Bataille de La Bruffière

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Bataille de La Bruffière

Informations générales
Date -
Lieu La Bruffière et Tiffauges
Issue Victoire républicaine
Belligérants
Drapeau de la France République françaiseDrapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
Pierre Raphaël Paillot de BeauregardFrançois Athanase Charette de La Contrie
Forces en présence
1 500 hommes[1]500 hommes[2]
Pertes
Inconnues240 morts[3]
12 prisonniers[3]
(selon les républicains)

Guerre de Vendée

Batailles

Coordonnées 47° 00′ 50″ nord, 1° 11′ 47″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Vendée
(Voir situation sur carte : Vendée)
Bataille de La Bruffière
Géolocalisation sur la carte : Pays de la Loire
(Voir situation sur carte : Pays de la Loire)
Bataille de La Bruffière
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Bataille de La Bruffière

La bataille de La Bruffière a lieu les et lors de la deuxième guerre de Vendée.

Prélude[modifier | modifier le code]

En décembre 1795, le général vendéen François Athanase Charette de La Contrie est en difficulté face aux colonnes républicaines de Lazare Hoche[2]. Le 25 décembre, il est signalé au bois des Gâts, près de Dompierre-sur-Yon[2]. Le 28, il est surpris par Travot à La Roulière, près du Poiré-sur-Vie, et ses troupes prennent la fuite presque sans combattre en abandonnant derrière elles un convoi de pain[2].

Au début du mois de janvier 1796, Charette décide alors de mener une expédition en direction de l'Anjou afin de pousser son rival, Jean-Nicolas Stofflet, à le rejoindre dans la guerre[2]. Le 2 janvier, il tente de passer discrètement entre Vieillevigne et Montaigu, mais il est repéré et doit s'enfuir vers le château de La Preuille, à Saint-Hilaire-de-Loulay[2]. Il s'arrête ensuite à La Bruffière, où ses troupes passent la nuit du 2 au 3 janvier[2]. L'officier vendéen Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière écrit dans ses mémoires : « Nous trouvâmes à La Bruffière des maisons non incendiées, des ménages rétablis et des denrées de toutes espèces dont nous manquions absolument ; nous crûmes être sur une terre paisible et nous nous livrâmes avec la plus grande sécurité aux douceurs du repos »[4].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Les forces en présence ne sont pas connues avec exactitude. D'après l'auteur royaliste René Bittard des Portes[3], Charette a 500 hommes lors de ce combat[2]. Les administrateurs républicains des Sables-d'Olonne[5] signalent quant à eux que le général vendéen a rassemblé 5 000 hommes à Saligny le 7 décembre[6].

Du côté des républicains, Le Bouvier-Desmortiers fait état de deux colonnes, dont une sortie de Legé, commandées par Travot[3]. Lucas de La Championnière fait quant à lui mention de trois colonnes[3]. L'historien Lionel Dumarcet évoque 150 hommes sortis de Vieillevigne le 3 janvier[2] et 1 500 hommes[1] commandés par le général Pierre Raphaël Paillot de Beauregard à Tiffauges le 4 janvier[2].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Les républicains mènent l'attaque en pleine nuit et surprennent totalement les Vendéens qui prennent la fuite[2],[A 1]. Ils se rallient à Tiffauges, à environ 5 kilomètres à l'est, mais ils y sont attaqués le 4 janvier au matin par une nouvelle colonne commandée par le général Beauregard[2]. Cet assaut provoque une nouvelle débandade parmi les forces de Charette qui s'enfuient en direction de Belleville[2]. D'après Lucas de La Championnière : « Jamais déroute n'avais été plus complète »[4]. Charette s'installe alors de nouveau à Montorgueil, au Poiré-sur-Vie[2].

Pertes[modifier | modifier le code]

L'adjudant-général Willot avance que Charette a perdu 200 hommes d'infanterie et 40 hommes de cavalerie et que 12 Vendéens ont été faits prisonniers, dont un chef de division[3].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Après cette déroute, Charette est abandonné par la plupart de ses hommes[2]. Le 4 janvier, l'adjudant-général Willot écrit que « sa garde rouge à cheval est réduite à 7 hommes »[3]. Le 7, il affirme à Hoche, qu'il ne conserve plus qu'avec lui que « 50 fidèles »[3]. Lucas de La Championnière indique quant à lui dans ses mémoires[A 2] : « Le découragement occasionné par tant de défaites, les divisions qui s'élevèrent entre le chef et les officiers, et entre ceux-ci et les émigrés, les soupçons formés sur ceux dont les intentions étaient les plus pures, les proscriptions dont ils furent menacés, la paix individuelle offerte par les républicains à bon marché, hâtèrent encore la destruction totale de l'armée. Toutes les paroisses avaient fait leur soumission, un petit nombre d'officiers, de cavaliers et de déserteurs suivaient encore le Général »[4].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Le Bouvier-Desmortiers, Charette est trahi par des chefs de division mécontents[3]. René Bittard des Portes évoque quant à lui un piège tendu par Madame de Pontbellanger, fille du marquis de Grégo et maîtresse du général Hoche, rencontrée en chemin[3]. Cette version « romantique » est peu vraisemblable selon l'historien Lionel Dumarcet et la présence de Madame de Pontbellanger dans la région a cette époque n'est pas prouvée[3]. Lucas de La Championnière ne fait quant à lui aucune mention d'une quelcquonque trahison[3].
  2. « M. Charette crut que le moyen de l'engager (Stofflet) dans la guerre était de passer dans son pays ; il n'était plus possible de tenir dans le nôtre ; en allant chez lui, l'ennemi ne manquerait pas de nous y suivre et pour éviter les ravages de leurs terres, les habitans seraient obligés de se défendre. On se mit en marche et l'on arriva à La Bruffière, après avoir essayé un petit combat près de Montaigu où nous eûmes du désavantage. Cet échec ne nous rendit pas plus prudents ; nous trouvâmes à La Bruffière des maisons non incendiées, des ménages rétablis et des denrées de toutes espèces dont nous manquions absolument ; nous crûmes être sur une terre paisible et nous nous livrâmes avec la plus grande sécurité aux douceurs du repos ; cependant les Républicains ne nous perdaient pas de vue ; pendant la nuit ils vinrent cerner le bourg. Heureusement pour nous, une colonne avança plus vite que les autres, et nous nous sauvâmes du côté opposé, mais nous retombâmes bientôt dans l'embuscade des deux autres. Jamais déroute n'avais été plus complète ; la cavalerie se sauva en franchissant les fossés et nous marchâmes toute la journée et une partie de la nuit dans un pays qui nous était inconnu avant de pouvoir nous réunir.

    Le découragement occasionné par tant de défaites, les divisions qui s'élevèrent entre le chef et les officiers, et entre ceux-ci et les émigrés, les soupçons formés sur ceux dont les intentions étaient les plus pures, les proscriptions dont ils furent menacés, la paix individuelle offerte par les républicains à bon marché, hâtèrent encore la destruction totale de l'armée.

    Toutes les paroisses avaient fait leur soumission, un petit nombre d'officiers, de cavaliers et de déserteurs suivaient encore le Général[4]. »

    — Mémoires de Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dumarcet 1998, p. 533.
  2. a b c d e f g h i j k l m n et o Dumarcet 1998, p. 492-493.
  3. a b c d e f g h i j k et l Dumarcet 1998, p. 505.
  4. a b c et d Lucas de La Championnière 1994, p. 138-139.
  5. Dumarcet 1998, p. 490.
  6. Dumarcet 1998, p. 488.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lionel Dumarcet, François Athanase Charette de La Contrie : Une histoire véritable, Les 3 Orangers, , 536 p. (ISBN 978-2912883001). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, Lucas de La Championnière, Mémoires d'un officier vendéen 1793-1796, Les Éditions du Bocage, , 208 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article