extirpation des hérésies, la conversion des païens, nous accordons une indulgence de sept ans et sept quarantaines."[9]

Arsène Garnier

  • Sur l'actuelle route de Brécey, au lieu-dit de la Noblerie, se trouve la grande maison construite par Arsène Garnier à son retour de Guernesey[10].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2013.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Cuves — Wikimanche », sur www.wikimanche.fr (consulté le 31 octobre 2015)
  2. Réélection 2014 : « Cuves (50670) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 12 mai 2014)
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2008, 2013.
  5. « Inventaire - Monuments historiques »
  6. « Inventaire - Monuments historiques »
  7. « Inventaire - Monuments historiques »
  8. « Inventaire - Monuments historiques »
  9. Léon BLOUET, Les bulles pontificales de Saint-Denys-de-Cuves, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Imprimerie Lechaplais,‎ , 40 p.
  10. « Arsène Garnier »
  11. Voir l'article de WikiManche.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Blouet, Léon, Les bulles pontificales de Saint-Denys-de-Cuves, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Imprimerie Lechaplais, 1961, 40 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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