Gaspard Koenig

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Gaspard Koenig
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Gaspard Koenig en 2015.
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Gaspard Koenig, né le à Neuilly-sur-Seine, est un philosophe, essayiste et romancier français.

Auteur de nombreux essais et romans, il est président du cercle de réflexion Génération libre[1] qu’il a lancé en 2013. Il défend le libéralisme classique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Sa mère, Anne-Marie Koenig, dont il a pris le nom, était journaliste pigiste, rédigeant surtout des critiques de livres et des portraits d’écrivain. Son père, Jean-Louis Hue, a longtemps travaillé au Magazine littéraire, dont il devint rédacteur-en-chef en 2004. Ils signent ensemble des livres comme Le Chat dans tous ses états ou Dernières nouvelles du Père Noël.

Après une scolarité au lycée Henri-IV, il est reçu major[2] à l'École normale supérieure de Lyon en 2002[3], effectue une année d'échange universitaire à l'université Columbia, puis obtient à l’âge de 21 ans l'agrégation de philosophie en 2004[4].

Gaspard Koenig a grandi dans une famille de gauche soixante-huitarde athée. Il se convertit cependant sans conviction au christianisme orthodoxe et accepte d'être baptisé pour pouvoir se marier religieusement avec sa femme d'origine roumaine[5],[6]. À ce sujet, il déclare dans le journal Libération : « J'ai abjuré le diable en roumain, ma femme avait une robe blanche. Ça a fait pousser des cris à ma mère[5]. »

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Gaspard Koenig débute dans la vie professionnelle en enseignant la philosophie comme ATER à l'université de Lille III. Il travaille ensuite pendant deux ans comme plume au cabinet de Christine Lagarde, ministre de l'Économie[7]. En 2009, il rejoint la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) à Londres, où il s’occupe d’affaires institutionnelles (notamment l’expansion de la BERD aux pays du pourtour méditerranéen à la suite des Printemps arabes).

Il poursuit ses activités d’enseignant, en donnant un cours sur la philosophie libérale à Sciences-Po Paris, et en publiant une newsletter ayant pour vocation de décrypter l’actualité à travers les yeux des grands auteurs (Time To Philo[8]).

Il est membre des promotions 2017 des Young Leaders de la French-American Foundation[9] et 2019 des Young Leaders de la France China Foundation[10].

Depuis 2018, il enseigne la philosophie et la culture générale à SKEMA Business School[11].

Engagements politiques et sociétaux[modifier | modifier le code]

En classe de terminale, Gaspard Koenig milite au sein de la cellule communiste du lycée Henri-IV à Paris[5].

En , il fait campagne dans la 3e circonscription des Français de l'Étranger (Europe-Nord) sous l'étiquette du Parti libéral démocrate. À l'issue du premier tour, il termine en 6e position, avec 4,40 % des voix[12]. Cette expérience le conduit à démissionner de la BERD pour se consacrer au débat intellectuel. Il fonde à Paris en 2013 le think-tank GenerationLibre, aujourd’hui classé parmi les Top European Think Tanks in Western Europe[13].

GenerationLibre[modifier | modifier le code]

Génération libre
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Gaspard Koenig (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata

GenerationLibre est un cercle de réflexion, fondé en 2013 par Gaspard Koenig, qui défend la liberté.

Il travaille notamment sur la mise en œuvre d'un revenu universel en France : le LIBER[14]. Ce dernier a fait l'objet d'une proposition de résolution votée par l'Assemblée nationale[15].

Simple[modifier | modifier le code]

En mai 2021, Gaspard Koenig lance un mouvement citoyen et une plateforme numérique baptisés « Simple »[16]. Une initiative militante pour faire de la simplification l'un des grands thèmes de l'élection présidentielle de 2022[17].

Entre juillet et septembre 2021, il traversera le pays afin de présenter Simple aux Français et recueillir leurs témoignages[18].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Chroniqueur[modifier | modifier le code]

Gaspard Koenig tient une chronique hebdomadaire dans Les Échos.

Romancier[modifier | modifier le code]

Son premier livre publié est un roman, Octave avait vingt ans, que Josyane Savigneau du Monde qualifie de « roman très drôle et assez méchant, où la critique sociale n'est jamais aigre, plutôt désopilante[19] », qui avait été retenu sur la première sélection du prix Goncourt 2004[20].

Il continue à publier régulièrement. Son avant-dernier roman, Kidnapping, décrit l’existence d’une Roumaine partie travailler comme nounou à Londres. En janvier 2021 sort L'Enfer, conte philosophique insolite.

Acteur[modifier | modifier le code]

Gaspard Koenig a été remarqué pour sa ressemblance avec Ted Kennedy ; il incarne ce personnage (comme figurant) dans le long-métrage Jackie (2016) de Pablo Larrain[21].

Philosophie[modifier | modifier le code]

Gaspard Koenig a d'abord étudié l’œuvre de Gilles Deleuze[22] et s’intéresse aux questions épistémologiques. Il découvre la philosophie libérale française à l’occasion d’une année d’études à l’université Columbia (New York).

Il a développé une méthode fondée sur les aller-retours en théorie et pratique.

Au sein de GenerationLibre, le travail des experts permet de tester une idée philosophique sous ses aspects juridiques, économiques, sociologiques ou autre[23].

Depuis 2016, il parcourt le monde en partenariat avec Le Point, pour mettre ses convictions à l’épreuve du réel[24]. Il a multiplié les expériences en immersion : en « prison ouverte » en Finlande[25], dans un village brésilien expérimentant le revenu universel[26], ou encore avec les entrepreneurs digitaux au Rwanda, et dans les bidonvilles de Lima pour observer le microcrédit[27]. Il a fait le tour de la planète pour rencontrer les acteurs l’intelligence artificielle, des États-Unis à la Chine en passant par Israël[28].

Gaspard Koenig se réfère régulièrement aux travaux de l'anthropologue David Graeber[29]. Entre juin et novembre 2020, il effectue un périple de 2 500 km[30],[31] à travers l’Europe sur les traces de Montaigne avec sa jument Destinada[32],[33] ; cela a ainsi été l'occasion d'expérimenter l'idée d'un « communisme de tous les jours »[34].

Sur le fond, Gaspard Koenig s’inscrit dans la tradition du libéralisme classique, concevant la liberté comme un tout indissociable, plaçant l’individu au cœur du contrat social et conférant à l’État un rôle émancipateur. Cette doctrine l’amène à prendre dans le débat public des positions qui peuvent couvrir tout le spectre de l’échiquier politique[35], s’associant à la gauche libertaire dans la défense des libertés publiques, ou à la droite tocquevillienne dans la critique de la centralisation ou de la planification.

Il s’oppose explicitement au néolibéralisme. Il redoute que l’intelligence artificielle ne conduise à oblitérer le libre arbitre individuel[36]. Contre l’utilitarisme de Jeremy Bentham, il se revendique de John Stuart Mill et du « droit à l’errance »[37].

Gaspard Koenig s’attache à moderniser le libéralisme et à l’adapter aux enjeux du siècle. Il promeut ainsi le revenu universel (LIBER), la légalisation du cannabis[38], la propriété privée des données personnelles[39], l’autonomie locale (« subsidiarité ascendante »), le droit des animaux[40] ou la propriété de soi[41]. Il développe le principe selon lequel la collectivité doit donner à chacun les moyens de son autonomie.

Inspiré par Montaigne et les stoïciens, il tente de redéfinir la liberté comme « pouvoir sur soi » plutôt que comme « multiplication des possibles »[40].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « GL Think-tank », sur generationlibre.eu.
  2. « Savoirs ENS », sur savoirs.ens.fr (consulté le ).
  3. « Arrêté du 7 avril 2003 portant nomination d'élèves à l'École normale supérieure lettres et sciences humaines (ex-Fontenay - Saint-Cloud localisée à Lyon) », Journal officiel, 16 mai 2003.
  4. Thierry Gandillot « À l'ombre de Proust », L'Express, 30 août 2004.
  5. a b et c « Portrait - Gaspard Koenig, librio », Libération, 17 juillet 2016.
  6. « Gaspard Koenig : le jeune homme pressé », Le JDD, 5 juillet 2015.
  7. « La “plume” de Bercy fait l’éloge de la corruption », Mediapart, 10 décembre 2009.
  8. « Time To Philo », sur Time To Philo (consulté le ).
  9. « Gaspard Koenig – Accueil – French American Foundation France », sur french-american.org (consulté le ).
  10. « LES YOUNG LEADERS 2019 | France China Foundation », sur francechinafoundation.org (consulté le ).
  11. Juliette Durand, « Gaspard Koenig donnera des cours de philosophie à SKEMA dès la rentrée prochaine - Business Cool », Business Cool,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. Résultats officiels de la troisième circonscription des Français établis hors de France en 2012, sur le site du ministère de l'Intérieur.
  13. James McGann, « 2019 Global Go To Think Tank Index Report », TTCSP Global Go To Think Tank Index Reports,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. « LIBER, un revenu de liberté pour tous – Marc de Basquiat – Gaspard Koenig », sur editions-onde.com (consulté le ).
  15. Assemblée Nationale, « Lancement d’un débat public sur la création d’un mécanisme de revenu universel appelé socle citoyen », sur Assemblée nationale (consulté le ).
  16. « Simple — Simplifions-nous la vie ! », sur vieplussimple.fr (consulté le ).
  17. Sébastien Le Fol Thomas Bourgeois-Muller, « Gaspard Koenig : “La simplification doit être LE thème de la présidentielle” », sur Le Point, (consulté le ).
  18. « Gaspard Koenig en Live pour SIMPLE » (consulté le )
  19. Josyane Savigneau, « Au bonheur des découvertes », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  20. « L'édition française », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  21. Gaspard Koenig, « Comment je suis devenu un Kennedy », Vanity Fair n° 43, février 2017, pages 84-89.
  22. Gaspard Koenig, Auteur de Leçons sur la philosophie de Gilles Deleuze, Ellipses, .
  23. « Dossiers », sur GenerationLibre (consulté le ).
  24. Sébastien Le Fol, « Gaspard Koenig, l'intellectuel qui marche », sur Le Point, (consulté le ).
  25. Gaspard Koenig, « Libre prisonnier de Vilppula », sur Le Point, (consulté le ).
  26. « L'idée du revenu universel est "ultralibérale", estime Gaspard Kœnig », sur rts.ch, (consulté le ).
  27. Gaspard Koenig, « Au Pérou, avec les fantassins du microcrédit », sur Le Point, (consulté le ).
  28. « La fin de l'individu ? Voyage de Gaspard Koenig au pays de l'intelligence artificielle » (consulté le ).
  29. « Nous sommes tous des communistes », Les Echos, 12 juin 2019.
  30. Gaspard Koenig, « Gaspard Kœnig, à cheval sur les traces de Montaigne », sur Le Point, (consulté le ).
  31. « Gaspard Koenig, à cheval sur les traces de Montaigne », sur France Culture (consulté le ).
  32. « 2500 km à cheval sur les traces de Montaigne », sur gaspardkoenig.com (consulté le ).
  33. « Gaspard Koenig dans les pas de Montaigne : son voyage de Bordeaux à Rome est en ligne », sur SudOuest.fr (consulté le ).
  34. Gaspard Koenig, « En dix jours, je suis devenu communiste », sur Le Point, (consulté le ).
  35. philomag, « Gaspard Koenig : “Les idées que je défends, fondées sur la liberté individuelle, tombent sur toutes les cases de l’échiquier politique” », sur Philosophie Magazine (consulté le ).
  36. « La fin de l'individu », sur editions-observatoire.com (consulté le ).
  37. John Stuart Mill, L'utilitarisme, Flammarion, coll. « Champs », (ISBN 978-2-08-142844-7, lire en ligne).
  38. Gaspard Koenig, « Légalisation du cannabis », sur Le1hebdo (consulté le ).
  39. « Patrimonialité des données numériques », sur GenerationLibre, (consulté le ).
  40. a et b « Sauver les animaux, pour nous sauver nous-mêmes », sur Les Echos, (consulté le ).
  41. AJSP, « La propriété de soi, concept incontournable du XXIe siècle », sur RJSP (consulté le ).
  42. Gaspard Koenig, « Comment libéraliser le permis de conduire », Le Point,‎ (lire en ligne).
  43. Irène Inchauspé, « La folle nuit où la France a fait faillite », L'Opinion,‎ (lire en ligne).
  44. Le Révolutionnaire, l'Expert et le Geek sur plon.fr.
  45. « Nicolas Duvauchelle, formidable en banquier qui renoue avec ses illusions sur les routes de Roumanie dans La Forêt d’argent », sur lemonde.fr, consulté le 17 novembre 2019.
  46. Daniel Fortin, « Une plongée dans les laboratoires de la liberté », Les Échos,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]