Touchstone Pictures

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Touchstone Pictures
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Création
Disparition 2019
Fondateurs Ron Miller, Richard Berger
Forme juridique société anonyme
Siège social Burbank
Actionnaires The Walt Disney Company et Walt Disney StudiosVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité cinéma
Produits films
Société mère The Walt Disney Studios
Sociétés sœurs Hollywood Pictures
Walt Disney Pictures
Filiales Touchstone Television
Site web www.touchstonepictures.com

Touchstone Pictures était une filiale de Walt Disney Company créée pour produire des films destinés à un public plus adulte, réservant les productions associées à la famille et à la jeunesse au label Disney. Le label cinématographique a été créé en 1984 par Ron Miller et sa première production fut Splash. Les films de Touchstone, comme tous les films de Walt Disney Company, étaient distribués par Buena Vista International. Le studio disparait définitivement en 2019 à la suite du rachat de 20th Century Studios par The Walt Disney Company[1],[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Touchstone Pictures

Le label adulte de Disney

Début 1984
Fin 2019
Studios Walt Disney Studios Burbank (1984-2019)
Périodes
1922-1937 Premières productions
1937-1941 Premiers longs métrages d'animation
1941-1950 Première grève, Seconde Guerre mondiale
1950-1973 Télévision, films et décès de Walt Disney
1973-1988 Le studio endormi et Touchstone
1989-1995 Renaissance et Second âge d'or
1995-2005 Animation de synthèse et suites et Pixar
2006-aujourd'hui Pixar aux commandes
Franchises
XXIe siècle Liste au XXIe siècle

Contexte[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1970, avec la fin des projets lancés par le défunt Walt Disney, mort en 1966, le studio rentre dans une phase difficile avec plusieurs échecs et un problème d'identité. Les productions cinématographiques et télévisuelles sont regroupées sous le studio historique Walt Disney Productions. Au début des années 1980, le studio commence à se réorganiser avec la création du studio Walt Disney Pictures, Walt Disney Productions devenant la maison-mère, et les productions télévisuelles sont confiées à Walt Disney Television. Mais le fait d'avoir un studio cinématographique pose problème car la direction cherche à élargir son public pour ne pas être cantonné aux films pour enfants.

En 1981, Gary Arnold du Washington Post écrit que le film Max et le Diable démontre un problème d'image de soi au sein de l'entreprise Disney qui cherche désespérément son public[3]. Pour Gary Arnold, ce problème est lié aux récents déboires du studio après l'échec du Trou noir, le contrecoup d'une farce réalisée par de jeunes cinéastes avec Une nuit folle, folle et le « presque reniement d'une production inachevée », un film à suspenses nommé Les Yeux de la forêt[3]. Suite à la sortie du film, de nombreux américains ont écrit au studio pour se plaindre que Walt Disney n'aurait jamais permis autant de jurons inutiles dans un film[4]. C'est en partie avec ces retours que l'idée de créer un label plus adulte a émergeait au sein de la direction de Disney dont Ron Miller[4].

À l'occasion de la création du nouveau label cinématographique, le New York Times revient sur les années précédentes[5]. Le quotidien mentionne des pertes de 27 millions d'USD pour l'année 1982 et 33 millions d'USD pour 1983[5]. Pour l'année 1982, le quotidien cumule les mauvais résultats des films Les Yeux de la forêt (1981), un film à suspense surnaturel, La Nuit de l'évasion (1981), une échappée en ballon depuis l'Allemagne de l'Est et Tron (1982)[5]. Pour 1983, la majorité consiste au mauvais résultat de La Foire des ténèbres (1983) qui portait le label Disney tandis que le film Un homme parmi les loups pour lequel la relation avec Disney avait été cachée recevait un bon accueil[5]. Pour résoudre ce problème, la société Walt Disney Productions décide de crée un nouveau label cinématographique plus adulte[5].

1984 : Création[modifier | modifier le code]

En 1983, Ron Miller, gendre de Walt Disney et alors PDG de Disney décide de remercier Tom Wilhite, alors responsable des productions cinématographiques en raison des échecs du studio[6]. Miller nomme Richard Berger à la tête de Walt Disney Pictures[6]. L'une des dernières actions de Tom Wilhite est d'inciter le studio a développer un second label cinématographique[6]. En juin 1983, grâce au contrat Silver Screen Partners le studio récolte des fonds pour produire plusieurs films[7]. C'est Richard Berger quio prendre en charge la création de ce second label[6]. Berger déclare qu'à l'époque le public ne sait pas quel studio produit des films comme Star Wars ou Indiana Jones ni Tron mais si vous mettez Disney en haut d'un film érotique ou pornographique comme Emmanuelle (1974), alors il se dit qu'il peut y aller avec ses enfants[8].

Le label a été créé le sous le nom Touchstone Films[5],[9] par Ron Miller, afin « de produire des films plus matures que les standards Disney »[10]. Un autre nom envisagé était Silver Wind (« Vent d'argent »)[5]. Le premier film distribué sous ce label est Splash qui sort le [5],[10]. Ricardo Mestres est nommé vice-président des productions de Touchstone, puis devient le premier président d'Hollywood Pictures, à sa création en 1989[11].

Très vite, Touchstone est devenue une unité de Disney très rentable. Le premier film classé R (les moins de 17 ans doivent être accompagnés par un adulte) de la société a été Le Clochard de Beverly Hills (Down and Out in Beverly Hills) en 1986.

1985 à 2006 : Label phare d'Hollywood[modifier | modifier le code]

En avril 1986, le label signe un contrat de diffusion des films pour cinq ans sur la chaîne Showtime débutant en 1987[12].

En avril 1988, David Hobermann est nommé président de Walt Disney Pictures tandis que Ricardo Mestres devient président de Touchstone Pictures[13]. La direction de Disney, Michael Eisner et Jeffrey Katzenberg considère de rebaptiser le studio en Hollywood Pictures mais à la place ils décident en décembre 1988 de créer un troisième label Hollywood Pictures[14].

Hobermann est nommé président en 1994 de la division Motion Pictures avant de partir début 1995 pour devenir un producteur indépendant[15].

2006 à 2019 : Déclin, tentative de relance et fin définitive[modifier | modifier le code]

Le , Walt Disney Studios Entertainment décide de produire environ 10 films labellisés Disney, animation et prise de vue réelle par an et deux ou trois Touchstone par an[16].

En 2009, le studio signe un contrat de distribution et de financement pour trente films avec DreamWorks Pictures. Cette association est généralement vue comme une seconde vie pour le studio, qui sort, durant ce deal, cinq à six films par an. Mais le contrat est résilié en août 2016, lorsque DreamWorks décide de s'affilier avec Universal.

Le futur de Touchstone reste incertain, le studio ayant déjà évoqué une revente vers 2012. Le studio n'a d'ailleurs plus aucun projet depuis la sortie de Une vie entre deux océans, dernier film de DreamWorks dont Touchstone assure la distribution.

En décembre 2015, Spielberg annonce un nouveau studio Amblin Partners qui récupère une partie des droits des productions DreamWorks mais une contrepartie est la conservation par Disney du catalogue des 13 films distribués en raison d'un prêt de 100 millions d'USD octroyé en 2009 et des frais de promotions[17]

En 2018, le label est inactif[1],[18]. Avec l'acquisition de la 21st Century Fox en 2019, la Walt Disney Company utilise 20th Century Studios (anciennement 20th Century Fox) et Searchlight Pictures (anciennement Fox Searchlight Pictures) comme label pour des productions adultes[19].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Touchstone Pictures produit des films plus adultes que ceux produits sous le label Disney, tels que Splash, premier long-métrage du studio, sorti en 1984.

Touchstone produit par la suite des films devenus « culte » comme Good Morning, Vietnam, Qui veut la peau de Roger Rabbit, Cocktail, Le Cercle des poètes disparus, Pretty Woman, Sister Act, Volte-face, Armageddon, Ennemi d'État, Just Married (ou presque), À tombeau ouvert, Pearl Harbor, etc.

À la fin des années 2000, Touchstone collabore avec DreamWorks, la société de Steven Spielberg en produisant une trentaine de films, jusqu'en 2016, avec le dernier film Une vie entre deux océans, à la suite du rachat de DreamWorks par Universal.

Les plus grands succès de Touchstone Pictures[modifier | modifier le code]

Classement des films ayant réalisé les meilleurs résultats au box-office nord américain[20]
Titre Année Box office
1 Signes 2002 227 966 634 $
2 Armageddon 1998 201 578 182 $
3 Pearl Harbor 2001 198 542 554 $
4 Lincoln 2012 182 207 973 $
5 Pretty Woman 1990 178 406 268 $
6 La Couleur des sentiments 2011 169 708 112 $
7 Bande de sauvages 2007 168 273 550 $
8 Trois Hommes et un bébé 1987 167 780 960 $
9 La Proposition 2009 163 958 031 $
10 Waterboy 1998 161 491 646 $
11 Qui veut la peau de Roger Rabbit 1988 156 452 370 $
12 Sister Act 1992 139 605 150 $
13 La Rançon 1996 136 492 681 $
14 Bronx à Bel Air 2003 132 716 677 $
15 Fashion victime 2003 127 223 418 $
16 Good Morning, Vietnam 1987 123 922 370 $
17 Le Village 2004 114 197 520 $
18 Ennemi d'État 1998 111 549 836 $
19 Phénomène 1996 104 636 382 $
20 Dick Tracy 1990 103 738 726 $
21 60 secondes chrono 2000 101 648 571 $
22 Les Ailes de l'enfer 1997 101 117 573 $
23 Gnoméo et Juliette 2011 99 967 670 $
24 Le Cercle des poètes disparus 1989 95 860 116 $
25 Incassable 2000 95 011 339 $
Classement des films ayant réalisé les meilleurs résultats au box-office mondial[20]
Titre Année Box office
1 Armageddon 1998 553 709 788 $
2 Pretty Woman 1990 463 406 268 $
3 Pearl Harbor 2001 449 220 945 $
4 Signes 2002 408 247 917 $
5 Qui veut la peau de Roger Rabbit 1988 329 803 958 $
6 La Proposition 2009 317 375 031 $
7 La Rançon 1996 309 492 681 $
8 Real Steel 2011 299 268 508 $
9 Lincoln 2012 275 293 450 $
10 Le Village 2004 256 697 520 $
11 Bande de sauvages 2007 253 625 427 $
12 Ennemi d'État 1998 250 649 836 $
13 Incassable 2000 248 118 121 $
14 60 secondes chrono 2000 237 202 299 $
15 Le Cercle des poètes disparus 1989 235 860 116 $
16 Sister Act 1992 231 605 150 $
17 Les Ailes de l'enfer 1997 224 012 234 $
18 Flight Plan 2005 223 387 299 $
19 La Couleur des sentiments 2011 216 639 112 $
20 Le Roi Arthur 2004 203 567 857 $
21 Need for Speed 2014 203 277 636 $
22 Gnoméo et Juliette 2011 193 967 670 $
23 Waterboy 1998 185 991 646 $
24 Fashion victime 2002 180 622 424 $
25 Cheval de guerre 2011 177 584 879 $

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Brooks Barnes, « Disney's Streaming Service Starts to Come Into Focus », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. Brooks Barnes, « Touchstone Pictures : l’histoire des studios », DineyPlet.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. a et b (en) Gary Arnold, « Insipid Inferno », The Washington Post,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. a et b (en) Jim Hill, « To Hell with Bill Cosby? Disney already did that with “The Devil and Max Devlin” », sur Jim Hill Media, (consulté le )
  5. a b c d e f g et h (en) Aljean Harmetz, « Touchstone Label to Replace Disney Name on Some Films », The New York Times,‎ , Section C, Page 19 (lire en ligne, consulté le )
  6. a b c et d (en) Mark Arnold, Frozen in Ice : The Story of Walt Disney Productions, 1966-1985, p. 415.
  7. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 500
  8. (en) Margalit Fox, « Richard Berger, 64, Film Executive, Is Dead », sur The New York Times, (consulté le ), Section B, Page 7
  9. (en) Walt Disney Company, « Disney Factbook 1997 - Disney Through the Decades », (consulté le ), p. 3
  10. a et b (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 566
  11. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 359
  12. (en) « Two Studios Announce Exclusive Cable Deals », The New York Times,‎ , Section C, Page 16 (lire en ligne, consulté le )
  13. (en) « Los Angeles County », sur Los Angeles Times, (consulté le )
  14. (en) Aljean Harmetz, « COMPANY NEWS; Disney Expansion Set; Film Output to Double », The New York Times,‎ , Section D P. 1 (lire en ligne, consulté le )
  15. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 265
  16. (en) Walt Disney Company, « Disney Factbook 2006 - Key Dates », (consulté le ), p. 31
  17. (en) James Rainey, « Steven Spielberg Puts His Own Big Bucks Into the New Amblin Partners », sur Variety, (consulté le )
  18. « Every Disney+ Announcement and More From the Disney Investor Day », D23,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. Georg Szalai et Paul Bond, « Disney Closes $71.3 Billion Fox Deal, Creating Global Content Powerhouse », sur The Hollywood Reporter, (consulté le )
  20. a et b (en) « Classement des films ayant réalisé les meilleurs résultats au box-office nord américain », Box Office Mojo (consulté le )