Liviu Dragnea

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Liviu Dragnea
Illustration.
Liviu Dragnea en 2014.
Fonctions
Président de la Chambre des députés de Roumanie

(2 ans, 5 mois et 6 jours)
Législature 8e
Prédécesseur Florin Iordache
Successeur Carmen-Ileana Mihălcescu (ro) (intérim)
Marcel Ciolacu
Président du Parti social-démocrate
[n 1]
(3 ans, 10 mois et 5 jours)
Élection
Vice-président Valeriu Zgonea
Niculae Bădălău (ro)
Viorica Dăncilă
Secrétaire général Andrei Dolineaschi (ro)
Marian Neacșu (ro)
Codrin Ștefănescu (ro)
Prédécesseur Rovana Plumb (intérim)
Victor Ponta
Successeur Viorica Dăncilă
Ministre du Développement régional
et de l'Administration publique

(2 ans, 4 mois et 24 jours)
Président Traian Băsescu
Klaus Iohannis
Gouvernement Ponta II, III et IV
Législature 7e
Prédécesseur Ioan Rus (Administration)
Eduard Hellvig (Régional)
Successeur Sevil Shhaideh
Vice-Premier ministre de Roumanie

(1 an, 11 mois et 26 jours)
Président Traian Băsescu
Gouvernement Ponta II et III
Législature 7e
Ministre de l'Administration et de l'Intérieur

(22 jours)
Président Traian Băsescu
Gouvernement Boc I
Législature 6e
Prédécesseur Gabriel Oprea
Successeur Dan Nica
Biographie
Nom de naissance Nicolae-Liviu Dragnea
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Gratia (Teleorman)
Nationalité Roumaine
Parti politique PD-FSN (1996-2000)
PDSR/PSD (2000-2019)
Profession Ingénieur
Religion Orthodoxie roumaine

Liviu Dragnea, né le à Gratia (Teleorman, Roumanie), est un homme politique roumain.

Membre du Parti démocrate (PD) puis du Parti social-démocrate (PSD), il est brièvement ministre de l'Intérieur en 2009. Devenu ensuite député de Teleorman, il occupe à partir de 2012 les fonctions de vice-Premier ministre de Roumanie et de ministre du Développement régional et de l'Administration publique, mais doit quitter le gouvernement en 2015, après avoir été condamné dans une affaire de fraude électorale.

Il devient président du Parti social-démocrate en 2015, à la suite de la démission de Victor Ponta, et président de la Chambre des députés en 2016. Après le retour du PSD au pouvoir en 2017, il est considéré comme étant l'« homme fort » du pays. Malgré les tentatives de la majorité de réformer le système judiciaire afin de lui éviter la prison, il est condamné pour abus de pouvoir et emprisonné en 2019, ce qui conduit à son remplacement à la tête du PSD.

Biographie[modifier | modifier le code]

Du Parti démocrate-Front de salut national au Parti social-démocrate[modifier | modifier le code]

Sa carrière politique commence avec son élection au conseil municipal de Turnu Măgurele en 1996. Il est alors membre du Parti démocrate-Front de salut national (PD-FSN), qu'il quitte pour adhérer, en 2000, au Parti de la démocratie sociale de Roumanie (PDSR)[1],[2], devenu Parti social-démocrate (PSD) l'année suivante. En 2006, il devient vice-président du parti chargé de la réforme de l'État et de la décentralisation (poste qu'il quitte après la victoire du « non » au référendum de 2007 sur la destitution de Băsescu)[3], puis conduit la campagne du PSD lors des élections européennes de 2007[1].

À Alexandria, la préfecture, lui, sa famille et ses proches sont propriétaires de nombreuses entreprises[4].

Éphémère ministre de la grande coalition[modifier | modifier le code]

Après les élections législatives de 2008, il est nommé coordinateur des ministres PSD au sein du gouvernement de coalition Emil Boc, chargé de maintenir les liens entre les ministres et la direction du parti[5].

En , à la suite de la démission de Gabriel Oprea, Liviu Dragnea est nommé ministre de l'Administration et de l'Intérieur dans le gouvernement Boc. Trois semaines plus tard, il démissionne, invoquant un manque de ressources financières pour financer ses projets. La possibilité qu'il ait été contraint à la démission en raison de son refus de nommer secrétaire d'État un individu soutenu par un important cadre du PSD est évoquée[6]. Après son départ du gouvernement, il continue à critiquer le gouvernement de grande coalition PSD-PDL, à laquelle il était opposé depuis le début[7].

Ministre des gouvernements Ponta[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de décembre 2012, il est élu député du județ de Teleorman. Dans la foulée, il est nommé ministre du Développement régional et de l'Administration publique, et devient un des trois vice-Premier ministres du deuxième gouvernement Victor Ponta. Il perd sa fonction de vice-Premier ministre en , mais conserve son portefeuille du Développement régional et de l'Administration publique.

En , il est condamné à un an de prison avec sursis pour avoir organisé des fraudes électorales lors du référendum de 2012 sur la destitution du président Băsescu. Il quitte alors le gouvernement[8].

Président du Parti social-démocrate[modifier | modifier le code]

Après la démission de Victor Ponta en , il devient président par intérim du PSD, le comité exécutif du parti ayant préféré sa candidature à celle de Rovana Plumb[9]. Le , il est élu président du parti[10].

Le , la Haute Cour de cassation et de justice le condamne à deux ans de prison avec sursis dans l'affaire des fraudes électorales ayant eu lieu lors du référendum de 2012, ce qui fait de lui le premier chef de parti roumain en fonction à être condamné pénalement[11],[12]. Cinq jours plus tard, il fait exclure du PSD le président de la Chambre des députés, Valeriu Zgonea, qui avait appelé à sa démission de la présidence du parti[13].

Après sa condamnation et son emprisonnement en , la Première ministre Viorica Dăncilă lui succède à la tête du PSD.

Président de la Chambre des députés[modifier | modifier le code]

Il devient président de la Chambre des députés le , quelques jours après la victoire du PSD aux élections législatives, succédant à Florin Iordache.

Son nom est évoqué pour reprendre la tête du gouvernement, mais la législation votée sous la législature précédente l'en empêche. Sevil Shhaideh, proposée par le PSD, se voit refuser la fonction de Première ministre par le président Klaus Iohannis, qui accepte finalement Sorin Grindeanu à ce poste.

L'adoption par le gouvernement Grindeanu en d'un décret assouplissant les règles anti-corruption suscite une vague de manifestations sans précédent depuis la chute de Nicolae Ceaușescu en 1989. Ce décret est vu comme un moyen d'éteindre les poursuites pour corruption pesant sur Liviu Dragnea[14]. Les manifestations poussent le gouvernement à abroger le décret le [15].

Au soir des élections européennes de 2019, marquées par la défaite de son parti, et de la validation d'un référendum convoqué par Klaus Iohannis pour lutter contre la corruption et infirmer les réformes judiciaires du gouvernement, Liviu Dragnea crée la surprise en indiquant qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle prévue à la fin de l’année[16].

Emprisonnement[modifier | modifier le code]

Le , poursuivi pour incitation à des abus de pouvoir lorsqu'il était président du conseil du județ de Teleorman, Liviu Dragnea est condamné à trois ans et demi de prison ferme par la Haute Cour de cassation et de justice[17]. Le , au lendemain des élections européennes perdues par le PSD, sa peine est confirmée en appel par la Haute Cour, et il est aussitôt incarcéré[18].

Il est également visé par une enquête de l'Office européen de lutte antifraude au sujet d'un détournement de fonds européens de 21 millions d'euros, via une société de BTP[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par intérim jusqu'au .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (ro) Costel Oprea, « Dragnea, sef la Interne », sur romanialibera.ro, .
  2. (ro) Claudiu Dumitrache, « Liviu Dragnea demisionează de la Consiliul Județean Teleorman », sur adevarul.ro, .
  3. (ro) Cristina Darmina Iamandi, « Liviu Dragnea se autosuspendă din funcția de vicepreședinte PSD », sur romanialibera.ro, .
  4. « Liviu Dragnea, l'intrigant de Teleorman », sur lefigaro.fr, .
  5. (ro) « BIO: Liviu Dragnea, de la Prefectură și Consiliul Județean Teleorman la MAI », sur mediafax.ro, .
  6. (ro) Costel Oprea, « Liviu Dragnea a eșuat in trecerea administrației in mana baronilor locali », sur romanialibera.ro, .
  7. (ro) « Dragnea, un ministru de Interne cercetat in trecut de DNA », sur ziua.ro, .
  8. (ro) Cătălin Lupășteanu, « Liviu Dragnea, condamnat la un an de închisoare cu suspendare în dosarul "Fraudă la referendum" », sur mediafax.ro, .
  9. (ro) Ștefan Pană, « Liviu Dragnea va fi votat duminică noul președinte al PSD. Cum arătau în urmă cu 10 ani alegerile din partid », sur gandul.info, .
  10. (ro) Ștefan Pană, « Liviu Dragnea, ales președinte al PSD cu 97% din voturile membrilor de partid », sur mediafax.ro, .
  11. (ro) « Condamnat definitiv la inchisoare, dar in continuare presedinte al PSD. Reactia lui Klaus Iohannis: "Ar trebui sa se retraga" », sur stirileprotv.ro, (consulté le ).
  12. (ro) Petriana Condruț et Andreea Traicu, « Liviu Dragnea, condamnat la doi ani de închisoare cu suspendare în dosarul Referendumului. Lider PSD: "Suntem înmărmuriți" », sur Mediafax.ro, (consulté le ).
  13. (ro) « Valeriu Zgonea, exclus din PSD: "Este ca pe vremea Inchiziției". Partidul vrea să-l lase și fără șefia Camerei Deputaților », sur stirileprotv.ro, (consulté le ).
  14. Jean-Baptiste Chastand et Mirel Bran, « Liviu Dragnea, le visage de la corruption roumaine », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le ).
  15. « Le gouvernement roumain retire son décret sur la corruption », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. « Elections européennes 2019 : en Roumanie, le gouvernement de gauche essuie un revers », sur Le Monde, (consulté le ).
  17. « Liviu Dragnea, le chef des socialistes roumains, condamné », sur Le Monde, (consulté le ).
  18. (ro) « « Dragnea a fost condamnat definitiv la 3 ani si 6 luni cu executare. Chiar azi va ajunge la puscarie » », ziare.com,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. Anne Rovan, « À Bucarest, le pouvoir roumain règle ses comptes avec Bruxelles », sur Le Figaro (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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