Yassine Bouzrou

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Yassine Bouzrou
Description de l'image defaut.svg.
Naissance (39 ans)
Bezons (Val-d'Oise)
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession
Activité principale

Yassine Bouzrou, né le 30 mars 1979 à Bezons dans le Val d'Oise, est un avocat pénaliste français. Il plaide dans plusieurs affaires médiatisées, notamment celles concernant des accusations de bavures policières.

Biographie[modifier | modifier le code]

Yassine Bouzrou est né dans le Val d'Oise de parents marocains[1]. Il grandit à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine. Après un passage dans un internat de Seine-Saint-Denis puis au lycée La Folie Saint-James, à Neuilly-sur-Seine, il suit en 2000 une formation d'administration économique et sociale à Paris II-Assas et intègre le droit au deuxième semestre, travaillant en parallèle dans l'immobilier. En tant qu'élève avocat, il obtient un stage chez l'avocat pénaliste Jean-Yves Liénard, suivant ainsi trente procès d'assises pendant un an. Il rencontre alors l'avocat Jean-Yves Le Borgne. Avec lui et l'avocat Christian Saint-Palais, il suit entre autres les trois mois de procès de l'Erika et l'affaire Tiberi des faux électeurs du 5e arrondissement. Il crée son cabinet le 25 octobre 2007, jour de sa prestation de serment.

En 2009, il est chroniqueur dans une émission sur la radio Générations 88.2, donnant des conseils juridiques[2].

Il prend position contre les contrôles policiers discriminatoires, soutenant le Collectif contre le contrôle au faciès, et témoignant avoir été traité de « bicot » par un policier dans son adolescence lors d'un contrôle d'identité[3].

Philippe Bilger, avocat général dans le procès du gang des barbares, le voit comme l'« un des meilleurs » avocats de sa génération[4] et l'édition française du magazine GQ le classe parmi les « trente avocats les plus puissants de France ». Il est décrit par ses confrères comme « cash », « loyal », mais « procédurier » et « sans pitié »[5],[2].

Les rappeurs Seth Gueko et Lim, dont il a été l'avocat, le citent dans leurs chansons.

Avocat engagé dans des affaires médiatisées[modifier | modifier le code]

Dès sa prestation de serment en 2007, Yassine Bouzrou s’installe à son propre compte sur les Champs-Élysées. Pendant six mois, il enchaîne les affaires de stupéfiants ainsi que les comparutions immédiates à Nanterre. S'étant forgé une réputation dans le monde judiciaire, il devient l'avocat de l'un des accusés du « gang des barbares »[6].

Il défend Anh Đào Traxel, la fille adoptive de Jacques Chirac, dans l’affaire pour diffamation qui l’oppose, en 2009, à un contributeur de l’encyclopédie en ligne Wikipédia. La même année, il représente un ancien candidat de l’émission Nouvelle Star accusé de proxénétisme et principal prévenu dans l’affaire Zahia.

En 2008, il prend la défense de la famille de Lyès Gouasmia, jeune homme de 21 ans et indicateur de la BAC Nord Marseille, retrouvé mort d’une balle dans la poitrine. Accusés de complicité d’assassinat, quinze policiers ont été mis en examen[7].

En 2012, Me Bouzrou représente l’homme accusé à tort de l’assassinat du leader des Tigres tamouls, Nadarajah Mathinthiran, dit « Parithi », à Paris. L’année suivante, Michel Courtois, le peintre en bâtiment poursuivi pour un quadruple meurtre dans l’affaire du « tueur de l’Essonne » fait appel à lui. Dénonçant les « aveux extorqués » à son client, il obtient sa libération.

Il défend l’un des commissaires dans l'affaire dite des « cols rouges » de Drouot[8],[9].

En 2016, il est désigné comme avocat par plusieurs familles de victimes des attentats de Nice — comme en 2009, lorsqu'il représente les familles des victimes du crash Rio-Paris.

Il est l’avocat de la famille d’Adama Traoré, jeune homme mort le 19 juillet 2016 lors son interpellation par des gendarmes. Le mois suivant, il obtient le dépaysement de l’affaire à Paris. Dénonçant les bavures policières, Me Bouzrou plaide souvent dans des affaires portant sur de telles accusations, notamment celle d'Abu Bakari Tandia mort après sa garde à vue à Courbevoie[10] et Abdoulaye Fofana molesté par des policiers à Montfermeil[11].

En novembre 2016, il défend Malamine Traoré, qui a tué deux policiers en percutant leur véhicule sur le périphérique parisien[12], en février 2013.

Avec sa collègue Julie Granier, il est chargé de la défense de Tariq Ramadan en octobre 2017 après l'accusation de viol de la part de Henda Ayari[13]. Alors que le suspect est en détention provisoire en mars 2018, L'Express affirme que celui-ci aurait changé d'avocat. Ce ne serait plus Yassine Bouzrou et son associée Julie Granier qui le défendront à l'avenir mais le pénaliste Emmanuel Marsigny, co-fondateur et ancien associé du cabinet Metzner[14]. Maîtres Marc Bonnant et Yaël Hayat sont les avocats assurant la défense de Tariq Ramadan en Suisse[15]. Cependant, selon Le Monde, si Marsigny est bien devenu l'avocat de Ramadan, Bouzrou et son associée seraient toujours ses avocats, puisque le premier a rencontré son client à l'hôpital[16].

Selon le site communautaire LeMuslimPost[17],[18],[19],[20], Tariq Ramadan lui aurait annoncé le 20 mars 2018 qu'il ne souhaitait plus être représenté par ce dernier[21]. La défense de Tariq Ramadan en France est alors assurée par Emmanuel Marsigny.

Selon l'AFP et le Journal du Dimanche, c'est Yassine Bouzrou qui a décidé d'abandonner le dossier de Tariq Ramadan, en raison de ses désaccords avec le comité de soutien de celui-ci qui voulait une défense plus politique et médiatique [22],[23],[24]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Yassine Bouzrou, jeune ténor du barreau cash et sans pitié »", sur L'Obs.
  2. a et b « Avocat Champs-Élysées », article du Monde d'octobre 2009.
  3. Voir sur youtube.com.
  4. Voir sur grands-avocats.com.
  5. Voir sur tempsreel.nouvelobs.com.
  6. Voir sur elsa-vigoureux.blogs.nouvelobs.com.
  7. Voir sur lefigaro.fr.
  8. Voir sur lepoint.fr.
  9. Voir sur leparisien.fr.
  10. Voir sur europe1.fr.
  11. Voir sur rue89.nouvelobs.com.
  12. Voir sur lepoint.fr.
  13. « Accusé de viol, Tariq Ramadan dément et va porter plainte pour dénonciation calomnieuse », Franceinfo,‎ (lire en ligne).
  14. « Tariq Ramadan, mis en examen pour viols, change d'avocat », sur lexpress.fr, (consulté le 7 mars 2018)
  15. « Ramadan, poursuivi pour viols, de nouveau hospitalisé », sur fr.reuters.com, (consulté le 10 mars 2018)
  16. Raphaëlle Bacqué, « Les défenseurs de Tariq Ramadan obligés de revoir leur stratégie face aux nouvelles accusations », sur Le Monde, (consulté le 11 mars 2018)
  17. « Dans une vidéo inédite, Tariq Ramadan clame son innocence », Libération.fr, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  18. « Tariq Ramadan répond à ses détracteurs en vidéo », Le Temps, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  19. 6 Medias, « Tariq Ramadan : « Je suis totalement innocent de ce dont on m'accuse » », Le Point,‎ (lire en ligne)
  20. « «Je suis totalement innocent» : dans une vidéo, Tariq Ramadan se défend », ladepeche.fr, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  21. « L'avocat Yassine Bouzrou débarqué par Tariq Ramadan », sur lemuslimpost.com (consulté le 24 mars 2018)
  22. « Tariq Ramadan, mis en examen pour viols, change d'avocat », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  23. « La défense de Tariq Ramadan embarrassée par ses soutiens », sur Le Monde.fr (consulté le 26 mars 2018)
  24. Le JDD, « Tariq Ramadan, le témoignage qui invalide son alibi lyonnais », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant (lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Bouzrou Associés, site de son cabinet cofondé en 2008 avec l'avocate Julie Granier