Programme spatial de l'Inde

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Le programme spatial de l'Inde regroupe l'ensemble des activités spatiales civiles ou militaires de l'Inde. L'activité spatiale indienne débute dans les années 1960 à l'initiative du Département de l'énergie atomique indien. L'Inde donne la priorité à l'espace utile en affectant la majeure partie de son budget aux satellites d'application (observation de la Terre, télécommunications, diffusions de programmes éducatifs). Elle développe plusieurs lanceurs de puissance croissante. La décennie 2000 est marquée par le lancement d'une première sonde spatiale vers la Lune. Une agence spatiale, l'ISRO, pilote le programme spatial indien depuis 1969.

Historique[modifier | modifier le code]

Le lancement du programme spatial indien[modifier | modifier le code]

Vikram Sarabhai, le père du programme spatial indien
Le premier satellite indien, Aryabhata.

Le programme spatial de l'Inde est lancé dans les années 1960. En 1961 le gouvernement indien attribue les questions spatiales au Département de l'énergie atomique indien. Celui-ci crée en février 1962 le Comité national indien de la recherche spatial indien (INCOSPAR). En 1962-1963 une petite équipe de scientifiques indiens séjourne à la NASA pour s'initier à l'assemblage et au lancement de fusées-sondes. Une première fusée-sonde américaine Nike-Apache est lancée en 1963 depuis le centre de lancement de Thumba dans le Kerala. En 1964 l'Inde signe un accord avec l'agence spatiale française, le CNES, pour l'acquisition de licences de fabrication des fusées-sonde Centaure et Belier[1].

Durant la décennie 1960 les embryons de plusieurs centres spatiaux sont créés. Le Space Science & Technology Centre (SSTC) à Thumba, l'Experimental Satellite Communication Earth Center à Ahmedabad. L'agence spatiale indienne, l'ISRO (Indian Space Research Organisation), rattachée au département de l'énergie atomique, est créée en 1969 pour fédérer l'activité spatiale. La base de lancement de Sriharikota dans l'Andhra Pradesh, rebaptisée par la suite Centre spatial de Satish Dhawan est créée en 1970 avec l'assistance technique de la France, après que les États-Unis eurent refusé d'apporter leur aide. La base devient opérationnelle le 9 octobre 1971 avec le lancement d'une fusée-sonde RH125. Fin 1971 Vikram Sarabhai le père du programme spatial indien décède[1].

Développement des premiers satellites et lanceurs nationaux[modifier | modifier le code]

Rakesh Sharma premier cosmonaute indien

En 1972 la Space Commission et le Department of Space sont créés. Le gouvernement indien définit des objectifs plus ambitieux pour sa politique spatiale : la construction d'un lanceur national est décidée. La fusée SLV3 (Satellite Launch Vehicle c'est-à-dire Engin lanceur de satellite) est un lanceur à propulsion solide comportant quatre étages qui peut placer 40 kg en orbite basse. Alors que les autres nations spatiales développent leur premier lanceur à partir d'un missile balistique, l'Inde va développer la famille de missile balistique Agni en utilisant le premier étage de ce lanceur civil. Le responsable du développement du SLV3 Abdul Kalam (président de l'Inde entre 2002 et 2007) jouera un rôle essentiel dans le développement de la filière des missiles balistiques indiens[2] ,[3]. En 1974 est créée l'agence nationale de détection (NSRA). Le premier satellite indien, Aryabhata, du nom du célèbre astronome indien Aryabhata, est lancé par une fusée soviétique Cosmos-3M depuis la base de lancement de Kapoustine Iar en 1975. Il emporte en orbite basse des expériences scientifiques et pèse 360 kg mais quelques jours après son lancement le contact est perdu[4].

Un accord de coopération spatiale avec la France est signé en 1977. En 1978 l'Inde conclut également un accord avec les États-Unis pour le lancement de satellites indiens et des services associés ainsi que l'utilisation d'images fournies par les satellites américains Landsat[1]. Le premier tir du lanceur national SLV3 a lieu en 1979 et est un échec mais les trois lancements suivants réalisés en 1980, 1981 et 1983 permettent de placer en orbite des petits satellites scientifiques de la série Rohini[2]. La même année un lanceur russe place en orbite le premier satellite d'observation de la Terre indien : Bashkara I pèse 444 kg et emporte un radiomètre ainsi que deux caméras opérant en lumière visible et en infrarouge qui doit collecter des données pour l'hydrologie, la géologie et la gestion des ressources forestières. Bhaskara II, un engin aux caractéristiques similaires, est lancé en 1981.

Au début des années 1980, l'ISRO décide de développer une version plus puissante du lanceur SLV3 capable de placer 150 kg en orbite basse. L'ASLV (A comme Advanced) est un SLV3 flanqué de deux gros propulseurs d'appoint à poudre et dont les autres étages ont été légèrement modifiés[2]. Sans attendre de disposer d'un lanceur national suffisamment puissant, l'Inde développe ses capacités. L'ISRO construit APPLE un premier satellite de télécommunications en orbite géostationnaire expérimental qui est lancé en 1981 par une fusée Ariane. L'Inde commande une série de quatre satellites de la série INSAT-1 (Indian National Satellite System), un satellite de télécommunications, auprès de Ford Aerospace. Le premier satellite est perdu peu après son lancement en 1982 mais le second Insat-1B, après avoir failli subi le même sort que son prédécesseur, parvient à se placer en orbite en 1983 : cette série dispose de deux transpondeurs pour la télévision et douze transpondeurs pour les télécommunications et de plus fournit des services météorologiques : c'est le début d'une série de 21 engins polyvalents (chiffre arrêté à fin 2009) qui vont progressivement fournir à l'Inde un vaste réseau de télécommunications et de diffusion de télévision par satellites[1].


Le satellite de télécommunications Insat-1B

En 1984 l'Inde et les États-Unis signent un accord de transfert de technologie mais son application reste difficile car le gouvernement américain craint les fuites de technologie sensible vers le bloc de l'Est. Dans le cadre du programme de coopération internationale soviétique Intercosmos le premier astronaute indien Rakesh Sharma, un pilote de l'Armée de l'air, séjourne 11 jours à bord de la station spatiale Saliout 7 en avril 1984. À l'automne de la même année les responsables indiens commandent des ordinateurs Elbrus à l'Union soviétique. En mars 1988 un lanceur soviétique place en orbite IRS 1A le premier satellite d'observation de la Terre de construction indienne. En 1988 une fusée Ariane lance le troisième satellite de la série INSAT-1 mais le satellite est perdu peu après. Le quatrième et dernier exemplaire sera lancé en 1989. Les satellites de télécommunications de la série INSAT seront désormais lancés par la fusée Ariane en attendant que l'Inde dispose de son propre lanceur[1],[5].

Les deux premiers lancements de l'ASLV en 1987 et 1988 sont des échecs et le troisième en 1992 un échec partiel (orbite trop basse). Seul le dernier lancement en 1994 permet de placer en orbite le dernier des quatre satellites scientifiques de la série SROSS (Stretched Rohini Satellite Series)[2].

Vers l'autonomie spatiale[modifier | modifier le code]

Le PSLV (Polar Satellite Launch Vehicle) constitue la troisième génération de lanceurs. Beaucoup plus ambitieuse la fusée est conçue pour pouvoir lancer les satellites de télédétection indiens d'une masse d'une tonne sur une orbite polaire. Le lanceur de 283 tonnes comporte un premier étage à propulsion solide associé à quatre propulseurs d'appoint, un deuxième étage propulsé par un moteur Vikas à propergol liquide (moteur Viking construit sous licence Snecma), le troisième étage est solide tandis que le quatrième est à propulsion liquide. Le premier vol en 1993 est un échec mais les vols suivants sont tous des succès. Le PSLV qui peut placer 3 700 kg en orbite basse devient le lanceur standard utilisé pour lancer les satellites de l'ISRO à destination de l'orbite basse. 14 lancements ont eu lieu fin 2009[2].


Le GSLV (Geosynchronous Satellite Launch Vehicle) est le dernier lanceur et le plus puissant des lanceurs développé par l'ISRO dont le développement est décidé en 1990 pour permettre à l'Inde de lancer ses satellites en orbite géostationnaire. Pour parvenir à placer plus de 2 tonnes en orbite géostationnaire, l'ISRO a recours de manière massive à des technologies importées. Le premier étage est un gros propulseur à poudre de conception indienne flanqué de 4 propulseurs d'appoint propergol liquides utilisant le moteur Vikas très proches des PAL de l'Ariane 4. Le deuxième étage est propulsé par un moteur Vikas, tandis que le troisième étage est propulsé par un moteur russe RD-56M consommant un mélange très performant d'oxygène et d'hydrogène[2]. En 1993 l'Inde veut acquérir la licence de construction du moteur russe, mais la Russie doit refuser sous la pression des États-Unis qui considère qu'il s'agit d'une violation de diffusion des technologies de missile. La Russie vend sept moteurs et l'Inde décide de développer son propre moteur[1].

En 1992 la société Antrix est créée pour commercialiser les produits des activités spatiales (photos,...). En 1999 l'ISRO commercialise pour la première fois la mise sur orbite de satellites pour le compte d'autre pays : le vol PSLV emporte outre un satellite d'observation indien deux petits satellites allemand et coréen. En 2000 l'ISRO entame la campagne d'essais de son moteur cryogénique Vikas. Celui-ci doit être monté sur une version modifiée GSLV dont le lancement est repoussé en 2010[1]. Le premier tir de la GSLV, réalisé en 2001 est un succès. Cinq tirs sont effectués entre 2001 et 2009, l'avant dernier étant un échec et le dernier un échec partiel[2].Le moteur devint opérationnel le 5 janvier 2014 quand il fut testé avec succès sur le lanceur GSLV-D5[6].

En 2002 l'Inde et Israël signent un accord de coopération pour l'usage pacifique de l'espace. En 2005 le ministre de la Défense indien annonce qu'il va développer un satellite de reconnaissance militaire qui doit être opérationnel en 2007. En 2007 un accord de 10 ans est signé avec l'agence spatiale russe Roscosmos pour des missions scientifiques conjointes vers la Lune. Le 22 octobre 2008 une fusée PSLV lance la première sonde spatiale indienne Chandrayaan-1, qui se place quelques jours plus tard en orbite autour de la Lune et entame ses observations scientifiques[1].

La politique spatiale de l'Inde[modifier | modifier le code]

Le budget spatial[modifier | modifier le code]

Le budget de l'Indian Space Research Organisation a augmenté de 50% en 2013 puis est resté stable à ce niveau depuis. Pour l'année 2015-2016 le budget s'élève à 1085 millions € (73,8 milliards de roupies) :

  • Le tiers de cette somme (385 millions €) est consacré au développement des lanceurs : les principaux postes sont le développement de la version Mk3 du lanceur GSLV MKIII, l'amélioration des performances du PSLV (46 millions €) et le développement d'un moteur cryogénique méthane-oxygène (22,1 millions €).
  • Le programme de satellites géostationnaires INSAT (télécommunications) reçoit 194 millions €
  • La part allouée aux autres satellites d'application (Ressourcesat, Cartosat,...) est de 141,5 millions €
  • L'ISRO prévoit de consacrer 1427 millions € à ses infrastructures : un troisième bâtiment d'assemblage et un quatrième pas de tir sont en construction à Satish Davan.
  • Le programme de développement technologique dispose d'une enveloppe de 163 millions € dont 18 millions € consacrés au système de navigation IRNSS.
  • Une somme réduite (3,17 millions €) est consacrée au programme spatial habité.
  • Enfin les couts de fonctionnement de l'agence spatiale sont chiffrés à 30,6 millions €.

Les institutions spatiales[modifier | modifier le code]

Le Département de l'Espace est la structure responsable au sein de l'administration indienne de la politique spatiale. Il chapeau plusieurs départements :

L'organisation reflète la priorité donné à l'espace utile. Le Département de l'Espace qui dépend directement du premier ministre. Deux comités, émanations du Département de l'Espace sont chargés d'une part des programmes de télécommunications et de la météorologie (satellites INSAT) et d'autre part de la gestion des ressources naturelles. Les grandes lignes de la politique spatiale sont fixées tous les dix ans avec une révision quinquennale[8].

Les installations fixes[modifier | modifier le code]

L'agence spatiale indienne gère ses activités sur plusieurs sites :

  • Le principal site de lancement est le centre spatial de Satish Dhawan situé à Sriharikota en Andhra Pradesh. Il a été créé 1971 et l'ISRO y lance à la fois ses lanceurs PSLV et GSLV.
  • L'ISRO Satellite Centre est dédié à la construction de satellites.
  • Le Vikram Sarabhai Space Centre est le site le plus important de l'ISRO. Les lanceurs PSLV et GSLV y sont assemblés.

Les lanceurs indiens[modifier | modifier le code]

Les lanceurs indiens : de gauche à droite SLV, ASLV, PSLV, GSLV MK I/II, GSLV MK III.
Le moteur à ergols liquides Vikas.

L'Inde utilise en 2014 deux familles de lanceurs :

  • Le PSLV (Polar Satellite Launch Vehicle) est un engin qui peut placer environ 3,25 tonnes en orbite basse, 1,6 tonnes en orbite héliosynchrone. Son premier vol remonte à 1993 et il est toujours en service. Il a été lancé à 23 reprises et n'a connu qu'un échec total et un échec partiel. Il est utilisé pour lancer les satellites en orbite héliosynchrone comme son nom l'indique. Cette orbite est celle des satellites d'observation de la Terre de la série des IRS.
  • Le GSLV (Geosynchronous Satellite Launch Vehicle) est un lanceur à trois étages. Beaucoup plus puissant que le PSLV il peut placer jusqu'à 2,5 tonnes en orbite de transfert géostationnaire. Il est utilisé pour lancer les satellites de télécommunications. Le premier lancement a eu lieu en 2001. Le GSLV a été utilisé à 9 reprises avec deux échecs et deux échecs partiels.

Le programme scientifique[modifier | modifier le code]

L'exploration du système solaire[modifier | modifier le code]

La sonde martienne MOM (vue d'artiste).

Le programme Chandrayan est le premier projet indien de sonde spatiale. Il est lancé officiellement en août 2003 et a pour objectif l'exploration de la Lune. La première sonde spatiale Chandrayaan-1, un orbiteur de 1 380 kg, est lancée le depuis le Centre spatial de Satish Dhawan pour une mission de 2 ans[9]. Elle doit cartographier la surface lunaire, étudier la croûte lunaire et, observer la glace d'eau dans les régions polaires. Le contact avec la sonde est perdu en août 2009[10]. Une mission beaucoup plus ambitieuse Chandrayaan-2, comprenant un orbiteur et un rover, qui doit circuler à la surface de la Lune en étudiant son sol, est programmée initialement en 2013. La Russie, qui est chargée de développer l'atterrisseur, doit reculer fortement l'échéance à la suite de l'échec de sa sonde spatiale martienne Phobos Grunt. L'ISRO décide de poursuivre le développement seule et replanifie le lancement à fin 2016.

Le gouvernement indien annonce en aout 2012 le lancement en 2013 d'une sonde spatiale qui doit se placer en orbite autour de Mars pour étudier la planète et qui est baptisée Mars Orbiter Mission (MOM)[11]. L'engin spatial, à l'issue d'un développement particulièrement rapide (les travaux ont démarré en 2010), est mis sur orbite d'attente le 5 novembre 2013 par un lanceur PSLV (version XL), puis injecté sur une trajectoire de transit vers Mars le 1er décembre 2013 [12],[13]. La sonde parvient à se placer en orbite autour de Mars le 24 septembre 2014[14] devançant ainsi les deux autres puissances spatiales asiatiques, la Chine et le Japon.

L'astronomie spatiale[modifier | modifier le code]

Astrosat est le premier observatoire astronomique spatial indien. Il a été placé en orbite le 28 septembre 2015 par un lanceur PSLV. Après le succès de l'expérience astronomique de rayons X (IXAE) lancé en 1997, l'ISRO, l'agence spatiale indienne, a approuvé le développement d'un satellite complètement dédié à l'astronomie. Astrosat dans la configuration proposée est capable d'observer un grand nombre de longueurs d'ondes : il dispose de 5 instruments couvrant la lumière visible, l'ultraviolet proche, l'ultraviolet éloigné, les rayons X doux et les rayons X durs[15].

Les satellites d'application[modifier | modifier le code]

Les satellites d'observation de la Terre[modifier | modifier le code]

L'Indian Remote Sensing satellite (IRS) est une famille de satellites de télédétection lancés et exploités par l’ISRO dont le premier exemplaire a été placé en orbite en 1988. À la suite du succès des deux satellites Bhaskara lancés respectés en 1979 et 1981 et destinés à acquérir la maitrise des satellites d'observation de la Terre, l'Inde a commencé à développer son propre programme de satellites de télédétection avec comme objectif d'aider l'économie nationale dans les domaines de l'agriculture, de la gestion des ressources en eau, de la sylviculture, de l'écologie, des pêcheries et de la gestion de la bande littorale. À cette fin, l'Inde a créé le National Remote Sensing Centre (NNRMS) (Système de gestion des ressources naturelles nationales) rattaché au Department of Space (DOS) et chargé de la conception des satellites, de la récupération des données collectées par les satellites IRS et de leur redistribution aux différents utilisateurs[16].

L'apparition de satellites dotés de résolution élevée a créé de nouvelles applications dans le domaine de l'urbanisme et de la planification de la construction des infrastructures. Le système comporte, depuis le lancement de CARTOSAT-2A, 8 satellites en opération : IRS-1D, OCEANSAT-1,Technology Experiment Satellite (TES), RESOURCESAT-1, CARTOSAT-1, CARTOSAT-2, CARTOSAT-2A et IMS-1. Tous ces satellites sont placés en orbite héliosynchrone.

Les satellites de télécommunications et météorologiques[modifier | modifier le code]

L’Indian National Satellite System ou INSAT est une série de satellites sur orbite géostationnaire lancée par l’ISRO pour les besoins de télécommunications, météorologiques et de recherche et sauvetage de l’Inde. Le premier satellite a été mis en orbite en 1983 et le réseau est maintenant le plus vaste de la région Asie-Pacifique. Les satellites d’INSAT compte au total 199 transpondeurs émettant ou recevant dans différentes bandes radio (C, S, C étendue et Ku) pour les besoins de la radio-télévision indienne. Quelques-uns ont des radiomètres de haute précision (VHRR pour Very High Resolution Radiometer), des capteurs photographiques à haute résolution pour la météorologie et la métrologie. Finalement, les satellites incorporent des appareils de réception des signaux des radiobalises de localisation des sinistres dans le cadre du programme Cospas-Sarsat.

Le système de positionnement IRNSS[modifier | modifier le code]

L'Indian Regional Navigational Satellite System (IRNSS) conçu par l'ISRO est un système de positionnement par satellites formé par une constellation de sept satellites. Le premier d'entre eux, IRNSS-1A pesant 1425 kg, a été mis en orbite par le lanceur PSLV-C22 le 1er juillet 2013. Le deuxième, IRNSS-1B a été placé en orbite le 23 avril 2014. Le troisième, IRNSS-1C a été placé en orbite le 16 octobre 2014. Le quatrième, IRNSS-1D a été placé en orbite le 28 mars 2015. Le cinquième, IRNSS-1E a été placé en orbite le 20 janvier 2016. Le sixième, IRNSS-1F a été placé en orbite le 10 mars 2016. Le septième, IRNSS-1G a été placé en orbite le 28 avril 2016. Il est prévu que l'IRNSS devienne opérationnel en 2016[17] . ll devrait couvrir l'Asie du Sud, sur une zone comprenant l'Inde et sa périphérie dans un rayon de 1500 km grâce aux 7 satellites utilisant la plateforme I-1K[18],[19],[20],[21],[22],[23],[24].

Les satellites militaires[modifier | modifier le code]

L'ISRO développait le satellite d'observation radar RISAT-1 quand survinrent les attaques de novembre 2008 à Bombay. Face à une montée des menaces extérieures, l'Inde s'est procuré un satellite de reconnaissance radar RISAT-2 auprès d'Israël. Celui-ci a été placé sur orbite le 20 avril 2009 par un lanceur PSLV. RISAT-2 dispose d'un radar à synthèse d'ouverture. RISAT-1 a été placé en orbite le 26 avril 2012 par un lanceur PSLV. Les deux engins ont une double vocation civile et militaire[25].

Le satellite géostationnaire GSAT-7, à l'usage exclusif de la Marine Nationale Indienne, a été mis en orbite le 30 août 2013 par une fusée Ariane-5. Il est destiné à la communication de la flotte et la surveillance des façades maritimes. Il sera rejoint par le GSAT-7A en 2014-15 mais les données de ce dernier seront partagées avec les forces terrestres et aériennes [26].

Le satellite géostationnaire GSAT-6, mis en orbite le 27 août 2015 par le GSLV-D6 sera essentiellement destiné aux communications militaires grâce à l'utilisation de son transpondeur de la Bande C [27].

Le satellite polaire Cartosat-2C, mis en orbite le 22 juin 2016 par le PSLV-XL sera principalement dédié à la reconnaissance militaire. Il est muni d'un caméra à haute résolution[28].

Le programme spatial habité[modifier | modifier le code]

L'ISRO a initié les études préliminaires pour déterminer les aspects techniques et de gestion du vol spatial habité. Le programme envisage de réaliser une capsule spatiale autonome pouvant mettre en orbite deux ou trois membres d'équipage à 300 km autour de la Terre et assurer leur retour terrestre. Fin mars 2012 des projets de recherche et développement sur des technologies critiques pour le vol spatial habité auquel l'ISRO consacre environ 1% de son budget (28 millions US$)[29]. La première capsule a été testée avec succès le 18 décembre 2014, avec le lancement du GSLV Mk-III[30].

L'industrie spatiale indienne[modifier | modifier le code]

Le principal industriel impliqué dans l'activité spatiale est la société Hindustan Aeronautics Limited dont l'activité principale porte sur la production d'avions et d'hélicoptères militaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « Chronology of Indian space activity », Secureworld Foundation (consulté le 5 mars 2010).
  2. a, b, c, d, e, f et g Bernd Leitenberger : Indische Trägerraketen.
  3. (en) « India's solid-fuel ballistic missile-family "Agni" », Site Norber Brügge .
  4. (en) « Aryabhata 1 », Gunter's space page (consulté le 6 mars 2010) .
  5. (en) « Insat 1A, 1B, 1C, 1D », Gunter's space page .
  6. http://isro.gov.in/pressrelease/scripts/pressreleasein.aspx?Jan06_2014.
  7. (en) Establishment of North Eastern Space Application Centre (NE-SAC).
  8. F. Verger,... : L'espace nouveau territoire p.99-100.
  9. (en) Chandrayaan-1 Lunar Orbiter, NASA NSSDC.
  10. « L'Inde perd le contact avec sa sonde spatiale », LeMonde.fr.
  11. « Manmohan formally announces India's Mars mission », The Hindu, .
  12. http://www.thehindu.com/news/national/india-starts-historic-mission-to-mars/article5316983.ece?ref=relatedNews.
  13. http://www.futura-sciences.com/magazines/espace/infos/actu/d/astronautique-sonde-indienne-mangalyaan-enfin-route-vers-mars-50692/.
  14. « L'Inde place avec succès une sonde en orbite de Mars », sur Sciences et Avenir, (consulté le 24 septembre 2014).
  15. « Lancement du premier observatoire spatial indien » (consulté le 29 septembre 2015).
  16. FAS website on IRS.
  17. Théo Pirard et al., « Budget spatial indien  :ambition raisonnées », Air et Cosmos, no 248,‎ , p. 35-36.
  18. (en) « Gagan to deliver seamless air navigation by mid-2013 », The Hindu (consulté le 28 février 2013).
  19. (en) « Home-grown GPS ‘Gagan’ likely by 2014 », The Hindu (consulté le 28 février 2013).
  20. (en) « Satellites doing fine », The Hindu (consulté le 28 février 2013).
  21. (en) « India’s first navigation satellite soars to success ».
  22. http://www.isro.org/pslv-c24/c24-status.aspx(en) « PSLV-C24 / IRNSS-1B Mission », sur isro.
  23. (en) « PSLV-C26 Successfully Launches India's Third Navigation Satellite IRNSS-1C », sur isro, (consulté le 17 octobre 2014).
  24. « IRNSS-1G - ISRO », sur www.isro.gov.in (consulté le 5 mai 2016).
  25. (en)« RISAT-2 (Radar Imaging Satellite-2) », Earthnet Online.
  26. http://www.thehindu.com/todays-paper/tp-national/gsat7-first-navy-satellite-launched/article5077610.ece.
  27. (en) « Indian GSLV launches with GSAT-6 | NASASpaceFlight.com », sur www.nasaspaceflight.com (consulté le 28 août 2015).
  28. « India’s PSLV-XL launches with Cartosat-2C and 19 satellites | NASASpaceFlight.com », sur www.nasaspaceflight.com (consulté le 22 juin 2016).
  29. Michel Cabirol, « Un Indien bientôt dans l'espace ? », sur La Tribune, (consulté le 1er mai 2012).
  30. « L'Inde lance sa plus grosse fusée dans l'espace », sur Le Parisien, (consulté le 18 décembre 2014).

Sources[modifier | modifier le code]

  • F. Verger, R Ghirardi, I Sourbès-Verger, X. Pasco, L'espace nouveau territoire : atlas des satellites et des politiques spatiales, Belin,
  • (en) Brian Harvey, Henk H F Smid et Theo Pirard, Emerging space powers : The new space programs of Asia, the Middle East ans South America, Springer Praxis, (ISBN 978-1-4419-0873-5)
  • (de) (de) Bernd Leitenberger, « Indische Trägerraketen » (consulté le 5 avril 2010)
  • (en) K. Kasturirangan, India’s Space Enterprise – A Case Study in Strategic Thinking and Planning, (lire en ligne)
  • A.P.J. Abdul Kalam, Les ailes de feu : autobiographie de A.P.J. Abdul Kalam, Editions Kailash, (ISBN 978-2-84268-176-0, notice BnF no FRBNF42049136)
    Autobiographie du père des missiles balistiques indiens qui a également joué un rôle de premier plan au début du programme spatial indien

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • ISRO l'agence spatiale indienne

Liens externes[modifier | modifier le code]