Salah Abdeslam

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Salah Abdeslam
Terroriste islamiste et djihadiste

Image d'une caméra de surveillance, quelques heures après les attentats de novembre 2015.
Information
Naissance (27 ans)
Bruxelles (Belgique)
Patrie Française[1]
Membre de l'organisation État islamique
Complice des attentats du 13 novembre 2015
Affaires attentats du 13 novembre 2015
Pays France Belgique
Ville Paris Saint-Denis Bruxelles
Arrestation 18 mars 2016 à Molenbeek-Saint-Jean
Famille Brahim Abdeslam (frère)
Complice Mohamed Abrini, Najim Laajraoui, Abdelhamid Abaaoud, Brahim Abdeslam
Avocat Frank Berton, Sven Mary (mars-octobre 2016)

Salah Abdeslam, né le à Bruxelles, est un terroriste français d'origine marocaine résidant et ayant grandi en Belgique, dans la commune de Molenbeek-Saint-Jean.

Affilié à l'État islamique, il est impliqué dans les attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts en région parisienne. Sur la Route des Balkans utilisée à partir de l'été 2015 par des centaines de milliers de réfugiés, il convoie par quatre aller-retour de Bruxelles à des localités allemandes et hongroises, la quasi totalité du commando qui commettra ces attentats ainsi que ceux de Bruxelles le 22 mars 2016. Le 13 novembre 2015, Il est notamment le locataire de la voiture utilisée par les assaillants de la salle du Bataclan, et dépose également les trois kamikazes devant le Stade de France où ils se font exploser. Il aurait pour sa part renoncé au dernier moment à en faire de même, abandonnant son véhicule dans le XVIIIe arrondissement parisien, puis sa ceinture explosive à Montrouge. Il parvient à s'enfuir de la région parisienne avec l'aide de complices venus le chercher la nuit même des attentats pour être déposé à Laeken avant d'être ensuite conduit vers Schaerbeek où il reste caché dans un appartement de la Rue Henri Bergé pendant 20 jours avant de disparaître en Belgique.

Il est arrêté lors d'une opération policière menée à Molenbeek-Saint-Jean le , après une cavale de 125 jours. Son implication dans la préparation des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, qui ont lieu quatre jours après son arrestation, est également en question. Remis aux autorités françaises le 27 avril 2016, incarcéré à Fleury-Mérogis, il observe depuis lors le plus parfait mutisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et vie familiale[modifier | modifier le code]

Salah Abdeslam est issu d'une famille originaire de la petite bourgade marocaine de Bouyafar, au nord-ouest de Nador[2]. Son père Abderrahmane est un citoyen marocain né à Oran, en Algérie française, en 1949[3]. Il a vécu à Aubervilliers, en banlieue parisienne, avant de venir s'installer à Molenbeek-Saint-Jean[2],[4] suite à la convention bilatérale Belgique-Maroc du 1964 ayant par but de pallier le manque de main-d’œuvre dans le pays. En Belgique Abderrahmane Abdeslam a travaillé à la STIB, la compagnie de transport en commun bruxelloise dont il est retraité[5],[6],[3]. Sa mère est aussi citoyenne marocaine originaire du Rif et naturalisée française. Les deux parents ont la nationalité française, ce qui explique que leurs cinq enfants, trois frères et deux sœurs, bien que tous nés à Bruxelles soient aussi français[4].

Il a deux frères, Brahim et Mohammed. Le premier fait partie du groupe de trois terroristes auteurs des attentats des terrasses des 10e et 11e arrondissements[7]. Son autre frère Mohammed, ex-employé communal de Molenbeek-Saint-Jean[2], n'est en revanche pas impliqué dans ces attaques[8].

Jeunesse et délits[modifier | modifier le code]

L'ex-petite amie de Salah Abdeslam, du même quartier que lui à Molenbeek-Saint-Jean, le rencontre à 16 ans alors qu'elle est dans le deuil de son frère, lui ayant 18 ans[9]. Il est employé de 2009 à 2011 comme technicien à la STIB au dépôt de tramways d'Ixelles, mais voit son contrat résilié à cause d'absences[10] après son incarcération. Selon son ancienne amie, « jusque-là, Salah n'avait jamais eu de problème avec la loi. Son casier était vierge. Ce qui s'est passé exactement, je n'en sais rien : il refusait d'en parler. Il a été condamné et puis remis en liberté au bout d'un mois. Abdelhamid Abaaoud, lui, a passé six mois derrière les barreaux[9]. »

Il est identifié par la police comme participant à des activités criminelles de petite envergure[11],[12]. En 2011, il est condamné pour des affaires de vol. Il est décrit comme un gros consommateur de cannabis et d'alcool et un habitué des bars gays[13] bruxellois[2]. En 2014, la section antiterroriste de la police judiciaire fédérale (DR3) de Belgique reçoit des informations d'une source « fiable » à propos de projets d’attentats fomentés par les frères Abdeslam [14]. Il est identifié ensuite dans au moins huit pays européens[15].

C'est un ami d'enfance d'Abdelhamid Abaaoud, lui aussi originaire de Molenbeek-Saint-Jean[16]. Il connaissait aussi Bilal Hadfi, autre terroriste du 13 novembre[4]. En 2011, il est condamné aux côtés d'Abaaoud dans une affaire de vol par effraction, il fait un mois de préventive et perd son emploi à la STIB[4]. À partir de décembre 2013, il est le gérant du bar Les Béguines à Molenbeek-Saint-Jean. Le bar est fermé pour cinq mois sur décision administrative après la découverte de substances hallucinogènes[10]. Salah Abdeslam y passait une grande partie de son temps à jouer sur PlayStation[17],[18].

Selon son frère Mohamed, six mois avant les attentats, Salah et Brahim commencent à observer la prière[17] sans qu'il ne soupçonne les intentions de ses frères[19].

Salah tente à plusieurs reprises de convaincre, sans succès, son amie de l'accompagner en Syrie : « La première fois, c'était à la fin 2014[9] », mais ce n'est que début 2015 qu'elle comprend son implication dans les réseaux djihadistes[9]. Il trompe la police sur ses relations avec Abaaoud : « Ils voulaient des explications. Sur Hamid [Abaaoud], sur ses activités sur internet… Il leur a dit qu'il n'était pas d'accord avec ce qu'avait fait Hamid [en Syrie et à Verviers], mais qu'il avait gardé le souvenir des bons moments passés ensemble[9]. »

Elle voit Salah pour la dernière fois le 10 novembre, à Laeken : « Je voyais bien que ça ne tournait pas rond. Il n'avait pas très faim, il semblait malheureux mais me disait de ne pas m'en faire, que tout allait bien. Nous avons parlé de notre avenir et du mariage. Je lui ai dit que ça m'inquiétait quand il disparaissait parfois sans crier gare, et qu'il ne faisait rien pour retrouver un boulot fixe. » Il la rappelle le lendemain pour la prévenir qu'il n'avait plus son téléphone portable[9]. Le 15 novembre, elle se présente spontanément à la police de Molenbeek-Saint-Jean, puis est interrogée par la police fédérale. Elle conclut sur leur relation : « Je préfère qu'il s'abstienne [de me recontacter]. Je ne saurais pas quoi lui dire. Pour moi, il n'y a plus rien entre nous. Je romps officiellement nos fiançailles […] Tu as fait honte à nos familles. Je n'ai plus rien à te dire, à part ceci : sache que je vais commencer une nouvelle vie, et que tu n'y as pas ta place[9]. »

Attentats de novembre 2015 en France[modifier | modifier le code]

Radicalisation et préparation[modifier | modifier le code]

En janvier 2015, Brahim Abdeslam tente de se rendre en Syrie mais est intercepté par les autorités turques. Renvoyé en Belgique, il est interrogé en Belgique, de même que Salah[4]. Ils sont relâchés bien qu'identifiés comme radicalisés[20]. Son nom figure dans une liste de suspects d'activités terroristes remise au bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean le 26 octobre par les services secrets belges[21].

Selon une étude du Centre d’analyse du terrorisme dirigé par Jean-Charles Brisard et publiée en novembre 2016 par la revue américaine spécialisée Sentinel[Laquelle ?], Salah Abdeslam a un rôle logistique important, convoyant plusieurs personnes des cellules terroristes des attentats de 2015 et 2016 en France et en Belgique avec des véhicules de location[22]. Entre le 30 août et le 2 octobre, il effectue trois allers-retours entre la Belgique et la Hongrie et un vers l'Allemagne pour ramener dix terroristes à Bruxelles[22]. Dans les neuf mois avant les attentats, Salah Abdeslam est identifié dans six pays différents[23]. Le 30 août, Salah Abdeslam récupère Bilal Hafdi, un des kamikazes des attentats au Stade de France et Chakib Akrouh, un des terroristes des terrasses, dans une BMW de location à Kiskőrös[22]. Le 9 septembre, il récupère en Mercedes Mohamed Belkaïd et Najim Laachraoui à la gare de Budapest-Keleti où ils l'attendaient depuis une semaine. Contrôlés sur une autoroute autrichienne à Aistersheim, ils voyagent sous les fausses identités de Soufiane Kayal et Samir Bouzid. Le premier sera tué lors de l'opération policière du 15 mars 2016 à Forest et le second se fait exploser à l'aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016[22],[24]. Le 17 septembre, il récupère avec une Audi A6 les trois membres du commando du Bataclan Ismaël Omar Mostefaï, Samy Amimour et Foued Mohamed-Aggad[22]. Le 2 octobre, il récupère à Ulm (Allemagne) avec une BMW Ahmed Alkhald, Osama Krayem et Sofiane Ayari, le premier rejoignant probablement la Turquie quelques jours après le 13-Novembre et les deux derniers étant interpellés en Belgique après les attentats du [22].

En août 2015, Salah Abdeslam se trouve avec Ahmet Dahmani, tous deux se rendent de l'Italie vers la Grèce en ferry. Dahmani est interpellé le 21 novembre en Turquie à Antalya, comme complice du réseau terroriste de l’État islamique[25]. Un artificier de Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise, Île-de-France) indique, après les attentats, qu'Abdeslam a fait un passage dans son entreprise en octobre 2015. Il a laissé la copie de son permis de conduire pour justifier l'achat d'une dizaine de détonateurs électriques[26].

D'après le magazine Le Point, il réserve sur internet deux chambres de l'hôtel Apart'City d'Alfortville (Val-de-Marne) deux jours avant les attaques[27]. Selon une autre source, la réservation aurait couru du 11 au 17 novembre[28]. Grâce à des relevés bancaires corroborés par des archives de vidéosurveillance, les enquêteurs ont pu déterminer que Salah Abdeslam se trouvait en compagnie de Mohamed Abrini, un djihadiste belge passé par la Syrie, deux jours avant les attaques, dans une station service de l'Oise (Hauts-de-France), sur l'autoroute A1, en direction de Paris[29]. Ils sont à bord de la Renault Clio noire conduite par Abdeslam lors des attentats[30],[31]. On retrouve la trace de cette Clio, trois heures avant les attentats à 18 h le 13 novembre à l'aéroport de Roissy. Elle est détectée grâce à un système de reconnaissance de plaques[29].

Dès le 16 novembre, Salah et Brahim Abdeslam sont identifiés comme ayant été dans une Seat et une Volkswagen toutes les deux louées par Salah[32]. Selon le témoignage d'un voisin et ami des frères Abdeslam qui les a vus la veille des attentats du à Paris, une grosse dispute aurait éclaté dans la fratrie et l’un d’eux aurait affirmé ne pas bouger s’il n’avait pas « empoché l'argent »[2].

Actions[modifier | modifier le code]

Le rôle exact de Salah Abdeslam dans les attaques du 13 novembre reste encore entouré de nombreuses zones d'ombres. Des signalements incohérents font état de sa présence à la même heure en des lieux différents. Ceci s'explique, selon les enquêteurs, par le fait qu'Abdeslam possède un physique passe-partout[33].

Les enquêteurs affirment que Salah Abdeslam a convoyé jusqu'aux abords du Stade de France les trois terroristes qui s'y sont fait exploser, à bord d'une Renault Clio noire[33]. Un témoignage qui reste « sujet à caution » indique qu'il a tenté d'entrer dans le stade[33]. Grâce au bornage de son téléphone, il est aussi possible de déterminer qu'il est ensuite passé par la porte de Clignancourt. Il a ensuite abandonné sa voiture place Albert-Kahn dans le 18e arrondissement de Paris à 21 h 59[33]. Il a ensuite acheté une puce téléphonique dans ce secteur à 22 h 30[33]. Il aurait ensuite renoncé à se faire sauter dans le 18e arrondissement[34],[20].

Plusieurs témoignages font pourtant état de la présence de Salah Abdeslam au sein du commando des terrasses des cafés des 10e et 11e arrondissements, aux côtés de son frère Brahim, qui trouve la mort en faisant exploser sa ceinture explosive[35], et de son ami Abdelhamid Abaaoud. Il est en effet formellement reconnu sur des planches photographiques présentées par les enquêteurs aux rescapés comme étant un des membres du commando des terrasses. Ceci est corroboré par les propos des personnes l'ayant convoyé en Belgique à qui il aurait déclaré : « J'ai tué des gens avec ma kalachnikov dans ma voiture. Je suis le seul survivant. Mon frère Brahim s'est fait exploser. J'ai mis sa carte d'identité dans la boîte à gants pour faire comme [Amedy] Coulibaly pour qu'il soit connu du monde entier[36]. » L'un des fusils Kalachnikov retrouvé dans la Seat abandonnée porte son ADN, ceci pourrait s'expliquer par le fait qu'il l'ait manipulé avant l'attaque[33],[37],[38]. Un enquêteur, écartant l'hypothèse d'une participation de Salah Abdeslam au commando des terrasses indique que « Salah Abdeslam n'a pas le don d'ubiquité ! Il faudrait qu'il soit allé très tôt à Saint-Denis et très tard aux terrasses. Mais cela semble compliqué car sa Clio n'a pas été vue dans l'est de Paris[33]. »

Dans la 13e édition de son magazine Dabiq de propagande en anglais, l’État islamique omet Salah Abdeslam, ce qui laisse supposer une rupture avec un militant qui aurait renoncé à l'utilisation de son gilet explosif[39].

Fuite[modifier | modifier le code]

Salah Abdeslam et Hamza Attou se rendant dans une station-essence, en novembre 2015.

L'enquête de police montre que sa fuite est improvisée[40]. Ce n'est que sept heures après les attaques que ses amis venus de Belgique le rejoignent[11].

Il est d'abord localisé dans le 18e arrondissement boulevard Barbès[41]. Après les attentats, Salah Abdeslam se dirige vers Montrouge (Hauts-de-Seine, Île-de-France). Il sollicite d'abord vainement son cousin parisien qui refuse prétextant l'insécurité de la soirée en raison des attentats, puis il fait appel à Mohamed Amri et Hamza Attou qui viennent le chercher de Molenbeek-Saint-Jean[42]. Mohamed Amri et Hamza Attou, sont respectivement barman et revendeur de cannabis au café des Abdeslam[43]. Il les guide vers l'allée Vauban à Châtillon[42] (Hauts-de-Seine, Île-de-France). C'est à proximité, rue Chopin à Montrouge, que sera découverte une ceinture artisanale d'explosifs non équipée d'un système de mise à feu, vraisemblablement portée par Salah Abdeslam[44]. Il se vante auprès d'Amri et Attou d'être le « dixième » responsable des attentats. Il insiste pour emprunter des routes secondaires, mais le conducteur finit par se retrouver sur l'autoroute. La voiture est arrêtée à trois reprises en France, mais il n'est pas encore recherché et il peut donc rejoindre la Belgique sans encombre[42].

Attou appelle dans la nuit de vendredi à samedi un certain Ali Oulkabi qui est un ami de Brahim Abdeslam[43]. Arrivé avec son véhicule personnel, Oulkadi dit ne pas avoir su qui il devait convoyer avant qu'Abdeslam n'entre dans le véhicule. Oulkadi retrouve Abdeslam et la personne l'ayant appelé à Laeken le 14 novembre. Oulkadi et Abdeslam se rendent dans un café où il lui explique son implication dans les attentats de Paris, puis lui demande de le déposer à Schaerbeek[45],[43].

Ali Oulkadi, Hamza Attou et Mohammed Amri sont par la suite arrêtés par les autorités belges[46],[43].

Les autorités belges et françaises diffusent la photo de Salah Abdeslam en avis de recherche le 15 novembre[45], ce qui le fait nommer « l'ennemi public numéro 1 »[47],[48]. Le 16 décembre à 10 h, la police belge pénètre dans une location où il était supposé se dissimuler. Il est alors rapporté que les autorités n'avaient pas pu y pénétrer plus tôt en raison de la législation belge interdisant la plupart des perquisitions entre 21 h et h[49],[50].

Des traces d'explosifs, trois ceintures cousues à la main et les empreintes digitales de Salah Abdeslam sont découvertes dans un appartement rue Henri Bergé à Schaerbeek perquisitionné le 9 décembre qui aurait pu également être utilisé lors de la fuite de Salah Abdeslam[51].

Fichages[modifier | modifier le code]

Le 29 octobre 2015, les données de la sûreté de l'État sont transmises au Schengen Information System, à Interpol et Europol[2]; la National Security Agency apporte son une aide aux services européens grâce à son expertise en analyse de métadonnées[52]. Une fiche le concernant a été créée sur le site d'Interpol[53]. Par ailleurs, selon le New York Times, la bourgmestre Françoise Schepmans avait reçu, un mois avant le massacre, une liste de plus de 80 noms et coordonnées d’individus suspectés d’être des militants islamistes. Parmi eux, on retrouve le nom des frères Abdeslam[7].

Fiché S[54], Abdeslam aurait passé trois contrôles de police[55], en plein état d'urgence, sans être connu des services de renseignements français [56].

Arrestation[modifier | modifier le code]

Le , lors d'une perquisition d'un appartement sur la commune bruxelloise de Forest qu'ils pensaient inoccupé, les policiers essuient des tirs à l'arme automatique, trois policiers sont blessés, un terroriste est tué et deux personnes sont en fuite. Les enquêteurs y trouvent des traces ADN de Salah Abdeslam et une empreinte digitale.

Trois jours plus tard, le , Salah Abdeslam est blessé à la jambe et arrêté à Molenbeek-Saint-Jean[57],[58],[59]. Il est pris dans son quartier au : 79 rue des Quatre vents à Molenbeek-Saint-Jean [60], après une cavale de 125 jours.

Détention et procédure judiciaire[modifier | modifier le code]

En exécution du mandat d’arrêt européen délivré à son encontre le par la France, il est extrait de la prison de Beveren et remis le par la Belgique à la justice française qui doit procéder à sa mise en détention provisoire[61]. Le même jour, il est incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis.

Depuis son arrestation Salah Abdeslam n'a fourni aucune explication sur les motifs des attaques commises à Paris ou à Bruxelles. À la suite de la visite en prison du député LR Thierry Solère, qui a pu visionner des images du détenu et en a fait un compte-rendu public, son avocat Me Franck Berton demande l'arrêt de cette surveillance vidéo permanente. Le 15 juillet, sa demande est rejetée par le tribunal administratif de Versailles qui remarque que l'intéressé n'avait pas contesté le principe de ce dispositif lors de son installation et que le « souci de respect de l'intimité [a été pris en compte] par la pose d'un pare-vue fixé dans la cellule permettant la restitution d'images opacifiées »[62].

Par ordonnance du , le Conseil d’État rejette la demande de suspension de la vidéosurveillance dont il fait l’objet[63].

Le , face au mutisme de leur client, les avocats Frank Berton et Sven Mary décident de se retirer de la défense de Salah Abdeslam qui ne souhaite plus être représenté[64]. Mais en janvier 2017, Libération publie une partie des échanges épistolaires entre Salah Abdeslam et une femme qui permettent de rendre compte de la personnalité du terroriste ; il apparait comme très engagé dans la religion, se dit pieux et affirme « Je n'ai pas honte de ce que je suis[65] ». La justice belge transmet à la justice française des lettres d'Abdeslam à sa famille et à son ancienne fiancée dans lesquelles il justifie ses engagements[66]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Martine Chevalet et Éric Hacquemand, « Déchéance de nationalité : l'ombre de Salah Abdeslam plane sur le Sénat », leparisien.fr,‎ (consulté en 22 mrs 2016)
  2. a, b, c, d, e et f « Qui sont vraiment les trois frères Abdeslam? », DH.be,‎ (lire en ligne)
  3. a et b (en) L. Christophe, « Salah Abdeslam, d’un vol raté à Limelette au carnage de Paris (PORTRAIT) », La Libre.be,‎ (consulté le 27 mars 2016)
  4. a, b, c, d et e Isabelle Hanne, « Cogérants d’un café à Molenbeek, au centre de tous les trafics, Brahim et Salah semblent s’être radicalisés très rapidement. », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. (en) Ben Farmer, « Salah Abdeslam: The former bar manager now on the run as one of the world's most wanted terrorists », The Telegraph,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Yann Thompson et Kocila Makdeche, « ENQUETE. Drogue, prison et Ligue des champions : sur la trace des frères Abdeslam », francetvinfo,‎ (lire en ligne)
  7. a et b « Attentats terroristes à Paris : récit d'une soirée de terreur », L'Obs, 14 novembre 2015.
  8. (en) Hannah Roberts et Julian Robinson, « Mother of Paris suicide bomber says her son may have blown himself up because of stress… while his brother says the family 'are thinking of the victims' after he is released without charge », Mail Online,‎ 16 novembre2015 (consulté le 1er décembre 2015).
  9. a, b, c, d, e, f et g Montasser Alde'emeh, « L'ex-fiancée de Salah Abdeslam : "Se rendre, lui ? Je pense qu'il préfère mourir" », levif.be,‎ (consulté le 25 février 2016)
  10. a et b Yann Thompson et Kocila Makdeche, « ENQUETE. Drogue, prison et Ligue des champions : sur la trace des frères Abdeslam », francetvinfo,‎ (consulté le 20 novembre 2015)
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  12. John Lichfield, « On the run from Isis: Jihadists 'targeting Paris attacker Salah Abdeslam for chickening out of killings' », The Independent,‎ (consulté le 19 novembre 2015)
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  14. lesoir.be, « La police connaissait les projets d’attentats des frères Abdeslam dès juillet 2014 », sur lesoir.be (consulté le 17 avril 2016)
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  20. a et b Imogen Calderwood, « Candles for the dead... lit by the brother of the madmen who killed them: Sibling of Paris massacre duo puts on public display of support for the victims after denying any involvement », Mail Online,‎ (consulté le 20 novembre 2015)
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