Charles Gave
| Président Institut des libertés | |
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Pierre Gave (d) |
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Emmanuelle Gave Louis-Vincent Gave (d) |
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Ernest Schoeffler (d) (grand-père) |
| Mouvements | |
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| Distinction |
Charles Gave, né le à Alep en Syrie, est un essayiste, financier et entrepreneur français, dirigeant fondateur de Gavekal, société de conseil financier, et président du think tank libéral et conservateur l'Institut des libertés.
Économiste libéral, il est l'auteur de plusieurs essais, dans lesquels il annonce notamment la fin du modèle de l'État-providence et la faillite de l'euro.
Proche de l'extrême droite identitaire et artisan de la théorie complotiste du grand remplacement, il soutient plusieurs candidatures d'hommes politiques tels que Nicolas Dupont Aignant ou celle d'Éric Zemmour lors de l’élection présidentielle de 2022.
Biographie
Enfance et formation
Charles Gave est né le à Alep. Charles Gave est un économiste proche du libéralisme[1],[2],[3],[4] spécialiste des marchés[5].
Il est le fils du commandant Pierre Édouard Gave, rallié à la France libre en après les combats en Syrie et condamné à mort par contumace par le régime de Vichy[6], et de Marie Claire Schoeffler, fille du gouverneur de l'État des Alaouites en Syrie pendant la mandature française[7],[8],[9].
Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Toulouse (promotion 1967)[10] et obtient aussi un DESS d'économie à Toulouse[11],[12]. Il est également titulaire d'un MBA de finance et gestion, obtenu aux États-Unis[12],[7].
Vie privée et familiale
Charles Gave est le père de deux garçons et deux filles, dont Emmanuelle Gave, ancienne[13] avocate mouvement d'extrême droite Génération identitaire[14].
Depuis 2018, la famille Gave est propriétaire du club Biarritz olympique. Ses dirigeants ont été condamnés pour diffamation, dans un différend qui les opposait au journal Sud Ouest, et connaissent des conflits tant avec la préfecture des Pyrénées-Atlantiques qu'avec la mairie de Biarritz[12]. Charles Gave est par ailleurs, via sa sœur Francine Gave, l'oncle de Béatrice Loustalan dite Béatrice Ardisson[15].
Carrière professionnelle
Charles Gave commence sa carrière comme analyste financier dans une banque française d’investissement, la Banque de Suez[1].
Il crée sa première entreprise, Cegogest, en 1974, à 30 ans, spécialisée en allocation d'actifs[16]. Avec le Suisse Beat Notz, président de Notz Stucki à Genève, il est, selon Le Temps, l'inventeur du métier de conseil en investissement, et se spécialise dans la recherche[1].
En 1981, il part s'installer à Londres, au lendemain de l'élection de François Mitterrand : « pas pour des raisons fiscales, je n’avais pas un sou, mais idéologiques : je refusais de vivre dans un pays où des communistes avaient rejoint le gouvernement ». Il critique alors le communisme, une idéologie ayant « tué 100 millions de personnes »[1],[17].
Charles Gave passe de la recherche économique pure à la gestion de fonds et la mise en application de ses propres conseils d'investissement en cofondant en 1986 Cursitor-Eaton Asset Management, à Londres[réf. nécessaire]. Il en est le directeur des investissements[16]. Vendue en 1995 à Alliance Capital, la société gère alors 10 milliards de dollars[18].
En 1999, il fonde une société de recherche et de conseil en gestion de portefeuille, nommée Gavekal, à Londres, puis transférée à Hong Kong en 2001, avec son fils Louis-Vincent[19] et Anatole Kaletsky, éditorialiste au Times. Gavekal conseille 800 institutions dans le monde[20], et diffuse une lettre d'information quotidienne d'analyse des marchés lue par 17 000 gérants de fonds[17]. Gavekal revendique la gestion de fonds, pour le compte d’investisseurs institutionnels et d’investisseurs privés, pour un total d’environ 3,5 milliards de dollars[21].
Sa fortune, en partie hébergée dans des paradis fiscaux, n'est pas connue avec précision[12].
Il est membre du conseil d'administration de Scor[22] de 2011 à 2015[16]. Il a également été aux conseils de plusieurs fonds d’investissement, notamment à Londres et à Hong Kong[23]. En , il devient administrateur du club de rugby à XV Biarritz olympique Pays basque, dont les difficultés financières ont conduit son actionnaire principal Bruno Ledoux à lui demander d'entrer au capital[24],[1]. En , il devient vice-président du conseil de surveillance présidé par son fils Louis-Vincent[25]. Le Biarritz Olympique est cédé en .
Engagement politique vers l'extrême droite
Après son retour en France en 2015, l’homme d’affaires s’investit financièrement dans la vie politique française[12]. Il est partisan d'une union des droites[26]. Proche des milieux d'extrême droite[27],[28], il affiche des idées identitaires, eurosceptiques et ultralibérales assumées[29] et défend la théorie conspirationniste du grand remplacement[26],[30]. Il participe au financement du magazine Causeur[12] et effectue plusieurs prêts d’argent à des candidats et des personnalités du Rassemblement national[28],[31],[32],[12].
En , il co-signe avec Pierre-Yves Rougeyron, Guillaume Bigot, et Florian Philippot une tribune pour établir le Référendum d’initiative citoyen (RIC), mis à l’honneur par le mouvement des Gilets jaunes et appel au respect du Référendum de 2005[33].
Institut des libertés
| Fondation |
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| Type | |
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| Forme juridique |
Association déclarée |
| Objet social |
Développer l’étude et la recherche de la pensée libérale dans son aspect culturel tant en France qu’à l’étranger ; afin d’atteindre cet objectif, l’institut se propose de développer l’étude, la recherche, la formation et l’éducation relatives aux libertés. |
| Domaine d'activité |
Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire (France) |
| Mouvement | |
| Siège |
Rue Copernic (27 bis) |
| Pays |
| Fondateurs | |
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| Président |
Charles Gave (depuis ) |
| Site web |
| SIREN | |
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| OpenCorporates |
Il est le président du think tank « Institut des libertés », que sa fille a fondé en 2012 avec Jean-Jacques Netter et Jean-Claude Gruffat[34]. Il prône dans ce laboratoire d'idées le libéralisme économique[1] voire ultralibéral[35],[36],[32]. Charles Gave a pour objectif avec cet institut un projet de « rééduquer les citoyens endoctrinés par le socialisme » où il dispense une formation au libéralisme[17],[1] et où il reçoit sur sur la chaîne Youtube des personnalités d'extrême droite tels que Florian Philippot, Robert Ménard ou Jean Messiha[30]. Une des enfants de Charles Gave, Emmanuelle Gave, dirige cet institut[12],[37].
Soutien aux personnalités d'extrême droite
Charles Gave soutient Nicolas Dupont-Aignan après sont retrait du RPR lorsque Nicolas Sarkozy a fait ratifier le traité de Lisbonne par le parlement français en 2008. Tout comme Nicolas Dupont-Aignan il est favorable au Brexit, qui est le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, et recommande pour la France un « Bruxit », c'est-à-dire « la sortie de la bureaucratie bruxelloise de l’Union européenne »[1],[38]. En il devient l'un des proches conseillers de Nicolas Dupont-Aignan, aux côtés de Paul-Marie Coûteaux et Patrick Buisson[39].
L'économiste soutient la candidature de Marine Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles de 2017[39],[1].
Lors des élections européennes de 2029, Charles Gave annonce rallier la liste de Amoureux de la France menée par Debout la France, Charles Gave doit pour ces élections figurer sur cette liste, en 43e position et doit contribuer à financer la campagne de plusieurs millions d'euros [26]. Il renonce cependant à sa candidature après le retrait de sa fille en après la révélation de tweets jugés racistes[40],[41],[42].
Soutien à Éric Zemmour
Charles Gave soutient également durant plusieurs mois la candidature d'Éric Zemmour à l'élection présidentielle de 2022, lui offrant un prêt de 300 000 euros au cas où il se présente[31],[12],[43],[44]. L'économiste se retire finalement de la campagne d'Éric Zemmour en mais il maintient son soutien politique au polémiste d'extrême droite tout en réclamant le remboursement du prêt[45],[46],[47],[48],[28].
Positions politiques
Critiques de l'euro
Son premier livre, Des lions menés par des ânes, qui est sous-titré Essai sur le crash économique (à venir mais très évitable) de l'Euroland en général et de la France en particulier, rencontre un succès d’estime, avec 20 000 exemplaires vendus[49]. Partisan de monnaies nationales, Charles Gave prédit la faillite de l'euro dans ce livre publié en 2003[50],[51].
Vision du libéralisme
Il défend le libéralisme économique[52],[53] et prône une diminution du poids de l’État, qui devrait selon lui se concentrer uniquement sur ses fonctions régaliennes[52],[54],[1]. Selon Charles Gave, plus le poids de l'État est important, plus la croissance économique s'affaiblit et plus le chômage augmente. Il affirme qu'il n'existe aucun exemple historique où une économie gérée par l'État « ne se soit conclue autrement que par la faillite et la tyrannie ». Et il décrit les entreprises françaises comme accablées de charges, réglementation et taxes, mises en place par des fonctionnaires « incompétents »[53].
Charles Gave défend la « destruction créatrice » pour favoriser la croissance. En 2014, il affirme que les lois françaises empêchent la destruction créatrice, ce qui a pour conséquence d'empêcher la création et donc la croissance. Pour cette raison, il prédit cette année-là l'effondrement de l'économie française qui devrait résulter de la loi pour la croissance portée par Arnaud Montebourg[53].
Dans son livre Un libéral nommé Jésus, Charles Gave déclare que « ce qui compte, c’est la volonté de prendre des risques et de s’exposer » et affirme que les évangiles défendent la prise de risque[55]. Il est en faveur d'une forme libre de cryptomonnaie, tout en considérant que cette forme de monnaie ne peut pour l'instant se substituer à la monnaie conventionnelle et est donc à éviter[56].
Controverses
Propos à l'encontre de l'islam
Sur Sud Radio, il déclare : « J’ai le droit de dire que l’islam est une saloperie. Je m’en fous [de choquer] si c’est la vérité. C’est la vérité »[57]. En , il prend la parole lors d'une manifestation opposée à la dissolution par le gouvernement du groupuscule d'extrême droite anti-islam Génération identitaire[58].
Complotisme
Selon l’Agence France-Presse (AFP), Charles Gave est partisan de la théorie controversée du grand remplacement[26],[59],[28]. Partisan de utilise la notion d'État profond (Deep State)[60], il défend également plusieurs meeting antivaxx[28] et de théories du complot à l'encontre de Donald Trump[61],[28]. En 2018, il publie un texte intitulé L'écologie, une nouvelle Foi dans lequel il défend une position climatosceptique, affirmant que le réchauffement climatique d'origine anthropique serait une invention destinée à contrôler la population[62] et soutient financièrement, via son fils Louis-Vincent Gave et la holding Cantio, la revue Transitions et énergies, qui publie régulièrement des articles critiques envers l'écologie politique et les mesures environnementales imposées aux industriels[62].
Propos sexistes
L’émission Quotidien indique qu’il a revendiqué « le droit de [leur] mettre la main aux fesses »[63] et déclare que la femme, mère de famille, qui doit nourrir ses enfants, est « un animal différent », qui ne « s’intéresse pas au sort de l'humanité : s'il n'y a rien dans le frigidaire, le réchauffement atmosphérique, elles s'en foutent »[64].
Ouvrages
Essais
- Des lions menés par des ânes (préf. Milton Friedman), Paris, Robert Laffont, , 200 p. (ISBN 2221099109, BNF 38989628).
- Un libéral nommé Jésus, Paris, Bourin, , 197 p. (ISBN 2849410209, BNF 39976362).
- C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir, Paris, Bourin, , 170 p. (ISBN 284941042X, BNF 40197250).
- Libéral, mais non coupable, Paris, Bourin, (ISBN 284941137X, BNF 42081165).
- L’État est mort, vive l’état !, Paris, Bourin, , 172 p. (ISBN 2849411922, BNF 42298839).
- Sire, surtout ne faites rien !, Paris, Jean-Cyrille Godefroy, , 213 p. (ISBN 2865532852, BNF 45130459).
- La vérité vous rendra libre, Paris, Éditions Pierre de Taillac, , 230 p. (ISBN 2364452651, BNF 47378827).
- Cessez de vous faire avoir !, Éditions Pierre de Taillac, , 96 p. (ISBN 236445302X).
- Les mondes de demain: Les vingt prochaines années décryptées par Charles Gave, Éditions Pierre de Taillac, , 200 p. (ISBN 978-2364453197).
Préfaces
- Philippe Fabry, Rome, du libéralisme au socialisme: Leçon antique pour notre temps, Independently published, , 253 p. (ISBN 979-8360365242).
- Patrick de Casanove, Pour rebâtir la sécu: propositions d'un médecin de famille, DE BOECK SUP, , 240 p. (ISBN 2925606067).
- Stéphane Bussière, C'est la crise, investissez !: Construire un patrimoine solide grâce à des investissements résilients, Éditions Libertés Numériques, , 413 p. (ISBN 2807371922).
Décoration
Notes et références
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- ↑ « Élections européennes 2019 : Emmanuelle Gave écartée par Debout la France après des tweets controversés », Le Monde, (consulté le ).
- ↑ « Qui est Emmanuelle Gave, l'ex-nouvelle figure de Debout La France ? », sur lanouvellerepublique.fr, (consulté le ).
- ↑ Journal officiel, , 158e éd., 88 p. (ISSN 0373-0425, lire en ligne), p. 33
Annexes
Bibliographie
- Emmanuel Garessus, « Charles Gave, le libéral qui veut défendre les petites gens », Le Temps, (lire en ligne).
Liens externes
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