John Glenn

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John Glenn
John Glenn en 1998.
John Glenn en 1998.

Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Sélection Groupe 1 de la NASA, 1959
Naissance
Cambridge (Ohio), États-Unis
Décès (à 95 ans)
Columbus (Ohio), États-Unis
Durée cumulée des missions 9 j 2 h 39 min
Mission(s) Friendship 7
Discovery (STS-95)
Insigne(s) Friendship 7 insignia.jpg Sts-95-patch.png

John Herschel Glenn, Jr., né le à Cambridge (dans l’État de l'Ohio) et mort le à Columbus (dans le même État), est un astronaute, pilote de chasse et homme politique américain.

Il entre en 1942 dans le Corps des Marines américain et participe à la Seconde Guerre mondiale en tant que pilote de chasse. À la fin du conflit il poursuit une carrière de pilote militaire et participe à la guerre de Corée. Devenu par la suite pilote d'essai, il rejoint en 1959 le premier groupe d'astronautes sélectionné par l'agence spatiale américaine, la NASA[1]. Le 20 février 1962 il est le premier Américain à effectuer un vol orbital autour de la Terre dans le cadre de la mission Friendship 7 du programme Mercury, près de 10 mois après le vol inaugural du soviétique Youri Gagarine. Après avoir quitté la NASA en 1963, il entame une carrière politique d'abord infructueuse qui l'oblige à se tourner vers le monde des affaires où il occupe des postes de direction. Il est finalement élu sénateur de l'Ohio pour le Parti démocrate sans interruption de 1974 à 1999. En 1998, à l'âge de 77 ans, il effectue un dernier vol dans l'espace à bord de la navette spatiale américaine dans le cadre de la mission STS-95.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

John Glenn naît le 18 juillet 1921 à Cambridge dans l’État de l'Ohio. Il est le fils de John Glenn et de Teresa Sproat. Il grandit dans le village de New Concord (Ohio) (en) dans le même État et étudie les sciences au collège de Muskingum situé dans cette agglomération. Il apprend à piloter un avion alors qu'il est encore étudiant grâce un programme d'entraînement subventionné par l'état (Civilian Pilot Training) et il obtient son brevet de pilote privé en 1941[2].

En 1942, alors que que les États-Unis entrent en guerre, il est engagé volontaire dans l'Armée de l'Air américaine et suit une formation de pilote. Il est affecté au Corps des Marines américain en 1943. Il épouse en 1943 Anna Margaret Castor, une amie d'enfance également originaire de New Concord. Après un an d'entraînement il rejoint en 1944 le front dans l'Océan Pacifique où les armées américaine et japonaise s'affrontent. Il pilote des chasseurs Corsair durant les campagnes du Pacifique et effectue 59 missions d'appui au sol et de bombardement avant de retourner aux Etats-Unis pour entrainer de nouveaux pilotes et participer à la mise au point de nouveaux modèles d'avion. À la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945 il décide de poursuivre sa carrière dans l'aviation militaire : il sert en Chine, à Guam avant de devenir en juin 1948 pilote-instructeur à la base navale de Corpus Christi. Lorsque la guerre de Corée éclate, il est affecté à des missions de support aérien en volant à bord d'avions à réaction F9F Panther et il effectue 63 missions. Grâce à un programme d'échange de pilotes entre unités il est affecté vers la fin de guerre à une unité de l'Armée de l'Air volant sur des chasseurs à réaction F-86 Sabre. Dans les derniers jours du conflit il abat trois Mig russes. Il suit ensuite une formation pour devenir pilote d'essai au Naval Air Station Patuxent River. Dans ce nouveau métier il participe à la mise au point de nombreux avions à réaction, en particulier des chasseurs, de la Marine de guerre américaine. Durant cette période il effectue le le premier vol supersonique transcontinental de la Californie à New York à bord d'un Vought F8U « Crusader ». À la suite d'une promotion il est affecté fin 1956 à la division Fighter Design Branch du Navy Bureau of Aeronautics à Washington en tant que pilote d'essais des avions à réaction des Marines et de la Navy et fait en parallèle des études à l'Université du Maryland[2].

Carrière à la NASA[modifier | modifier le code]

J. Glenn en 1962 revêtu de la combinaison mise au point dans le cadre du programme Mercury.

Sélection comme astronaute[modifier | modifier le code]

A la fin des années 1950 Glenn commence à s'intéresser au domaine spatial qui se développe à cette époque. Il obtient de participer à des travaux réalisés par l'agence spatiale américaine, la NASA, tout juste créée, portant sur la mise au point d'un simulateur requérant l'expertise d'un pilote. Par la suite il participe à la conception du vaisseau Mercury en tant qu'expert. Lorsque la NASA décide de sélectionner ses premiers astronautes parmi des pilotes militaires en 1959, il fait partie des 100 pilotes volontaires. Après avoir franchi plusieurs séries de tests physiques et psychologiques, Glenn est retenu pour faire partie du premier groupe de 7 astronautes qui comprend également Scott Carpenter, Gordon Cooper, Gus Grissom, Wally Schirra, Alan Shepard et Deke Slayton. Ces hommes ont été sélectionnés pour voler à bord des vaisseaux du programme Mercury, premier programme spatial habité américain. Il reçoit une formation diversifiée comprenant à la fois des cours théoriques sur le domaine spatial et des séances d'entrainement dans des simulateurs. En parallèle comme ses collègues il est assigné à un groupe de travail dédié à la conception du poste de pilotage et participe à ce titre aux débuts de la conception du programme Apollo. Pour les deux premières missions du programme Mercury, qui sont de simples vols suborbitaux, il est suppléant des astronautes Shepard et Grissom[2].

Premier astronaute américain en orbite[modifier | modifier le code]

Glenn est affecté à la troisième mission du programme Mercury qui doit constituer le premier vol orbital habité américain. L’armée américaine envisage de saboter sa fusée et de le tuer pour, dans le cadre d'un projet plus large connu comme l'opération Northwoods, attribuer au gouvernement de Fidel Castro des actions terroristes et justifier devant l'opinion publique l'invasion de Cuba[3].

Après un lancement repoussé à plusieurs reprises à la suite de dysfonctionnement des équipements ou de problèmes météorologiques, il décolle le depuis la base de Cape Canaveral en Floride. à bord de la capsule Mercury-Atlas 6 dans le cadre de la mission Friendship 7. Alors qu'il achève de boucler une première orbite le système de contrôle d'orientation automatique tombe en panne et Glenn doit prendre les commandes pour stabiliser le vaisseau. Durant le vol une télémesure transmise au sol indique que le bouclier thermique, qui doit protéger la capsule durant la rentrée atmosphérique, n'est plus solidaire du vaisseau, ce qui pourrait entrainer la destruction de la capsule et la mort de son pilote. Pour parer à cette éventualité, les responsables de la mission décident de ne pas larguer la rétrofusée avant la rentrée atmosphérique (celle-ci est fixée sur le bouclier thermique). Après avoir bouclé trois orbites le vaisseau décélère et entame la phase très violente qui caractérise l'entrée dans l'atmosphère. Glenn voit passer par les hublots des morceaux de la rétrofusée mais la vitesse a suffisamment diminué à ce stade pour que le bouclier thermique puisse rester en place. Glenn amerrit sans encombre au bout de 4 heures, 55 minutes et 23 secondes de vol. L'enquête réalisée après la mission démontrera que l'anomalie détectée sur le bouclier thermique était une fausse alerte due au mauvais fonctionnement d'un capteur[2].

À son retour sur Terre, John Glenn est célébré comme un héros national. Il devient un ami personnel de la famille Kennedy. Compte tenu de son âge, 42 ans, Glenn a peu de chance d'être sélectionné pour les missions lunaires qui se préparent dans le cadre du programme Apollo. Il quitte la NASA le 30 janvier 1964 puis prend sa retraite du corps des Marines en janvier 1965 avec le grade de colonel.

John Glenn participe à la mission STS-95 de la navette Discovery à l'age de 77 ans lancée le 29 octobre 1998 (atterrissage le 7 novembre 1998). Il devint ainsi le plus vieil astronaute de l'Histoire.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le sénateur Glenn s'adresse à la chambre des représentants de l'Ohio en 2008.

Glenn, qui passait particulièrement bien dans ses apparitions publiques, avait été approché dès 1962 par Robert Francis Kennedy pour une carrière politique. À la suite de sa démission de la NASA en 1964, Glenn se porte candidat dans le cadre des élections primaires du parti démocrate pour le poste de sénateur dans son état natal de l'Ohio contre le sénateur sortant Stephen M. Young. Mais victime d'un accident domestique, il se retire de l'élection. John Glenn entre dans le monde des affaires durant une dizaine d'années. Il occupe un poste de direction dans une société qui commercialise des sodas, la Royal Crown International tout en faisant partie du comité d'administration de plusieurs sociétés et en investissant dans le développement d'hotels.

En 1970 il se présente à nouveau aux primaires démocrates pour le poste de sénateur mais est battu avec un faible écart par Howard Metzenbaum, qui est lui-même défait par le républicain Robert Taft Jr.[4]. En 1974, Metzenbaum est nommé pour succéder à William Bart Saxbe. Glenn choisit de l'affronter à nouveau durant la primaire démocrate. Pendant la campagne, Metzenbaum — homme d'affaires — critique Glenn qui n'aurait « jamais travaillé pour vivre ». L'ancien militaire et astronaute réplique par son discours des American Gold Star Mothers (en) : « regardez ces hommes aux corps mutilés dans les yeux et dites-leur qu'ils n'ont pas eu de travail. Venez avec moi voir n'importe quelle Gold Star mother [mère de vétéran] et dites-lui que son fils n'avait pas de travail »[5]. Notamment porté par ce discours, Glenn remporte la primaire et est élu sénateur de l'Ohio face au maire républicain de Cleveland Ralph Perk[4]. Il est réélu à ce poste en 1980, 1986 et 1992. Il se retire de la politique au terme de son dernier mandat en 1999[6].

Glenn est à deux reprises candidat au poste de président des États-Unis. En 1976, il se présente aux primaires démocrates mais est défait par Walter Mondale. Il est de nouveau candidat en 1984 mais est de nouveau défait par Mondale. Les dépenses de cette dernière campagne électorale lui laissent une dette de 3 millions de US$ qui ne sera apurée que 20 ans plus tard. Il est également cité à plusieurs reprises comme vice-président potentiel. Au cours de sa carrière politique, il a été le principal rédacteur de l'Acte de non prolifération nucléaire de 1978 et a été président du Comité des affaires étrangères du Sénat, du Comité sur la Sécurité intérieure et les Affaires gouvernementales et du Comité des forces armées.

John Glenn décède le 8 décembre 2016. Il est inhumé le 6 avril 2017 au cimetière national d'Arlington dans lequel reposent de nombreuses personnalités d'envergure nationale[7]. Ce délai inhabituel de quatre mois entre la mort et les obsèques est une demande de sa famille : le 6 avril marque le 74e anniversaire de son mariage avec Annie[8].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Depuis 2013, il était le dernier survivant du groupe.
  2. a, b, c et d (en) « Biography : John Glenn », NASA (consulté le 8 décembre 2016)
  3. « U.S. Military Wanted to Provoke War With Cuba », sur ABC News,
  4. a et b (en) Chris Hale, « Former Senator and Astronaut John Glenn Dies at 95 », sur rollcall.com, (consulté le 9 décembre 2016).
  5. « look those men with mangled bodies in the eyes and tell them they didn't hold a job. You go with me to any Gold Star mother and you look her in the eye and tell her that her son did not hold a job ».(en) The Associated Press, « Ohio senator was a champion of labor and master of rules », sur latimes.com, (consulté le 9 décembre 2016).
  6. (en) « Biography : GLENN, John Herschel, Jr., (1921 -) », Bibliothèque du Congrès américain, .
  7. (en) Joshua LOTT, « L'Amérique rend hommage à John Glenn, héros de la conquête spatiale », sur La Voix du Nord, .
  8. Why did it take 4 months for John Glenn to be buried at Arlington?, Miami Herald, 6 avril 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]