Massacre d'Avranches

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Massacre d'Avranches
Image illustrative de l’article Massacre d'Avranches
Anciennes fortifications d'Avranches

Date
Lieu Avranches
Victimes Drapeau armée vendéenne 2.jpg Prisonniers de guerre vendéens
Type Exécutions par fusillades
Morts 800 à 900[1]
Auteurs Drapeau de la France Républicains
Ordonné par Jacques Léonard Laplanche et municipalité d'Avranches
Guerre Guerre de Vendée
Coordonnées 48° 41′ 06″ nord, 1° 21′ 20″ ouest

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Massacre d'Avranches

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Massacre d'Avranches

Le massacre d'Avranches est la mise à mort par fusillade de 800 prisonniers vendéens par les troupes républicaines, le , à Avranches lors de la guerre de Vendée.

Contexte[modifier | modifier le code]

Pendant la Virée de Galerne, les Vendéens de l'armée catholique et royale, renforcés par des volontaires bretons et mainiaux pénètrent en Normandie avec l'intention d'attaquer le port de Granville. Le 13 novembre, venus de Dol-de-Bretagne et Pontorson ils marchent sur Avranches. Le district ordonne de détruire le pont de Ville Chérel, mais l'ordre n'est pas exécuté, les autorités républicaine rassemblent 5 000 à 6 000 paysans des communes rurales des alentours mais ceux-ci, sans armes, se dispersent à la vue des cavaliers vendéens. La ville est prise presque sans combat par l'armée vendéenne qui peut ainsi trouver de quoi se ravitailler[2].

La plupart des membres de l'administration républicaine prennent la fuite, quelques-uns cependant, ainsi que quelques soldats, sont faits prisonniers et incarcérés, tandis que des suspects emprisonnés avant l'arrivée des Vendéens sont délivrés par le général Marigny. Ces derniers, parmi lesquels l'ancien maire Louis-Jules Boessel-Dubuisson, intercèdent en faveur des patriotes et demandent leur libération, ce qui est accordé. Les quelques prisonniers républicains sont également libérés contre la promesse de ne plus combattre les royalistes ; ils sont tondus afin d'être reconnus s'ils trahissent leur serment. Plusieurs actes de pillages sont cependant commis par les insurgés et deux hommes sont fusillés[1].

Dès le 14, renforcés par un petit nombre d'habitants qui se sont joints à eux[1], les Vendéens poursuivent leur marche en direction de Granville. Ils laissent à Avranches les blessés et les malades, soignés dans l'église, ainsi que les femmes et les enfants, protégés par une arrière-garde commandée par Royrand et Fleuriot[2].

Vaincus au siège de Granville, les Vendéens refluent sur Avranches puis reprennent la direction de Pontorson le 18 novembre poursuivis par 6 000 hommes de l'armée des côtes de Cherbourg, partie de Caen, sous les ordres du général Sepher et du représentant en mission Laplanche[2].

Le massacre[modifier | modifier le code]

Le 21 novembre, alors que les Vendéens et les Républicains s'affrontent à la bataille de Dol, les troupes du général Sépher entrent à Avranches. L'administration locale regagne aussitôt la ville, mais elle craint que les représentants en mission n'ordonnent l'incendie de la ville, conformément au décret de la Convention ordonnant que toute ville prise par les Vendéens sans avoir résisté soit livrée au flammes[3]. Le représentant Jean-Baptiste Le Carpentier accuse la population de lâcheté ou de trahison[1] « Encore quelques jours, citoyens collègues, et j'espère vous annoncer l'anéantissement de la nouvelle Vendée de la Manche et brûler, s'il est nécessaire, l'infâme Avranches[1]. »

Aussi informée que les Vendéens ont laissé à l'hôpital 55 à 60 des leurs, blessés ou malades, la première mesure de l'administration est d'ordonner leur exécution. Ces derniers sont conduits au champ de Lansoudière et fusillés[1].

Le 16 décembre, les administrateurs écrivent au Comité de salut public :

« Aussitôt que nous avons été informés, écrivaient-ils le 16 décembre au Comité de salut public, que l'armée scélérate avait évacué la ville, nous nous sommes empressés d'y rentrer et de reprendre nos fonctions.

Un de nos premiers soins a été de faire fusiller 55 à 60 de ces coquins, qui étaient à l'hôpital. Nous nous sommes occupés, sans perdre de temps, des moyens de découvrir et de livrer au glaive de la loi ces êtres lâches et perfides qui, sans avoir le courage de se joindre à la horde fanatique, ont partagé ses forfaits en lui indiquant des patriotes à piller et à égorger[1]. »

Le même jour, le représentant Laplanche est informé que de nombreux rebelles se cachent toujours dans la ville ou dans les environs, il donne alors l'ordre aux troupes de ratisser la ville et ses alentours. Finalement, 800 traînards sont capturés[1],[2].

Les captifs, pour la plupart blessés ou malades, sont conduits sur le plateau de Changeons où trois bataillons les encerclent, ouvrent le feu et poursuivent le tir jusqu'à l'extermination complète[1],[2].

Des battues continuent d'être organisées les jours suivants, plusieurs habitants du district soupçonnés de s'être joints aux Vendéens sont emprisonnés, certains sont tués. Plusieurs fuyards sont retrouvés noyés en voulant franchir la Sélune, d'autres sont fusillés par la Commission Le Carpentier[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, Robert Laffont, 1912-1931 (réimpr. 2009), p. 295-301.
  • Félix Jourdan, La chouannerie dans l'Avranchin, 1re partie, , p.65-79. texte en ligne p.37-44.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i et j Félix Jourdan, La chouannerie dans l'Avranchin, p. 65-79.
  2. a b c d et e Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 295-298.
  3. Yves Gras, La Guerre de Vendée, éditions Economica, 1994, p. 102.