Paul-Marie Coûteaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Coûteaux.
Paul-Marie Coûteaux
Paul-Marie Coûteaux en 2007.
Paul-Marie Coûteaux en 2007.
Fonctions
Député européen
Élection 13 juin 1999
Réélection 13 juin 2004
Législature 5e et 6e
Biographie
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Paris 14e
Nationalité Française
Parti politique RPF
MPF
RIF
SIEL
Père André Couteaux
Diplômé de IEP de Bordeaux
ENA
Profession Haut fonctionnaire
Essayiste
Religion Catholique
Résidence Charmant

Paul-Marie Coûteaux, né le à Paris, est un haut fonctionnaire, essayiste et homme politique français.

Conseiller ministériel dans des gouvernements socialistes entre 1981 et 1991, puis conseiller de Philippe Séguin de 1993 à 1996, il a été député européen souverainiste de 1999 à 2009, élu sous les couleurs du Rassemblement pour la France et réélu sous celles du Mouvement pour la France. Il devient en 2008 président du Rassemblement pour l'indépendance et la souveraineté de la France, puis crée en 2011 son propre parti, Souveraineté, indépendance et libertés (SIEL), proche du FN. En 2014, ses désaccords avec Marine Le Pen lui valent de perdre la présidence de SIEL.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Paul-Marie Coûteaux est le fils de Marie-Paule Girard et de l'écrivain André Couteaux.

Ancien élève du lycée Camille-Jullian puis de l'Institut d'études politiques de Bordeaux, il est titulaire d'une maîtrise en droit public et d'un DEA en relations internationales. Il est également ancien élève de l'ENA, promotion Henri François d'Aguesseau (1982).

Carrière de haut fonctionnaire et premiers engagements[modifier | modifier le code]

Diplomate de formation, il est conseiller dans différents cabinets, celui de Michel Jobert de 1981 à 1983, de Philippe de Saint Robert de 1984 à 1987, de Jean-Pierre Chevènement entre 1988 et 1991, de Boutros Boutros-Ghali de 1991 à 1993 puis de Philippe Séguin à l'Assemblée nationale de 1993 à 1996. Il est également « nègre » du « comte de Paris »[1].

Militant socialiste et électeur de François Mitterrand dans sa jeunesse[2], il est membre du Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES) de Jean-Pierre Chevènement puis du Mouvement des démocrates de Michel Jobert[3]. Il dit avoir découvert le gaullisme en trouvant fortuitement dans un bar homosexuel un exemplaire du livre Les Chênes qu'on abat..., d'André Malraux[4]. Devenu un admirateur passionné du général de Gaulle, il dirige un temps la revue doctrinale Une certaine idée, éditée par le RPR. Il publie en 1998 Traité de savoir-disparaître à l'usage d'une vieille génération, un essai en forme de pamphlet contre Mai 68, puis en 2002 Le Génie de la France : de Gaulle philosophe, que Le Point compare à « un chant d'amour au Général, rédigé par un Proust en délire »[1].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

1999-2009 : député européen et premiers engagements politiques[modifier | modifier le code]

Paul-Marie Coûteaux à la manifestion du MPF devant l'Assemblée nationale en 2005.

En 1999, Paul-Marie Coûteaux rejoint Charles Pasqua, lors de sa scission avec le RPR et est élu député européen sur la liste conduite par Charles Pasqua et Philippe de Villiers. Membre du Rassemblement pour la France fondé par Pasqua, il finit par quitter ce parti.

En 2001, il crée L'Entente souverainiste, qui devient en 2003 le Rassemblement pour l'indépendance et la souveraineté de la France (RIF), parti politique qui dénonce « la démission conjointe de ceux qui ont en charge l'intérêt national et le bien commun des Français ».

Lors de la campagne présidentielle 2002, il soutient activement la candidature de Jean-Pierre Chevènement. À la suite de la présence au second tour de Jean-Marie Le Pen, il n'appelle pas à voter Chirac, tout comme William Abitbol et Florence Kuntz, ce qui lui valut d'être exclu du Pôle républicain.

En 2004, il conserve son mandat de député européen, étant la tête de liste MPF en Île-de-France.

En 2005, il fait campagne pour un « non » souverainiste de droite dans la campagne référendaire sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe.

En novembre 2002, il crée une lettre d'actualité mensuelle, L'Indépendance, qu'il complète en 2006 en créant le trimestriel Les Cahiers de l'indépendance, consacrée à des analyses de fond et d'envergure.

À l'occasion du second tour de l'élection présidentielle française de 2007, il appelle à voter blanc, contrairement à Philippe de Villiers, qui « invite ses électeurs » à voter pour Nicolas Sarkozy afin de « faire barrage à la gauche » ; il est même allé jusqu'à évoquer un vote pour Ségolène Royal comme préférable à un vote pour Sarkozy[réf. nécessaire]. Lors des législatives de 2007, alors qu'un front républicain se constitue face à Marine Le Pen dans la quatorzième circonscription du Pas-de-Calais, il appelle à voter pour la candidate du FN[5].

Le politologue Jean-Yves Camus relève que Paul-Marie Coûteaux « est depuis les années 2000 un participant régulier des banquets d'Action française et un conférencier habitué aux auditoires royalistes »[6].

De 2009 à 2010 : rapprochement avec DLR[modifier | modifier le code]

En mai 2008, il est élu président du Rassemblement pour l'indépendance et la souveraineté de la France (RIF), succédant à Jean-Paul Bled.

Il est également connu pour être, comme Jean-Pierre Chevènement et Charles Pasqua, un fervent partisan du néo-jacobinisme, prônant le retour à un État centralisateur.

Aux européennes de 2009, il n'est pas réinvesti par le MPF, qui lui préfère Jérôme Rivière comme tête de liste en Île-de-France. Il se rapproche alors de Nicolas Dupont-Aignan et de Debout la République que la tête de liste en Île-de-France, Anne-Marie Le Pourhiet, a quitté ; mais l'alliance ne se fait pas et Paul-Marie Coûteaux annonce sa candidature, soutenue par le RIF et le collectif des « Gaullistes en colère »[7]. Estimant qu'aucune liste aux élections européennes ne vise à rompre avec l'Union européenne et que la stratégie de division choisie par Libertas et Debout la République conduit la base souverainiste de leur électorat dans une impasse, il se retire officiellement le 28 avril 2009, et prône le vote blanc ou l'abstention[8].

En 2010, il écrit la préface de La Nouvelle Extrême Droite de Jean Robin (éditions Xenia)[9].

De 2011 à 2014 : alliance avec le FN[modifier | modifier le code]

Paul-Marie Coûteaux le 29 mai 2008, au cours de la manifestation du RIF pour rappeler la victoire du non au référendum de 2005.

En 2009, Paul-Marie Coûteaux, désireux « d'oeuvrer à l'union des droites », entretient déjà des rapports avec le Front national. Il présente divers militants à Marine Le Pen ; c'est par son entremise que la future présidente du FN rencontre Florian Philippot, peu avant les élections européennes de 2009. Marine Le Pen lui ayant demandé de l'aider à améliorer sa culture générale, il lui adresse en septembre 2010 un document comportant une série de conseils de lecture[10].

En mars 2011, il appelle son parti, le RIF, à constituer une alliance avec le FN, DLR et le MPF pour les échéances législatives de 2012[11]. Après l'échec partiel de ces négociations, Paul-Marie Coûteaux se rallie finalement à la candidature de Marine Le Pen[12],[13]. Il joue un rôle de « recruteur » pour faire venir au FN des cadres venus d'horizons extérieurs à l'extrême droite[10], ouvrant la porte au ralliement au FN de Bertrand Dutheil de La Rochère[14] et Florian Philippot[15]. Il démissionne du RIF en octobre 2011[16], puis crée son propre parti, le SIEL (« Souveraineté, indépendance et libertés »)[17]. Dans le même temps, il est désigné comme l'un des cinq porte-parole de Marine Le Pen dans le cadre de sa campagne présidentielle[16].

Il est candidat aux élections législatives françaises de 2012 dans la Haute-Marne (2e circonscription, Saint-Dizier)[18],[19],[20]. Il obtient 19 % au premier tour[21], face à François Cornut-Gentille (UMP) et Denis Maillot (PS). Il ne peut se présenter au second tour n'ayant pas obtenu le minimum de 12,5 % du vote des inscrits.

En juillet 2012, il déclare que "le Président de la République contrevient à la vérité historique que pourtant il invoque : si ce crime (la Rafle du Vélodrome d'Hiver) fut commis sur le territoire national, comme tant d’autres le furent sous l’Occupation, et si la police parisienne était à la botte de l’Occupant, la responsabilité de ce crime n’est nullement imputable à la France. Aucune des autorités que reconnaissaient alors les Français, celle de Vichy pas plus que celle de Londres, ne gouvernait la zone occupée."[22]

En août 2012, il soutient Philippe Herlin pour sa candidature à l'UMP[23].

En septembre 2012, il est annoncé comme futur administrateur du Rassemblement bleu Marine[24].

En 2013, il déclare considérer l'introduction du mariage homosexuel en France comme « une violence faite à la nature », appelle à manifester contre le projet de loi le légalisant et critique la stratégie alors menée par la présidente du FN[25].

En janvier 2014, il soutient la manifestation d'extrême droite « Jour de colère »[26].

Il est le candidat du SIEL-RBM dans le 6e arrondissement de Paris aux élections municipales de 2014[27],[28]. À l'issue du premier tour, où le maire sortant Jean-Pierre Lecoq est réélu, Paul-Marie Coûteaux se classe en quatrième position, avec 4,80 % des voix. Lors de ce scrutin, il provoque la polémique en suggérant, sur son blog de campagne, de « concentrer » les Roms « dans des camps ». Il déclare par la suite regretter des écrits « mal interprétés » mais cet épisode, qui vient s'ajouter à une série de tensions et de déclarations maladroites, entraîne une dégradation de ses rapports avec Marine Le Pen. En avril, cette dernière lui adresse un courrier pour lui signifier qu'elle n'entend plus collaborer avec lui[29].

Après avoir tenté un rapprochement avec Nicolas Dupont-Aignan, Paul-Marie Coûteaux est évincé du SIEL. Le 22 juin, des adhérents, réunis en congrès extraordinaire, « prennent acte » de « l'incapacité opérationnelle et politique de Paul-Marie Coûteaux », démettent ce dernier de la présidence et réaffirment l'alliance de leur parti avec le FN. Karim Ouchikh devient président par intérim[30],[31]. Coûteaux accuse alors Marine Le Pen d'avoir « nommé Karim Ouchikh », « président à [sa] place » et affirme être toujours le président légitime de son parti[32]. Le 25 octobre, Karim Ouchikh est confirmé à son poste lors d'un nouveau congrès. L'Obs analyse ces évènements comme une « OPA » de Marine Le Pen sur le SIEL. Paul-Marie Coûteaux, pour sa part, dénonce l'« incroyable impérialisme du FN » et annonce son intention d'arrêter la politique[33],[34]. Il reproche à Marine Le Pen d'avoir délaissé sa stratégie d'alliances, de ne pas avoir développé de « culture de gouvernement » et de privilégier la ligne « ni droite, ni gauche » à l'union des droites[35].

Radio[modifier | modifier le code]

Paul-Marie Coûteaux a participé pendant plusieurs années à Radio Courtoisie. Après être intervenu très régulièrement dans le Libre journal de Philippe de Saint Robert, il prend la direction d'un Libre journal de la nuit[36] tous les mercredis soirs, assisté par son condisciple à l'université de Bordeaux, Hervé Coutau-Bégarie, jusqu'à la mort de ce dernier.

En 2016, Paul-Marie Coûteaux s'oppose au président de Radio Courtoisie, Henry de Lesquen, accusant ce dernier de nuire à la station par une série de propos qui lui valent des poursuites pour racisme et négationnisme. Le 9 juin, il lui adresse sur Le Salon beige une lettre ouverte puis, deux jours plus tard, cosigne avec plusieurs autres responsables d'émissions un appel réclamant sa démission[37],[38]. En réaction, Lesquen annonce son renvoi[39].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Préfaces

  • François David (préf. Paul-Marie Coûteaux), Les Réseaux de l'anticléricalisme en France, Bartillat, 1997 (notice BnF no FRBNF37022715)
  • Pierre Hillard (préf. Paul-Marie Coûteaux, postface Édouard Husson), Minorités et régionalismes, l'Europe fédérale des régions : enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l'Europe, François-Xavier de Guibert, 2001 (notice BnF no FRBNF39081761)
  • Jean Robin (préf. Paul-Marie Coûteaux), La Nouvelle Extrême Droite, Xenia, 2010 (notice BnF no FRBNF42316415)
  • Catherine Rouvier (préf. Paul-Marie Coûteaux), Gustave Le Bon : clés et enjeux de la psychologie des foules (thèse de doctorat en droit public remanié), Terra mare, 2012
  • André Couteaux (préf. Paul-Marie Coûteaux et Stanislas Coûteaux), Un monsieur de compagnie, Bartillat, 2015 (notice BnF no FRBNF44391171)

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans le roman uchronique de Frédéric Deslauriers (2011), Les Deux Cents Jours de Marine Le Pen, où Marine Le Pen gagne l'élection présidentielle de 2012, Paul-Marie Coûteaux devient ministre de la Jeunesse et des Sports[40].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b François Dufay, Vive de Gaulle, Le Point, 19 avril 2002.
  2. Paul-Marie Coûteaux, gentilhomme souverainiste, Causeur, 26 mars 2012
  3. http://lagazettedelalegitimite.blogspot.fr/2007/02/qui-ne-connat-paul-marie-couteaux.html.
  4. François Dufay, Vive de Gaulle, Le Point, 19 avril 2002
  5. « À Hénin-Beaumont, Marine Le Pen face au front anti-FN », sur lefigaro.fr,‎ .
  6. Jean-Yves Camus, « A quoi sert le Rassemblement Bleu Marine? À intégrer ceux que le FN dédiabolisé n'assume plus », sur Slate,‎ (consulté le 14 mars 2016).
  7. Le Monde du 22 avril 2009, p. 11.
  8. Entretien à la Revue Républicaine du 15 mai 2009
  9. Blog de Jean Robin
  10. a et b Paul-Marie Coûteaux prof particulier de Marine Le Pen, Le Point, 20 février 2015
  11. AFP
  12. Nolwenn Le Blevennec, « David Mascré, le « grand intello » du FN qui fait mousser son CV », Rue89,‎ (lire en ligne)
  13. L'Express, Gilbert Collard présidera le comité de soutien de Marine Le Pen, 30 août 2011
  14. Mediapart.fr
  15. Rue89.com
  16. a et b AFP, « Un porte-parole de Marine Le Pen crée un nouveau parti », sur liberation.fr,‎ .
  17. Siel, un nouveau parti à l'extrême droite, France-Soir, 1er décembre 2011
  18. Lemonde.fr
  19. Franceculture.fr
  20. Causeur.fr
  21. [1]
  22. Vel d'Hiv, nouvelle polémique, France Culture
  23. http://www.directmatin.fr/politique/2012-08-24/philippe-herlin-linconnu-qui-veut-prendre-la-tete-de-lump-83617
  24. Pour une préférence chrétienne, dans Le Monde, 23 septembre 2012
  25. Tugdual Denis, Le mariage pour tous divise les amis du FN, L'Express, 16 janvier 2012
  26. Abel Mestre et Caroline Monnot, « Le Rassemblement bleu Marine tourne à l’auberge espagnole d’extrême droite », sur http://droites-extremes.blog.lemonde.fr, Le Monde,‎ (consulté le 14 mars 2016).
  27. Municipales à Paris, Le Parisien
  28. Paul-Marie Couteaux ou le rêve d'accrocher le FN à la droite, Le Parisien
  29. FN : Marine Le Pen se sépare du souverainiste Paul-Marie Coûteaux, RTL, 14 avril 2014
  30. Le SIEL évince son président Paul-Marie Coûteaux, Le Figaro, 23 juin 2016
  31. Extrême-droite : nouveau président pour le SIEL, parti satellite du FN RTL, octobre 2014
  32. "Marine Le Pen cède toujours devant son père", Paris Match, 24 juin 2014
  33. Extrême-droite : nouveau président pour le SIEL, parti satellite du FN, RTL, 25 octobre 2014.
  34. Extrême droite : l'OPA de Le Pen sur le groupuscule de Paul-Marie Coûteaux, L'Obs, 26 octobre 2014.
  35. http://www.valeursactuelles.com/politique/exclusif-paul-marie-couteaux-pourquoi-je-quitte-marine-49278
  36. Présentation de l'émission
  37. http://www.lesalonbeige.fr/radio-courtoisie-lettre-ouverte-de-paul-marie-couteaux-a-henry-de-lesquen/, sur lesalonbeige.fr, 9 juin 2016.
  38. Dominique Albertini, « Henry de Lesquen jugé trop extrême pour Radio Courtoisie », sur liberation.fr,‎ .
  39. « Radio Courtoisie : la réponse d'Henry de Lesquen à Paul-Marie Coûteaux », sur lesalonbeige.blogs.com,‎ .
  40. Frédéric Deslauriers, Les Deux Cents Jours de Marine Le Pen, Plon, 2011, pages 20-21.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :