Guy Sorman

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Guy Sorman
Sorman-Guy.jpg
Guy Sorman
Fonction
Directeur
France-Amérique (en)
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (75 ans)
NéracVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Guy Bernard SormannVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Français et Américain
Domiciles
Formation
Activités
Autres informations
Distinctions

Guy Sorman, né le 10 mars 1944 à Nérac (Lot-et-Garonne), est un éditeur et essayiste franco-américain[1]. Il s'inscrit dans la filiation intellectuelle du libéralisme. Souvent considéré comme le fondateur du néolibéralisme en France,[2] il récuse ce terme au profit de libéralisme classique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guy Sorman est né en 1944 à Nérac, en Lot-et-Garonne de parents juifs apatrides naturalisés français en 1947. Son père, Nathan, survécut au régime de Vichy en rejoignant les rangs de la Résistance dans les Pyrénées, aux côtés de républicains espagnols rescapés de la guerre civile.

Élève à École communale de Sartrouville, puis au lycée Marcel-Roby à Saint-Germain-en-Laye. Marié à Marie-Dominique Deniau depuis 1972, ils ont 4 filles : Joy Sorman, qui est écrivain, Lorraine, Victoire et Marie-Liesse.

Études[modifier | modifier le code]

De 1961 à 1964, Guy Sorman étudie le japonais à l'Inalco. En 1961, il entre à Sciences Po et en sort diplômé en 1964. En 1967, il intègre l'ENA dont il sort en 1969 : promotion Jaurès.

Carrière[modifier | modifier le code]

Chroniqueur et journaliste[modifier | modifier le code]

Collaborateur de Marcel Bleustein-Blanchet à Publicis en 1969-1970, puis de Jean-Jacques Servan-Schreiber et de Michel Albert à L'Express en 1970-1971. De 1983 à 1993, Guy Sorman sera auprès de Louis Pauwels, l'un des principaux rédacteurs du Figaro Magazine auquel il donne une orientation libérale. Guy Sorman publie dans le Figaro-Magazine la célèbre série intitulée Les vrais penseurs de notre temps (Claude Levi-Strauss, René Girard , Karl Popper , Noam Chomsky ... ) dont il fera un livre, best-seller mondial.

Il publie des chroniques dans de nombreux journaux : Le Matin de Paris, Les Nouvelles littéraires, L'Evénement du Jeudi, Le Quotidien de Paris, J'Informe, Le Figaro, Le Monde, The Wall Street Journal, L'Hebdo (Lausanne), La Presse (Montréal), Jornal do Commercio (São Paulo), Jornal da Tarde (Sao Paulo) La Nación (Buenos Aires), Joong-Ang Ilbo et Dong A (Séoul), Fakt (Varsovie), Asahi Shinbun et Chuo Kuron (Tokyo), Il Mercurio (Chili), Indian Express (New Dehli). Guy Sorman est éditorialiste pour le City Journal[3] à New York], ABC à Madrid [4] et Le Point à Paris[5].

Parmi les chroniques de Guy Sorman qui ont suscité des polémiques, on peut citer une tribune du Monde invitant à l'accueil des réfugiés syriens en France [6] et un article sur le constat historique du recul de l'antisémitisme en France.[7]

Depuis 2016, Guy Sorman milite contre la « maladie identitaire » qui s'est emparée de l'Europe et des États-Unis avec Donald Trump, et estime la réponse politique et intellectuelle bien mièvre. Au soir de l'élection de Trump il dénonce dans les médias américains et français « La revanche du mâle blanc »[8].

Auteur / Prises de position[modifier | modifier le code]

La Révolution conservatrice américaine [9](1983) fait découvrir le Reaganisme comme mouvement culturel, religieux et économique, un retour vers l'Amérique profonde[10].

La Solution libérale (1984) décrit l'abandon du social étatisme en Occident et la redécouverte de la tradition libérale, avec ses variétés nationales.

L'État minimum (1985) propose un programme pour la France incorporant des singularités nationales qui remontent au Siècle des Lumières.

La Nouvelle richesse des nations (1987) [11]compare les politiques de développement de dix-huit pays pauvres et montre comment ces politiques expliquent le non développement, plus que les données géographiques et culturelles.

Les Vrais penseurs de notre temps (1989) propose un panorama des paradigmes dominants présentés par leurs auteurs même. Il en ressort que nos libertés sont cantonnées par nos héritages historiques, culturels, biologiques. Guy Sorman s'inscrit par cet ouvrage dans la filiation structuraliste de Claude Levi-Strauss.

Sortir du socialisme (1990) raconte en direct l'effondrement de l'Union soviétique et les conflits entre partisans du sauvetage du communisme et ceux du ralliement à la démocratie libérale[12].

No a la decadencia de la Argentina (1990) dénonce le péronisme comme seule cause de la crise des institutions et de l'économie argentine et préconise une libéralisation qui sera tentée par les présidents Carlos Menem puis Mauricio Macri.

En attendant les Barbares (1992) plaide pour une libéralisation des mouvements migratoires et des drogues, constatant que la prohibition est plus néfaste que la liberté.

Le Bonheur français (1995) illustre comment la France change, se modernise, se mondialise sous l'influence de ses entrepreneurs et de ses artistes, malgré les actions retardataires d'un Etat archaïque. Ce thème sera repris en forme de fiction humoristique dans Une belle journée en France (1998).

Le Monde est ma tribu (1997) est une analyse prophétique de la mondialisation et de ses effets, en particulier du retour de l'identité nationale, qualifiée de néo-tribalisme.

La Nouvelle solution libérale (1998) invite les libéraux à une autocritique, à une prise en compte de la revendication égalitaire et à la création d'un Revenu minimum universel.

Le Génie de l'Inde (2000) est un hommage au Mahatma Gandhi et une explication de la pauvreté de l'Inde par les politiques erronées de Nehru plus que par ses traditions culturelles.

Le Progrès et ses ennemis (2001) [13]dénonce les intégristes de l'écologie qui, au nom de la Nature, veulent imposer un nouvel autoritarisme[14].

Les Enfants de Rifaa (2003), en réaction à l'Islamophobie, illustre la diversité des mondes musulmans et les traditions de liberté au sein de l'Islam[15].

Made in USA (2004), voyage en Amérique, invite à repérer les mutations américaines qui inévitablement atteindront l'Europe[16].

L'Année du Coq (2006) est un hommage aux démocrates chinois qui refusent la tyrannie du régime communiste et dénoncent l'exploitation du peuple par le régime de Pékin. [17] L'auteur invite les Occidentaux à soutenir ces dissidents de même qu'il nous invite à soutenir les libéraux en Islam.

L'Économie ne ment pas (2008) est un état de la science économique et des effets qui en découlent dans le monde[18].

Le Cœur américain (2013), à partir de l'exemple des États-Unis, préconise le retour à la philanthropie comme alternative à l'État pour expérimenter des innovations sociales[19].

J'aurais voulu être français (2016), à partir d'une autobiographie, illustre combien il est difficile de s'intégrer dès l'instant où l'on demande aux immigrés de renoncer à leur héritage culturel et religieux. Sa démarche a été comparée à celle des Lettres persanes : « En prenant la nationalité américaine en sus de la française, Guy Sorman en profite pour écrire ses propres Lettres persanes aux Français. » [20] 

Journal d'un optimiste (2012) et Journal d'ailleurs (2018) [21] illustrent que le monde "progresse" en dépit des discours catastrophistes qui occupent les médias.

Les livres de Guy Sorman ont été traduits dans les langues suivantes : hindi, allemand, danois, suédois, néerlandais , serbe, grec, turc, italien, anglais, espagnol, portugais, arabe, chinois, hébreu, russe, coréen, japonais.

Éditeur[modifier | modifier le code]

Il est fondateur des Éditions Sorman qui publient, depuis 1975, quinze magazines et lettres d'information professionnelles pour les élus locaux, (La Lettre du Maire), les médecins, les urbanistes et les chefs d'entreprise, ainsi que les revues Vie Publique (1972-1997) et L'Esprit Libre (1994-1996).

Depuis le 27 juin 2013, il est directeur du magazine France-Amérique [22], la seule publication destinée aux francophones établis aux États-Unis d'Amérique et aux Américains francophiles, fondée en 1943 par des Français libres à la demande du Général de Gaulle.

Enseignant[modifier | modifier le code]

Il enseigne l'économie et la philosophie politique dans de nombreux établissements parmi lesquels l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences-po), de 1970 à 2000. Il a été professeur invité à l'Université de Pékin, à l'Université pontificale de Santiago du Chili et chercheur invité à la Hoover Institution de l'université Stanford.

Humanitaire / Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Avec Françoise Giroud, Alfred Kastler, Marek Halter, Bernard-Henri Lévy et Maria-Antonietta Macciocchi, il co-fonde en 1979 l'organisation non gouvernementale Action internationale contre la faim[23] qui deviendra Action contre la faim. En 1981, il succède à Françoise Giroud en tant que président de l’organisation et en devient président d'honneur en 1990. En 2011, il devient administrateur d’Action contre la faim USA.[24]

Membre de la Commission nationale des droits de l'homme de 2002 à 2007.

À partir de 2011, il organise à Boulogne-Billancourt [25], puis à New-York, Madrid, Taipei, Los Angeles, Varsovie, Prague, Bratislava, Barcelone, Berlin et Hong-Kong la première exposition mondiale de l'œuvre photographique de la dissidente chinoise Liu Xia, épouse du prix Nobel Liu Xiaobo. Commissaire de ces expositions, Guy Sorman représente les droits artistiques de Liu Xia hors de Chine[26].

Il est membre du conseil d'administration de Reporters Sans Frontières USA.

Vie publique[modifier | modifier le code]

De 1975 a 1978, Guy Sorman a été l'assistant parlementaire de Robert Bisson, député maire de Lisieux. En 1988, il fait partie de l'équipe de campagne présidentielle de Raymond Barre, puis de celle du président Jacques Chirac en 1995. De 1995 à 1997, Guy Sorman a été le président de la mission de prospective auprès du Premier ministre, Alain Juppé. À la suite de la publication de son livre Le Génie de l'Inde, en 2001, il est nommé membre du Forum d'initiative franco-indien, par Hubert Védrine, alors ministre des Affaires étrangères.

De 2008 a 2014, il est global adviser (« conseiller international ») du président de la Corée du Sud, Lee Myung-bak[27].

Il est maire de Piencourt (Eure) de 1981 à 1984. En 1995, il est élu maire adjoint à la culture de Boulogne-Billancourt auprès de Jean-Pierre Fourcade. En 2009, le maire Pierre-Christophe Baguet [28] nomme président délégué du Conseil économique, social et environnemental local (CESEL)[29].

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • La Révolution conservatrice américaine, 1983
  • La Solution libérale, 1984
  • L’État minimum, 1985
  • La Nouvelle Richesse des nations, 1987
  • Faut-il aider les Russes ?, Paris, 1988
  • Hacia un nuevo Mundo, Buenos Aires, 1989
  • No a la decadencia de la Argentina, Buenos Aires, 1990
  • Les Vrais Penseurs de notre temps, 1989
  • Sortir du socialisme, 1990
  • En attendant les barbares, 1992
  • Capital, suites et fin, 1993
  • Le Bonheur français, 1995
  • Le monde est ma tribu, 1997
  • Une belle journée en France, 1998
  • Le Génie de l'Inde, 2000
  • Le Progrès et ses ennemis, 2001
  • Les Enfants de Rifaa, 2003
  • Made in USA, 2004
  • L’Année du Coq, Chinois et rebelles ,2006
  • L’économie ne ment pas, 2008
  • Wonderful world. Chronique de la mondialisation (2006-2009), 2009
  • Journal d'un optimiste, Fayard, 2012
  • Le Cœur américain. Éloge du don, 2013
  • J'aurais voulu être français, Grasset, 2016
  • Journal d'ailleurs, 2015-2017 , Grasset , 2018

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Officier de la Légion d'honneur Officier de la Légion d'honneur (14 juillet 2018).[30]
  • Officier de l'ordre national de la Croix du Sud (Brésil) [31]
  • Commandeur de l'ordre de Mai (Argentine)
  • Médaille d'or de la jeunesse et des sports
  • Doctorant Honoris Causa de l'université de Cordoba (Argentine)[32]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Guy Sorman, « La Terre promise », France-Amérique, 24 novembre 2016.
  2. « Le grand réveil des néolibérauxPar Guy SORMAN », sur L'Economiste, (consulté le 26 juin 2019)
  3. https://www.city-journal.org/contributor/guy-sorman_563
  4. (es) « Guy Sorman - ABC.es », sur abc (consulté le 26 juin 2019)
  5. Le Point magazine, « Guy Sorman - Journaliste du Point », sur Le Point.fr (consulté le 26 juin 2019)
  6. « Les réfugiés d'aujourd'hui me rappellent mon père fuyant le nazisme », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. « Le recul du racisme et de l’antisémitisme », sur Contrepoints, (consulté le 1er juillet 2019)
  8. « La revanche du mâle blanc », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. "La Révolution conservatrice américaine", Guy Sorman, (lire en ligne)
  10. (en) « Washington Post »
  11. "La Nouvelle richesse des nations", Guy Sorman, (lire en ligne)
  12. "Sortir du socialisme", Guy Sorman, (lire en ligne)
  13. "Le Progrès et ses ennemis", Guy Sorman, (lire en ligne)
  14. « Les ennemis du progrès », sur LExpress.fr, (consulté le 25 juin 2019)
  15. Pascal Lemmel, « Les Enfants de Rifaa- Musulmans et modernes », sur Les cahiers de l'Islam (consulté le 25 juin 2019)
  16. (en) Elisabeth Eaves, « France tries to understand America. », sur Slate Magazine, (consulté le 25 juin 2019)
  17. « Miser sur la métamorphose de la Chine », sur FIGARO, (consulté le 25 juin 2019)
  18. « L'économie ne ment pas », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  19. « Regards sur la philanthropie américaine », sur www.ifrap.org (consulté le 25 juin 2019)
  20. « Blog du cercle des économistes e-toile: Guy Sorman : "J'aurais voulu être français" », sur cee.e-toile.fr (consulté le 21 juin 2019)
  21. Journal d'ailleurs (lire en ligne)
  22. France-Amérique, « Guy Sorman, nouveau Président de France-Amérique », sur France-Amérique, (consulté le 25 juin 2019)
  23. « Action Against Hunger | Devex », sur www.devex.com (consulté le 21 juin 2019)
  24. (en) « Leadership », sur Action Against Hunger, (consulté le 21 juin 2019)
  25. « Boulogne, France 2011 « Liu Xia: Silent Strength », sur www.nearbycafe.com (consulté le 25 juin 2019)
  26. « Liu Xia, widow of Nobel Peace Prize laureate Liu Xiaobo, gets first show in Asia since release from house arrest », sur theartnewspaper.com (consulté le 25 juin 2019)
  27. Les influences : « Guy Sorman, petit prophète de Séoul »
  28. « Le salaire de Guy Sorman intrigue les magistrats », Le Parisien, 24 mars 2010.
  29. Le 20 mars 2012 à 07h00, « Bientôt de nouvelles têtes au conseil économique et social », sur leparisien.fr, (consulté le 25 juin 2019)
  30. « Décret du 13 juillet 2018 portant promotion et nomination », sur legiondhonneur.fr (consulté le 14 juillet 2018).
  31. « RA2003 : Guy SORMAN », sur www.ulg.ac.be (consulté le 25 juin 2019)
  32. (es) « “La Argentina debe vender un sueño” », sur www.lanacion.com.ar, (consulté le 25 juin 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]