Bataille de Machecoul (31 décembre 1793)

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Bataille de Machecoul
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue de Machecoul, gravure de Thomas Drake, vers 1850.
Informations générales
Date
Lieu Machecoul
Issue Victoire vendéenne
Belligérants
Drapeau de la France République françaiseDrapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
• NaudyFrançois Athanase Charette de La Contrie
Forces en présence
200 à 300 hommes[1]
2 canons[2]
1 000 à 7 000 hommes[1],[3]
Pertes
80 à 100 morts[3],[4]
1 canon capturé[4]
Inconnues

Guerre de Vendée

Batailles

Coordonnées 46° 59′ 38″ nord, 1° 49′ 18″ ouest
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(Voir situation sur carte : Loire-Atlantique)
Bataille de Machecoul
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Bataille de Machecoul

La quatrième bataille de Machecoul a lieu le lors de la guerre de Vendée.

Prélude[modifier | modifier le code]

De retour de son expédition dans l'Anjou, Charette comprend que les républicains ont profité de son absence pour planifier l'attaque de l'île de Noirmoutier[5]. Aussitôt, il rassemble sa troupe et tente d'opérer une diversion sur les arrières des républicains en attaquant Machecoul[5],[6].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Au matin du 31 décembre, la ville est encore occupée par la troupe de l'adjudant-général Carpantier, mais celle-ci se porte sur Challans sur ordre du général Dutruy[7]. Seuls 200 à 300 hommes[1],[7],[8] du 3e bataillon de volontaires d'Ille-et-Vilaine commandés par le capitaine Naudy sont laissés à Machecoul[1].

L'estimation des forces vendéennes commandées par Charette varie selon les sources. Le royaliste Le Bouvier-Desmortiers donne 1 100 hommes[3]. L'historien Lionel Dumarcet évoque plutôt 6 000 à 7 000 combattants[1]. Les mémoires anonymes d'un administrateur militaire[A 1] font état de 8 000 hommes[2].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Peu sur leur garde[9],[2], les républicains sont complètement écrasés[1]. D'après l'administrateur militaire, les Vendéens lancent l'attaque à 4 heures de l'après-midi avec deux colonnes : l'une menée par Charette au sud-est par la route de Legé, l'autre menée par Couëtus et La Robrie au nord par la route de Nantes du côté de Saint-Même-le-Tenu[2]. Les troupes de Charette surprennent les sentinelles, puis franchissent le pont près du château et entrent à l'intérieur de la ville[2]. Totalement surpris, les républicains prennent la fuite et se rallient hors de la ville, aux Moulins[9],[2]. Un nouveau combat s'engage mais les patriotes doivent céder au nombre[9],[2]. La colonne de Couëtus échoue à leur couper la retraite[2] et les rescapés s'enfuient en direction du nord-ouest, vers Sainte-Pazanne et Bourgneuf-en-Retz[1]. D'après Savary, le général Beaupuy rallie une partie des fuyards en déroute[7],[8].

Pertes[modifier | modifier le code]

Les pertes républicaines sont de 80 hommes selon l'administrateur militaire[3],[2]. Après avoir repris la ville le 2 janvier, l'adjudant-général Carpantier fait état dans son rapport[A 2] au général Dutruy, de plus de cent morts et d'un canon perdu pour le combat du 31 décembre[4]. Le Bouvier-Desmortiers donne quant à lui un bilan de 739 morts[3]. Dans ses mémoires[A 3], l'officier vendéen Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière écrit que « l'ennemi [...] fut massacré de toute part » et fait également mention de la prise d'un canon[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Le 11, les commissaires de la Convention et la division qu'ils accompagnaient se mirent en route pour Challans. On avait cependant prévenu le chef d'état-major-général que l'ennemi avait paru l'avant-veille dans la forêt de Machecoul, sur le chemin de Legé. On jugea plus important d'aller garder Challans, comme plus voisin de Noirmoutiers; on laissa seulement pour la défense de Machecoul deux cent cinquante hommes du troisième bataillon d'Ille-et-Vilaine.

    L'habitant et le soldat étaient dans la plus parfaite sécurité. On ne se doutait pas que l'ennemi viendrait attaquer ce poste le jour même du départ d'une forte division dont il pouvait présumer qu'une partie fût restée. Ce fut précisément cette circonstance que Charette choisit. Son but, en faisant cette diversion, était de forcer les républicains de revenir sur leurs pas, afin de pourvoir à la garde de ce poste important et du Port-Saint-Père; en occupant une partie des troupes de la république, il diminuait le nombre de celles qu'on pouvait employer contre Noirmoutiers, et peut-être en empêchait ou au moins en retardait la prise. Il tomba donc, le 11 nivôse, à quatre heures de l'après-midi, sur Machecoul à la tête d'un rassemblement de huit mille hommes divisés en deux colonnes. L'avant-garde de la première descendit de la forêt, gagna les derrières du château, arriva sur le pont, et égorgea la sentinelle qui n'eut pas le temps de reconnaître l'ennemi; la deuxième colonne, commandée par La Roberie et Découétus, passa par Saint-Même, et vint se placer en embuscade sur la route de Nantes, à une demi-lieue environ de Machecoul, afin de couper la retraite aux fuyards. La garnison fut surprise dans la place; les soldats couraient çà et là dans les rues; plusieurs furent atteints et tués par l'ennemi; mais la majorité parvint à sortir de la ville et se rallia aux Moulins. Elle se fraya un chemin au milieu des royalistes, à la faveur de deux pièces de canon, une retraite honorable, partie sur Sainte-Pazanne, partie sur Bourgneuf. Il n'en serait pas échappé un seul si La Roberie et Découétus, au lieu de se tenir aussi éloignés de Machecoul , fussent venus le bloquer vivement, comme Charette l'avait fait de son côté. Les républicains perdirent quatre-vingts des leurs, et quantité de munitions de guerre et de bouche.

    Le commandant de place à Bourgneuf était un ancien tonnelier de Nantes, appelé Foucault. L'arrivée des réfugiés de Machecoul lui fit peur, et dès le lendemain il donna ordre à sa garnison, composée du 2e bataillon du 39e régiment, ci-devant Ile-de-France, de se replier sur Pornic. On lui représenta combien il était honteux d'avoir abandonné son poste sans avoir vu l'ennemi; on le décida, comme malgré lui, à y revenir le 13, mais il n'était plus temps, les royalistes s'en étaient emparés la veille[2]. »

    — Mémoires d'un administrateur militaire.

  2. « Le poste de Machecoul est trop important, et l'intérêt de la république m'anime trop, pour abandonner ce poste qui déjà a été perdu par une pareille imprudence , et qui a coûté à la république la perte de plus de cent braves défenseurs, une pièce d'artillerie et plus de six mille rations de pain et autres approvisionnemens à la garde de si peu de monde; un poste que nous avons peine à conserver, puisque nous avons d'heure en heure l'ennemi sur les bras. C'est d'ailleurs le seul point intermédiaire pour la communication de Nantes et les convois que je suis obligé de faire escorter tous les jours[4]. »

    — Rapport de l'adjudant-général Carpantier au général Dutruy, rédigé le 7 janvier 1794 à Machecoul.

  3. « Le surlendemain M. Charette attaqua Machecoul : il n'y était pas attendu et les républicains étaient peu sur leurs gardes. Un de leurs officiers disait à une femme de l'endroit : je désirerais bien voir Charette ; le voilà s'écria cette femme ; en effet, l'armée Vendéenne entrait dans Machecoul, sans qu'on s'aperçut de son arrivée. Néanmoins la résistance fut vigoureuse au dehors de la ville, mais il fallut céder au nombre ; l'ennemi abandonna une pièce de canon et s'étant jeté de droite et de gauche dans sa fuite, il fut massacré de toute part[9]. »

    — Mémoires de Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Dumarcet 1998, p. 305.
  2. a b c d e f g h i et j Administrateur militaire 1823, p. 122-124.
  3. a b c d et e Dumarcet 1998, p. 313.
  4. a b c et d Savary, t. III, 1825, p. 4.
  5. a et b Gabory 2009, p. 333-334
  6. Gras 1994, p. 124.
  7. a b et c Savary, t. II, 1824, p. 500-501.
  8. a et b Chassin, t. III, 1894, p. 478.
  9. a b c d et e Lucas de La Championnière 1994, p. 67-68.

Bibliographie[modifier | modifier le code]