Blue Origin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Blue Origin (pouvant se traduire de l'anglais par « origine bleue », en référence à la planète Terre) est une société créée en 2000 par Jeff Bezos, fondateur d'Amazon.com, dans le but de développer de nouvelles technologies permettant d'abaisser le coût d'accès à l'espace. Le siège se trouve à Kent dans la banlieue de Seattle. Blue Origin développe en parallèle le New Shepard une fusée monoétage destinée au tourisme spatial qui a effectué son premier vol en 2015. La société participe au début des années 2010 au programme Commercial Crew Development de la NASA destiné à développer le système de transport spatial des équipages de la Station spatiale internationale. Après avoir développé le moteur-fusée BE-3 pour les besoins du New Shepard, Blue Origin est sélectionnée par United Launch Alliance en 2015 pour fournir la propulsion principale du futur lanceur lourd Vulcan chargé de remplacer l'Atlas V et Delta 4. Le moteur BE-4 qui doit effectuer son premier vol en 2019 délivrera une poussée d'environ 500 tonnes en brûlant un mélange méthane / oxygène.

Historique[modifier | modifier le code]

La société s'est d'abord consacrée au développement du vol suborbital avec le vaisseau New Shepard dont le premier vol a été effectué en 2015. La société a développé le moteur-fusée BE-3 de 50 tonnes de poussée brûlant un mélange d'oxygène et d'hydrogène liquide qui a été testé avec succès sur banc d'essais. Elle développe également le BE-4, un moteur-fusée à ergols liquides à combustion étagée qui brûle un mélange méthane / oxygène liquide et fournit une poussée de 249 tonnes. Deux moteurs de ce type doivent propulser le premier étage de la fusée Vulcan de United Launch Alliance (ULA) dont le premier vol est planifié en 2019. Blue Origin a inauguré un banc d'essais consacré à ce moteur près de Van Horn au Texas en [1].

 Capsule New Shepard.
Capsule New Shepard.
 Lancement du New Shepard.
Lancement du New Shepard.

Développement du New Shepard[modifier | modifier le code]

  • Premier vol d'essai le 5 mars 2005 (Charon)[2]
  • Deuxième vol d'essai le 13 novembre 2006, h 30 (Goddard)[3]
  • Troisième vol d'essai le 22 mars 2007 (Goddard)
  • Quatrième vol d'essai le 19 avril 2007 (Goddard)[4]
  • Cinquième vol d'essai le 6 mai 2011 (Module de Propulsion (PM2))[4]
  • Sixième vol d'essai le 24 août 2011 (PM2, échec et perte du véhicule)[5]
  • Essai d'évacuation d'urgence de la rampe de lancement le 19 octobre 2012[6]
  • New Shepard : premier vol d'essai de développement le 29 avril 2015 (West Texas)[7]
  • Succès historique du lancement et de l'atterrissage sur la rampe de lancement le 23 novembre 2015 (West Texas)[8]

Le vol du 23 novembre 2015 constitue une première historique. En effet, après que New Shepard, la capsule de Blue Origin, ait atteint une altitude maximale de 100,5 kilomètres et une vitesse de Mach 3,72, ce qui signifie 3,72 fois la vitesse du son, soit environ 4 593 kilomètres par heure, la fusée n'est pas tombée au hasard vers la Terre mais a été guidée vers une piste d'atterrissage, où elle a relancé ses moteurs, effectué un bref survol en stationnaire au-dessus du sol et finalement atterri doucement sur la rampe d'atterissage, en restant debout et intacte. Ce moyen de l'atterrissage en douceur de la fusée peut être utilisé pour pouvoir effectuer plus de vols. Ce qui d'après Blue Origin et d'autres sociétés telles que Space X devrait permettre de baisser significativement le coût des vols spatiaux[9].

  • Le 22 janvier 2016, Blue Origin réalise une nouvelle première historique en faisant revoler sa fusée pour une seconde fois jusque l'altitude de 101,676 km (West Texas). Comme lors du précédant vol du 23 novembre 2015, le lanceur a atterri. C'est la première fusée réutilisable de l'histoire des vols spatiaux[10].

Participation au programme Commercial Crew Development[modifier | modifier le code]

Blue Origin participe au début des années 2010 au programme Commercial Crew Development de la NASA destiné à développer le système de transport spatial des équipages de la Station spatiale internationale qui doit être entièrement pris en charge par les vaisseaux Soyouz russes à la suite du retrait de la navette spatiale américaine effectif mi-2011. La NASA lance plusieurs appels d'offres dans le cadre de ce programme auquel Blue Origin participe. Pour la phase I du programme (2010) la société reçoit 3,7 millions $ pour développer un système d'éjection remplissant un rôle similaire à celui de la tour de sauvetage[11]. Dans le cadre de la phase II (2010-2011) la NASA accorde un budget de 22 millions $ pour développer l'extrémité biconique d'un vaisseau incluant le système de sauvetage en cas de lancement interrompu et des moteurs-fusées hydrogène/oxygène réallumables. Blue Origin n'est pas retenu pour les phases suivantes du programme.

Motorisation du lanceur Vulcan[modifier | modifier le code]

Début 2015, le principal constructeur américain de lanceurs United Launch Alliance décide de démarrer le développement d'une fusée devant remplacer ses deux lanceurs lourds Atlas V et Delta 4. L'objectif est d'abaisser le coût de ses lancements dans un marché devenu plus concurrentiel mais également de ne plus être dépendant du motoriste russe qui fournit le RD-180 propulsant le premier étage de l'Atlas V. Le nouveau lanceur baptisé Vulcan, est capable dans sa configuration la plus puissante de placer en orbite basse une charge utile de 29 tonnes. Le premier vol est prévu en 2019. De manière étonnante, United Launch Alliance sélectionne pour propulser le premier étage de son nouveau lanceur le BE-4 en cours de développement chez Blue Origin qui est un nouvel entrant dans le domaine de la propulsion spatiale. Le constructeur rejette ainsi l'offre du constructeur américain historique Aerojet Rocketdyne. Le BE-7 doit fournir une poussée au décollage de 499 tonnes contre 422 tonnes pour le moteur RD-180 de l'Atlas V. Ce moteur brûle un mélange méthane / oxygène.

Installations[modifier | modifier le code]

Blue Origin dispose d'un centre de développement près de Seattle, Washington et d’une installation de lancement opérationnelle dans l'ouest du Texas. Blue Origin développe également une nouvelle installation de lancement orbital à la station de Cape Canaveral Air Force.

Siège de l’entreprise[modifier | modifier le code]

La société est basée sur 11 ha de terrains industriels dans le Kent, Washington, une banlieue de Seattle, où se trouve le département de recherche et développement. En mai 2015, les bâtiments occupent 24 000 m2 et emploient plus de 350 personnes principalement dans les opérations d'ingénierie, de fabrication et d’administration[12].

Côte est des États-Unis[modifier | modifier le code]

En septembre 2015, Blue Origin s’installe au Launch Complex 36, et commence à produire le nouveau véhicule de lancement orbital BE-4 à l’Exploration Park (en) situé à proximité. Le premier lancement est prévu avant 2020.

Site de lancement dans l’ouest du Texas[modifier | modifier le code]

Blue Origin possède un centre de lancement suborbital situé dans l'ouest du Texas, près de la ville de Van Horn. La licence actuelle de lancement et le permis du gouvernement américain (Federal Aviation Administration) autorise des vols du système suborbital New Shepard de Blue Origin[13]. En mai 2015, un effectif d'environ 50 personnes travaille pour Blue Origine dans l’ouest du Texas[12].

La rampe de lancement est située à 31° 25′ 23″ N 104° 46′ 33″ O / 31.422927, -104.7757152, à environ 2,9 km au nord du bâtiment de check-out. La zone d’atterrissage est à 31° 27′ 06″ N 104° 45′ 46″ O / 31.4517, -104.7628, à 3,2 km au nord de la rampe de lancement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « BE-4 Rocket Engine » [PDF], sur United Launch Alliance (consulté le 15 avril 2015).
  2. (en) « Blue Origin Charon Test Vehicle | The Museum of Flight », sur www.museumofflight.org (consulté le 25 novembre 2015).
  3. (en) « Star-Telegram | 11/14/2006 | Private space firm launches 1st test rocket »,‎ (consulté le 25 novembre 2015).
  4. a et b (en) « Permitted Launches », sur www.faa.gov (consulté le 25 novembre 2015).
  5. (en) « Blue Origin has a bad day (and so do some of the media) « NewSpace Journal », sur www.newspacejournal.com (consulté le 25 novembre 2015).
  6. (en) « Blue Origin Conducts Successful Pad Escape Test », sur Blue Origin (consulté le 25 novembre 2015).
  7. (en) William Harwood, « Bezos’ Blue Origin completes first test flight of ‘New Shepard’ spacecraft | Spaceflight Now » (consulté le 25 novembre 2015).
  8. (en) Andy Pasztor, « Jeff Bezos’s Blue Origin Succeeds in Landing Spent Rocket Back on Earth », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne).
  9. (en) « Blue Origin Makes Historic Reusable Rocket Landing in Epic Test Flight », sur Space.com (consulté le 25 novembre 2015).
  10. « Blue Origin beats SpaceX to re-launching a reusable rocket », sur The Verge (consulté le 23 janvier 2016)
  11. (en) « NASA Unveils Commercial Human Spaceflight Development Agreements and Announces $50 Million in Seed Funding for Commercial Crew », SpaceRef.com,‎ .
  12. a et b (en) « Tech billionaires aim for cheaper spaceflight », sur The Seattle Times, https://plus.google.com/+Seattletimesplus,‎ (consulté le 25 novembre 2015).
  13. « NASASpaceFlight.com Forum - Index », sur forum.nasaspaceflight.com (consulté le 25 novembre 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]