Alain Madelin

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Alain Madelin
Alain Madelin, en 2009.
Alain Madelin, en 2009.
Fonctions
Ministre de l'Économie et des Finances
17e ministre des Finances de la Ve République
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I
Prédécesseur Edmond Alphandéry
Successeur Jean Arthuis
Ministre des Entreprises et du Développement économique
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Tourisme
Président François Mitterrand
Gouvernement Jacques Chirac II
Député de la
quatrième circonscription d'Ille-et-Vilaine
Prédécesseur Jean-Gilles Berthommier
Successeur Jean-René Marsac
Prédécesseur lui-même
Successeur Jean-Gilles Berthommier
Prédécesseur Édouard Simon
Successeur lui-même
Biographie
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance 12e arrondissement de Paris
Nationalité Française
Parti politique RI, UDF, PR, DL, UMP
Profession Avocat

Alain Madelin, né le dans le 12e arrondissement de Paris, est un homme politique libéral français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Fils de Gaétan Madelin, ouvrier spécialisé chez Renault, et d'Aline Madelin, secrétaire dactylo, il passe son enfance à Belleville, à Paris.

Aujourd'hui divorcé, Alain Madelin est père de cinq enfants (Gaëlle, Armelle et Stefan, de sa première union, ainsi que Charlotte et Niels avec sa compagne actuelle).

Jeunesse[modifier | modifier le code]

En 1962, il suit une formation d'ajusteur, tourneur et fraiseur en classe technique au lycée Voltaire, « un lycée communiste », dit- il[1].

Il s'engage, dès l'âge de 16 ans, dans la cause nationaliste et devient familier des affrontements avec les militants d'extrême gauche. En 1963, il fait partie de la Fédération des étudiants nationalistes (FEN, extrême droite), où il est responsable de l'action militante. Début 1964, alors étudiant en droit à Assas et à peine âgé de 18 ans, il est un des principaux fondateurs d'Occident, mouvement étudiant d'extrême droite qui comprendra également dans ses rangs les futurs ministres Gérard Longuet, Hervé Novelli et Patrick Devedjian. Revenant sur cette époque, il déclare : « J'ai été animé par un anticommunisme militant, extrême et passionné, qui a accompagné une bonne partie de ma vie d'étudiant. Et comme à ce moment-là, la France de l'anticommunisme était marginalisée, nous avons été systématiquement confinés à l'extrême droite. En face, ils étaient pour Mao et Pol Pot, pour les Gardes rouges et pour les Khmers rouges. Je ne regrette pas de ne pas avoir choisi ce camp-là[2]. »

En 1965, Alain Madelin est délégué à la jeunesse dans le comité de soutien à Jean-Louis Tixier-Vignancour dans le 10e arrondissement de Paris. En novembre 1965, Patrick Devedjian et Alain Madelin sont condamnés par le tribunal correctionnel de Draguignan à un an de prison avec sursis et trois ans de mise à l'épreuve pour vol et détention d'armes[3],[4]. Le , il est condamné, avec douze autres militants d'extrême droite, pour « violences et voies de fait avec armes et préméditation[5]. »

Au lendemain des événements de mai 68, il rompt avec le mouvement Occident, estimant que la seule solution pour s'opposer au communisme est désormais la voie démocratique et le choix du libéralisme économique.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il obtient une licence de droit, puis prête son serment d'avocat en 1971. Il travaille alors dans différents instituts et organismes patronaux, notamment avec Georges Albertini.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

À l'automne 1968, il adhère aux Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing. Il est directeur de publication du journal antisocialiste Spécial Banlieue lors de la campagne présidentielle de 1974. Il intègre l'état-major de Valéry Giscard d'Estaing, qui est élu président en 1974, et conserve sa place pour l'élection de 1981.

En 1978, Alain Madelin est élu député de la quatrième circonscription d'Ille-et-Vilaine et devient vice-président du Conseil régional de Bretagne ; il fait sensation en arrivant sans cravate dans l'hémicycle. Pour l'hebdomadaire d'extrême droite Minute, Alain Madelin, Gérard Longuet et Hubert Bassot, sont les nouveaux élus « d'extrême droite par majorité interposée[6] ».

Délégué général du Parti républicain en 1985, il en devient secrétaire général en 1988. Il intervient alors en faveur du maintien du système de perception de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) dans la Communauté européenne après 1992[7].

Ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Tourisme (1986-1988)[modifier | modifier le code]

Lorsque la droite gagne les élections législatives en 1986 et que débute la première cohabitation, Jacques Chirac le nomme ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Tourisme. Le scénario se répète lorsque la droite gagne les élections législatives en 1993 et qu'Édouard Balladur, premier ministre de la deuxième cohabitation, nomme Alain Madelin ministre des Entreprises et du Développement économique.

Le , il est puni de la « censure simple » (privation pendant un mois de l'indemnité parlementaire), pour « injures ou menace envers le Président de la République française » (Article 73 du Règlement de l'Assemblée nationale). François d'Aubert, Alain Madelin et Jacques Toubon avaient mis en cause l'honneur du Président Mitterrand, Grand Maître de l'ordre de la Légion d'honneur, en rappelant que celui-ci avait dirigé, pendant quelques mois, un journal détenu par Eugène Schueller[8]. L'historien Henry Rousso écrit à propos de cet incident : « Le rappel de ces faits — sans signification particulière en ce qui concerne Mitterrand (même Catherine Nay en convient implicitement) — est une constante de l'extrême droite et Alain Madelin, ancien dirigeant d'Occident, n'a sans doute pas oublié ses réflexes de jeunesse[9]. »

Durant la catastrophe de Tchernobyl à partir de mai 1986, il affirme : « Personne ne peut dire qu'à un moment donné la sécurité des Français a été menacée »[10].

Son passage laisse deux traces notables : d'une part les contrats de retraite « Madelin », permettant aux non-salariés de se constituer une retraite par capitalisation ; d'autre part une simplification des démarches de création d'entreprise, avec la mise au point du statut d'entreprise unipersonnelle (EURL et EARL).

En 1995, Alain Madelin est élu maire de Redon. Il ne sollicite pas de deuxième mandat en 2001[11].

Lorsque l'UDF se range derrière Édouard Balladur lors de l'élection présidentielle de 1995, il choisit de soutenir Jacques Chirac, dont il anime la campagne électorale, avec Philippe Séguin.

Ministre de l'Économie et des Finances (1995)[modifier | modifier le code]

Après son élection à la présidence de la République, Jacques Chirac le nomme ministre de l'Économie et des Finances. Dès son entrée en fonction, il préconise une réforme des retraites par l'alignement du public sur le privé en supprimant les régimes spéciaux de retraite déficitaires, mais ses positions sont jugées trop libérales. Par ailleurs, il bénéficie d'une bonne réputation dans une partie des milieux économiques pour avoir pris, tout comme Philippe Séguin, du recul par rapport aux excès, entre 1991 et 1994, de la politique dite du « franc fort ». En opposition avec le Premier ministre Alain Juppé sur ce point, il est contraint à la démission au bout de trois mois. Il est remplacé par Jean Arthuis.

Président de Démocratie libérale (1997-2002)[modifier | modifier le code]

De 1989 à 1997, il exerce les fonctions de vice-président du Parti républicain et de vice-président de l'UDF de 1991 à 1996. Candidat non élu à la présidence de l'UDF en 1996, il devient président du Parti républicain à la suite de la victoire de la gauche aux législatives de 1997. À l'été 1997, il renomme ce parti « Démocratie libérale », qu'il préside jusqu'en 2002.

Le refus d'Alain Madelin de condamner, en mars 1998, les présidents de région élus, comme Charles Millon et Jacques Blanc, avec les voix du Front national, provoque la rupture entre Démocratie libérale et l'UDF.

En 1999, il s'abstient, aux côtés de Philippe Séguin, au moment du vote sur le Pacte civil de solidarité, quand les trois groupes parlementaires de droite appellent à voter contre.

Candidat à l'élection présidentielle de 2002[modifier | modifier le code]

Alain Madelin se présente à l'élection présidentielle de 2002, où il obtient 3,91 % des suffrages exprimés. Ce score étant inférieur à 5 %, il n'obtient pas le remboursement d'une grande partie de ses frais de campagne. Il se rallie à l'UMP en 2002. Au sein de ce parti, il incarne la ligne libérale en étant membre du courant Les Réformateurs.

En 2003, il se prononce en faveur de l'intervention militaire en Irak, menée par les États-Unis, pour renverser le régime de Saddam Hussein. En 2006, très critique envers les méthodes du Premier ministre pour faire passer le CPE (refus de compromis avec les partenaires sociaux, utilisation de l'article 49-3 de la Constitution), il invite néanmoins le gouvernement à rester ferme sur ses positions, soutenant que le Contrat première embauche n'est pas fait contre les jeunes, mais pour les jeunes.

Il apporte son soutien à Alternative libérale lors du congrès de ce parti en .

Retrait de la vie politique[modifier | modifier le code]

Alain Madelin en 2011, lors d'une conférence au Salon européen de l'éducation.

Le , il annonce qu'il ne se représentera pas aux élections législatives de 2007. Alors qu'il avait été élu dès le premier tour avec plus de 58 % des suffrages en 1993, il ne l'avait emporté qu'avec 725 voix d'avance sur la candidate socialiste en 2002[12]. Son successeur, élu en juin 2007, est le socialiste Jean-René Marsac. Alain Madelin se met dès lors en retrait de la vie politique.

En 2008, il devient administrateur de Rentabiliweb[13]. En juillet 2011, il est le cofondateur du fonds commun de placement à risque Latour Capital ; le 5 décembre 2011, ce fonds rachète à Veolia quatre de ses filiales : Proxiserve (Veolia Habitat Services) ainsi que les sociétés Prochalor, Semcra et Thop, toutes les trois spécialisées dans les équipements de chauffage[14]. Il devient président du Groupement d’intérêt public pour l’éducation numérique en Afrique (GIP ENA) en 2010[15].

Il intervient régulièrement sur i>Télé, principalement sur les questions économiques, et sur BFM Business.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Pour libérer l'école, l'enseignement à la carte (1984)
  • Chers compatriotes… Programme pour un président (1994)
  • Quand les autruches relèveront la tête (1995), [lire en ligne]
  • Aux sources du modèle libéral français, Perrin, 1997, sous la direction d'Alain Madelin
  • Le Droit du plus faible (1999)
  • Quand les autruches prendront leur retraite, Seuil (2003), coécrit avec Jacques Bichot
  • Faut-il supprimer la carte scolaire ?, Magnard (2009), coécrit avec Gérard Aschieri

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Fernbach, Bernard Montanier, Les nouveaux politiques, Garnier frères,‎ 1979, p. 50
  2. Biographie d'Alain Madelin, sur son site personnel
  3. [PDF] La page du Petit Varois du 11 novembre 1965, sur edito.nicematin.net.
  4. [PDF] Le compte-rendu d'audience dans Nice Matin du 11 novembre 1965, sur cuverville.org.
  5. Frédéric Charpier, Génération Occident : de l'extrême droite à la droite, éd. du Seuil, 2005, p. 142.
  6. cité dans Joseph Algazy, L'Extrême droite en France de 1965 à 1984, op. cit., p. 170
  7. Le Quotidien de Paris, Jean-Pierre Thiollet, , Lire en ligne
  8. Chronique constitutionnelle française (revue Pouvoirs), no 30, p. 159
  9. Le Syndrome de Vichy, éd. du Seuil, « Points »-histoire, 1990, p. 365
  10. (en) truveo.com
  11. « Madelin le fantôme de Redon », L'Humanité, .
  12. Voir les résultats des élections dans la quatrième circonscription d'Ille-et-Vilaine
  13. Alain Madelin, nouvel administrateur de Rentabiliweb
  14. Les Échos, 5 décembre 2011
  15. M. Alain MADELIN, Ancien ministre, Président du GIP ENA
  16. « Trio de choc à la présidence du FSN », sur le site dsf-fsn.org.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Le Monde du 19 avril 2002, le Nouvel Observateur, RTL, l'Expansion

Liens externes[modifier | modifier le code]

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