Aller au contenu

Institut Thomas-More

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Institut Thomas-More
Logo de l'Institut Thomas-More
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Forme juridique
Association déclaréeVoir et modifier les données sur Wikidata
Domaine d'activité
Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire (France)Voir et modifier les données sur Wikidata
Financement
privé
Siège
Pays
Organisation
Directeur
Jean-Thomas Lesueur (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Idéologie
Site web
Identifiants
RNA
SIREN
OpenCorporates

L’institut Thomas-More est un laboratoire d'idées libéral-conservateur proche de l’extrême droite traditionaliste basé à Bruxelles et Paris, créé en 2004. Son nom est une référence à l'homme politique catholique conservateur Thomas More[1]. L’institut est financé par le Projet Periclès de Pierre-Édouard Stérin.

Fondé en 2004 par l'ancien ministre français de la Défense Charles Millon, l’institut Thomas-More est un laboratoire d'idées libéral-conservateur et catholique, qui se décrit comme conservateur[2].

Organisation

[modifier | modifier le code]

En 2019, l'institut Thomas-More est présidé par Christian Boon-Falleur, chef d'entreprise belge et administrateur du groupe international AF compressors. Jean-Thomas Lesueur en est le délégué général[3]. La même année, son conseil d'administration est composé de 9 membres, dont l'ancien ministre de la Défense français, Charles Millon[4].

Dans le cadre du Projet Périclès financé par le milliardaire d'extrême droite Pierre Édouard Stérin, l'institut Thomas-More participe à la création du collectif Justitia[5],[6] dirigée par Aymeric de Lamotte, et composé de 16 avocats, dont Thibault de Montbrial et Pierre Gentillet, dont l'objectif, selon un document dévoilé par le journal l'Humanité, est d'organiser une « guérilla juridique » pour permettre une victoire idéologique de la droite conservatrice [7].

En 2023 l'institut Thomas-More se dote d'une école de formation politique pour former ses élèves à « l'engagement citoyen patriote »[8].

En tant que Think tank l'institut Thomas-More entend peser sur les orientations politiques françaises et européennes afin de promouvoir un « patriotisme civilisationnel » et enraciné[9].

L'institut publie chaque année un rapport d'activité faisant état de ses apparitions dans les médias, de son influence dans le débat public et du nombre de procédures juridiques engagées contre des personnalités publiques ou privées à travers son collectif Justicia[1],[9].

Polémiques

[modifier | modifier le code]

Production de données orientées dans le cadre du débat sur la neutralité de l'audiovisuel public

[modifier | modifier le code]

En 2024 Jean-Thomas Lesueur et Aymeric de Lamotte produisent des notes sur le pluralisme dans les médias en accusant notamment des chaines et émissions de l'audiovisuel public (Complément d'enquête, France Inter et de façon générale le groupe France Télévisions) de promotion idéologique de l'écologie, du multiculturalisme et de biais dans le traitement de personnalités de droite et dans le débat sur la fin de vie[10]. Alors que la note est reprise sur plusieurs médias de la droite française et la sphère médiatique de Vincent Bolloré (Valeurs actuelles, CNews, Le JDD, Le Figaro Magazine) et que Lesueur et Lamotte sont invités sur des plateaux, le journal Libération soutient que des choix d'orientation méthodologique ont été faits pour produire des fausses données et orienter les résultats statistiques[11].

Dans le cadre de la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public initiée par Éric Ciotti en octobre 2025, l'attitude du rapporteur Charles Alloncle est accusé par de nombreux députés et médias de faire preuve de partialité et de se faire porte parole de thèses d'extrême-droite au-delà de son mandat parlementaire[12],[13],[14],[15]. Selon plusieurs sources, le Rapport 33 produit par l'institut Thomas-More utilisé lors des auditions contient de nombreux biais statistiques, notamment le fait de classer les bulletins météo, des émissions musicales ou sur les féminicides comme étant « des programmes de gauche »[16],[17],[18],[19],[20].

Suite à la publication du Rapport 33 le groupe Radio France dénonce par voie de presse « une étude biaisée et à charge contre l’audiovisuel public » et saisir la CNIL au motif du non-respect de l'article 6 de la RGPD[21]. Le communiqué reprend des éléments de l'étude pour montrer qu'il a été produit dans un objectif politique, il réfute le fait que l'usage de l'Intelligence artificielle soit neutre et pointe que la catégorisation du « traitement négatif à l'encontre de formation politiques » est orientée et non-déontologique. L'institut Thomas More par communiqué de presse dément « les fausses accusations » et un « procès d'intention ». Auditionné par la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public fin 2025, RadioFrance publie un Baromètre du pluralisme opposant ainsi ses chiffres internes à ceux élaborés dans le Rapport 33[22],[23].

Publications

[modifier | modifier le code]
  • Jean-Pierre Schaeken Willemaers, Péril sur l’électricité belge, Bruxelles, Texquis,
  • Jean-Sylvestre Mongrenier, Le monde vu de Moscou : Géopolitique de la Russie et de l’Eurasie postsoviétiques, PUF, 2020.
  • Cyrille Dalmont, L’impossible souveraineté numérique européenne : Analyse et contre-propositions,
  • Jean-Thomas Lesueur, Immigration : Propositions pour une politique intégrale,
  • Jean-Thomas Lesueur et Aymeric de Lamotte, L’audiovisuel public français est-il pluraliste ?, 2024[24]
  • Politique numérique d’Emmanuel Macron · Le bilan. Cyrille Dalmont Octobre 2025 • Points Clés 29
  • Pour une réforme en profondeur de la fiscalité de l’héritage Novembre 2025• Rapport32
  • Pluralisme et neutralité · L’équité de traitement et l’orientation politique des matinales de Radio France Novembre 2025 • Rapport 33

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. a et b « A propos », sur Institut Thomas More (consulté le )
  2. La-Croix.com, « Des laboratoires d’idées influents », sur La Croix, (consulté le ).
  3. « Jean-Thomas Lesueur », sur atlantico.fr (consulté le ).
  4. « Conseil d'administration », sur institut-thomas-more.org (consulté le ).
  5. « Plan "Périclès" : ce que l'on sait du projet du milliardaire catholique Pierre-Edouard Stérin pour promouvoir des valeurs conservatrices et faire gagner la droite aux élections », sur Franceinfo, (consulté le )
  6. Jules Torres, « EXCLUSIF - Les secrets du projet Périclès de Pierre-Édouard Stérin pour influencer la métapolitique française », sur lejdd.fr, (consulté le )
  7. « Projet Périclès : le document qui dit tout du plan de Pierre-Édouard Stérin pour installer le RN au pouvoir - L'Humanité », sur https://www.humanite.fr, (consulté le )
  8. (en) « École Thomas More - l'école de l'engagement », sur 139727084.hs-sites-eu1.com (consulté le )
  9. a et b Jean-Thomas Lesueur, « Rapport d'activité 2019 », sur Institut Thomas More, (consulté le )
  10. Jean-Thomas Lesueur, « L’audiovisuel public français est-il pluraliste ? », sur Institut Thomas More, (consulté le )
  11. Luc Peillon, « France Inter : les erreurs du rapport de l’institut Thomas More, qui accuse la station de favoriser la gauche », Libération,‎ (lire en ligne Accès payant)
  12. Jean Baptiste Chabran, « Charles Alloncle, le député qui rêve d’abattre l’audiovisuel public », Libération,‎ (lire en ligne Accès payant)
  13. « Charles Alloncle dans le viseur : la commission d’enquête sur l’audiovisuel public recadrée par son président », sur www.telerama.fr, (consulté le )
  14. « Commission sur l’audiovisuel public : “À travers le rapporteur, c’est l’extrême droite qui s’exprime” », sur www.telerama.fr, (consulté le )
  15. « A la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, les vingt-quatre heures inconfortables du rapporteur Charles Alloncle », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. Assemblée nationale, « Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », sur Assemblée nationale (consulté le )
  17. Elsa De La Roche Saint André, « Radio France accusée de «clairement favoriser la gauche» : que vaut la dernière étude de l’institut Thomas More ? », Libération,‎ (lire en ligne Accès payant)
  18. « Compte rendu de réunion n° 11 - Commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  19. Elsa de La Roche Saint-André, « Radio France accusée de «clairement favoriser la gauche» : que vaut la dernière étude de l’institut Thomas More ? », sur Libération (consulté le )
  20. « Neutralité et financement de l’audiovisuel public : Représentants de l’émission Complément d’enquête ; Représentants de France TV Slash - Jeudi 12 février 2026 », sur videos.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  21. « Radio France conteste l’étude de l’institut Thomas More sur le pluralisme - Stratégies », sur www.strategies.fr, (consulté le )
  22. « Baromètre du pluralisme », sur Radio France (consulté le )
  23. « Audiovisuel public : Sibyle Veil (Radio France) met en place un baromètre du pluralisme », sur CB News, (consulté le )
  24. Luc Peillon, « France Inter : les erreurs du rapport de l’institut Thomas More, qui accuse la station de favoriser la gauche », sur Libération (consulté le )
Une catégorie est consacrée à ce sujet : Think tank.

Liens externes

[modifier | modifier le code]