Grotte du Pigailh

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Grotte du Pigailh
Localisation
Coordonnées
Adresse
Massif
Localité voisine
Caractéristiques
Type
Altitude de l'entrée
490 m
Longueur connue
40 m
Occupation humaine

Géolocalisation sur la carte : Ariège

(Voir situation sur carte : Ariège)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : Occitanie (région culturelle)

(Voir situation sur carte : Occitanie (région culturelle))
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Point carte.svg

La grotte du Pigailh, plus rarement grotte de Fajal[1], est une caverne du massif du Plantaurel, sur le territoire de la commune d’Aigues-Juntes, dans le département français de l’Ariège.

Situation[modifier | modifier le code]

Située sur un flanc rocheux du massif du Plantaurel, à trois kilomètres au nord d’Aigues-Juntes[2], la grotte est accessible par un petit sentier accidenté. Elle se trouve à 490 m d’altitude[1].

Topographie[modifier | modifier le code]

L’entrée de la grotte est difficilement accessible, du fait des nombreux rochers et épineux qui l’entourent. Elle s’ouvre sur une chambre de 13 m sur 4 m ; elle se prolonge sur une galerie de 10 m de long, de laquelle se détache une seconde galerie sur la gauche de 20 m de long, jusqu’à un éboulis qui empêche de mener plus avant[2]. La grotte fait donc en tout 43,5 m de long, sur 3,5 m de large en moyenne.

Géologie[modifier | modifier le code]

La grotte se trouve sur l’adret du Plantaurel, massif calcaire du piémont pyrénéen.

Faune[modifier | modifier le code]

Les relevés faits par B. Delay en 1978 ont montré que la population de Speonomus longicornis (coléoptères) pouvait atteindre jusqu’à 100 000 individus en été, pour une moyenne de 50 000 (pour la même saison)[3].

La présence d’Aphaenops (autre genre de coléoptère) est également attestée, de même que des Antrocharis querilhaci[4].

Ont aussi été répertoriées pour la grotte du Pigailh trois espèces de chauves-souris : le petit rhinolophe, le grand rhinolophe et le minioptère de Schreibers[4].

Découverte et fouilles[modifier | modifier le code]

Les fouilles effectuées par Miquel et Ladevèze en 1888 ont mis en évidence des gisements de l’époque de l’âge du fer et de l’époque gallo-romaine.

Sous une première couche de pierrailles furent découverts des tessons de poterie relativement récents, de même que des ossements humains. La deuxième couche a révélé quatorze pièces de monnaie de l’époque gallo-romaine, à l’effigie de l’empereur romain Antonin le Pieux (qui régna de 138 à 161), de Tetricus, usurpateur romain (règne de 271 à 273) et de Licinius, empereur de 308 à 324. Neuf autres pièces n’ont pu être identifiées. Des restes de poterie vulgaire ont été mis au jour dans la troisième couche. La présence d’ossements carbonisés auprès des tessons, conjugué au fait que ceux-ci sont plus cuits sur la surface intérieure, tend à prouver qu’une des destinations de la grotte fut la conservation d’urnes funéraires[2].

La liste des objets exhumés se trouve dans le compte rendu fait par Miquel dans le Bulletin de la Société ariégeoise des sciences, lettres et arts de l’année 1889[2].

Xavier Leclercq, qui a effectué des sondages en 1969-1970, a notamment trouvé « quatre anneaux de bronze décorés de chevrons ou de cannelures verticales et une herminette en fer »[5], datés du premier âge du fer [6].

Occupation allemande[modifier | modifier le code]

La grotte fut un abri pour les maquisards durant l’occupation allemande, notamment pour des Guérilleros espagnols[7].

Valorisation[modifier | modifier le code]

La grotte a été retenue pour être intégrée à la réserve nationale des milieux souterrains de l’Ariège, actuellement en projet[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Michel Labrousse, « Circonscriptions de Midi-Pyrénées », Gallia,‎ , p. 463 (lire en ligne).
  2. a b c et d Miquel, « Grotte du Pigailh à Aigues-Juntes », Bulletin de la Société ariégeoise des sciences, lettres et arts, vol. III,‎ 1889-1890, p. 222-226 (ISSN 0988-1557, lire en ligne).
  3. Franck Brehier, « Inventaire de la faune souterraine », sur http://www.insectes.org, CNRS, , p. 28.
  4. a b et c « Plan de référence du parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises] », sur http://www.parc-pyrenees-ariegeoises.fr le site du PNR des Pyrénées ariégeoises, (consulté le 7 juin 2011), p. 42.
  5. Michel Labrousse, « Circonscriptions de Midi-Pyrénées », Gallia,‎ , p. 469 (lire en ligne).
  6. Robert Sablayrolles (dir.), Jean-Marie Escudé-Quillet et Catherine Maissant, « Aigues-Juntes », dans Carte archéologique de la Gaule : l’Ariège, Paris, Académie des Inscriptions et belles-lettres et alii., , p. 69.
  7. Jean-Jacques Pétris, « Aigues Juntes », sur http://histariege.com (consulté le 8 juin 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Andrieux, « Étude du climat de la grotte du Pigailh (Ariège) : problèmes posés par le mécanisme des transferts thermiques », Annales de spéléologie, t. 28,‎ , p. 361-374 (ISSN 0003-4215)
  • Miquel, « Grotte du Pigailh à Aigues-Juntes », Bulletin de la Société ariégeoise des sciences, lettres et arts, vol. III,‎ 1889-1890, p. 222-226 (ISSN 0988-1557, lire en ligne)