Rafik Smati

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Rafik Smati
Illustration.
Rafik Smati en 2020
Fonctions
Président d'Objectif France
En fonction depuis le
Vice-président Bertrand Soubelet
Fondateur et PDG du groupe Aventers
Biographie
Date de naissance (45 ans)
Lieu de naissance Alger, Drapeau de l'Algérie Algérie
Nationalité Drapeau de France Français
Parti politique Objectif France
Diplômé de ESC Bordeaux
École centrale Paris
Profession Entrepreneur

Rafik Smati, né le à Alger, est un entrepreneur français engagé en politique. Fondateur des sociétés Dromadaire et Ooprint et du groupe Aventers dont il est toujours PDG, il est président du parti politique Objectif France, qu'il a fondé en 2014. Dans les médias, son parti est généralement classé au centre, au centre droit, voire à droite de l'échiquier politique, avec un positionnement décrit comme « républicain, libéral et humaniste », « progressiste-conservateur », « pragmatique », voire « inclassable ». Rafik Smati est également l'auteur de plusieurs essais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts et formation[modifier | modifier le code]

Rafik Smati est né à Alger en 1975, arrivé en France à l'âge de deux ans[1],[2]. Il grandit près de l'actuel quartier de La Défense[3] avant de faire ses études à l'ESC Bordeaux, devenue Kedge Business School[4], puis à l'École Centrale de Paris[5],[6].

Parcours entrepreneurial[modifier | modifier le code]

Rafik Smati fonde Dromadaire en 1998, à 23 ans, avec Lauris Olivier[7]. La start-up survit à l'éclatement de la bulle internet[8][réf. à confirmer],[9],[10],[11]. Il crée en 2008, le groupe Aventers, qui rassemble Ooprint, Dromadaire et Le Magfemmes, totalisant plusieurs dizaines de collaborateurs. Dans les années 2000, Rafik Smati étend Dromadaire sur les marchés internationaux sous le nom de Kisseo ; selon Les Échos, l'entreprise génère 1,8 million d'euros de chiffre d'affaires en 2006 et ses effectifs se montent alors à dix personnes[11]. En 2007, le journal canadien La Presse décrit Dromadaire comme le leader européen des cartes de vœux virtuelles[pertinence contestée][10]. Sur les journées des et , Dromadaire enregistre 4,7 millions de visites[12]. En 2010, les cartes de vœux de Dromadaire font vivre dix salariés à plein temps[13]. La même année, 20 minutes relève que Dromadaire, qui a alors envoyé 20 millions de cartes permettant de financer « une équipe de 43 personnes », dégage un chiffre d'affaires de 6 millions d'euros[14]. Dans le même article, Rafik Smati revendique 73 % du marché français pour son entreprise dans le secteur où il affirme que Dromadaire est un « leader mondial[14] ». Selon le journal Informations Entreprise, le site de Dromadaire enregistre certains mois autour de 12 millions de visiteurs[8]. La même année, Le Figaro relève que les entreprises comme Dromadaire, qui a envoyé 150 000 cartes papier pour les fêtes de 2012, ont relancé le marché des cartes papier[15]. En 2016, le journal Le Parisien présente Dromadaire comme le « leadeur national de la carte électronique[16] » et Rafik Smati comme le « roi de la carte de vœux[17] ». En tant que chef d'entreprise, Rafik Smati prend diverses positions publiques durant la période, telles qu'un appel à rester en France pour les entrepreneurs tentés par l'expatriation[18]. Il est, entre autres, membre du jury du Prix de la femme d'influence, de 2014 à 2017[19], aux côtés de diverses personnalités politiques.

Parcours littéraire[modifier | modifier le code]

Rafik Smati publie successivement Vers un capitalisme féminin (2010), Éloge de la vitesse : la revanche de la génération texto (2011), Révolution Y : la génération qui va redessiner l'Europe[20] (2013), tous aux éditions Eyrolles, puis French Paradise en 2014, qui préfigure le lancement d'Objectif France la même année. Dans Vers un capitalisme féminin, il développe essentiellement des positions en faveur de l'égalité des sexes et de la transition écologique. D'après la Revue des sciences de gestion, une revue scientifique universitaire, Vers un capitalisme féminin est sélectionné pour le Prix du Livre d’entreprise 2010 du District 1660 du Rotary International[21].

Engagement politique avec Objectif France[modifier | modifier le code]

Selon une « présentation générale » sur le site de son parti, Rafik Smati a également été élu local à Puteaux (Hauts-de-Seine) de 1995 à 2008[6]. Il lance avec Lauris Olivier le mouvement Objectif France le [22],[23]. Le journaliste et éditorialiste Serge Raffy décrit alors son fondateur Rafik Smati comme étant politiquement « inclassable »[24]. Le Figaro affirme quelques jours plus tôt que Smati est « déjà repéré par certains responsables politiques, notamment Alain Juppé »[23]. Interrogé par Atlantico, Rafik Smati cite alors « la campagne électorale de 2012, qui a été une élection présidentielle pour rien [...] incantatoire et dépourvue d'idées »[25] comme étant l'élément déclencheur de son engagement. Rafik Smati définit à ce moment son mouvement comme étant « à droite, à gauche et écologiste[24] ». Il invoque le sentiment de défiance des Français envers la classe politique, et la nécessité de proposer une offre alternative aux « extrêmes »[24]. Le Nouvel Observateur se demande alors si le mouvement « [passera] l'hiver[24] » de 2014. En , dans l'émission Polonium de Natacha Polony, Smati défend la possibilité pour un nouveau mouvement politique d'émerger grâce aux réseaux sociaux face à Christophe Barbier et Olivier Duhamel[26], tout en dénonçant les contraintes auxquelles font face selon lui des formations comme la sienne. Sans être officiellement candidat à l'élection présidentielle de 2017, Rafik Smati est régulièrement classé par la presse parmi les « petits candidats » à ce scrutin[27],[28],[29],[30],[31].

Plusieurs médias nationaux rapportent que Rafik Smati attire durant cette période l'attention de responsables politiques de premier plan. Robert Lafont, chef du groupe Lafont-Presse, rapporte en 2018 dans Entreprendre qu'en , le président de la République d'alors, François Hollande, s'intéresse à Rafik Smati et arrange une rencontre avec lui[32]; selon Le Figaro Magazine[33], le chef d'Etat déjeune deux fois avec Smati au cours de son mandat. En décembre de la même année, au cours d'une interview sur le plateau des 4 Vérités sur France 2 où il revendique 20 000 soutiens au sein d'Objectif France, Smati confie devant Caroline Roux avoir rencontré des conseillers d'Emmanuel Macron[34], confirmant plus tard avoir décliné des offres de la part « d'émissaires » du futur président de la République dans une vidéo dépassant en quelques semaines les 175 000 vues sur YouTube. L'information est également rapportée par Le Figaro Magazine en [33].

Dès la primaire de la droite et du centre, Rafik Smati annonce à plusieurs reprises adhérer au projet de François Fillon[35][source insuffisante].

Du fait de son soutien à François Fillon, Rafik Smati se rapproche après l'élection présidentielle de 2017 des comités de la société civile au cours de la primaire de la droite puis de la présidentielle. La majorité des comités de l'ex-société civile avec Fillon rejoignent Rafik Smati. Selon divers médias, Rafik Smati rencontre à cette période plusieurs figures de la droite comme Valérie Pécresse ou Laurent Wauquiez[33] ; ce dernier aurait proposé au chef d'Objectif France un « poste » qu'il aurait refusé[32].

Bertrand Soubelet, ancien n° 3 de la Gendarmerie nationale annonce officiellement qu'il rejoint Rafik Smati et Objectif France fin . Interrogé sur Europe1 par Christophe Hondelatte (qui dit n'avoir « jamais entendu parler [du mouvement][36] ») sur le choix de Rafik Smati et d'Objectif France plutôt que de Les Républicains, Soubelet évoque le bilan de LR qu'il juge être un parti « comme tous les autres[36] ». Durant les premières années du quinquennat d'Emmanuel Macron, Rafik Smati et son parti enregistrent plusieurs ralliements ou soutiens, dont celui de François Goulard[37],[38], ancien ministre, ancien maire de Vannes et président du département du Morbihan. Selon Le Parisien, Rafik Smati fait partie en 2019 des invités à un événement organisé par Virginie Calmels[39] qui envisage alors de se présenter aux élections européennes.

En , le mouvement de Rafik Smati annonce le ralliement du Parti libéral-démocrate d'Aurélien Véron, dernière formation héritière du courant libéral incarné auparavant par des partis comme Démocratie libérale, et qui avait compté dans ses rangs des personnalités comme Gaspard Koenig. Le politologue Laurent de Boissieu rapporte lui qu'Objectif France « absorbe » l'ex-PLD, tandis que Le Parisien parle de « fusion » sous « emblème Objectif France[40] ». Les élus locaux membres de l'ex-PLD portent désormais l'étiquette Objectif France, notamment les élus municipaux (ainsi de Christine Singer à Metz, citée comme « présidente d'Objectif France Grand Est[41] », de l'adjoint à la mairie de Maurepas Erwan Le Gall qui devient référent du mouvement dans les Yvelines[42]). En , Marc Atallah, membre d'Objectif France, est désigné candidat à la mairie de Villeurbanne, première commune de banlieue de France, à la tête d'une liste d'union de la droite pour les élections municipales de 2020. L'Obs parle de « consécration » pour le parti de Rafik Smati[43] ; Atallah retire cependant sa candidature aux élections municipales en pour des raisons de politique locale[44]. À l'automne 2019, un autre cadre local du parti de Rafik Smati, l'ancien président du Parti libéral-démocrate Aurélien Véron, est investi par Rachida Dati comme chef de file dans l'arrondissement Paris-Centre pour les élections municipales à Paris[45],[46], où il est élu en juin 2020 conseiller de Paris et conseiller métropolitain[47].

Selon un article de L'Obs de , « de nombreux leaders LR, en particulier les anciens fillonnistes, suivent à la loupe les premiers pas d'Objectif France dans l'arène électorale, estimant qu'il pourrait bien devenir le « nouveau monde » de la droite[48] ».

Vie privée[modifier | modifier le code]

Rafik Smati est marié à Leïla Smati[49], père de deux enfants prénommés Caïus et Octave[1], et partage sa vie entre Paris et la Provence. En introduction d'un débat entre Michel Onfray et Rafik Smati, le producteur de télévision Stéphane Simon présente le président d'Objectif France comme « passionné de sciences et d'innovation[2] ».

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Vers un capitalisme féminin, Paris, Eyrolles, 2010.
  • Éloge de la vitesse : la revanche de la génération texto, Paris, Eyrolles, 2011.
  • Révolution Y : la génération qui va redessiner l'Europe, Paris, Eyrolles, 2012.
  • French Paradise, Paris, Sign, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Biographie de Rafik Smati sur son site officiel », sur www.rafiksmati.fr
  2. a et b « Michel Onfray et Rafik Smati: entretien croisé », sur frontpopulaire.fr,
  3. « "Fier d'être français - animé par Laurence Péraud" », sur Site de la station Sud Radio,
  4. Laurène Daycard, « Rafik Smati, l'anti baby-boomer », La Vie,‎ (lire en ligne)
  5. « Présentation de Rafik Smati sur Select Maghreb »
  6. a et b « Présentation générale d'Objectif France », sur objectif-france.org,
  7. « Dromadaire a la bosse de la carte virtuelle », sur Article paru dans Le Parisien,
  8. a et b Philippe Dayon, « La bosse du e-commerce », Informations Entreprise,‎
  9. « Rafik Smati impressionne », Private Equity magazine,‎ (lire en ligne)
  10. a et b « France: les cartes virtuelles ont la cote », La Presse,‎ (lire en ligne)
  11. a et b Chantal Houzelle, « Dromadaire.com veut séduire l'Amérique avec ses cartes électroniques », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  12. Jérôme Bouteiller, « Le réveillon dope l'audience de Dromadaire.com », Clubic,‎ (lire en ligne)
  13. « La carte de voeux papier envoyée depuis internet, le concept qui cartonne », Le Point,‎ (lire en ligne)
  14. a et b Thibaut Schepman, « Les Français champions du monde de la carte de vœux virtuelle », 20 minutes,‎ (lire en ligne)
  15. Isabelle de Foucaud, « Comment Internet a relancé la carte de voeux... en papier », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  16. « Dromadaire a la bosse de la carte virtuelle », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  17. « Ile-de-France : tout sourit au roi de la carte de vœux », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  18. Carine Guicheteau, « “Ne vous barrez pas”, le message de Rafik Smati lancé aux entrepreneurs français », sur chefdentreprise.com/, (consulté le 26 décembre 2020)
  19. « Le Prix de la Femme d’Influence 2017 », sur Femmes d'Influence – Prix 2019 (consulté le 26 décembre 2020)
  20. « Révolution Y - site des éditions Eyrolles »
  21. Philippe Naszályi, « L'actualité de la gestion Universités – Grandes Écoles – Entreprises – Institutions... », La Revue des Sciences de Gestion,‎ , p. 49 (lire en ligne)
  22. « Le Nouvel Observateur : Rafik Smati, premier candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2017 »
  23. a et b « Le pari de Rafik Smati », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  24. a b c et d Serge Raffy, « Rafik Smati, premier candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2017 », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  25. « Objectif France : Rafik Smati, l'entrepreneur qui croyait qu'il saurait changer la France en lançant son parti », Atlantico,‎ (lire en ligne)
  26. « Rafik Smati invité de Natacha Polony dans Polonium »
  27. « Des petits candidats déjà en campagne », sur lemonde.fr
  28. « Présidentielle 2017 : qui sont ces petits candidats déclarés ? », sur ouest-france.fr
  29. « Présidentielle 2017 : dates, sondages, résultats... 3 infos sur le scrutin », sur rtl.fr,
  30. « Qui se présente à la présidentielle 2017 ? », sur europe1.fr,
  31. « Présidentielle 2017 : quels sont les candidats ? », sur lemonde.fr
  32. a et b « Les indiscrets de Robert Lafont », Entreprendre,‎ (lire en ligne)
  33. a b et c « Éminence grise - Rafik Smati », Le Figaro Magazine,‎ (lire en ligne)
  34. « Smati (Objectif France) : "Les robots vont détruire 47% des métiers" », sur francetvinfo.fr
  35. « Rafik Smati : "pourquoi je soutiens François Fillon" », sur objectif-france.org
  36. a et b « Bertrand Soubelet : "J'ai vu la société se dégrader pendant 30 ans" »
  37. « François Goulard rejoint Objectif France », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  38. « François Goulard rejoint le mouvement Objectif France », Le Télégramme,‎ (lire en ligne)
  39. « Virginie Calmels, la tentation européenne », sur leparisien.fr
  40. « Naissance d'un parti », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  41. « Le maire de Metz et son homologue de Trêves demandent plus d'argent au Luxembourg », sur francebleu.fr
  42. « L'adjoint de Maurepas prend la tête d'Objectif France dans les Yvelines », La gazette de Saint-Quentin-en-Yvelines,‎ (lire en ligne)
  43. « La droite fait son lifting à Villeurbanne », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  44. David Gossart, « Villeurbanne : après Emmanuelle Haziza, LR perd aussi Marc Atallah ! », Tribune de Lyon,‎ (lire en ligne)
  45. « Municipales à Paris : les premières investitures LR dévoilées arrondissement par arrondissement », sur cnews.fr
  46. « Municipales 2020 à Paris : on connaît les 13 candidats aux côtés de Rachida Dati », sur 20minutes.fr
  47. « Page d'Aurélien Véron sur le site de la municipalité de Paris », sur paris.fr
  48. Accès payant « La droite fait son lifting à Villeurbanne », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  49. « Rafik Smati and his wife Leila attend the "Prix de la Femme... », sur Getty Images (consulté le 26 décembre 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]