Charlotte Wilson

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Charlotte Wilson
Charlotte Mary Wilson (1854–1944) anarchist and Fabian c.1874.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 89 ans)
IrvingtonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Cheltenham Ladies' College (jusqu'en )
Newnham College (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Militante pour les droits des femmes, journaliste, civil libertarian, éditriceVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Idéologie

Charlotte Mary Wilson, née Charlotte Mary Martin, le à Kemerton (Worcestershire) et morte le à Irvington-on-Hudson (New York), est une anarchiste socialiste et féministe britannique. Elle est cofondatrice du journal Freedom en 1886 Fabian Women's Group en 1908.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charlotte Wilson est la fille unique de Robert Spencer Martin, médecin, et de son épouse Clementina Susannah, née Davies[1]. Elle fait ses études universitaires au Cheltenham Ladies' College, puis à Merton Hall, Cambridge de 1873 à 1876[1].

En 1876, elle épouse le financier Arthur Wilson et elle s'installe à Londres où elle rejoint la Fabian Society. Elle est élue membre du comité exécutif de la société fabienne en 1884[1]. C'est aussi le début d'une longue correspondance, tenue jusqu'à 1896, avec Karl Pearson[2].

En même temps, elle fonde le Hampstead Historic Club, aussi connu sous le nom de Société Karl Marx ou Société Proudhon[3]. Le groupe se rassemble à Hampstead Heath, dans son ancienne maison[4]. Aucune trace écrite du club ne subsiste, en dehors de références par plusieurs participants dont les mémoires ont été publiées. Wilson note cependant une longue liste de personnes fréquentant le club, dont la secrétaire est Emma Brooke (en) ; la liste inclut Sidney Webb, George Bernard Shaw, Sydney Olivier, Annie Besant, Graham Wallas, Belfort Bax, Edward Pease, Hubert Bland, Edith Nesbit, Havelock Ellis, Edward Carpenter, Frank Podmore, Ford Madox Brown et Olive Schreiner[5].

Le club étudie d'abord Le Capital, lu en français par une participante russe, puis se penche sur les écrits de Pierre-Joseph Proudhon. En 1889, George Bernard Shaw décrit des débats enflammés au sein du club. La Fabian Society et le Hampstead Historic Club sont deux groupes séparés, bien qu'ils aient de nombreux membres en commun[6], et Shaw décrit les réunions organisées par Wilson comme le lieu de naissance du socialisme de classe moyenne[7]. Elle co-fonde également un groupe de réflexion avec Sergueï Stepniak-Kravtchinski, Karl Pearson et Wilfrid M. Voynich, qui deviendra en 1890 la Société des Amis de la Liberté Russe (en)[8].

En mars 1886, elle invite Pierre Kropotkine à s’établir près de Londres. Kropotkine et Wilson rejoignent le petit groupe du journal The Anarchist, animé par l’individualiste libertaire Henry Seymour, mais s’en séparent rapidement[9]. En octobre de la même année, elle fonde avec Pierre Kropotkine le journal communiste libertaire Freedom autour duquel se constitue un Freedom Group, qu'elle animera jusqu'en 1895[1]. Le journal partage la presse de William Morris avec le journal Commonweal[10].

En 1886, William Morris et elle s'opposent à la transformation de la Fabian Society en parti politique, mais n'obtiennent pas gain de cause, et elle quitte la Society en avril 1887 pour rejoindre la faction anarchiste associée[11].

Le , à Bloody Sunday, elle prononce un discours à Trafalgar Square et participe aux manifestations[12].

En 1888, elle écrit et publie l'ouvrage Work, longtemps attribué à tort à Kropotkine[13].

Au début du vingtième siècle, elle prend de la distance des mouvements anarchistes, sans les critiquer publiquement. Elle réintègre la Fabian Society en 1907 et participe à la fondation du Fabian Women's Group avec Maud Pember Reeves en 1908, où elle soutient les revendications des suffragettes[14]. Elle est secrétaire générale et gestionnaire du sous-comité des études du Fabian Women's Group de 1908 à 1913, où elle pousse le groupe à étudier les conditions de travail des femmes[15],[16]. De 1911 à 1914, elle réintègre également le comité de direction de la Fabian Society[17].

Postérité[modifier | modifier le code]

Elle sert de modèle au personnage de Gemma dans le roman Le Taon d'Ethel Lilian Voynich. Edith Nesbit décrit la maison qui accueille le Hampstead Historic Club dans son autobiographie[8].

En 2000, Nicolas Walter édite une collection de ses essais chez Freedom Press[18].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Anarchism and Outrage, 1893.
  • Women and Prisons (avec Helen M. Blagg), 1912.
  • Three Essays on Anarchism (publié en 1979).
  • Anarchist Essays (avec Nicolas Walter) (publié en 2000).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Walter 2004.
  2. Theodore Porter, Karl Pearson, Princeton, Princeton University Press, (ISBN 0-691-11445-5), p. 1080
  3. British Library Archive ADD MS 50511 f143, Emma Brooke to G.B. Shaw, 26 November 1885
  4. "Wyldes A New History. Philip Venning. London 1977"
  5. "Wyldes and Its Story. Mrs Arthur Wilson. Transactions of the Hampstead Antiquarian and Historical Society.1902-3"
  6. Dan H. Laurence, Collected letters, Viking, 1985-1988 (ISBN 0-670-80543-2, 978-0-670-80543-3 et 978-0-670-80544-0, OCLC 11573648, lire en ligne)
  7. Hampstead and Highgate Express. 1 June 1907.
  8. a et b D. L. Moore, E. Nesbit; a Biography. Rev. Ed. Benn. 1967. Ill. Bibl. (ISBN 9780510045012, OCLC 650341729, lire en ligne)
  9. Philippe Paraire, Marianne Enckell et Constance Bantman, Pierre Kropotkine, Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron ».
  10. Freedom, a hundred years : October 1886 to October 1986., Freedom Press, (ISBN 0-900384-35-2 et 978-0-900384-35-6, OCLC 25625678, lire en ligne)
  11. « Our First Centenary: Charlotte Wilson 1854-1944 », sur libcom.org
  12. « Propagandist Literature [May, 1888], by Charlotte Wilson », sur www.marxists.org (consulté le )
  13. "Book Review: Charlotte M. Wilson's Anarchist Essays", NEFAC, 2 December 2002.
  14. Myriam Boussahba-Bravard, « Fabian Women's Group », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber (éd.), Le Dictionnaire universel des créatrices, Paris, Éditions des femmes, (lire en ligne).
  15. London School of Economics Archive FABIAN SOCIETY/H30
  16. London School of Economics Archive FABIAN SOCIETY/H20
  17. Jeanne MacKenzie, The first Fabians, Weidenfeld and Nicolson, (ISBN 0-297-77090-X, 978-0-297-77090-9 et 0-7043-3251-5, OCLC 3146443, lire en ligne)
  18. (en) Donald Rooum, « Nicolas Walter », sur the Guardian, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]