Bataille de la Bégaudière

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Bataille de la Bégaudière
Informations générales
Date 21 février 1796
Lieu Entre Saint-Sulpice-le-Verdon et Saint-Denis-la-Chevasse
Issue Victoire républicaine
Belligérants
France Républicains Drapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
Jean-Pierre Travot François-Athanase Charette
Forces en présence
600 hommes[1] 200 hommes[2]
Pertes
inconnues ~ 30 morts[2]

Guerre de Vendée

Coordonnées 46° 51′ 50″ nord, 1° 23′ 25″ ouest

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La bataille de la Bégaudière a lieu le 21 février 1796 lors de la guerre de Vendée.

La bataille[modifier | modifier le code]

Le 20 février 1796, Charette, traqué par les colonnes mobiles républicaines, réunit ses derniers fidèles à la Bégaudière, en Saint-Denis-la-Chevasse, entre Les Brouzils et Les Lucs-sur-Boulogne. Ses officiers lui conseillent alors de se réfugier en Angleterre mais Charette refuse de quitter la Vendée[3].

Le lendemain, les Vendéens sont attaqués par 600 cavaliers d'élite nantais commandés par l'adjudant-général Travot. Inférieurs en nombre, les Vendéens sont écrasés, Louis Marin, le frère de Charette et son cousin, Charette de la Colinière, sont tués ainsi que plusieurs officiers comme La Baumelle, commandant de la cavalerie[1],[2].

Après cette débâcle, qui avait quand même valeur d'échec pour les Républicains car le général vendéen leur échappait encore, mais deux jours plus tard, plusieurs chefs vendéens, dont Guérin le jeune et Hyacinthe de La Roberie, font leur soumission à Vieillevigne[4],[5].

D'après une lettre de Hoche au citoyen Farain, à Montaigu, qui qualifie le combat de « boucherie » seuls 40 des sur 150 à 160 hommes de Charette se sont échappés, et par la suite plusieurs autres ont été faits prisonniers, dont les 30 cavaliers menés par Guérin et La Roberie, venus se rendre peu après[5]. Selon d'autres sources Charette avait 200 hommes[4], voir 450, dont 50 cavaliers[1]. L'adjudant-général Travot estime qu'une trentaine d'hommes au moins ont été tués[2].

« Aujourd'hui, Charette, fort de 130 à 150 cavaliers et 50 fantassins a été vu dans la partie des Brouzils. Arrivé à une demi-heure du bourg du Luc, j'ai rencontré M. Charette. Nous nous sommes élancés sur sa cavalerie et son infanterie ; elles n'ont pu résister à l'impétuosité de notre charge et, après quelques coups de sabre, elles ont abandonné le terrain et ont fui. Vous pouvez croire, général, que je ne m'en suis pas tenu là. Je l'ai poursuivi, l'espace de quatre lieues, jusqu'à ce que j'aie vu ses cavaliers hors d'état de marcher davantage. La noblesse, les émigrés, les chefs ont fait les frais de cette journée : 30 au moins ont été tués ; beaucoup ont été obligés de se réfugier à pied à travers la campagne et les taillis ; d'autres, par les chemins de traverse, et 40 au plus ont suivi M. Charette... Leur guidon à fleur de lys d'or leur a été enlevé et une cinquantaine de chevaux ont abandonné leurs cavaliers ou ont été abandonnés... Le porte-manteau de Charette est tombé en mes mains et m'a procuré quelques-unes des lettres que je vous envoie[2]. »

— Rapport de l'adjudant-général Travot, le 21 février au château de la Chambodière.

« J'ai toujours pensé, mon cher Fairain, qu'il fallait laisser aux autres à parler de soi, et qu'un homme en place devait raconter les faits sans vanter ses actions; j'ai suivi ces principes jusqu'à ce jour. Contentez-vous donc des détails que je vous envoie; je n'y veux joindre aucune réflexion, vous en ferez ce qu'il vous plaira.

Le 21 du courant, Biétry, que vous connaissez, ayant eu des renseignemens certains sur un rassemblement de Chouans qui se faisait dans la forêt du Gavre, district de Blain, s'y porta avec un faible détachement de la garnison, mit l'ennemi en déroute et lui tua quelques hommes, entre autres le chef principal dans cette partie.

Le lendemain, Biétry sachant qu'un conseil de Chouans se tenait près de la même forêt, il y envoya une compagnie de grenadiers qui tua onze chefs sur quatorze. Dans le nombre des morts, sont les frères Dumoutier, venus à grands frais d'Angleterre pour régler les opérations chouanniques de la campagne prochaine.

Le même jour, deux chefs furent tués par le cantonnement de Sautron.

Passez la Loire pour un moment, et vous verrez, le même jour 21, le chef de brigade Lefranc surprendre et tuer le premier divisionnaire de Charette, nommé Lemoalle, et blesser Cailleau qui fut se faire sabrer à la déroute, ou plutôt à la boucherie que fit le lendemain l'adjudant-général Travot des cent cinquante hommes qu'était parvenu à rasembler Charette qui s'en sauva à la tête de quarante hommes.

Telles furent les suites de cette déroute, que beaucoup d'habitans, qui avaient gardé leurs armes, les rapportèrent; que d'autres m'amenèrent des brigands liés et garrottés; et, enfin, que les chefs de division, La Roberie et Guérin, vinrent déposer leurs armes et celles d'une trentaine de cavaliers (on les tient en prison par mesure de sûreté). On prit le porte-manteau de Charette, dans lequel étaient sa correspondance avec le comte d'Artois, plusieurs lettres de celui-ci, des plans d'opérations, etc. J'ai envoyé copie de tout au directoire. Charette a perdu cinquante chevaux.

Le même jour 22, après la déroute, le commandant du cantonnement de Legé prit le chef de division Dabbayes, depuis fusillé à Machecoul avec le major de division; il prit aussi dix-sept chevaux sellés et bridés, et tua un cavalier.

Pendant ce temps, Sapinaud ayant renoncé à son commandement, il passa entre les mains de Vasselot, qui, à la tête de quatre cents hommes, vint se faire battre à Chantonnay et à Saint-Vincent.

Le 23,on a pris quarante-deux hommes dans le château de Saint-Mesmin.

Crublier a pris et fait fusiller le doyen des divisionnaires de la Vendée, nommé Richard. Nicolas, autre divisionnaire, a été tué, et enfin Stofflet pris et fusillé.

Repassez aux Chouans, vous les verrez en déroute partout; mais surtout dans les districts d'Ancenis, Segré et Château-Gontier. A Meslay, les républicains résistent à un nombre décuple; à Vire, on en tue quarante, et on prend deux cents fusils; à Domfront ils sont encore battus (i).

Mais, mon cher Fairain, ce que vous devez dire aux patriotes, c'est que les royalistes, furieux de ce qui se passe, fabriquent des dénonciations contre les généraux, et qu'ils les envoient au directoire, revêtues d'une feinte patriotique; c'est que moi et quelques-uns des généraux sur lesquels on pouvait compter, dégoûtés, malades, allons rentrer dans nos foyers, et céder la place à qui la voudra.

Nous pouvons ajouter que, pour se venger d'une manière digne d'eux, les royalistes ont, pendant mon absence, fait crever les yeux à trois de mes chevaux[5]. »

— Lettre du général en chef Hoche, le 29 mars à Montaigu, au citoyen Fairain.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]