Ousmane Sonko

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Ousmane Sonko
Illustration.
Fonctions
Député sénégalais
En fonction depuis le
(3 ans, 9 mois et 1 jour)
Circonscription Département de Dakar
Groupe politique PASTEF
Biographie
Date de naissance (46 ans)
Lieu de naissance Thiès
Nationalité Sénégalaise
Parti politique PASTEF
Diplômé de Université Gaston Berger (UGB)
École nationale d'administration (ENA)
Profession Inspecteur des impôts et domaines [1]
Religion Islam

Ousmane Sonko, né le à Thiès, est un homme politique sénégalais. Il est le président du parti Patriotes du Sénégal pour le Travail, l’Ethique et la Fraternité (PASTEF) et est député depuis juillet 2017. Il est candidat à l'élection présidentielle de 2019 sous la bannière de la coalition Sonko Président.

Il est accusé en février 2021 de viols et menaces de mort par une employée d'un salon de beauté qu'il fréquente, ce qu'il dénonce comme une « tentative de liquidation politique » provoquée par le président Macky Sall. Il est arrêté et placé en garde à vue le mois suivant, entraînant de violents heurts entre ses soutiens et la police lors d'importantes manifestations. Il est inculpé puis relâché sous contrôle judiciaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Ousmane Sonko naît le à Thiès, de parents fonctionnaires. Il grandit principalement en Casamance puis effectue ses études supérieures à l'université Gaston-Berger de Saint-Louis, où il obtient une maîtrise en droit public en 1999[2]. Il entre ensuite comme major à l'École nationale d'administration (ENA) du Sénégal. En 2001, il sort diplômé de l’ENA, section « Impôts et Domaines » et intègre l’administration avec un premier poste qui le conduit au Centre des services fiscaux de Pikine. En 2003, il obtient un diplôme d’études approfondies (DEA) en finances publiques et fiscalité de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Il est aussi titulaire d’un Master 2 en Gestion et Finances Publiques de l’Institut Supérieur des Finances (ISF) et également doctorant en droit public économique et fiscalité à l’Université Jean Moulin Lyon III.

Carrière[modifier | modifier le code]

Ousmane Sonko a débuté sa carrière comme Inspecteur principal des Impôts et des Domaines. Il a été vérificateur fiscal et chef de Brigade de vérification fiscale, chargé du secteur immobilier. Il était auditeur interne à la Direction du Contrôle Interne (DCI) de la Direction Générale des Impôts et Domaines (DGID) chargé de la rédaction de la charte de déontologie de la DGID.

Trois ans après son entrée dans l'administration, il crée le Syndicat Autonome des Agents des Impôts et Domaines (SAID) dont il est le premier secrétaire général d' à , avant de devenir Secrétaire général honoraire de à [3]. À cette période, il commence à critiquer le gouvernement et accuse l'État d'anomalies fiscales et budgétaires en mettant en cause le président Macky Sall. À la suite de cela, il est radié par le décret N°2016-1239 de l'Inspection générale des impôts et domaines en pour manquement au devoir de réserve[4]. Cet épisode largement relayé par la presse sénégalaise a permis de révéler Ousmane Sonko au grand public. En , il crée son cabinet Atlas.

Débuts politiques[modifier | modifier le code]

Président du parti politique Pastef créé en , il est élu député à l’Assemblée nationale du Sénégal aux élections législatives de 2017.

En , il sort le livre Pétrole et gaz au Sénégal. Chronique d’une spoliation  où il accuse le président et son entourage de malversations dans la gestion des ressources naturelles du pays[5].

Candidature à l'élection présidentielle de 2019[modifier | modifier le code]

Le , il publie un livre programmatique, Solutions, dans lequel il livre un diagnostic des problèmes sociaux et économiques du Sénégal, déclinant ses propositions. Sa candidature à l'élection présidentielle est validée en .

La montée du leader du Pastef s'est internationalisée avec sa tournée dans la diaspora. Les Sénégalais répondent présents en investissant pleinement les salles. Dans son discours, il étaye les maux qui gangrènent le Sénégal et le système politique qui paupérise la population[6]

Il termine à la troisième place de l'élection présidentielle du avec plus de 687 000 voix soit 15,67 %, derrière le président sortant Macky Sall et l'ancien Premier ministre Idrissa Seck.

Affaire judiciaire de 2021[modifier | modifier le code]

Dépôt de plainte[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du au , Adji S., une femme de 20 ans employée d'un salon de beauté, dépose plainte contre Ousmane Sonko pour « viols et menaces de mort » devant le commandant de la brigade de recherches de la gendarmerie de Colobane, à Dakar[7]. Elle l'accuse notamment de l'avoir violée à quatre reprises en la menaçant avec des armes, la dernière datant de la nuit de son dépôt de plainte[8],[9].

Celui-ci répond en niant ces accusations sur son compte Twitter et en dénonçant un « complot » et une « tentative de liquidation politique » de la part du président Macky Sall, destinée, selon lui, à porter atteinte à son éventuelle candidature aux élections présidentielles de 2024. Il confirme cependant avoir été client du salon de beauté où travaille la plaignante pour des massages du dos, tout en affirmant s'être assuré que deux personnes étaient toujours présentes durant les massages[10].

Ousmane Sonko est convoqué le par la gendarmerie nationale, mais refuse de se rendre à cette convocation en invoquant son immunité parlementaire. Des dizaines de sympathisants manifestent leur soutien devant le domicile de Sonko. Des heurts éclatent alors que les forces de l'ordre tentent de disperser le rassemblement[9].

Levée de l’immunité parlementaire[modifier | modifier le code]

Le , les députés votent à une large majorité — 98 pour, 1 contre et 2 abstentions — la levée de l’immunité parlementaire d'Ousmane Sonko, après des échanges tendus entre la majorité et l'opposition. Les députés de l'opposition quittent la salle avant le vote[11]. L'intéressé dénonce une procédure jugée « viciée et illégale » et annonce qu'il ne répondra à aucune convocation de la justice[12],[13],[11].

Arrestation[modifier | modifier le code]

Ousmane Sonko est convoqué par un juge d'instruction le . Après avoir initialement annoncé qu'il ne se rendrait pas à cette convocation, il s'y résout finalement tout en affirmant ne « pas faire confiance à la justice » et en appelant ses soutiens à rester mobilisés[14].

À la suite de cette convocation, il est placé en garde à vue pour « troubles à l’ordre public et participation à une manifestation non autorisée » après s'être rendu en cortège au tribunal — en dépit de l'interdiction des rassemblements édictée à cause du Covid-19 — et avoir refusé de suivre l'itinéraire fixé par les autorités. Il doit être convoqué à nouveau devant la justice le [15].

Sa garde à vue est levée dans la nuit du au , mais il n'est cependant pas remis en liberté car il doit comparaître devant le doyen des juges d’instruction le lendemain[16].

Il est officiellement inculpé par la justice le et relâché sous contrôle judiciaire[17].

En mai 2021, La justice sénégalaise a refusé à Ousmane Sonko l'autorisation de quitter le territoire pour se rendre à l'étranger alors qu'il est sous contrôle judiciaire depuis son inculpation pour viols en mars 2021.[18].

Manifestations[modifier | modifier le code]

Son arrestation le provoque des heurts, dans la capitale à Dakar et au sud du pays dans la région de casamance d’où est originaire Ousmane Sonko. Notamment des échanges de jets de pierres et des tirs à gaz lacrymogènes, entre des groupes de manifestants et la police, puis des pillages, saccages et scènes de guérilla urbaine les jours qui suivent, ce qui est qualifié d'« actes de nature terroriste » par le ministère de l'intérieur[19]. Au , ces manifestations font au moins dix morts chez les manifestants.

Après sa libération et le deuil national décrété le 12 mars par le président de la république, Ousmane Sonko appelle à poursuivre la manifestation de manière pacifique sur tout le territoire sénégalais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ousmane Sonko », sur assemblee-nationale.sn (consulté le 14 février 2019)
  2. « Ousmane Sonko, leader du parti PASTEF », sur malisenegal.com, (consulté le 21 août 2018)
  3. « Ousmane Sonko - Président », sur pasteflespatriotes.com (consulté le 21 août 2018)
  4. Benjamin Roger, « Sénégal : Ousmane Sonko, l’accusateur du clan Macky Sall », sur jeuneafrique.com, (consulté le 21 août 2018)
  5. Aminata Diouf, « Graves révélations dans son livre sur le pétrole sénégalais : Ousmane Sonko suivi de près par les Américains », sur pressafrik.com, (consulté le 21 août 2018)
  6. « Présidentielle au Sénégal : Ousmane Sonko, adversaire principal de Macky Sall ? », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 7 janvier 2019)
  7. « Sénégal : ce que contient la plainte pour « viols et menaces de mort » contre Ousmane Sonko – Jeune Afrique », sur jeuneafrique.com, Jeune Afrique, (consulté le 5 mars 2021)
  8. Marième Soumaré, « Plainte contre Ousmane Sonko au Sénégal : ce que révèlent les PV d’auditions – Jeune Afrique », sur jeuneafrique.com, Jeune Afrique, (consulté le 5 mars 2021)
  9. a et b Théa Ollivier, « Une accusation de viol contre l’opposant Ousmane Sonko secoue le Sénégal », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 8 mars 2021)
  10. « Sénégal : la plainte pour viol contre Sonko crée une tempête politique », sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le 5 mars 2021)
  11. a et b « Affaire Ousmane Sonko : sur qui l’opposant s’appuie-t-il pour mener la riposte ? », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 28 février 2021)
  12. « Sénégal : Ousmane Sonko perd son immunité parlementaire », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 26 février 2021)
  13. « Ousmane Sonko : trajectoire d’un incorruptible opposant soupçonné de viols », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 27 février 2021)
  14. « Sénégal: Ousmane Sonko annonce qu'il va se rendre à la convocation du juge d'instruction », sur rfi.fr, RFI, (consulté le 5 mars 2021)
  15. « Sénégal: l'opposant Sonko, gardé à vue, conserve le silence (avocat) », sur tv5monde.com, TV5 Monde, (consulté le 5 mars 2021)
  16. « Sénégal: l'opposant Ousmane Sonko à nouveau devant le juge ce lundi », sur rfi.fr, RFI, (consulté le 8 mars 2021)
  17. Le Figaro avec AFP, « Sénégal: le juge ordonne de relâcher l'opposant Sonko, sous contrôle judiciaire », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le 8 mars 2021)
  18. Matthieu Millecamps, « Sénégal : Ousmane Sonko interdit de se rendre à Lomé pour débattre de l’avenir du franc CFA », sur www.jeuneafrique.com, Jeune Afrique, (consulté le 22 mai 2021)
  19. Théa Ollivier, « Au Sénégal, l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko déclenche des émeutes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 8 mars 2021)