Peggy Lee

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Peggy Lee
Description de cette image, également commentée ci-après
Peggy Lee en 1950.
Informations générales
Nom de naissance Norma Deloris Egstrom
Naissance
Jamestown, Dakota du Nord
Décès (à 81 ans)
Los Angeles
Activité principale Chanteuse, actrice
Genre musical Jazz
Années actives 1941 - 1996
Labels Decca Records, Capitol Records
Peggy Lee dans Le Cabaret des étoiles (1943).
Peggy Lee avec Danny Thomas en 1951.
Peggy Lee avec Harold Arlen et Vic Damone.

Peggy Lee (pseudonyme de Norma Deloris Egstrom) est une chanteuse, auteure-compositrice de chansons et actrice américaine, née le à Jamestown (Dakota du Nord), et morte le à Los Angeles, dans le quartier de Bel Air (Californie).

Peggy Lee a exercé une des plus importantes influences musicales du XXe siècle dans le domaine de la chanson, comme le soulignent des artistes aussi divers que Paul McCartney, Bette Midler, Madonna, k.d. lang, Elvis Costello, Dr. John, et nombre d'autres. En tant que compositrice, elle a collaboré avec Benny Goodman, Dave Barbour (son mari), et Sonny Burke, Victor Young, Francis Lai, Dave Grusin, John Chiodini et Duke Ellington ; ce dernier a déclaré au sujet des talents de chanteuse de Peggy Lee « Si je suis le Duc, alors Peggy est la Reine ». Tony Bennett la célèbre comme étant la Frank Sinatra féminine. Elle a été associée aux grandes chanteuses de jazz comme Billie Holiday, Mildred Bailey, Ella Fitzgerald et Bessie Smith.En tant qu'actrice, elle a été nominée aux Oscars pour son rôle dans Pete Kelly's Blues.

Frank Sinatra, Ella Fitzgerald, Judy Garland, Dean Martin, Bing Crosby et Louis Armstrong l'ont tous citée comme une de leurs chanteuses préférées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Peggy Lee

Peggy Lee (Norma Deloris Egstrom) est la sixième des sept enfants de Marvin Egstrom, un cheminot d'origine suédoise qui travaille comme responsable du dépôt de la Midland Continental Railroad (en) et de Selma (Anderson) Egstrom, d'origine norvégienne. Norma a quatre ans quand sa mère meurt à l'âge de 39 ans, son père, un alcoolique, se remarie avec Min Schaumberg, une femme brutale et alcoolique quand Norma a six ans. À partir de ses dix ans, Norma est assignée par sa belle mère à diverses corvées dès qu'elle rentre de l'école. Durant ses études secondaires, à ses 14 ans, la jeune Norma découvre la musique, elle va y trouver une échappatoire à la folie de sa belle-mère malade mentale qui la bat. À la maison, dès qu'elle le peut elle écoute à la radio les succès à la mode et va au cinéma pour visionner les comédies musicales et grâce à une voisine elle apprend le piano. Quand Doc Haynes, vient avec son orchestre donner un bal dans l'établissement d'enseignement secondaire (High School) que fréquente Norma, il la rencontre et après l'avoir fait chanter, il lui propose de venir chanter pour lui dans l'émission hebdomadaire qu'il donne sur la KOVC, station de radio de Valley City dans le Dakota du Nord ; mais auparavant il lui faut être auditionnée par Bob Ingstad, le patron de la station, et par Belle Ginsberg la pianiste de la station ; Norma leur chante You Oughta Be in Pictures, un succès du crooner Rudy Vallee, elle emporte l'adhésion, Bob Ingstad l'embauche pour qu'elle chante chaque dimanche après midi pendant un quart d'heure, juste avant l'émission consacrée à la chanteuse Edith Butcher qui dira à son sujet qu'elle avait le jazz dans la peau. Doc Haynes lui propose également de chanter au sein de son orchestre. C'est ainsi que Norma commence sa carrière musicale comme chanteuse d’orchestre du Doc Haynes Orchestra le , lors d'un un bal du nouvel an donné à Valley City. Norma continue de chanter pour lui chaque semaine pour une rémunération de 50 cents, Doc Haynes la surnomme « My little blues singer / ma petite chanteuse de blues ». Quand elle obtient son diplôme de fin d'études secondaires, elle quitte le foyer familial et travaille comme serveuse dans le café du seul hôtel de Jamestown. Grâce à un client de l’hôtel qui connait Ken Kennedy, le directeur de la station de radio WDAY de Fargo, la plus grande ville du Dakota du Nord, elle passe une audition, celle-ci est un succès. Ken Kennedy, pour mieux faire sonner sonner son nom et l'américaniser il recommande à Norma de prendre le nom de scène de "Peggy Lee", nom qu'elle accepte et qui ne la quittera plus. La matinée, Peggy travaille dans une boulangerie pour après se rendre à la station de radio pour participer à l'émission le Noonday variety show où elle se produit pour 1,50 $ de l'heure. Pour arrondir ses fins de mois, elle chante également pour diverses formations locales et travaille pour un disquaire où elle se familiarise avec les grands compositeurs de musique populaire et de comédies musicales comme Cole Porter, Harold Arlen, Jerôme Kern, Richard Rodgers[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8].

Carrière[modifier | modifier le code]

Les débuts à Los Angeles[modifier | modifier le code]

En 1937, Peggy se décide à se rendre à Los Angeles, elle est accueillie par une amie, Gladys Rasmussen, à la station de chemin de fer la Deco Union Station au centre ville de Los Angeles. Gladys et elle partage un appartement et elles arpentent les rues pour trouver un emploi, elles sont embauchées par le Harry's Café à Balboa Island, Newport Beach (en), Gladys comme serveuse et Peggy comme cuisinière et le propriétaire leur trouve un logement à proximité. Dans ses temps de pause Peggy met un nickel ( pièce de 5 cents de dollar américain) dans le juke box pour inlassablement écouter Don’t Be That Way (de) le succès du clarinettiste et chef de big band Benny Goodman. Régulièrement, elle fait de l'auto-stop pour se rendre à Los Angeles, lors de ses pérégrinations, elle découvre le club de jazz le Jade, le propriétaire Larry Potter est à la recherche de nouveaux talents, Peggy Lee le contacte pour une audition, c'est un succès, Larry Potter l'embauche pour un cachet de 2,5 $ pour chacune de ses prestations[9].

L'épouse de Larry Potter prend Peggy sous son aile et lui offre une tenue de scène. Et peu après Larry Potter embauche Peggy pour un cachet de 30 $, ce qui permet à Peggy de ses consacrer uniquement à sa carrière musicale. La chanteuse Mary Norman va faire découvrir à Peggy Lee Duke Ellington et Count Basie et lui donner des conseils pour chanter leurs succès. À la fin de l'année elle tombe malade victime d'une angine sévère, elle doit se reposer et pour cela, sur les conseils des médecins, elle repart à Fargo pour se rendre chez un proche de sa famille. Son angine évolue en amygdalite et elle se fait opérer des amygdales par un médecin de Hillsboro, le lendemain, à cause d'une hémorragie, elle doit se faire admettre au Deaconess Hospital de Grand Forks, cette opération va modifier le timbre de la voix de Peggy Lee en lui apportant un grain rauque[10].

Le retour à Fargo[modifier | modifier le code]

En 1938, Peggy relance sa carrière en chantant pour le Powers Hotel Coffee Shop de l'hôtel Powers situé au 400 Broadway North de Fargo[11], où elle est accompagnée par l'organiste et pianiste Lloyd Collins. Ce café est l’équivalent du Jade de Los Angeles. Ils y donnent deux récitals le dimanche et un le vendredi et un le samedi pour un cachet de 15 $ par semaine[12],[13].

Ken Kennedy ayant appris que Peggy était de retour à Fargo, lui demande si elle accepterait de devenir la chanteuse de l'orchestre de Sev Olson qui est une petite formation de neuf instrumentistes qui se produit à Minneapolis, ce qui lui permettrait d'avoir un accompagnement musical plus conséquent que lui de Lloyd Collins. Peggy lui répond par l'affirmative, car elle sait qu'à Minneapolis il existe plusieurs Ballrooms où viennent jouer divers big bands de jazz. Quand Peggy arrive à Minneapolis en même temps que Benny Goodman, Tommy Dorsey et leurs orchestres. Peggy s'installe dans le Raddison Hotel avec les autres membres du Sev Olson's Band. Quand Peggy chante Body and Soul, c'est l’enchantement et régulièrement les concerts du Sev Olson's Band font salle pleine et Peggy passe sur la station de radio KSTP. Quand Will Osborne (singer) (en) l'un des principaux chef d'orchestre de danse est en quête d'une chanteuse, et le fait savoir à Ken Kennedy qui passe son annonce à la radio, Peggy se présente à une audition, elle chante le standard I Can't Give You Anything but Love et elle obtient le job, contrat qui va la propulser sur la scène nationale[14].

La Californie[modifier | modifier le code]

En novembre 1939, Peggy part avec le Sev Olson's Band pour une tournée sur la Côte ouest, leur première étape est Saint Louis (Missouri) la ville de Louis Armstrong et de Bix Beiderbecke, mais arrivée sur place Peggy doit à nouveau subir une opération de la gorge, ce qui fait capoter la tournée. Une fois remise de son opération Peggy est invitée par le pianiste Max Schall à devenir la chanteuse de sa formation et à se produire à nouveau au Jade où le public l'accueillera les bras ouverts. Quand le parolier Jack Brooks apprend la nouvelle de son retour à Los Angeles, il lui propose de l'introduire auprès des clubs de jazz de Palm Springs qui est la ville de villégiature fréquentée par le "gratin" de Hollywood : Clark Gable, Bette Davis, Carole Lombard, Errol Flynn, Gary Cooper, Peter Lorre, James Cagney, etc. Un jeune crooner y fait ses débuts : Frank Sinatra. Un samedi soir, alors que l'acteur Jack Benny et son staff viennent au Doll House, dès que Peggy se met à chanter avec un nouveau style fait de sensibilité intimiste, l'auditoire se pétrifie d'émotion[15].

Peggy Lee et Benny Goodman[modifier | modifier le code]

En 1941, Frank Bering, le propriétaire de plusieurs hôtel de Chicago[16] et découvreur de talents, de passage à Palm Spring, se rend au club de jazz le Doll House, et fait passer une audition à Peggy pour l'embaucher éventuellement pour son très chic salon de thé de son hôtel Ambassador à Chicago. Peggy chante The Man I love de George Gershwin, chanson que Helen Forrest (en) avait enregistré en décembre 1939 avec le big band de Benny Goodman et qui fut l'un de leurs plus grand succès ; or Hellen Forrest venait de quitter Benny Goodman pour rejoindre l'orchestre de Harry James, laissant ainsi Benny Goodman sans chanteuse depuis le mois d’août 1941[17],[18]. Frank Bering est impressionné par Peggy et voit l'occasion de proposer une succession de Helen Forrest à Benny Goodman lorsqu'il sera de passage à Chicago. Peggy prend le train à Chicago où elle est logée à l'hôtel l'Ambassador, elle découvre un monde de luxe qu'elle ne connaissait pas. Dès son arrivée, elle signe un contrat avec la William Morris Agency, dirigée par William Morris Jr. (en), agence artistique qui avait lancé et dirigé la carrière de nombreuses vedettes du jazz comme Artie Shaw ou Glenn Miller, en plus de nombreuses stars du cinéma. Peggy commence à se produire dans le salon de thé, Claude Thornhill lui propose se joindre à son orchestre mais cela est impossible car pour cela il aurait fallu rompre le contrat qui la lie à William Morris. Enfin à la fin de l'été 1941, Benny Goodman et son orchestre arrivent à Chicago. Benny est à un tournant de sa carrière son batteur Gene Krupa et sa première trompette Harry James l'ont quitté pour former leurs propres formations et le style du swing classique sature le monde de la danse et celui des ondes radio, il faut trouver de nouveaux musiciens et un nouveau style, dans sa recherche, il est en quête d'une chanteuse qui sera capable d'improviser au même titre qu'un instrumentiste de son nouveau big band[19].

Benny Goodman s'installe à l’hôtel Ambassador ; sa fiancée Lady Alice Duckworth[20] l'emmène au salon de thé pour y écouter la nouvelle chanteuse. Benny Goodman, intrigué se décide à y prendre un dîner avec Alice et son compositeur et arrangeur Mel Powell (en) pour écouter Peggy Lee accompagnée par un quartet. Après l'interprétation particulièrement inspirée de These Foolish Things par Peggy Lee, Mel Powell conseille à Benny Goodman de l'embaucher pour remplacer Helen Forrest. Quand à la fin de la soirée Benny Goodman fait savoir par l'intermédiaire d'une serveuse qu'il invite Peggy pour le rencontrer le lendemain pour envisager une collaboration, Peggy s'est demandée s'il ne s'agissait pas d'une farce, mais face à l'insistance de la serveuse, elle comprend que c'est du sérieux. Le lendemain Benny, connu pour son laconisme en matière de travail va être direct avec Peggy « Mettez une tenue élégante et venez travailler avec moi dès ce soir ! », sans qu'il soit question d'une répétition avec l'orchestre. Le soir même, Peggy commence sa carrière au sein de l'orchestre de Benny Goodman par un concert donné au College Inn , c'est un succède immédiat, le public l'applaudit, la ferveur du public explose quand elle chante Sing, sing, sing. Peggy Lee sera la chanteuse de Benny Goodman, pendant les deux années du sommet de sa popularité[21],[22],[23],[24],[25].

Le Peggy Lee enregistre pour la Columbia son premier titre avec le Benny Goodman Orchestra, il s'agit d'Elmer's Tune (en), un succès de Glenn Miller, morceau présentant des difficultés par ses multiples changements de tonalités, après une nuit de répétition et de tension, l'enregistrement se fait. Peggy ne se contente pas d'être la chanteuse de Benny Goodman , elle commence également à composer des chansons, à la fin de l'année 1941, Benny Goodman joue sa première composition Little Fool, mais Peggy ne l'enregistrera jamais. En septembre 1941, Peggy et l'orchestre partent pour une tournée d'un mois dans le New Jersey. Pendant le voyage, Peggy lit les partitions de l'orchestre, découvre la complexité des arrangements des titres joués pour s'y familiariser et se les approprier. Lors des concerts elle chante notamment Let's Do It, I See a Million People. Le , elle enregistre une version de Let's Do It (le standard de Cole Porter), arrangée par elle même, premier exemple de son style propre où elle brouille la frontière entre le chant et le langage oral parlé, exprimant émotion intense et intériorité. Lors de la même session, elle enregistre un autre morceau arrangé par elle même, That's the Way It Goes d'Alec Wilder avec des improvisations de Cootie Williams à la trompette et de Benny Goodman à la clarinette, c'est le premier enregistrement qui provoque un engouement, où elle est remarquée en tant chanteuse à part entière et non plus en tant que chanteuse de l'orchestre de Benny Goodman. Des années plus tard, le compositeur et chef d’orchestre André Previn[26], rapproche ces premiers enregistrements de Peggy Lee au style de Billie Holiday. En octobre 1941, Peggy enregistre son premier titre qui va la faire figurer dans les classements musicaux, I Got It Bad (and That Ain't Good) (en) de Duke Ellington, toujours avec des accompagnements de Cootie Williams et de Benny Goodman, selon les critiques qui écoutent ce titre, son timbre de voix est tel qu'il est impossible de savoir s'il s'agit d'une chanteuse blanche ou afro-américaine. Peggy et Benny Goodman quittent le New Jersey pour New York. En novembre 1941, elle enregistre deux titres, Somebody Nobody Loves et How Long Has This Been Going On? (en) de George Gershwin, ce dernier titre chanté en la mineur suscite les critiques positives notamment celle du Metronome (magazine) (en) qui voit en cette version une interprétation majeure, son style de voix mêlant émotion intériorisée et intimité l'impose au public[27].

À la fin du mois de décembre 1941, marqué par l'entrée en guerre des États-Unis après l’attaque japonaise de Pearl Harbour du 7 décembre 1941, Peggy Lee enregistre avec le sextet de Benny Goodman deux morceaux qui deviendront des standards du jazz Blues in the Night (musique de Harold Arlen et paroles de Johnny Mercer)[28] et Where or When (en) (musique de Richard Rodgers et paroles de Lorenz Hart) qui marquent un tournant dans la maturité vocale de Peggy Lee, interprétations saluées par plusieurs critiques de la revue Metronome (magazine) (en). D'autres succès vont suivre, That Did It, Marie et Somebody Else Is Taking My Place[29] enregistrés en Janvier 1942. Elle est également reconnue par les grands jazzmen qui règnent sur la scène new-yorkaise, Fats Waller, Count Basie, Duke Ellington, Louis Armstrong qui viennent lui rendre visite à son hôtel le Terrace Room[30].

En mars 1942, la situation financière de Peggy Lee s'est améliorée, elle touche 60 $ par semaine, elle peut maintenant louer un appartement dans le quartier West Village de Manhattan qu'elle partage avec la chanteuse Jane Leslie Larabee. Sa réputation est assise, les critiques du Metronome comme Leonard Feather (qui épousera sa colocataire Jane Leslie Larabee en 1945), ou son rédacteur en chef George T. Simon (en) font maintenant partie de son cercle de relations[31].

L'orchestre de Benny Goodman part en tournée pour soutenir l'effort de guerre en faisant de la publicité pour l'achat de bons de la défense. Lors de cette tournée Peggy accompagnée par l'orchestre de Benny Goodman enregistre Why Don't You Do Right[32] qui est une reprise de ce morceau précédemment enregistré en 1936 par la chanteuse de blues Lil Green accompagnée par le guitariste Big Bill Broonzy, la version de Peggy est faite qu'on pourrait la croire interprétée par Bessie Smith ou Billie Holiday[33].

La rencontre avec Dave Barbour[modifier | modifier le code]

Peggy Lee







En , Peggy Lee se marie avec Dave Barbour, le guitariste du big band de Benny Goodman[2]. Quand Peggy Lee et Dave Barbour quittent le l'orchestre de Benny Goodman, il est décidé qu'il travaillerait en studio pendant qu'elle resterait à la maison pour élever leur fille, Nicki. Mais elle revient bien vite à l'écriture de chansons et occasionnellement à l'enregistrement pour le tout nouveau label Capitol Records en 1944, pour lequel elle produit de nombreux hits, dont beaucoup co-écrits avec Barbour, notamment I Don't Know Enough About You et It's a Good Day (1946). L'enregistrement du hit Mañana (Is Soon Enough for Me)[34] en 1948, marque la fin de son retrait ; la chanson est n° 1 aux États-Unis durant 9 semaines cette année-là entre mars et mai[35].

Cette même année, elle rejoint Perry Como et Jo Stafford, invités tournants du programme musical du The Chesterfield Supper Club (en) sur NBC[36].

Elle quitte Capitol pour quelque temps dans les années 1950 mais revient en 1957. Elle est notamment connue pour sa reprise du tube de Little Willie John, Fever, auquel elle ajoute ses propres paroles sans copyright ("Romeo loved Juliet", "Captain Smith and Pocahontas")[37],[38], sa version devient la version de référence qui sera reprise maintes fois de Tom Jones à Madonna[39] et pour son interprétation de Is That All There Is? de Jerry Leiber & Mike Stoller[40].

Sa collaboration avec le label Capitol dure presque trois décennies, indépendamment du bref, mais détour de 1952 à 1956 par Decca Records, pour lequel elle enregistre Black coffee, un de ses albums les plus reconnus par la critique[24],[41]. Pendant sa période pour Decca, ses chansons Lover, Big Spender et M.. Wonderful sont aussi devenues des hits[42],[39],[43].


L'auteure-compositrice[modifier | modifier le code]

Elle est aussi connue en tant que auteure-compositrice de chansons comme celles du film de Walt Disney La Belle et le Clochard (The Siamese Cat Song[44]) pour lequel elle a aussi donné sa voix à quatre personnages. Ses collaborateurs compositeurs, à part Dave Barbour, ont été Laurindo Almeida, Harold Arlen, Sonny Burke, Cy Coleman, Gene DiNovi, Duke Ellington, Dave Grusin, Dick Hazard, Quincy Jones, Francis Lai, Jack Marshall, Johnny Mandel, Marian McPartland, Willard Robison, Lalo Schifrin, Hubie Wheeler et Victor Young[45],[24],[46].

Elle a écrit les paroles de I Don't Know Enough About You, It's A Good Day, I'm Gonna Go Fishin', The Heart Is A Lonely Hunter, The Shining Sea, He's A Tramp, The Siamese Cat Song, There Will Be Another Spring, Sans Souci, What's New?, Things Are Swinging, Don't Smoke in Bed, I Love Being Here With You, de beaucoup d'autres et en particulier de Johnny Guitar[47].

Lors de l'émergence du rock'n'roll, elle est un des piliers de Capitol et la première à reconnaître ce nouveau genre. De 1957 jusqu'à son dernier album pour la maison de disques en 1972, elle produit régulièrement deux ou trois albums par an qui comprennent généralement des standards (souvent arrangés dans un style différent de l'original), ses propres compositions, et des compositions de jeunes artistes.

Carrière d'actrice[modifier | modifier le code]

Peggy Lee a également joué dans plusieurs films. En 1952, elle joue face à Danny Thomas dans un remake du film Le chanteur de jazz d'Al Jolson[46]. En 1955, elle interprète une chanteuse de blues accablée et alcoolique dans Pete Kelly's Blues, rôle pour lequel elle a été nommée aux Oscars[48].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Elle continue de chanter jusque dans les années 1990, quelquefois en fauteuil roulant[55]. Elle étonne encore le public et les critiques. Après des années de mauvaise santé, liée à une addiction au tranquillisants et l'alcool, Peggy Lee décède des suites de complications liées au diabète et d'une crise cardiaque à l'âge de 81 ans dans sa résidence de Bel Air à Los Angeles[56],[7],[53],[54].

Peggy Lee est inhumée au Westwood Village Memorial Park Cemetery de Los Angeles[57].

Regards sur son œuvre[modifier | modifier le code]

Le critique et producteur de jazz Leonard Feather a écrit en 1969, « Si vous n'êtes pas ému en entendant la voix de Peggy Lee, c'est que vous êtes mort. »[58].

Duke Ellington l'appelle « The Queen » (La reine)[59] et Tony Bennett la célèbre comme étant la Frank Sinatra féminine[60],[61]. Comme Frank Sinatra, elle a débuté à l'ère du big band, puis ils se font fait connaître comme chanteurs solistes au style unique, qui fera leur célébrité, tous deux ont fait du cinéma (Sinatra beaucoup plus que Lee) et étaient enracinés dans le monde du jazz. Comme Frank Sinatra, Peggy Lee n'a pas reçu de son vivant la reconnaissance qu'elle mérite en tant qu'artiste de jazz. Mais, dans les deux cas, la preuve reste dans leurs enregistrements, témoignages de talents qui ont traversé le monde de la musique pop sans jamais perdre leurs enracinements dans le jazz[62]. Comme Frank Sinatra, Peggy Lee a séduit des millions de personnes avec son grain de voix sensuel et sophistiqué[40].

Albums[modifier | modifier le code]

Capitol Records[modifier | modifier le code]

Decca Records[modifier | modifier le code]

Capitol Records[modifier | modifier le code]

Albums Post-Capitol[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Anecdote[modifier | modifier le code]

En 1988, lorsque le président Ronald Reagan accueille le président François Mitterand à la Maison Blanche, Peggy Lee est invitée pour chanter du blues devant eux[72].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Peggy Lee | American singer and songwriter », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 15 août 2019)
  2. a b c et d (en-US) « Peggy Lee | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 14 février 2021)
  3. (en-US) Peter Richmond, Fever: The Life and Music of Miss Peggy Lee, Henry Holt and Co., , 449 p. (ISBN 9780805073836, lire en ligne), p. 14-15, 20, 33-35, 44-49
  4. (en) Staff and agencies, « Peggy Lee dies at 81 », sur the Guardian, (consulté le 14 février 2021)
  5. (en-US) Anita Gates, « ‘Is That All There Is?,’ a Peggy Lee Biography (Published 2014) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 14 février 2021)
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  8. (en-US) « CNN.com - Singer Peggy Lee dead of heart attack at 81 - January 22, 2002 », sur edition.cnn.com (consulté le 14 février 2021)
  9. (en-US) Peter Richmond, Op. cit., p. 50-53
  10. (en-US) Peter Richmond, Op. cit., p. 53-56
  11. (en-US) « A history walk through Downtown Fargo », sur Visit Fargo-Moorhead, (consulté le 17 février 2021)
  12. (en-US) Anne Commire, Op.cit., p. 299
  13. (en-US) Peter Richmond, Op. cit., p. 57-64
  14. (en-US) Peter Richmond, Op. cit., p. 65-67
  15. (en-US) Peter Richmond, Op. cit, p. 68-71
  16. (en-US) « Desert Sun 5 April 1965 — California Digital Newspaper Collection », sur cdnc.ucr.edu (consulté le 21 février 2021)
  17. (en-US) Mike Zirpolo, « “When the Sun Comes Out” and “This is New” (1941) Benny Goodman with Helen Forrest », sur Swing & Beyond, (consulté le 21 février 2021)
  18. (en) « Helen Forrest », sur Jewish Women's Archive (consulté le 21 février 2021)
  19. (en-US) Peter Richmond, Op. cit., p. 71-74 et 84-86
  20. (en-US) « BENNY GOODMAN'S WIFE, ALICE IL, IS DEAD AT 72 (Published 1978) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 23 février 2021)
  21. (en-US) « Encyclopedia of the Great Plains | LEE, PEGGY (1920-2002) », sur plainshumanities.unl.edu (consulté le 14 février 2021)
  22. « Eternelle Peggy Lee », sur France Musique (consulté le 14 février 2021)
  23. (en-US) Anne Commire, Op. cit., p. 297
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  27. (en-US) Peter Richmond, Op. cit., p. 89-102
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  30. (en-US) Peter Richmond, Op. cit., p. 109-111
  31. (en-US) Peter Richmond, Op. cit., p. 113-114
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  59. (en-US) Enid Nemy, « Peggy Lee, Singer Whose Understated Style Kept Sizzling for Six Decades, Dies at 81 (Published 2002) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 15 février 2021)
  60. (en-US) FWBP Staff, « Peggy Lee ‘Fever’ continues during centennial celebration », sur Fort Worth Business Press, (consulté le 14 février 2021)
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  62. (en-US) DON HECKMAN, « Peggy Lee Did Do Right by Her Material », sur Los Angeles Times, (consulté le 14 février 2021)
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  69. « Peggy Lee | Songwriters Hall of Fame », sur www.songhall.org (consulté le 14 février 2021)
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  72. (en-US) John Lamb | May 26th 2020 - 8am, « Is that all there is? Not for North Dakota's Peggy Lee, whose music continues to find new fans », sur Grand Forks Herald (consulté le 16 février 2021)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article dans des encyclopédies ou manuels de référence[modifier | modifier le code]

  • (en-US) Leonard Feather & Ira Gitler (dir.), The Encyclopedia of Jazz in the Seventies, Da Capo Press, janvier 1977, rééd. 1 décembre 1988, 401 p. (ISBN 9780306802904, lire en ligne), p. 223,
  • (en-US) Brian Case & Stan Britt, The Illustrated Encyclopedia of Jazz, Harmony Books, juin 1978, rééd. 12 décembre 1988, 225 p. (ISBN 9780517533437, lire en ligne), p. 125,
  • (en-US) Henry Pleasants, The Great American Popular Singers, Simon & Schuster, , 387 p. (ISBN 9780671540999, lire en ligne), p. 343-357. ,
  • (en-US) Donald Clarke (dir.), The Penguin Encyclopedia of Popular Music, Penguin Books, 13 septembre 1989, rééd. 1 mai 1999, 1378 p. (ISBN 9780140513707, lire en ligne), p. 692-693,
  • (en-US) Phil Hardy, The Faber Companion to 20th-Century Popular Music, Faber & Faber, 1990, rééd. 9 avril 2001, 1250 p. (ISBN 9780571196081, lire en ligne), p. 572,
  • (en-US) Roy Hemming & David Hajdu (dir.), Discovering Great Singers Of Classic Pop, Newmarket Press, , 295 p. (ISBN 9781557040725, lire en ligne), p. 141-145. ,
  • (en-US) Colin Larkin (dir.), The Encyclopedia of Popular Music, volume 4, Muze / Grove's Dictionaries, , 840 p. (ISBN 9781561592371, lire en ligne), p. 684-685,
  • (en-US) Leonard Feather (dir.), The Biographical Encyclopedia of Jazz, Oxford University Press, USA, 18 novembre 1999, rééd. 1 avril 2007, 718 p. (ISBN 9780195320008, lire en ligne), p. 406-407,
  • (en-US) Anne Commire (dir.), Women in World History, Volume 9, Yorkin Publications /Gale Cengage, , 847 p. (ISBN 9780787640682, lire en ligne), p. 297-302. 

Autobiographie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • (en-US) Robert Strom, Miss Peggy Lee: A Career Chronicle, Jefferson (Caroline du Nord), McFarland & Company, , 311 p. (ISBN 9780786419364),
  • (en-US) Peter Richmond, Fever : the life and music of Miss Peggy Lee, New York, Henry Holt and Company., , 449 p. (ISBN 9780805073836, lire en ligne). ,

Liens externes[modifier | modifier le code]

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